avril 02, 2021

Evangile selon Saint Jean, chapitre XVII.

 

 

 

Père, l'heure est venue ; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie ; afin que, comme tu lui as donné autorité sur toute chair, à tous ceux que tu lui as donnés, il donne, lui, la vie éternelle ; et la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et ce Jésus Christ que tu as envoyé. Moi, je t'ai glorifié sur la terre ; j'ai achevé l'œuvre que tu m'as donnée à faire. Maintenant, donc, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi, de la gloire que j'ai eue avant l'existence du monde, au-dedans de toi. J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu m'as donnés de ce monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont suivi Ton verbe, et ils ont reconnu maintenant tout ce que tu m'as donné, que tout cela est bien de toi, parce que les instructions que tu m'as données, je les leur ai données, et ils les ont reçues, et ils ont reconnu véritable que je suis venu de ta part, et ils ont cru que c'est toi qui m'as envoyé. Et moi, je te prie pour eux. Je ne te prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés : parce qu'ils sont tiens, oui, tout ce qui est mien est tien et tout ce qui est tien est mien, et j'ai été glorifié en eux. Et désormais, je ne suis plus dans le monde, et eux ils sont dans le monde, et moi je viens vers toi. Père Saint, garde-les dans ton nom, dans lequel tu me les as donnés, afin que comme nous ils soient un. Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais dans ton nom. Oui, ceux que tu m'as donnés, je les ai gardés, et aucun d'eux ne s'est perdu ; si ce n'est le fils de perdition, pour que l'Ecriture fut accomplie. Mais maintenant je viens vers toi, et je dis ces paroles dans ce monde, pour que mon bonheur soit en eux. Moi, je leur ai donné ton Verbe ; et le monde les hait, parce qu'ils ne sont pas de ce monde, non plus que moi je ne suis de ce monde. Je ne demande pas que tu les ôtes de ce monde, mais que tu les gardes du mal. Ils ne sont pas de ce monde, non plus que moi je ne suis de ce monde.

Sanctifie-les dans ta vérité : c'est ta parole, la vérité. Comme tu m'as envoyé‚ vers le monde, moi aussi je les ai envoyés vers le monde ; et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu'eux aussi soient réellement sanctifiés. Et ce n'est pas seulement pour ceux-ci que je prie : mais aussi pour ceux qui par leur parole, croiront en moi, afin que tous ils soient un : oui, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi en nous ils soient un, afin que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé. Oui, je leur ai donné, moi, la gloire que tu m'as donnée : qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, toi en moi ; que l'unité soit ainsi consommée en eux, et que le monde connaisse que c'est toi qui m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis eux aussi ils soient avec moi, afin qu'ils voient ma gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant que se fit le monde. Père Saint, il ne te connaît pas, ce monde ; mais moi je te connais ; et ceux-ci reconnaissent que c'est toi qui m'as envoyé ; et je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître : fais que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux et que moi je sois en eux.

 

 

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Terra Santa News 02/04/2021

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La messe, prodigieuse invention de Dieu. En Jésus, amour reçu, amour donné. Homélie Jeudi saint 2021

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=50C9I8wU6EY 

 

 

Merci. Vos rappels sont toujours essentiels, la Sainte Messe n’est pas le renouvellement du Sacrifice du calvaire mais une actualisation dans un temps  hors du temps à l’unique Sacrifice opéré  pour nous,  par NSJ+C : sacrifice propitiatoire en communion avec le sacrifice expiatoire ‘(expiatoire nous nous et non pour Lui sans péché, d’où l’expression pouvant porter à confusion  quand il est question de « Sa Passion » alors qu’il faudrait dire « la Passion »… Bref, j’aime à me souvenir, à vous entendre, de cette prière du célébrant au tout début de la Liturgie dans un autre Rite :

Le célébrant se retourne vers l'autel, et au milieu, et à genoux ou debout, prie :

 

P - + Mère de bonté‚ et de miséricorde, Bienheureuse Vierge Marie, moi misérable et indigne pêcheur, j'ai recours  à vous de tout cœur et avec amour. De même que vous vous êtes tenue debout près de votre très aimable Fils suspendu à la croix ; je demande à votre bonté qu'elle veuille bien nous assister moi, misérable pêcheur, et tous les prêtres qui, dans la Sainte Eglise, offrent aujourd'hui le Saint Sacrifice : que secourus par votre grâce, nous puissions présenter à la Suprême et Indivisible Trinité, ce sacrifice propitiatoire en communion avec le sacrifice expiatoire de Notre Seigneur Jésus Christ, pour notre salut et pour celui du monde entier. Ainsi soit-il.

