août 29, 2009
« La théurgie est une action de Dieu
« La théurgie est une action de Dieu, une effusion sur l'homme de sa grâce miséricordieuse et salutaire. En tant que telle elle dépend de la volonté de Dieu, et non pas des hommes. Elle est substantiellement liée à l'incarnation divine, elle en est la continuation permanente dans le temps. Le Christ a posé le fondement absolu et inébranlable de la théurgie chrétienne, et il a conféré à l'Eglise un pouvoir théurgique par la grâce de succession, communiquée aux apôtres. « Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui descendra sur vous » (Act.I,8). C'est ce qui s'est produit à la Pentecôte, fondement absolu de la théurgie chrétienne. Celle-ci est opérée au moyen de la liturgie, dont les sacrements, culminés par l'Eucharistie, constituent le centre même. D'ailleurs la liturgie entière doit être considérée comme un sacrement au sens large car la grâce divine y ruisselle de toute part [...]
Un pouvoir théurgique est donné par Dieu à l'homme, mais celui-ci ne peut d'aucune manière se l'approprier par sa volonté, par un rapt ou par quelque tentative de création personnelle. Ainsi, comme but d'un effort humain la théurgie est impossible, ce n'est qu'un malentendu ou une révolte contre Dieu. Bien que la grâce des sacrements agisse sans contraindre la liberté de l'homme, elle le féconde et le nourrit religieusement par des moyens mystérieux et insaisissables, en même temps qu'elle régénère le monde. Elle imprègne l'homme du Corps et du Sang du Christ, elle l'emplit de la substance spirituelle des sacrements et des rites ecclésiaux, de leur énergie théurgique.
La théurgie chrétienne est le fondement invisible, mais réel de tout mouvement spirituel dans le monde sur la voie de son accomplissement. Sans son action sanctifiante et vivifiante, l'humanité aurait été incapable d'approcher les tâches créatrices qui s'imposent légitimement à elle le long de cette voie. Rien ne peut remplacer son énergie ne lui être comparable, ni encore la rendre inutile, en formant un nouveau sacrement cosmique et humain. Un tel dessein relèverait d'une « messe noire » anti-christique [...] Il y a dans le sacrement, comme fait théurgique, une action et une présence réelle de Dieu. Cela en constitue le facteur «transcendant» et indéniablement miraculeux qui, en même temps se conjugue avec l'élément cosmique et l'essence de l'homme. C'est justement cette rencontre et cette union entre ce qui est humain et cosmique qui fait la «pointe» mystérieuse et merveilleuse de la théanthropie que le sacrement actualise. Quand le prêtre, invoque l'Esprit Saint sur les saints dons offerts, alors un miracle indicible intervient : le Ciel s'instaure sur l'autel, le Christ y descend, les puissances du Ciel frémissent...Cela aucune production de l'activité humaine ne pourra jamais l'accomplir. Aussi rien ne peut-il le remplacer. L'on comprend que l'incroyance et la religion humanolâtre se soient dressés contre ce fondement théurgique absolu, que les disputes et les différends au sujet de l'Eucharistie aient acquis une importance primordiale. Le protestantisme a mis en avant un immanentisme moral de différentes nuances, une sorte d'impressionnisme mystique : selon son état intérieur ou son humeur, ou bien le communiant goûte simplement du pain, ou bien il reçoit la grâce. Il est naturel que la lutte du protestantisme contre l'Eglise se soit concentrée sur la question de la transformation des espèces eucharistiques.
Ainsi la puissance théurgique qui se manifeste dans les sacrements est donnée, et non pas captée. L'homme la reçoit, il ne la produit pas. Aussi le prêtre n'est-il que le ministre du sacrement et non pas son auteur. Cela ne suppose pas que son essence humaine devienne passive ou paralysée : pour recevoir dignement l'acte théurgique, la sobriété spirituelle, l'ardeur de la prière, la concentration de toutes les forces spirituelles sont nécessaires [...] Dès lors le sacerdoce, vivant organe de la théurgie, exige de celui qui en est investi la fidélité, la rigueur du ministère. En effet dans l'action théurgique, se tenant devant l'Autel, le prêtre se sépare en lui-même de l'humanité pour s'élever au-dessus d'elle ; aussi garde-t-il toujours en lui cette marque extra-mondiale, « monacale », de consécration sacrificielle. Car le sacrificateur et la victime sont jusqu'à un certain point indivisibles et identiques. Celui qui apporte le sacrifice est aussi, en un certain sens, celui qui est apporté, quant à son propre être. Le Chef du sacrifice chrétien, le Hiérarque suprême, est en même temps l'Agneau. Et c'est en son nom que le prêtre qui opère le sacrifice non-sanglant s'exclame : « Ce qui est à Toi, le tenant de Toi, nous Te l'offrons en tout et pour tous ».
Dans son ministère sacramentel, l'essence humaine passe par le feu dévorant du glaive du chérubin qui garde le saint autel, et le sacrificateur est séparé du peuple par ce rideau de flammes, tel Moïse au Sinaï. [...]
Se tenir dignement devant le sanctuaire, même pas directement devant l'autel exige aussi des laïcs une prière intense et un renoncement sacrificiel (dans une moindre mesure, pourtant que chez le prêtre). La prière elle-même exige toujours de remettre à Dieu l'élément humain ; de ce fait elle est un acte créateur. Celui-ci consiste en effet à tendre toutes les forces de son être spirituel pour le projeter vers Dieu. : transcende te ipsum ! [...]
La théurgie des sacrements est étroitement liée au rite et au culte en général. Il n'y a pas non plus place pour une activité personnelle en tant que telle. C'est la puissance de l'opération sacramentelle qui y règne (...) Nous n'en savons pas moins que la création liturgique a suivi un développement dans l'histoire, et qu'une inspiration individuelle s'est coulée dans son cours sur individuelle, ayant été reçu par l'acte d'une sanction ecclésiale. Nous connaissons le nom de certains hymnographes, isographes et architectes qui y ont apporté leurs dons, mais ceux-ci n'ont reçu leur valeur hiératique qu'après avoir été fondus par l'ensemble de la prière dans l'ensemble massif de la liturgie (il y a là une certaine analogie avec l'art populaire, à la fois personnel et collectif, où les individualité créatrices ne se dissolvent pas, mais semblent entrer organiquement dans un ensemble anonyme). Bien que le rite de la liturgie possède la plus grande stabilité hiératique, il y a là encore un mouvement continu qui se manifeste parfois que par des nuances et des demi-teintes. Le développement liturgique est l'indice le plus exact de ce qui se passe dans la profondeur mystique de la vie, encore qu'un observateur extérieur qui ne chercherait que des «signes» serait incapable d'en percevoir la pulsation spirituelle, intime et pleine d'émotion. Cela fait que l'on parle d'une immobilité de la vie ecclésiale et l'on lance des appels bien programmés, mais religieusement stériles, à une nouvelle «création liturgique». »
Serge Boulgakov, La lumière sans déclin, l'Age d'Homme, p.240
août 05, 2009
l'Evêque au service du Peuple de Dieu
Voulez-vous exercer toute votre vie le ministère sacerdotal, en collaborant avec l'Evêque au service du Peuple de Dieu, sous la conduite de l’Esprit-Saint ? »
(Pontificale Romanum. De Ordinatione Episcopi, presbyterorum et diaconorum,
editio typica altera (Typis Polyglottis Vaticanis 1990))
Chers Confrères dans le Sacerdoce,
Les yeux et le coeur encore pleins de l’expérience spirituelle de l'ouverture de l'Année Sacerdotale, lors des Vêpres de la Solennité du Sacré-Coeur de Jésus, présidées dans la Basilique de Saint Pierre le 19 juin dernier par le Saint-Père Benoît XVI, c’est avec grand plaisir que je m'adresse à vous tous en ce « temps saint », que nous offre la Divine Providence.
Pendant toute l'année Sacerdotale, en parcourant les textes de la Liturgie d'ordination, vers le milieu de chaque mois, j'aurai la joie de proposer une brève réflexion jaillie du coeur et de l'amour pour le Sacerdoce catholique, qui j'espère pourra constituer une aide modeste pour notre méditation commune, et devenir une « compagnie chrétienne et sacerdotale» en cette Année : avec le Successeur de Pierre, nous voudrions tous que ce soit une année de profond « renouvellement spirituel ».
L'Eglise, dans sa sagesse maternelle, a toujours enseigné que le ministère naît de la rencontre de deux libertés : celle de Dieu et celle de l’homme. Si d'un côté nous devons toujours nous rappeler que « nul ne s'arroge à soi-même cette charge, [puisque] on y est appelé par Dieu » (Catéchisme Eglise Cath. 1578), de l'autre, évidemment, c’est toujours un « moi humain créé », avec sa propre histoire et son identité, avec ses qualités et même ses limites, qui répond à l'appel divin.
La traduction liturgique et sacramentelle de ce dialogue asymétrique et nécessaire entre la liberté divine qui appelle et la liberté humaine qui répond, se trouve dans les questions que chacun d'entre nous a entendu de la part de l'Evêque, au cours du Rite de son ordination, avant l'imposition des mains. Nous parcourrons de nouveau ensemble, dans les mois qui nous attendent, ce « dialogue d'amour et de liberté ».
Il nous a été demandé : « Voulez-vous exercer toute votre vie le ministère sacerdotal, en collaborant avec l'Evêque au service du Peuple de Dieu, sous la conduite de l’Esprit-Saint ? ». Nous avons répondu : « Oui, je le veux ».
