Les musulmans sont-ils ou ne sont-ils pas des ennemis pour
les Chrétiens ?
I
Il ne s’agit pas de polémiquer sur la compréhension que
pourrait avoir l’évêque de Paris, - à l’inverses de SS Benoît XVI qui me semble
l’un des plus grands Pape de Rome -, j’ai toujours été déçu par les approches
et les propos des prélats occupant le siège de la capitale française.
L’Islam existe, n’en déplaise à Mgr Vingt-Trois, dès lors
que des êtres croient à la réalité de la prédication de Mahomet, et cette prédication est très claire face à
ceux qui sont alors considérés comme des infidèles face à cette prédication que
résume le Coran.
Hors de l’habile construction de ce livre prévoyant des
dires et leurs contraires, la considération qu’il est des versets abrogeants et
des versets abrogés, il n’en demeure pas mois que pour le vrai croyant en cette
prédication, tout ce qui est écrit dans le Coran est à recevoir sans rien en
retrancher. De la sorte, aucun élément du Coran n’est de fait abrogé et tout
devient « parole d’Evangile » sans faire de mauvais jeux de mot.
II
Ainsi, nombreux sont les versets qui prônent le massacre des
infidèles à savoir des Chrétiens, et par exemple :
« [2:191] Et tuez-les, où que vous les
rencontriez; et chassez-les d’où ils vous on chassés : l’association est plus
grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la mosquée sacrée avant
qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle
est la rétribution des mécréants.
[4:89] Ils aimeraient vous voir mécréants comme
ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés
parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils
tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et
ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur.
[4:91] Vous en trouverez d’autres qui cherchent à
avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu.
Toutes les fois qu’on les pousse vers l’association (l’idolâtrie) ils y
retombent en masse. (Par conséquent,) s’ils ne restent pas neutres à votre
égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains (de vous
combattre), alors, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Contre
ceux-ci, Nous vous avons donné une autorité manifeste.
[5:33] La récompense de ceux qui font la guerre
contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la
terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main
et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux
l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme
châtiment.
[8:12] Et ton Seigneur révéla aux anges: « Je suis
avec vous : affermissez donc les Croyants. Je vais jeter l’effroi dans les
coeurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous (décapitation) et
frappez-les sur tous les bouts des doigts.
[8:17] Ce n’est pas vous qui les avez tués : mais
c’est Allah qui les a tués. Et lorsque tu lançais (une poignée de terre), ce
n’est pas toi qui lançais : mais c’est Allah qui lançait, et ce pour éprouver
les croyants d’une belle épreuve de Sa part ! Allah est Audient et Omniscient.
Autrement dit c’est l’absolution par avance pour un meurtrier pour peu qu’il
tue un infidèle au nom d’Allah.
[9:5] Après que les mois sacrés expirent, tuez les
associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et
guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la
Salât et acquittent la Zakát, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est
Pardonneur et Miséricordieux.
[17:33] Et, sauf en droit, ne tuez point la vie
qu’Allah a rendu sacrée.
Quiconque est tué injustement, alors Nous avons
donné pouvoir à son proche [parent]. Que celui-ci ne commette pas d’excès dans
le meurtre, car il est déjà assisté (par la loi). Donc selon le Coran il existe
des raisons tout à fait valables, conformes au droit, de tuer.
[33:61] Ce sont des maudits. Où qu’on les trouve,
ils seront pris et tués impitoyablement.
[47:4] Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux
qui ont mécru, frappez-en les cous (décapitation). Puis, quand vous les avez
dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite,
soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. Il en est ainsi,
car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous
éprouver les uns par les autres. Et ceux qui seront tués dans le chemin
d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions.
b) Haine contre les Juifs, les Chrétiens et les
infidèles (dans le coran) :
[5:51] Ô les croyants! Ne prenez pas pour alliés
les Juifs et les Chrétiens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui
d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide
certes pas les gens injustes.
[9:30] Les Juifs disent : « Uzayr est fils d’Allah
» et les Chrétiens disent : « Le Christ est fils d’Allah ». Telle est leur
parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux.
Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ?
5:14] Et de ceux qui disent: « Nous sommes
Chrétiens », Nous avons pris leur engagement. Mais ils ont oublié une partie de
ce qui leur a été rappelé. Nous avons donc suscité entre eux l’inimitié et la
haine jusqu’au Jour de la Résurrection. Et Allah les informera de ce qu’ils
faisaient. »
III
Fort
de ces rappels du texte coranique à l’encontre des Chrétiens, comment peut-on
dire, – si l’on ne cherche pas à pactiser
par ignorance ou croire à des relations diplomatiques illusoires
(lorsque l’Eglise n’a pas à s’occuper
des domaines de l’Etat, frontières bien décrites par les Papes de Rome à
travers tout l’histoire, sauf récemment peut-être) -, qu’un musulman n’a pas le
« devoir » de persécuter les Chrétiens ? S’il est fidèle à ce à
qu’il croit vrai, il agit alors au nom d’un ordre qu’il pense venir de Dieu.