 

Union dans la prière,

http://www.theologica.fr/index.htm

Heure Sainte | Gethsémani, Jérusalem

janvier 07, 2021

St Cyprien de Carthage, à Démétrien

Position orthodoxe sur les prières pour les morts et le Purgatoire

Les Rois Mages représentent devant l’Incarnation, notre pauvreté

 

 

Matthieu rend compte de la présence de Mages venus d’Orient adorer le Sauveur, ces hommes dépositaires des sciences de leur temps n’ignorent point qu’il s’agit de Jésus, Vrai Homme et Vrai Dieu.

 Péladan n’a pas manqué de rappeler: « L'adoration des Mages signifie l'abdication des ésotérismes devant l'incarnation de la Vérité » (1). Les Mages déposent  l’or, l’encens la myrrhe  aux pieds du Christ Jésus, et  Irénée de Lyon en donne pour sens :  «  la myrrhe signifiait que c'était lui qui, pour notre race humaine mortelle, mourrait et serait enseveli; l'or, qu'il était le Roi dont le règne n'aurait pas de fin Luc 1,33; l'encens, enfin, qu'il était le Dieu qui venait de se faire connaître en Judée Ps 76,2, et de se manifester à ceux qui ne le cherchaient point Is 65,1; Rm 10,20 (Irénée, Ctre les Hér Liv.3 ch.9,2. » ( 2).

Les Mages se détournent de leur ancienne croyance, par ce qu’ils reconnaissent en Jésus l’enfant divin, ils Lui offrent, conformément aux pratiques rituelles de l’ancienne Egypte, l’or qui est la représentation de la chair imputrescible du corps d’éternité des dieux, symbole de la vie éternelle ; la myrrhe,  substance servant tout à la fois de base pour l’embaumement, symbole de la victoire sur la mort, qui servait  aussi à oindre les statues divines ; l’encens permettant, d’apaiser les dieux mais aussi d’entrer en communication avec le divin, symbole de la transcendance. Rejetant alors toutes leurs anciennes croyances, les Mages s’en retournent par un autre chemin et  le sens de  cet autre chemin n’est-il pas  celui de Notre Seigneur disant : «  Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn XIV, 6). Maxime de Turin, en son Homélie sur l’Epiphanie expose que les Mages «  ne vivant plus dans la même religion, ils abordèrent un autre chemin de retour et une autre manière de vivre. Car, avant de voir le Christ, l’étoile avait conduit les mages comme des homes religieux venant pour un hommage ; mais une fois qu’ils eurent vu le Seigneur et cru en Lui, la foi les ramena à leur patrie comme des adeptes du Christ. » (3).

 Grégoire le Grand en sa 10° Homélie prononcée le 6 janvier 591, souligne l’importance de cet autre chemin : « 7. Les mages nous donnent encore une leçon très importante en revenant dans leur pays par un autre chemin. En effet, ce qu’ils font sur l’avertissement qu’ils ont reçu nous indique ce que nous devons faire. Notre pays, c’est le paradis, et une fois que nous connaissons Jésus, il nous est interdit d’y retourner par le chemin que nous avons suivi en venant. Car nous nous sommes éloignés de notre pays par l’orgueil, la désobéissance, la poursuite des biens visibles et l’avidité à goûter les nourritures défendues. Mais pour y revenir, il faut les larmes, l’obéissance, le mépris des biens visibles et la maîtrise des appétits de la chair. C’est donc bien par un autre chemin que nous retournons dans notre pays, puisque nous étant éloignés des joies du paradis par les plaisirs, nous y sommes ramenés par les lamentations. »  (4)

 Grégoire le Grand introduit ce rapport symbolique entre cette autre route prise par les Mages qui se sont dépouillés en offrant tous leurs trésors au Vrai Dieu et Vrai Homme et notre devoir de retrouver le chemin du ciel. : les Mages abdiquent leurs anciennes croyances en reconnaissant l’Incarnation de Dieu, par la Nouvelle Alliance, il nous revient, à l’instar de ces témoins, de revenir à Dieu.

 Le do ut des : « je donne afin que tu donnes » des anciennes croyances est remplacé par le don total, absolu qui est l’acte d’Amour entraînant

La pauvreté conçue comme un engagement – le refus du monde matériel pour le paradis – ce qui n’était pas dans les croyances de l’Egypte ancienne où seul le prêtre initié, le pharaon, étaient les seuls garants de l’ordre universel. Avec l’offrande des Mages à l’enfant Jésus, tout homme devient acteur œuvrant pour le rétablissement du monde d’avant la Chute.