Cette réponse, libre et consciente, se fonde donc sur un acte explicite de la volonté (« Voulez-vous exercer » - « je le veux ») qui, nous le savons bien, a besoin d'être continuellement éclairée par le jugement de la raison et soutenue par la liberté, pour ne pas devenir un volontarisme stérile, ou pire encore, pour ne pas changer au cours du temps, en devenant infidèle. L'acte de la volonté est stable par nature, puisque c'est un acte humain, dans lequel se manifestent les qualités fondamentales dont le Créateur nous a rendus participants.
Ensuite, l'engagement que nous avons assumé concerne « toute la vie », et il n’existe donc pas en fonction des enthousiasmes et des gratifications plus ou moins évidents, et encore moins des sentiments. Le sentiment a bien un rôle déterminant dans la connaissance de la vérité : à condition d’être placé à sa « juste place », comme une lentille, non seulement il n'entrave pas la connaissance, mais il la favorise. Toutefois il n’est qu’un facteur de la connaissance, et ne peut être celui déterminant.
Notre volonté a accepté d'exercer « le ministère sacerdotal », et non pas d’autres « professions » ! Avant tout, nous sommes appelés à être toujours prêtres, comme nous le rappellent les Saints, en chaque circonstance, en exerçant, avec notre être lui- même, ce ministère auquel nous avons été appelés. On ne fait pas le prêtre, on est prêtre !
Chers confrères, en cette Année Sacerdotale, renouvelons l'émotion de nous réveiller le matin en nous rappelant qui nous sommes, qui le Seigneur a voulu que nous soyons dans l'Eglise : pour Lui, pour Son peuple, pour notre salut éternel même !
Chacun d'entre nous est le membre d'un « organisme », appelé à collaborer pour indiquer, à différent titre, la Tête de ce Corps. Et ce, toujours « en collaborant avec l'Evêque », en obéissance au bien qu'Il désigne, et « sous la conduite de l’Esprit-Saint», c'est-à-dire dans la respiration d'une prière constante. Seul celui qui prie peut écouter la voix de l'Esprit. Comme l’a rappelé le Saint-Père dans l'Audience Générale du 1er Juillet dernier : « Celui qui prie n'a pas peur ; celui qui prie n'est jamais seul ; celui qui prie se sauve ! ».
Que la Bienheureuse Vierge Marie, Femme du « tout » et du « pour toujours », nous assiste et nous protège ! Bonne continuation de l'Année Sacerdotale !
X Mauro Piacenza
Archev. tit de Vittoriana
Secrétaire
Du Vatican, le 15 Juillet 2009
LA SAINTETE EST TOUJOURS ACTUELLE
LA SAINTETE EST TOUJOURS ACTUELLE
Chers Frères dans le Sacerdoce,
En ce 150ème anniversaire de la naissance au Ciel de saint Jean Baptiste Marie Vianney (4 août 1859 – 2009), j’ai la joie de m’adresser à chacun de vous pour vous renouveler mes meilleurs vœux en cette Année Sacerdotale.
Le Curé d’Ars se détache devant nous comme une magnifique figure de sainteté sacerdotale, vécue non dans les actions extraordinaires, mais dans la fidélité quotidienne de l’exercice du ministère ; devenu modèle et « phare » pour la France dans la première moitié du 19ème siècle, et pour l’Église tout entière, de tout lieu et de tout temps, il est, pour chacun de nous, source de consolation et d’espérance, également dans les « fatigues » que peut connaître notre sacerdoce.
Sa consécration complète nous encourage dans notre propre don joyeux au Christ et à nos frères, afin que le ministère soit toujours un reflet lumineux de la consécration d’où dérive le mandat apostolique lui-même et, en lui, toute fécondité pastorale !
Que son amour pour le Christ, plein d’humanité et de sincère affection, soit pour nous un encouragement à nous « passionner » toujours davantage pour « notre Jésus » : que ce soit Lui, le regard que nous cherchons chaque matin, la consolation qui nous accompagne chaque soir, le souvenir et le compagnon de chaque pause de la journée. Vivre, à l’exemple de saint Jean-Marie Vianney, en passionné du Christ, signifie réussir à tenir toujours ardent l’élan missionnaire en devenant, progressivement mais réellement, des images vivantes du Bon Pasteur et de celui qui proclame au monde : « Voici l’Agneau de Dieu ».
Que la véritable « extase » spirituelle du Curé d’Ars pendant la célébration de la Sainte Messe, invite chacun de nous à prendre toujours plus conscience du grand don qui a été confié à nos personnes : don qui nous fait chanter avec saint Ambroise : « … Et nous qui sommes élevés à une dignité telle que nous consacrons le corps et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous pouvons tout espérer de Ta Miséricorde ! ».
Son engagement héroïque au confessionnal, nourri d’un véritable esprit expiatoire et alimenté par la conscience d’être appelé à participer à la « substitution vicaire » de l’unique Grand Prêtre, nous incite à redécouvrir la beauté et la nécessité, également pour nous Prêtres, de la célébration du Sacrement de la Réconciliation. Nous le savons bien, celui-ci est le lieu d’une véritable contemplation des merveilles que Dieu opère dans les âmes que, délicatement, Il attire, conduit et convertit ; se priver d’un tel « spectacle merveilleux » est une privation irréparable et injuste, non seulement pour les fidèles, mais aussi pour notre propre ministère qui se nourrit de l’émerveillement suscité par chaque miracle de la liberté humaine qui dit « oui ! » à Dieu.
Enfin, que l’amour filial et plein de délicates attentions du saint Curé d’Ars pour la Bienheureuse Vierge Marie, à laquelle il n’a pas hésité à se consacrer, lui-même et toute sa paroisse, nous encourage, en cette Année Sacerdotale et toujours, à laisser résonner dans nos cœurs de pères, avec une fidélité pour ainsi dire obstinée, le « me voici » de Marie : son « pour tout » et « pour toujours », qui constituent l’unique vraie mesure de notre existence sacerdotale.
Bonne fête de saint Jean-Marie Vianney.
✠ Mauro Piacenza
Archev. titulaire de Vittoriana
Secrétaire
Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver
Jésus a dit : « Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver » (Jn 12,47).
Chers Prêtres,
L'actuelle culture occidentale dominante, toujours plus diffuse dans le monde entier à travers les media globalisés et la mobilité humaine, jusque dans les pays d'autres cultures, présente de nouveaux défis qui ne sont pas de peu d’importance pour l'évangélisation. Il s’agit d'une culture profondément marquée par un relativisme qui refuse toute affirmation d'une vérité absolue et transcendante, qui ruine par conséquent jusqu’aux fondements de la morale, et qui se ferme à la religion. On perd ainsi la passion pour la vérité, reléguée au rang de « passion inutile ». Alors que Jésus-Christ se présente comme la Vérité, le Logos universel, la Raison qui éclaire et explique tout ce qui existe. Le relativisme s’accompagne ensuite d'un subjectivisme individualiste, qui place son propre ego au centre de tout. À la fin, on arrive au nihilisme, pour lequel rien ni personne ne vaut la peine d’engager sa vie entière, et par conséquent la vie n'a pas de sens véritable. Toutefois, il faut reconnaître que l'actuelle culture dominante, postmoderne, porte avec elle un grand et vrai progrès scientifique et technologique, qui fascine l'être humain, et d'abord les jeunes. L'usage de ce progrès, malheureusement, n'a pas toujours comme objectif principal le bien de l'homme et de tous les hommes. Il lui manque un humanisme intégral, qui pourrait lui donner son vrai sens et son but. Nous pourrions parler encore d'autres aspects de cette culture : le consumérisme, le libertinage, la culture du spectacle et du corps. On ne peut pas ne pas remarquer que tout cela produit un laïcisme qui ne veut pas de religion, qui fait tout pour l'affaiblir ou, au moins, la reléguer dans la vie privée des personnes.
Cette culture produit une déchristianisation, elle n’est que trop visible, dans la majorité des pays chrétiens, en particulier en Occident. Le nombre des vocations sacerdotales a baissé. Le nombre de prêtres aussi a diminué, tant par manque de vocations que par l'influence du milieu culturel dans lequel ils vivent. Tout cela pourrait favoriser la tentation d'un pessimisme décourageant, qui condamne le monde actuel et nous pousserait à nous retirer sur la défensive, dans les tranchées de la résistance.
Jésus-Christ, par contre, affirme : « Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver » (Jn 12,47). Nous ne pouvons ni nous décourager, ni avoir peur de la société actuelle, ni simplement la condamner. Il faut la sauver ! Chaque culture humaine, même l'actuelle, peut être évangélisée. Dans chaque culture il y a des « semina Verbi », en guise d’ouvertures à l'Evangile. Sûrement aussi dans notre culture actuelle. Sans doute, même les prétendus « postchrétiens » pourraient être touchés et se rouvrir, s'ils étaient portés à une vraie rencontre personnelle et communautaire avec la personne de Jésus Christ vivant. Dans une telle rencontre, chaque personne humaine de bonne volonté peut être rejointe par Lui. Il aime tout le monde et frappe à la porte de tous, parce qu'il veut les sauver tous, sans exception. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie, pour tous. Il est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes.
Très chers Prêtres, nous autres pasteurs, nous sommes appelés aujourd'hui, avec urgence, à la mission : tant celle « ad gentes », que celle dans les régions des pays chrétiens, où de si nombreux baptisés ont pris leur distance en ne participant plus à nos communautés, ou ont même perdu la foi. Nous ne pouvons ni avoir peur ni rester tranquillement chez nous. Le Seigneur a dit à ses disciples : « Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? » (Mt 8,26). « Que votre cœur ne se trouble pas. Ayez foi en Dieu et ayez foi aussi en moi » (Jn 14,1). « On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le lampadaire pour qu’elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison » (Mt 5,15). « Allez, donc, dans le monde entier et prêchez l'Evangile à toute créature » (Mc 16,15). « Voilà, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20).