Le
problème posé à la suite des dires de Mgr Vingt-Trois, est de savoir, non pas si les musulmans sont nos ennemis,
formulation trop imprécise et donc irrecevable, mais de définir si les
Chrétiens se doivent de reconnaître les musulmans comme des prochains et donc
ne n’être pas des ennemis des disciples de Mahomet de première part, et/ou
déduire si les chrétiens pour les musulmans sont des ennemis.
Joséphin
PELADAN dans son roman « Un cœur en peine » faisait dire (de mémoire)
l’encontre des démons : «Il serait temps non pas de les prier, la Droite
de Dieu les a marqué, mais de prier pour eux, la Droite de Dieu ne s’étend
jamais pour barrer la Charité. »
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Propos recueillis par
Jean Mercier - publié le
22/10/2010 LA VIE
En marge du synode à
Rome, le cardinal-archevêque de Paris a évoqué devant les journalistes
francophones les relations avec l'islam, la foi fidèle des chrétiens d'Orient,
le cas des prêtres mariés orientaux,... Morceaux choisis.
Une mosquée dans le
sillage d'une eglise, à Beyrouth, au Liban / © DR
Sur l'Islam
"Les
difficultés dans un certain nombre de pays ne sont pas dues à un complot
islamiste, mais sont liées à la façon dont laquelle le gouvernement fait
respecter la Déclaration Universelle des Droits de l'homme qu'il a signé jadis.
C'est la faiblesse du pouvoir politique qui est en cause. Je suis très réservé
et méfiant sur tout ce qu'on raconte sur l'islam. L'islam n'existe pas, il n'y
a que des musulmans1: cette ligne postule que les musulmans
ne sont pas un ennemi ou un danger, mais des personnes avec qui l'on veut
vivre. Un membre libanais du Synode a cité les initiatives du roi d'Arabie
Saoudite dans le cadre du dialogue avec les chrétiens. Mais ce roi ne prend pas
de décision politique pour que les chrétiens puissent avoir des lieux de culte.
C'est très bien, les colloques internationaux, mais concrètement, comment est
célébrée l'eucharistie en Arabie Saoudite ?"
Sur les prêtres mariés d'Orient
(Dans son intervention au Synode,
le cardinal Vingt-Trois a évoqué la contrainte posée par le Saint Siège que
seuls des prêtres célibataires des Eglises orientales peuvent venir officier
pour les communautés en diaspora)
"C'est un fait que les prêtres mariés ne
doivent pas exercer leur ministère en territoire latin. Pour les communautés,
nous devons faire appel aux patriarches pour qu'ils nous envoient des prêtres
célibataires. Il y a des exceptions rarissimes, ce fut le cas lorsque tout un
village chaldéen est venu avec ses prêtres. La question qui se pose est la
suivante : est-ce que les prêtres mariés pourront être envoyés en Europe ? Il y
a déjà cette possibilité en Hongrie. Je pense qu'il faut poser la question en
termes de nécessité des communautés. S'il n'y a pas de prêtres célibataires à
envoyer, et si les communautés sont prêtes à assumer les difficultés liées à un
prêtre marié, alors je ne vois aucun risque particulier. Je crois franchement
qu'on gagnerait plutôt à avoir une expérience directe de cela, à se rendre
compte des difficultés concrètes : de quoi de vont vivre ces prêtres avec une
famille, où ils vont vivre., etc..."
La fidélité des chrétiens d'Orient
"La
fidélité n'est pas donnée, elle est construite. Quand on voit les conditions
d'adversité actuelles, quand on regarde l'histoire de l'Empire ottoman, puis ce
qui est arrivé depuis sa chute, on mesure la capacité de nos frères orientaux
de faire face à des transformations très profondes et des situations très
complexes, et on comprend que les gens ne sont pas fidèles au Christ par
hasard. Quand les chrétiens d'Orient parlent du martyre, ils pensent à
quelqu'un. Il n'y a pas là-bas le côté routinier et moutonnier de la foi que
nous avons en Occident. Ils ont traversé des difficultés, ils se sont
développés, ils n'ont pas désespéré. Ils ont une manière d'exprimer le prix de
la foi. A quel prix évalue-t-on chez nous la fidélité au Christ ?"
Le rapport avec l'islam en France
"En
France, l'islam est perçu comme une autre culture. Ce n'est pas le cas au Moyen
Orient, les chrétiens sont partie prenante de la culture. Nous sommes appelés à
vivre ensemble. Je demande à pouvoir dire ce que je crois et à être respecté
dans ce que je crois. Le problème est plutôt qu'un certain nombre de chrétiens
ne souhaitent pas dire ce qu'ils croient."