 Les trois tentatives de tentation de Jésus au Désert  exorcisent nos chutes successives par le refus du Fils de l’Homme à succomber  en une actualisation alors éternelle, à ces dernières : ce sera la première défaite de Satan.

-         A la manducation de l’Arbre comme expression de la vie humaine voulant être indépendante de  la vie Divine, le Christ répond : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” (Mt. IV,4)

-         A l’idée de l’homme pensant pouvoir soumettre la Grâce selon ses désirs, accéder au ciel par la futilité d’une tour, expression d’une voie d’orgueil, le Christ répond : « Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.” (Mt. IV, 7)

-         Au constat que la Chute de l’homme entraîna le monde sinon une grande partie de la Création à être provisoirement sous la dépendance de Satan, expression de  l’illusion  Faustienne, le Christ répond : “Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.”  (Mt. IV, 10)

 Si la pauvreté matérielle ne permet pas la présence de l’orgueil, la désobéissance, la poursuite des biens visibles et l’avidité à goûter les nourritures défendues, comment répondre à cette interrogation formulée dans la mystique juive : «  Or, comme les péchés sont plus graves chez les riches à cause de leur orgueil qui fait défaut aux pauvres, où est  [9a] la justice de Dieu qui fait mourir de faim les pauvres et laisse vivre  les riches, afin qu’ils continuent à pécher ? » (5)

 A la question posée par le Zohar, le Judaïsme répond par la Tsédaka qui est le Devoir de Charité, le Christianisme par la Communion des Saints vivifiée par la Charité.

 Comment acquérir le ciel qu’évoque Grégoire le Grand ? A cette question posée par l’homme courant après le Christ pour obtenir une réponse,  “Jésus, l'ayant regardé, l'aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s'en alla tout triste; car il avait de grands biens.” (Mc, X, 21,22)

 Il conviendrait de parvenir à cette pauvreté, qui n’est pas obligatoirement matérielle, mais peut relever de l’ordre spirituel : “ Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!” ( Mt. V,3)

 Clément d’Alexandrie introduira dans l’Eglise ancienne, la problématique de la richesse et de la pauvreté par son homélie Quel riche peut être sauvé (6),  la fortune n'est pas un obstacle au salut si l'on voit dans son possesseur un simple usufruitier (7). De plus, si l'on en fait un sage emploi, elle est un bien pour le pauvre et même pour le riche. Cette Homélie est importante, Eusèbe l’évoque en ces termes : « Quant à Clément, il indique également ce temps et il ajoute un récit très nécessaire à ceux qui aiment entendre des choses belles et profitables, dans son ouvrage intitulé : Quel riche est sauvé Prenez cette histoire et lisez-la donc telle qu'il l'a écrite » (8)

 Quelle est cette pauvreté que manifestent les Mages repartant sans aucun bien terrestre, cette pauvreté liée à une richesse devenue partage, don envers le prochain, mais non abandon de ce qui fut reçu (Mt. XXV , 14-31), richesse et pauvreté s’entrecroisent telle la Lumière et la Ténèbre, le jeune homme riche n’avait pas répondu à l’appel de Son Maître, ce que firent les Apôtres tels Pierre et André qui, parce qu’il étaient bien moins riches matériellement, Le suivirent.

 Jean-Pierre BONNEROT

 Article paru dans la revue »VIRGO FIDELIS » N° 211, Décembre 2006 consacré à la pauvreté.

 

 

1  J. PELADAN : L'occultisme  contemporain, nlle .Ed, in : Œuvres choisies, Les Formes du Secret Ed, 1979, page 69

2  Irénée, Contre les Hérésies Liv.3 ch.9,2., nombreuses éd.

3 Maxime de Turin : Homélie sur l’Epiphanie ( Homélie 21) PL., 57, pp, 256-270, in : Le Mystère de Noël, Coll. Lettres Chrétiennes, Grasset Ed, 1963, page 229.

4 Grégoire le Grand : Homélie 10 Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, le jour de l’Epiphanie ; texte emprunté au site : www.jesusmarie.com

5 Zohar, III, 8b, 9a, trad Jean de Pauly, Maisonneuve et Larose Ed, tome V, page 24

6 Clément d’Alexandrie : Quel riche peut être sauvé ? PG. 9, pp 603-651, trad. in : Riches et pauvres dans l’Eglise ancienne, Coll. Lettres Chrétiennes, Grasset Ed, 1962, pages 24-55

7  En complément, il sera intéressant, de lire la contribution d’Emile SZLECHTER sur Le prêt dans l’Ancien Testament et dans les codes mésopotamiens d’avant Hammourabi, in Revue d’histoire et e philosophie religieuse, N°1, 1955, pages 16-25

(8) Eusèbe de Césarée : Histoire ecclésiastique, III, 23