Nous ne lancerons pas la semence de la Parole de Dieu seulement par la fenêtre de notre maison paroissiale, mais nous sortirons dans le champ ouvert de notre société, en commençant par les pauvres, en rejoignant même tous les niveaux et toutes les institutions de la société. Nous irons visiter les familles, toutes les personnes, en commençant par les baptisés qui se sont éloignés. Notre peuple veut sentir la proximité de son Eglise. Nous le ferons, en allant vers la société actuelle, avec joie et enthousiasme, certains que le Seigneur est présent avec nous dans la mission, et sûrs qu'Il frappera aux portes des coeurs auxquels Nous l'annoncerons.
Cardinal Cláudio Hummes
Archevêque Émérite de São Paulo
Préfet de la Congrégation pour le Clergé
août 04, 2009
CELLE QUI JOUAIT LA DEMENCE
XXXIV - CELLE QUI JOUAIT LA DEMENCE
[1] En ce monastère fut une autre vierge qui jouait la folie et le démon. Et on la détesta au point de ne pas même manger avec elle, elle ayant préféré cela. Errant donc à travers la cuisine, elle faisait toute sorte de service et elle était certes, comme on dit, l'éponge du monastère, accomplissant en fait ce qui est écrit : « Si quelqu'un juge à propos d'être sage parmi nous en cette vie, qu'il devienne insensé pour devenir sage » (I Cor. 3, 8). Elle, après s'être attaché des haillons sur la tête — car toutes les autres sont tondues et ont des cuculles, — elle était ainsi en faisant le service. [2] Aucune des quatre cents ne la vit en train de manger pendant les années de sa vie. Elle ne s'assit pas à table, elle ne reçut pas un fragment de pain, mais épongeant les miettes des tables et relavant les marmites, elle s'en contentait. Elle n'outragea jamais personne, elle ne murmura point, elle ne parla ni peu ni beaucoup, bien qu'elle fût frappée à coups de poing, outragée, chargée d'imprécations et exécrée.
[3] Cela étant, un ange se présenta au saint Pitéroum,
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anachorète établi en Porphyrite, homme qui avait fait ses preuves, et il lui dit : « Pourquoi as-tu une grande opinion de toi-même. En tant que religieux et établi dans ce lieu? Veux-tu voir une femme plus religieuse que toi? Va dans le monastère des femmes tabennésiotes, et là, tu en trouveras une ayant un bandeau sur la tête : elle est meilleure que toi. [4] Car tout en combattant contre une foule qui est si grande, elle n'a jamais éloigne de Dieu son cœur. Tandis que toi, établi ici, tu t'égares par la pensée à travers les villes. » Et celui qui n'était jamais sorti s'en alla jusqu'à ce monastère, et il demande aux maîtres de pénétrer dans le monastère des femmes. Eux furent pleins de confiance pour l'introduire, en tant que célèbre et avancé dans la vieillesse. [5] Et étant entré il réclama de les voir toutes. Celle-là ne paraissait pas présente. Enfin il leur dit : « Amenez-les moi toutes, car il en manque encore une autre. » Elles lui disent : « Nous avons à l'intérieur, dans la cuisine, une salé (= idiote) » : car on appelle ainsi les psychopathes. Il leur dit : « Amenez-moi
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aussi celle-là : laissez que je la voie. » On s'en alla lui parler. Elle n'obéit pas, peut-être pressentant la chose, ou même en ayant eu la révélation. On la traîne de force et on lui dit : « Le saint Pitéroum veut te voir. » Car il était en renom. [6] Elle étant donc venue, il considéra les haillons qui étaient sur son front, et étant tombé à ses pieds, il lui dit : « Bénis-moi. » Pareillement, elle aussi tomba à ses pieds en disant : « Toi. maître, bénis-moi. » Toutes furent hors d'elles et elles lui disent à lui : « Abbé, ne sois pas affecté de l'outrage : c'est une salé (idiote). » Pitéroum leur dit à toutes : « C'est vous qui êtes des salé (idiotes). En effet elle est notre amma (mère) à moi et à vous »; car on appelle ainsi celles qui mènent la vie spirituelle. « Et je demande dans mes prières d'être trouvé digne d'elle au jour du jugement. » [7] Ayant entendu cela, elles tombèrent à ses pieds à lui, toutes confessant des choses différentes, l'une comme ayant versé sur elle la lavure de l'écuelle, une autre comme l'ayant broyée de coups de poing, une autre comme lui ayant sinapisé le nez. Et en un mot toutes énoncèrent des outrages différents. Après avoir donc prié pour elles, il s'en alla. Quant à celle-là, peu de jours après, n'ayant pas enduré l'estime et l'honneur de ses sœurs, et accablée par les excuses, elle sortit du monastère; et où elle s'en alla, ou bien où elle s'est plongée, ou bien comment elle a fini ses jours, personne ne l'a su.
PALLADIUS : HISTOIRE LAUSIAQUE (VIES D'ASCÈTES ET DE PÈRES DU DÉSERT) Extrait, chapitre 34.
TEXTES ET DOCUMENTS pour l'étude historique du christianisme publiés sous la direction de
HlPPOLYTE HEMMER ET PAUL LEJAY Texte grec, introduction et traduction française par A. LUCOT AUMÔNIER DES CHARTREUX A DIJON PARIS LIBRAIRIE ALPHONSE PICARD ET FILS 82, rue Bonaparte, 1912
Saint André de Constantinople
Saint André de Constantinople
Notre St Père André était un esclave d'origine scythe, qui vivait à Constantinople, au service d'un dignitaire de la Garde impériale (protospathaire). Il apprit rapidement les lettres sacrées et profanes, et faisait l'admiration de son entourage pour son savoir. Une nuit, alors qu'il se tenait en prière, il vit avec effroi une armée d'Ethiopiens prête à affronter une troupe d'hommes blancs. Invité à engager un combat singulier contre le champion des barbares, André l'étendit à terre et en récompense il reçut d'un Ange trois couronnes, alors que le Christ, apparaissant sous l'aspect d'un jeune homme, lui disait : « Mène, nu, ce bon combat, et fais-toi fou pour Moi, afin d'être digne du Royaume des cieux! » Dès le lever du jour, obéissant à cet ordre divin, André entama sa carrière de fou pour le Christ en coupant sa tunique avec un glaive et poussant des cris qui effrayèrent toute la maisonnée. Son maître, le croyant possédé, le fit enchaîner et garder à l'église Ste Anastasie Pharmacolytria. Il y passait ses jours à contrefaire la folie par toutes sortes d'excentricités, et priait toute la nuit, confirmé dans cette voie par l'apparition de Ste Anastasie. Une nuit, il fut assailli par une troupe de démons; mais dès qu'il appela St Jean le Théologien à son aide, le St apparut dans un coup de tonnerre, dispersa les démons au moyen de la chaîne qui entravait André, et lui promit son assistance dans la suite de ses combats.
Lors d'une autre vision noctume, il fut invité à servir un roi dans son palais, et reçut de la neige à manger, qui se transforma en un parfum céleste. Puis on lui offrit des fruits amers - symboles de la voie étroite qu'il devrait suivre -, et après cela une nourriture exquise lui fut donnée, qui lui procura une divine extase. Libéré après quatre mois de détention dans l'église, André commença à se comporter en public à l'imitation de St Syméon le Fou. Mais, alors que Syméon usait de la folie, sous forme d'ironie ou de dérision, pour condamner les pécheurs et les vaines valeurs de ce monde, St André, par ses facéties, s'offrait plutôt au mépris et aux mauvais traitements, à l'imitation du Christ, pour manifester la "folie de la Croix" Appliquant à la lettre les paroles de l'Apôtre qui a dit : « Nous sommes fous à cause du Christ » il s'offrait volontairement à la dérision et aux coups, et se faisait "la balayure du monde, l'universel rebut" pour acquérir le Royaume des cieux et y entraîner les autres.
Entrant un jour dans une maison de tolérance, protégé par la grâce, il resta impassible face aux provocations des prostituées qui finalement le dépouillèrent de ses vêtements et le chassèrent revêtu seulement d'un paillasson, qui devint son costume habituel. Il errait dans les rues, sans logis, et distribuait aux pauvres les aumônes qu'il recevait. Jamais il ne demandait de nourriture, se contentant d'un demi pain sec par jour, et il restait même des semaines entières sans manger. Pour étancher sa soif, il lapait les flaques d'eau boueuse, et devant ce spectacle les passants indignés le rouaient de coups et l'injuriaient. La nuit, il allait s'étendre avec les chiens errants. Un soir d'hiver, comme il essayait de se blottir contre l'un d'eux pour se réchauffer, l'animal s'éloigna avec dédain. S'offrir à la plus complète déréliction était pour le bienheureux une source de délices; mais la prière ne quittait jamais ses lèvres, et l'on pouvait distinguer en tout temps une sorte de bouillonnement dans sa bouche, comme les Apôtres le jour de la Pentecôte. Lorsqu'il priait la nuit, il était souvent élevé de terre et son esprit se trouvait ravi en d'ineffables extases. Lors de cette même nuit d'hiver, où les chiens mêmes l'avaient rejeté, il fut transporté par Dieu en extase, délivré de la lourdeur de la chair, revêtu d'une tunique lumineuse, et couronné comme un roi. Il se trouva au centre d'un jardin merveilleux, rempli de plantes surnaturelles et d'oiseaux dorés, au centre duquel s'étendait largement une grande vigne aux grappes d'une taille extraordinaire. De là un ange le conduisit au-dessus du firmament, dans un lieu d'une beauté indescriptible, où il vit la Croix entourée de quatre voiles. Un autre ange le mena ensuite dans un lieu plus élevé, où il vit deux croix semblables à la précédente; puis il fut conduit au troisième ciel - que seul St Paul avait été jugé digne de voir avant lui -, et il y contempla trois Croix, éclatantes comme l'éclair, entourées d'une armée céleste qui louait Dieu. Il passa alors au-delà d'un voile de lin et de porphyre, et parvint à un lieu encore plus resplendissant, où se tenait une assemblée innombrable de jeunes gens plus lumineux que le soleil. Un Ange leva le demier voile et André put contempler le Trône de Dieu, suspendu en l'air, sans assise, d'où sortait une flamme blanche. Le Christ s'y tenait assis, et Il restreignit un peu Sa gloire pour laisser André jouir, pendant un instant seulement, de la splendeur de Sa divino-humanité, puis Il devint invisible. Une voix plus douce que le miel prononça alors à trois reprises trois Noms divins mystérieux, et aussitôt le St fut ramené dans le jardin, où il rencontra un homme lumineux, tenant une croix, qui le bénit en disant : « Bienheureux êtes-vous les fous, car vous possédez une grande sagesse. Que la Crucifixion de Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec toi ». Puis il le renvoya, avec pour mission de renverser le Prince de ce monde, en assumant volontairement la dérision et la persécution des hommes.
Reprenant ses facéties avec une audace redoublée, André fit la connaissance d'Epiphane, un jeune noble de dix-huit ans, chaste et doux, qui devint son protecteur et son fils spirituel, et auquel André prophétisa qu'il deviendrait Patriarche de Constantinople . Ayant été hébergé dans la demeure d'Epiphane, le St y blâma, sous forme de paraboles, les péchés des serviteurs de diverses nationalités, dans leur propre langue. Il avait refusé le lit qu'Epiphane lui proposait et passait ses nuits dehors, sur le fumier. Mais il ne tarda pas à reprendre sa vie errante dans les rues, en s'offrant aux jeux cruels des garnements et aux coups des passants. Lorsqu'il s'adressait aux hommes, il les appelait toujours : "Fous", ou "Insensés", mais il se condamnait aussi constamment lui-même avec la plus grande humilité.
Lors d'une nouvelle vision du Malin et de ses troupes de démons, qui lui reprochait d'amener au repentir les hommes qu'il tenait en sa possession, en leur révélant leurs péchés par ses actes prophétiques, André entra dans une violente altercation avec le Prince des ténèbres; mais celui-ci n'avait aucun pouvoir contre l'homme de Dieu, car il s'était dépouillé de tout attachement terrestre. Une nuit, le démon le fit tomber dans une fosse, mais dès que le St invoqua Sts Pierre et Paul, les deux Apôtres apparurent, le tirèrent du bourbier, et une croix lumineuse vint l'éclairer pendant le reste de son chemin.
Au cours d'une grande peste, qui s'était abattue sur la capitale, malgré les moqueries des badauds, le St passait dans les rues et sur les places en pleurant et intercédant pour la ville, et demandant à Dieu le pardon des péchés du peuple. Comme il se tenait en prière, il fut transporté à Anaplos en Thrace, où il vit St Daniel le Stylite qui l'invita à unir leurs prières pour le salut de la cité. Un feu descendit alors du ciel et chassa le démon qui avait provoqué cette épidémie.
St André ne se lassait pas de reprendre les pécheurs, soit par des avertissements, soit par des prophéties sur leur châtiment à venir, lesquelles ne manquaient jamais de se réaliser sous peu. Passant un jour devant les marchandises de luxe étalées au marché, il s'écria : « Paille et ordure! » Une autre fois, sur la proposition malicieuse de vagabonds farceurs, il se mit à manger avidement les belles fîgues fraîches exposées dans l'échoppe d'un maraîcher, pendant que celui-ci faisait la sieste. Lorsque le marchand se réveilla, surprenant le St, il saisit un bâton et le roua de coups. André se laissa frapper sans résistance, et révéla ensuite que s'il avait été frappé à cause de sa gourmandise, combien plus les pécheurs qui ne se repentent pas seront-ils châtiés par Dieu éternellement. Ayant reçu le don de clairvoyance, il dénonçait la piété hypocrite de ceux qui se tenaient à l'église en entretenant des pensées mondaines ou chantaient par vaine gloire et ostentation; et il discernait les démons de l'indifférence, du bâillement et de l'acédie, qui suggéraient à leurs victimes de quitter l'église avant la fin de l'office. A l'issu du Carême, il distinguait l'état spirituel de chacun : voyant les hommes vertueux couronnés de lin fin et les pécheurs avec des bestioles immondes suspendues à leurs vêtements. Mais son soin allait tout particulièrement à l'éducation spirituelle d'Epiphane, la seule personne avec laquelle il parlait de manière sensée. Il l'instruisait avec science dans la lutte contre les démons, et le laissait parfois être tenté par eux, pour acquérir la patience et devenir, sous le feu des épreuves, un digne pain du Christ. Il l'enseignait aussi sur les mystères de la création, sur le monde spirituel, et surtout, il lui révéla, avec de nombreux détails inconnus de l'Ecriture, ce qui allait arriver à la fin des temps, lorsqu'à l'issue de terribles épreuves, invasions et catastrophes naturelles, l'empereur des Romains ira remettre sa couronne sur la Croix à Jérusalem, avant que celle-ci soit emportée au ciel par un Ange. Ainsi s'achèvera le temps de l'Empire chrétien, instauré par St Constantin. Peu après, Constantinople - que les Byzantins de ce temps considéraient souvent comme devant être éternelle -, sera engloutie dans les flots, comme Babylone (Apoc. 18, 2 1), et la royauté juive sera restaurée à Jérusalem. Tous croiront à l'Antéchrist, qui y règnera comme seul souverain sur terre et persécutera les Chrétiens. Le Christ apparaîtra ensuite pour mener le grand combat contre l'Antéchrist, et lorsqu Il l'aura vaincu, Il l'amènera, lui et ses démons, devant le Tribunal de Dieu, pendant qu'une trompette retentira, annonçant la résurrection des morts. Après le Jugement, quatre Anges se tiendront aux quatre extrémités de la terre et ils l'enrouleront sur l'ordre du Seigneur. L'univers entier sera alors renouvelé, des "cieux nouveaux et une terre nouvelle" apparaîtront, pour être conformes aux corps incorruptibles des hommes ressuscités. Tout sera alors incorruptible et éternel, et un parfum indicible remplira l'univers illuminé par une lumière sans soir.
Un jour quAndré et Epiphane s'étaient rendus à l'église des Blachernes, pour la vigile qui y avait lieu chaque semaine, ils virent la Très-Ste Mère de Dieu s'avancer des Portes Stes, escortée par un grande foule de Sts, parmi lesquels St Jean Baptiste et St Jean le Théologien, et recouvrir le peuple de son voile.
Une autre fois, comme St André lisait à son disciple un texte de St Basile, un parfum céleste se répandit autour d'eux. A la question d'Epiphane, le St répondit que cette bonne odeur est prise par les Anges du Trône de Dieu, pour qu'ils encensent et honorent les hommes à trois occasions : quand ils prient, quand ils lisent les Livres Sts et quand ils souffrent avec patience par amour de Dieu.
Quelque temps après ses révélations sur la fin des temps, St André annonça à Epiphane sa mort prochaine; mais il lui interdit de faire honorer sa mémoire ou de garder ses Reliques, car il avait fait voeu devant Dieu de ne jamais être glorifié sur la terre. Il lui renouvela sa prédiction quant à son élection au Patriarcat, et lui promit de toujours l'assister invisiblement, à condition qu'il montre sa sollicitude envers les pauvres, les veuves, les orphelins et tous ceux qui sont dans l'épreuve. Puis il se rendit à l'Hippodrome, sous le portique où avaient coutume de se tenir les prostituées, et y pria toute la nuit pour le monde entier. Une fois sa prière achevée, le bienheureux s'étendit à terre et, regardant en souriant les Sts qui étaient apparus en grand nombre pour l'assister, il remit son âme à Dieu, à l'issue de soixante-six années de combats ascétiques cachés sous le voile de la folie. Une pauvre femme, qui habitait à proximité, attirée par une forte odeur d'encens qui avait rempli l'atmosphère, accourut et découvrit son corps; mais lorsque la foule, avertie par elle, se précipita vers la dépouille du St, celle-ci avait disparue, emportée par Dieu dans un lieu inconnu. Cette nuit-là, Epiphane vit l'âme de son père spirituel, sept fois plus lumineuse que le soleil, enlevée au ciel en présence d'une myriade d'Anges.
Sources : http://invites.maison-russie.fr/icone/saints_fetes/index.html
Saint Nicolas de Pskov
Saint Nicolas de Pskov
Les "Fols en Christ" se distinguaient par une rare absence de peur.
Saint Nicolas de Pskov vécut la vie de fol-en-Christ durant plus de trente ans. Il parcourait les rues de Pskov en prétendant être malade mental, réprimandant les gens pour leurs péchés cachés et prophétisant ce qui leur arriverait. Longtemps avant sa mort, il acquit la grâce du Saint Esprit et reçut les dons des miracles et de la prophétie. Le peuple de Pskov de son époque le vénéraient comme saint, l'appelant aussi Mikula le saint.
En février 1570, après une campagne dévastatrice contre Novgorod, le Tsar Ivan le Terrible dirigea son armée sur Pskov, suspectant les habitants de trahison. La Chronique de Pskov nous raconte : "le Tsar vint... avec grande fureur, comme un lion rugissant, pour déchirer les innocents et répandre quantité de sang."
Le premier Samedi du Grand Carême, toute la cité priait pour être délivrée de la vengeance du Tsar. Entendant le son des cloches appelant pour les Matines à Pskov, le coeur du Tsar s'adoucit en lisant l'inscription qui se trouvait sur une icône du 15ième siècle, l'icône miraculeuse Liubyatov / Tendresse de la Mère de Dieu , dans le monastère Saint-Nicolas (l'armée du Tsar était à Liubatov). "Soyez tendres de coeur," dit-il à ses soldats. "Emoussez vos sabres sur les pierres, et qu'il soit mis un terme au massacre."
Tous les habitants de Pskov sortirent dans les rues, et chaque famille s'agenouilla à la porte de sa maison, portant du pain et du sel pour acceuillir le Tsar. Dans une des rues, saint Nicolas courrut vers le Tsar chevauchant un bâton, comme s'il était à cheval, et lui cria : "Ivanushko, Ivanushko, mange notre pain et notre sel, mais pas le sang Chrétien."
Le Tsar ordonna de capturer le saint fou, mais il avait déjà disparu.
Bien qu'il aie interdit à ses hommes de tuer, Ivan avait toujours l'intention de piller la ville. Le Tsar assista à un Moleben dans la cathédrale de la Trinité, et il vénéra les reliques du saint prince Vsevolod-Gabriel (11 Février), et exprima le voeu de recevoir la bénédiction du saint fou Nicolas. Le saint instruisit le Tsar "par nombre de terribles paroles," pour qu'il arrête de tuer et qu'il ne pille pas les saintes églises de Dieu. Mais Ivan ne prêta pas attention à lui et ordonna d'enlever les cloches de la cathédrale de la Trinité. Alors, comme le saint l'avait prophétisé, le meilleur cheval du Tsar tomba mort.
Le saint invita le Tsar à visiter sa cellule sous le clocher. Lorsque le Tsar arriva dans la cellule du saint, celui-ci lui dit : "Grouille-toi, entre et bois de notre eau, il n'y a pas de raison que tu la fuie." Puis le saint offrit au Tsar un morceau de viande crue.
"Je suis Chrétien et je ne mange pas de viande durant le Carême", lui dit Ivan "Mais tu bois du sang humain," lui répondit le saint.
Effrayé par l'accomplissement de la prophétie du saint et voyant tout son mal démasque, Ivan le Terrible ordonna d'arrêter le pillage et fuit la ville. L'Oprichniki, ayant été témoin, en écrivait : "Le puissant tyran.. partit battu et honteux, comme pourchassé par un ennemi. C'est ainsi qu'un mendiant insignifiant terrifia et mit en fuite le Tsar avec sa multitude de milliers de soldats."
Saint Nicolas mourut le 28 février 1576 et fut enterré dans la cathédrale de la Trinité de la ville qu'il avait sauvée. De tels honneurs ne furent accordés qu'aux princes de Pskov, et plus tard, aux évêques.
La vénération locale du saint commença 5 ans après sa mort. En 1581, durant le siège de Pskov par les soldats du roi de Pologne Etienne Bathory, la Mère de Dieu apparut au forgeron Dorotheos, ensemble avec quantité d'autres saints de Pskov, priant pour la ville. Parmi eux se trouvait saint Nicolas.
Source : http://invites.maison-russie.fr/icone/saints_fetes/textes/nicolas_pskov.html
s
juillet 31, 2009
Pénitents rouges de Nice
CONFRÉRIE de la TRÈS SAINTE TRINITÉ
Pénitents rouges de Nice
CÉRÉMONIAIRE de VÊTURE
de NOUVEAUX FRÈRES et SOEURS
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PRÉPARATION
Le maître autel est disposé pour la célébration du Saint Sacrifice, en outre, dans le choeur sont disposés un grand chandelier portant un cierge et, à côté, des cierges plus petits destinés à être remis aux postulants.
Sur la Sainte Table sont disposés les vêtements qui seront remis aux nouveaux frères, soit : sacs avec capuchons, cordons et croix.
Devant l'autel de la Vierge, un porte-cierges destiné à recevoir les cierges des postulants.
PROCESSION D’ENTRÉE
Au chant choisi par la chorale, la procession entre dans l'ordre suivant : les consoeurs dans l’ordre croissant d’ancienneté, la Croix - portée par le Préfet de sacristie - les frères vêtus, les sous prieurs avec leur bâton, les anciens prieurs, le Prieur en exercice avec son bâton, les postulants, les servants de messe, le célébrant
Les frères se groupent à leur place habituelle, les postulants sont au premier rang, dans la nef.
Le célébrant commence la Messe selon L'office du jour. Tous les frères répondent d'une seule voix ; les grandes prières, Gloria, Credo, sont récitées ou chantées selon ce que le Recteur aura avisé.
Après lecture de l'Évangile du jour, suivie de la prédication du célébrant ou d'un autre prêtre appelé pour la circonstance, le «Maître de Tableau, s'avance au milieu du choeur et, tourné vers les postulants, leur adresse la monition d'usage, dans laquelle il rappelle brièvement l'historique de la Confrérie, son but, les obligations des frères.
MONITION POUR UNE VÊTURE
Messieurs,
En 1578 fut érigée à NICE la Confrérie du Saint Nom de Jésus, issue du rayonnement et de la prédication de Saint Bernardin de Sienne.
Déjà, les frères de l'époque avaient adopté pour vêtement le sac rouge.
Après les troubles de la Révolution de 1789, qui rasèrent cet édifice et proscrivirent toutes les associations pieuses, les confréries niçoises du Saint Nom de Jésus, du Saint Esprit et du Saint Suaire, fusionnèrent en 1807 sous le vocable de la Très Sainte Trinité et, en 1819, elles s'agrégeaient à l'Archiconfrérie Romaine de la “Très Sainte Trinité, des Pèlerins et Convalescents” fondée en 1548 par Saint Philippe NERI.
En 1824, la munificence du roi CARLO FELICE, permit de relever les ruines de cette chapelle du Saint Suaire, qui servait aussi au Sénat voisin, et rendit l'édifice à ses propriétaires légitimes, les Pénitents Rouges, dont la générosité assura la restauration.
Outre les fondateurs déjà évoqués, les Pénitents Rouges donnèrent à l'Église de nombreux Saints : Paul de la Croix, Vincent PALLOTTI, Jean Baptiste ROSSI, Léonard de PORT MAURICE.
Quant à Saint Philippe NERI, comment ne pas mentionner, qu'ayant aussi fondé la Congrégation de l'Oratoire, il eut pour disciples PALESTRINA, «Prince de la musique» polyphonique sacrée et le Cardinal BARONIUS, «maître avocat de l'Église» dans l'oeuvre monumentale de ses «annales ecclésiastiques».
«Philippe la cloche», c'est ainsi que l'appelait Saint Ignace de Loyola, contrarié de ne pouvoir le convaincre d'entrer dans sa «Compagnie de Jésus». «De même, disait-il, qu'une cloche de paroisse appelle tout le monde à l'Église et demeure dans sa tour, ainsi, cet homme apostolique fait entrer les autres en religion et demeure dans le siècle».
Messieurs, c'est une belle définition qui nous sied à ravir !
Vigies de la chrétienté et messagers de la Bonne Nouvelle; Adorateurs du Verbe incarné dans le pain eucharistique et, forts de cette Foi, secouristes de la plus cruelle des indigences : l'ignorance religieuse.
Aussi bien, étant dans le siècle, nous ne vous imposons pas de règle de vie autre que celle requise de tout fidèle. Nous vous demandons seulement, dans la mesure de vos moyens, l'exactitude aux offices et activités de la Confrérie et l'accomplissement des charges qu'elle pourra vous confier.
Néanmoins, notre règle commune prévoit la récitation trois fois par jour du Pater, Ave et Gloria. La première fois en action de grâces pour le Saint Baptême que nous avons reçu; la seconde fois pour l'exaltation de notre mère la Sainte Église catholique; la troisième fois pour que le Saint Esprit renouvelle la face de la terre. En outre, tous les vendredis, vous aurez une pieuse pensée pour le repos de l'âme de nos frères défunts et en tous temps, ayez une grande dévotion à l'égard de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ.
Cette Confrérie sera pour vous un moyen de salut si vous y demeurez dans la communion de notre mère la Sainte Église catholique, sous l'autorité du Souverain Pontife. Ce dernier, en gage de la bienveillance divine, vous accorde, ce jour, à l'occasion de cette prise d'habit et aux conditions ordinaires, l'Indulgence Plénière de tous vos péchés.
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LE PRIEUR ... «Ainsi donc, Messieurs, Madame, que ceux qui désirent s'engager dans la Confrérie de la Très Sainte Trinité, sous le sac des Pénitents rouges, s'avancent à l'appel de leur nom»
Le «Maître de Tableau» fait l'appel en mentionnant les prénoms et le nom de chacun des postulants.
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A l'appel de son nom, chacun s’avance devant la Sainte Table, face aux habits qui lui sont destinés.
LE PRIEUR ... «Monsieur, Madame vous avez entendu la monition qui vous était adressée; vous connaissez les statuts et les obligations qui seront les vôtres dans cette Confrérie et vous savez que nous sommes prêts à vous y recevoir en raison de l’année probatoire que vous venez d’effectuer et de la confiance que nous portons aux frères qui vous présentent ici. Ainsi donc, désirez-vous entrer à part entière dans cette Confrérie, y observer ses constitutions et disciplines, les lois de la prière et son action en toutes choses, et ce, dans l'obéissance au magistère de l'Église? « .
LES POSTULANTS ... (ensemble) «Nous le désirons».
LE PRIEUR ... «Ensemble prions l'Esprit Saint»
Les postulants se mettent à genoux et le célébrant entonne le «VENI CREATOR», tandis que le Prieur regagne sa place. Au couplet «Accende lumen sensibus», le Préfet de sacristie allume le grand chandelier, prévu à cet effet, dans le choeur.
Veni, Creator, Spiritus.
Mentes tuorum visita,
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
Qui diceris Paraclitus,
Altissimi donum Dei.
Fons vivus, ignis, caritas
Et spiritalis unctio.
Tu septiformis munere,
Digitus paternae dexterae.
Tu rite promissum Patris,
Sermone ditans guttura.
Accende lumen sensibus ***
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corporis
Virtute firmans perpeti.
Hostem repellas longius
Pacemque dones protinus ;
Ductore sic te praevio
Vitemus omne noxium.
Per te sciamus da Patrem,
Noscamus atque Filium ;
Teque utriusque Spiritum
Credamus omni tempore.
Deo Patri sit gloria,
Et Filio, qui a mortuis
Surrexit, ac Paraclito
In saeculorum saecula.
Amen.
A l'issue de ce chant, le célébrant s'avance et procède à la bénédiction des sacs.
LE CÉLÉBRANT ... «Ad jutorium nostrum in nomine Domini»
TOUS ... «Qui fecit Coelum & terram»
LE CÉLÉBRANT ... «Dominus vobiscum»
TOUS ... «Et cum spiritu tuo»
LE CÉLÉBRANT ... «Oremus: Seigneur Jésus qui avez revêtu notre corps mortel, nous vous supplions de répandre sur nous l'abondance de votre miséricorde et de bénir ce vêtement nouveau dont nos pères ont fait choix, en place de l'habit séculier, pour symboliser l'humilité et la vaillance. Faites que ceux qui veulent vous servir dans ce sanctuaire en revêtant cet habit, s'attachent en même temps à vivre au dehors, dans la Sainteté véritable pour être, au milieu du monde, les témoins de la foi catholique, O Vous Dieu qui vivez et régnez dans les siècles des siècles» .
LE CÉLÉBRANT ... «Montrez nous Seigneur, votre miséricorde»
TOUS ... «Et donnez nous votre salut».
LE CÉLÉBRANT ... «Sauvez, Seigneur, vos serviteurs».
TOUS ... « Seigneur, nous espérons en Vous ».
LE CÉLÉBRANT ... «Soyez, Seigneur, notre défense».
TOUS ... «Face à vos ennemis».
LE CÉLÉBRANT ... «Faites de vos serviteurs des êtres remplis de «sainteté».
TOUS ... «Qu'ils soient la défense de la Jérusalem céleste».
LE CÉLÉBRANT ... ''Que le Seigneur sanctifie l'entrée de ces frères dans cette Confrérie et l'heure de leur mort».
TOUS ... «Qu'ils soient vos serviteurs maintenant et toujours».
LE CÉLÉBRANT ... «Prions, très chers Frères, pour que Notre Seigneur Jésus Christ donne à ses serviteurs qui, avec zèle, ont abandonné les vanités du siècle par amour pour Lui, les lumières de l'Esprit Saint, afin que, dans l'observance des préceptes divins et avec l'aide de la Confrérie qui les accueille, ils obtiennent la Vie Éternelle. O Vous Seigneur qui vivez et régnez avec le Père, dans l'unité du Saint Esprit, dans tous les siècles des siècles».
TOUS ... «Amen».
LE CÉLÉBRANT ... «Et que le Seigneur vous revête de l'Homme Nouveau qui a été refait selon Dieu dans la justice et la Sainteté véritable».
Tandis que le célébrant regagne sa place, le Prieur s'avance, à son tour, au milieu du choeur et s'adresse, à nouveau aux postulants.
LE PRIEUR ... «Frères que demandez-vous ?».
LES POSTULANTS
«La miséricorde de Dieu et la paix de cette Confrérie»
LE PRIEUR ... «Prions afin que vous observiez les préceptes divins avec l'aide de tous les Saints et que vous soyez pleinement consolés».
Les «Litanies des Saints» sont chantées.
Kyrie,eleison.
Kyrie, eleison.
Christe, eleison.
Christe, eleison.
Kyrie, eleison.
Kyrie, eleison.
Pater de coelis, Deus, miserere nobis.
Fili Redemptor mundi, Deus, miserere nobis.
Spiritus Sancte, Deus, miserere nobis.
Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis.
Sancta Maria, ora pro nobis.
Sancta Dei Genitrix, " "
Sancte Michaël, " "
Omnes sancti Angeli et Archangeli, orate pro nobis.
Omnes sancti beatorum Sprituum ordines, "
Sancte Joseph, ora pro nobis.
Sancte Joannes Baptista, " "
Sancti Petre et Paule, orate pro nobis.
Sancte Andrea, ora pro nobis.
Sancte Joannes, "
Sancta Maria Magdalena, "
Sancte Stephane, "
Sancte Ignati Antiochene, "
Sancte Laurenti, "
Sanctae Perpetua et Felicitas, orate pro nobis.
Sancta Agnes, ora pro nobis.
Sancte Gregori, "
Sancte Augustine, "
Sancte Athanasi, "
Sancte Basili, "
Sancte Martine, "
Sancte Benedicte, "
Sancti Francisce et Dominice, orate pro nobis.
Sancte Francisce-Xavier, ora pro nobis.
Sancte Joannes-Maria Vianney, "
Sancta Catharina senensis, "
Sancta Teresia de Avila, "
Sancte Joannes de Matha, "
Sancte Felice de Valois, "
Sancte Philippe Neri, " (Pénitent Rouge)
Sancte Paule Crucis, " "
Sancte Vincente Pallotti, " "
Sancte Leonardo Porto Maurizio, " "
Sancte Joannes-Baptista Rossi, " "
Sancte Bernardine senensis, "
Sancte Francisce de Paolo, "
Omnes sancti et sanctae Dei, orate pro nobis.
Propitius esto, parce nobis Domine.
Propitius esto, exaudi nos Domine.
Ab omni malo, libera nos Domine.
Ab omni peccato, "
A morte perpetua "
Per Incarnationem tuam, "
Per mortem et Resurrectionem tuam, "
Per effusionem Spiritus Sancti, "
Peccatores, Te rogamus, audi nos.
Ut Ecclesiam tuam sanctam regere et conservare digneris, Te rogamus…
Ut Domnum apostolicum et omnes ecclesiasticos ordines in sancta religione conservare digneris, "
Ut cunctis populis pacem et veram concordiam donare digneris, Te rogamus…
Ut nosmetipsos in tuo sancto servitio confortare et conservare digneris, Te rogamus…
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi,
parce nobis Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi,
exaudi nos, Domine.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi,
miserere nobis.
Christe, audi nos.
Christe, audi nos.
Christe, exaudi nos.
Christe, exaudi nos.
Lorsqu'elles sont terminées, les postulants se relèvent et derrière chacun d'eux prend place le frère parrain, qui l'aidera à se vêtir.
LE PRIEUR ... «Souvenez vous, frères, de l'humilité de Notre Seigneur Jésus Christ quand, par dérision, au moment de sa Passion, il fut vêtu d'une tunique rouge. Soyez humbles et patients dans les tribulations de la vie terrestre»
Chaque frère parrain passe le sac au postulant dont il a la charge, à la suite de quoi, le Préfet de sacristie remet, à chaque nouveau frère, un cierge allumé au grand chandelier du choeur.
LE PRIEUR ... «Souvenez vous encore de la patience et de la soumission de Notre Seigneur Jésus Christ quand, chez Pilate, il fut lié à une colonne pour être flagellé; aussi recevez ce cordon en signe de soumission à Dieu, à ses Commandements et aux obligations de cette Confrérie».
Chaque frère parrain ceint du cordon le postulant dont il a la charge.
LE PRIEUR ... «Souvenez vous aussi de la Passion que le Christ a souffert pour nos péchés, afin que, préservés des peines de l'enfer, nous puissions jouir de la contemplation éternelle; aussi pour être dignes d'un tel amour, qu'Il vous accorde le don de la contrition et de la parfaite pénitence requis pour la rémission des péchés».
Chaque frère parrain coiffe, du capuchon, la tête du postulant dont il a la charge.
Les frères parrains se retirent à leur place.
LE PRIEUR met la Croix pectorale à chaque postulant, en disant :
«Que le Seigneur vous revête de l'homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté véritable».
LES POSTULANTS (ensemble)
«Le Seigneur est notre secours ; qu'Il nous accorde d'être fidèles, sel et lumière pour les jours qu'il lui plaira de nous accorder jusqu'à notre trépas».
A l'autel, le célébrant entonne «LE CREDO» puis vient s'asseoir au milieu du choeur, I'Évangile sur les genoux. Durant le chant, le Prieur prend place à droite du célébrant et chacun des nouveaux frères vient, à son tour, baiser l'Évangile que tient le célébrant, en remettant son cierge allumé au Prieur, que ce dernier confie au Préfet de sacristie lequel va le déposer sur le porte cierges installé à l'autel de la Vierge. Puis chacun regagne sa place dans le choeur et la messe se poursuit.
...
...
A la fin de la messe, la procession se reforme comme au début, les nouveaux prenant place avec les autres frères, et tous viennent se grouper au pied de l'autel de la Vierge, en chantant le «MAGNIFICAT».
Là, le célébrant dirige les prières suivantes : trois «AVE» en l'honneur de la virginité de Marie, avant, pendant et après l'enfantement de Jésus, le «SALVE REGINA» et les prières d'exorcisme prévues par le pape LÉON XIII.
Puis la procession se reforme et sort au chant choisi par la chorale.
Source : Avec l’aimable autorisation de la Confrérie des Pénitents Rouges de Nice
CONFRERIE DES PENITENTS BLANCS DU PUY EN VELAY
CONFRERIE DES PENITENTS BLANCS DU PUY EN VELAY
Cérémonie de Réception des Confrères
La cérémonie commence par le signe de la Croix.
Le Recteur:
Monsieur le Directeur, ayant fait depuis (un certain temps)… la demande d’être reçu parmi les membres de la Confrérie des Pénitents Blancs du Puy en Velay, M. M. (il dit les noms des Postulants) demandent aujourd’hui à être revêtus de l’habit de cette Confrérie.
Le Prêtre:
Monsieur le Recteur, l’honneur de la Sainte Eglise, le souci du salut des âmes, non moins que la prospérité de la Confrérie, me font un devoir de vous poser préalablement cette question:
"Savez-vous s’ils en sont dignes?"
Le Recteur:
Autant qu’il est permis humainement d’en juger, je sais qu’ils sont honnêtes et vertueux chrétiens, et au nom de tous les conseillers de la Confrérie, je leur rends ce témoignage.
Le Prêtre:
Nous rendons grâces à Dieu.
Chant: VENI CREATOR (4 strophes)
Le Prêtre:
Chers Frères qui souhaitez être admis dans la Confrérie des Pénitents Blancs du Puy, que demandez-vous?
Les Postulants:
La miséricorde de Dieu et le soutien de la Confrérie pour notre vie chrétienne.
Le Prêtre:
Promettez-vous en retour de travailler à entretenir dans la Confrérie la ferveur de la dévotion, l’esprit de paix dans la charité et promettez-vous aussi d’être les témoins du Christ par l’exemple de votre vie et la fidélité aux règlements de cette Association Spirituelle?
Les Postulants:
Oui, nous le promettons avec la grâce de Dieu et le soutien fraternel des membres de la Confrérie.
Le Prêtre:
Soyez donc admis dans la Confrérie des Pénitents du Puy et devenez participants de tous les biens et faveurs spirituels, qui lui sont concédés par la Sainte Eglise.
Le Prêtre:
PRIONS, Dieu éternel et Tout-puissant, nous te prions en faveur de tes serviteurs ici présents. Accorde leur ta grâce pour les fortifier dans l’accomplissement de tes commandements, pour les soutenir face aux embûches et tentations de ce monde. Affermis leur foi, ouvre leur cœur à une plus grande charité et fortifie leur espérance dans l’attente de ton Royaume. Nous te le demandons par J. C. ton Fils, Notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles. AMEN.
Chant: VENI CREATOR (3 strophes)
Bénédiction et remise des vêtements.
Le Prêtre:
Notre secours est dans le nom du Seigneur.
Tous:
Qui a fait le Ciel et la terre.
Le Prêtre:
Le Seigneur soit avec vous.
Tous:
Et avec votre Esprit.
Le Prêtre:
PRIONS: Dieu, Tout-puissant auteur de tous biens et source de toute bénédiction, nous t’en supplions, daigne par nos mains bénir + ces vêtements et accorde à ceux qui les porteront de pouvoir se présenter agréables à tes yeux, purifiés de toutes fautes et ornés des vertus d’une authentique vie chrétienne, par le Christ N. S. AMEN
Le Prêtre: (en donnant l’aube)
Que le Seigneur vous revête de l’homme nouveau, recréé dans la justice et la sainteté.
Le Prêtre: (en donnant le cordon)
Que le Seigneur vous accorde un jugement droit et la prudence dans la lutte contre le mal et que la Vierge Marie soit votre modèle de pureté et de fidélité.
Le Prêtre: (en donnant le Capuce)
Que le Seigneur vous couvre comme d’un casque protecteur pour conserver à son service les vertus qu’il vous a données.
Le Prêtre:
Prions mes frères, le Dieu tout-puissant, pour ses serviteurs ici présents, qui lui renouvellent solennellement aujourd’hui l’hommage de leur foi reçue au baptême et la promesse de leur dévouement au service de leurs frères et de l’Eglise, en revêtant les insignes de cette Confrérie. Qu’il leur donne son Esprit-Saint, lumière pour leur vie, soutien dans les bonnes œuvres, réconfort dans les épreuves. Que sa grâce les assiste pour qu’ils méritent d’entendre un jour l’invitation du Christ: "Viens bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître".
ORAISON
Seigneur, écoute nos humbles prières en faveur de tes serviteurs dont tu connais la foi et le dévouement. Ils promettent de tout cœur de te servir toujours Mieux. Garde-les sous ta constante protection, afin que leur fidélité à marcher dans la voie de tes commandements, leur mérite, ainsi qu’à nous-mêmes, la joie de participer à ton éternel bonheur.
Par Jésus-Christ, Notre-Seigneur, qui vit avec toi et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. AMEN
Le Prêtre:
Vierge Marie, N.D. du Puy, en te saluant, nous te confions ces nouvelles recrues et toute la Confrérie des Pénitents Blancs du Puy en Velay.
CHANT FINAL
(en l’honneur de la Vierge Marie).
Pendant le chant, les nouveaux pénitents vont serrer la main de tous les confrères et consœurs présents, afin de témoigner des liens d’amitié et de fraternité qui unissent les membres de la confrérie
Source : Avec l’aimable autorisation de la Confrérie des Pénitents Blancs du Puy en Velay.
mars 24, 2009
Epikie et droit canonique : Viol et Excommunication
Epikie et droit canonique : Viol et Excommunication
La presse revient largement sur l’avortement de cette brésilienne de 9 ans, enceinte de jumeaux après avoir été violée par son beau-père. Sa mère, qui a pris la décision de la faire avorter, ainsi que les médecins qui ont pratiqué l’avortement, ont été excommuniés par l’archevêque de Recife et Olinda, Dom José Cardoso Sobrinho.
Président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, le cardinal Giovanni Battista Re a déclaré qu’il s’agissait "d’un cas triste, mais le vrai problème, c’est que les jumeaux conçus étaient des personnes innocentes qui ne pouvaient être éliminés".
Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican, a justifié l'excommunication de la mère d'une Brésilienne de 9 ans ayant avorté après avoir été violée par son beau-père, car les jumeaux qu'elle portait "avaient le droit de vivre", apprend-on ce lundi 9 mars.L'archevêque de Recife dans le nord-est du Brésil a excommunié jeudi la mère de l'enfant, qui a avorté de jumeaux alors qu'elle était enceinte de quinze semaines.L'excommunication a été étendue à toute l'équipe médicale qui a pratiqué l'opération, mais pas au beau-père de l'enfant car "le viol est moins grave que l'avortement" a expliqué Giovanni Battista Re.
En cette circonstance, l’Eglise de Rome déclare appliquer les dispositions du Code de Droit canonique.
Or l’examen de cette affaire oblige à rappeler les faits :
-l’enfant violé a 9 ans
- la maman de l’enfant et l’équipe médicale sont excommuniés
- l’auteur du viol n’st soumis à aucune peine canonique.
1° - La peine au regard du Droit canonique
Ceci étant rappelé, le canon 1223 expose : « N’est punissable d’aucune peine la personne qui, lorsqu’elle a violé une loi ou un précepte : 1 n’avait pas encore seize ans accomplis ; 2 ignorait, sans faute de sa part, qu’elle violait une loi ou un précepte ; quant à l’inadvertance et l’erreur, elles sont équiparées à l’ignorance ; 3 a agi sous la contrainte d’une violence physique ou à la suite d’une circonstance fortuite qu’elle n’a pas pu prévoir, ou bien, si elle l’a prévue, à laquelle elle n’a pas pu s’opposer ; 4 a agi forcée par une crainte grave, même si elle ne l’était que relativement, ou bien poussée par la nécessité, ou pour éviter un grave inconvénient, à moins cependant que l’acte ne soit intrinsèquement mauvais ou qu’il ne porte préjudice aux âmes ; 5 a agi en état de légitime défense contre un agresseur qui l’attaquait injustement, elle-même ou une autre personne, tout en gardant la modération requise ; 6 était privée de l’usage de la raison, restant sauves les dispositions des can. 1324, § 1, n. 2, et 1325 ; 7 a cru que se présentait une des circonstances prévues aux nn. 4 ou 5. »
Le N° 4 de cet article peut-il justifier (en ce qu’il y aurait préjudice aux âmes) la non application de l’une au moins des exceptions permises par l’énoncé du canon cité ?
Ce N° 4 permet-il à l’auteur de la sanction et à ses défenseurs dans la décision de se donner bonne conscience ?
Ce point sera discuté plus loin.
Reprenant la lecture du Code au nom duquel l’excommunication fut prononcée, l’article 1324 expose : « § 1. L’auteur d’une violation n’est pas exempt de peine, mais la peine prévue par la loi ou le précepte doit être tempérée, ou encore une pénitence doit lui être substituée, si le délit a été accompli : 1 par qui n’aurait qu’un usage imparfait de la raison ; 2 par qui était privé de l’usage de la raison par ébriété ou tout autre trouble mental analogue qui serait coupable ; 3 par qui a agi sous le feu d’une passion violente qui n’aurait cependant pas devancé et empêché toute délibération de l’esprit et tout consentement de la volonté, et à condition que cette passion n’ait pas été excitée ou nourrie volontairement ; 4 par le mineur après seize ans accomplis ; 5 par qui a agi forcé par une crainte grave, même si elle ne l’est que relativement, ou bien poussé par le besoin ou pour éviter un grave inconvénient, si le délit est intrinsèquement mauvais ou s’il porte préjudice aux âmes ; 6 par qui, agissant en état de légitime défense contre un agresseur qui attaquait injustement lui-même ou un autre, n’a pas gardé la modération requise ; 7 contre l’auteur d’une grave et injuste provocation ; 8 par qui, par une erreur dont il est coupable, a cru que se présentait une des circonstances dont il s’agit au can. 1323, nn. 4 et 5 ; 9 par qui, sans faute, ignorait qu’une peine était attachée à la loi ou au précepte ; 10 par qui a agi sans pleine imputabilité, pourvu que celle-ci demeure grave.
§ 2. Le juge peut faire de même s’il existe quelque autre circonstance atténuant la gravité du délit.
§ 3. Dans les circonstances dont il s’agit au § 1, le coupable n’est pas frappé par une peine latae sententiae. »
Vu les dispositions de l’article 1324 en son N° 8, renvoyant à l’article précédent en son N° 4,
Vu les dispositions de l’article 1324 en son N° 5, renvoyant implicitement à l’article précédent en son N° 4,
Il ne convenait pas de procéder à la peine la plus grave puisque la peine (à supposer qu’elle soit admise) doit être modérée, selon les dispositions de l’article 1324 § 1.
2° - La peine au regard du principe d’Epikie.
Je reprends la claire et simple définition donnée par K. RAHNER et H. VORGRIMLER en leur « Petit dictionnaire de théologie catholique » : « On désigne ainsi un principe de théologie morale dans l’interprétation et l’application des lois humaines. D’après ce principe, une telle loi (fut-elle ecclésiastique) n’oblige pas quand la saine raison fait supposer qu’ici, dans le cas concret, dans les circonstances données, le législateur n’aurait pas voulu obliger, comme par exemple dans le cas où l’observation de la loi donnerait lieu, dans telle conjecture, à des difficultés disproportionnées par rapport au but de la loi. »
Dans la situation présente, les évêques qui prirent la décision critiquée ou s’y associèrent, soumirent-ils leur réflexion au principe d’équité ou Epikie ? Gardiens de la Foi et de la Liturgie, ils sont aussi les administrateurs des lois internes de l’Eglise.
mars 23, 2009
Ce que le Pape a réellement dit à propos du sida
CE QUE LE PAPE A RELLEMENT DIT A PROPOS DU SIDA
Ce qu'on a uniquement retenu
ETAPE 1 : LISEZ CETTE PHRASE
I " (...) on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d'augmenter le problème. "
ETAPE 2 : LI SEZ CE TEXTE
Ce que le Pape a dit
Benoît XVI : Je pense que l'entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant'Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades... Je dirais que l'on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d'augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l'un envers l'autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l'homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d'épreuve avec les malades. Il me semble que c'est la réponse juste, l'Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.
Source : salle de presse du Saint-Siège (traduction La Croix)
ETAPE 3REPONDEZ A 2 QUESTIONS
1. Recevez-vous les propos du pape exactement de la même manière après la 1ère étapeet après la 2ème étape?
2. Qu'arrive-t-il lorsqu'on isole un morceau de phrase d'un propos global ?
ETAPE 4(QUESTION FINALE)
Sachant que :
- L'Eglise catholique connaît la réalité du Sida sur le terrain (25% des structures s'occupant des sidéenssont catholiques).
- Le pape est un homme de très haut niveau intellectuel et spirituel qui connaît très bien à la fois la pâtehumaine et la question du Sida.
Finalement, les propos du pape ne méritent-ils pas qu'on leur accorde un minimum de considération et de réflexion ?
Document rédigé par Guillaume de Prémare
LE PAPE ET L’EGLSIE NE SONT PAS ISOLES !
Des africains s’expriment !
Blaise COMPORE
Président du Burkina Faso
Président du comité national de lutte contre le sida
L'Eglise n'est pas isolée
« LEglise n'a pas le monopole de l'abstinence ! En tant que chef de l'Etat, j'ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 dans le cadre de la campagne «C'est ma vie». L'objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités. Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l'abstinence. »
La position de l'Eglise est reconnue en Afrique
« Les Français aiment la polémique, c'est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l'Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n'ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l'imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l'ambition d'affronter le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c'est passer à côté du problème du sida. »
L'action de l'Eglise est reconnue en Afrique
« Beaucoup de gens ignorent le travail de l'Eglise en Afrique. En France, l'intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l'Eglise est d'abord synonyme d'écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n'est pas théorique, il est pratique. L'Eglise apporte sa contribution. Si l'abstinence est un moyen de prévention, nous n'allons pas nous en priver ! »
Résister aux organismes internationaux
« Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister. On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. [...] Les Européens n'éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n'avons pas le temps. »
Décalage entre les médias et la réalité
« Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. »
Source : Famille Chrétienne - 12/02/2005
Mgr Théodore-Adrien SARR
Archevêque de Dakar
L'Eglise contribue à la prévention du Sida
« Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir. Dans des pays comme les nôtres, l'abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues. Avec leur promotion, nous contribuons à la prévention contre le sida. »
Source : Famille Chrétienne
Mgr SLATTERY
Evêque en Afrique du Sud
Encourager la fidélité dans le mariage
« L'Ouganda a été le premier pays à combattre résolument l'épidémie du SIDA au début des années 90. La position forte et claire du président Museveni a constitué l'élément décisif qui a ralenti la diffusion du SIDA, faisant passer le taux de personnes affectées de plus de 25% à 6% en 2002. Il a prêché le bon sens et non le préservatif, encourageant l'abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, comme des valeurs culturelles. »
Source : Famille Chrétienne
février 28, 2009
La Lumière preovenant du Tombeau
La lumière sainte provenant du Tombeau de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ
Les pélerins voyageant à Jérusalem, depuis les temps anciens et jusqu'à maintenant, affirment unanimement que le jour du Samedi Saint, le Feu sacré apparaît sur le Tombeau de Notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Des milliers de pèlerins pieux, affluant chaque année des pays du monde entier, de tous peuples et confessions chrétiennes, et de beaucoup d'autres, même non chrétiennes, s'empressent, depuis des temps reculés et jusqu'à maintenant, vers Jérusalem, pour y vénérer le Tombeau du Seigneur, tout particulièrement le jour du Samedi Saint. Ce jour-là, selon le témoignage de tous les voyageurs, depuis des temps anciens, chaque année et jusqu'à maintenant, le feu incréé apparaît sur le Tombeau de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, à 8 heures ou, selon notre heure, à deux heures de l'après-midi.
Dès le vendredi, les Turcs, sous la domination desquels se trouvent Jérusalem et l'Eglise du Tombeau du Christ, éteignent les lumières dans toute l'Eglise (et dans les temps anciens, aussi dans Jérusalem et même chez les Turcs) ; Ils bouclent les portes du Tombeau du Seigneur et y apposent le sceau turc; quant au patriarche, le jour même où le feu s'allume, il est soumis publiquement à une fouille devant tout le peuple par les officiels turcs, en présence d'une garde turque importante, et ensuite seulement, accompagné de cette même garde et des officiels, en présence des chrétiens de toutes confessions et des infidèles, ayant été publiquement revêtu de ses vêtements sacerdotaux et publiquement fouillé, il pénètre dans la grotte du Tombeau du Seigneur (kouvouklia), d'où les Turcs retirent alors le sceau.
Les plus anciennes informations sur le feu sacré, selon l'affirmation de l'Archimandrite Léonide, proviennent de l'antiquité la plus profonde (1).
Les écrivains grecs, rappelant cet événement, se reportent, en témoignage de cette ancienneté, aux écrits des Pères de l'Eglise : Grégoire de Nysse et Jean Damascène qui, comme on le sait, sont allés eux-mêmes à Jérusalem; le premier, dans sa seconde homélie sur la Résurrection, écrit : " Pierre, ayant vu de ses propres yeux, mais aussi par hauteur d'esprit apostolique que le Tombeau était illuminé, alors que c'était la nuit, le vit par les sens et spirituellement." Le second, dans ses chants liturgiques, fait souvent mémoire de la lumière brillant miraculeusement sur le Saint Tombeau. Ainsi par exemple: "Pierre, s'étant rapidement approché du Tombeau, et ayant vu la lumière dans le sépulchre, s'effraya." (2)
Parmi les écrivains occidentaux, favorables à la profonde antiquité de l'apparition du feu sacré, A.S. Narov mentionne le moine latin Bernard, au IXème siècle, et Baronius : "Le Samedi Saint, écrit Bernard, la veille de Pâque, au moment du service matinal à l'église dans le Temple du Tombeau du Seigneur, le Patriarche transmet le feu à l'Evêque et enfin à tout le peuple, afin que chacun puisse allumer ce feu dans sa maison. Le Patriarche actuel est Théodose (853-879); il a été élevé à cette dignité pour sa piété".
Le Pape Urbain II, lors du concile des Croisés à Clermont, dans son discours à la foule immense rassemblée devant lui, proclama, entre autres, ceci : "En vérité, dans ce Temple (le Tombeau du Seigneur), Dieu repose; jusqu'à présent, Il ne cesse d'y manifester des miracles car, aux jours de Sa Passion, alors que toutes les lumières sont éteintes au-dessus de Sa tombe et dans l'église, soudain, les lampadas éteintes se rallument. Quel cœur, si endurci soit-il, ne s'attendrirait pas devant une telle manifestation! ". Le chroniqueur de l'Eglise romaine Baronius témoigne : "Les chrétiens occidentaux, ayant repris Jérusalem aux Sarrazins, virent un miracle lorsque, le Samedi Saint, les bougies s'allumèrent d'elles-mêmes auprès du Tombeau du Seigneur. Ce miracle se produit là-bas habituellement."(3)
Parmi les écrivains orthodoxes grecs, le Patriarche Nectaire a noté son témoignage sur le feu sacré, et ce témoignage a été utilisé par Arsène Soukhanov dans son "Proskinitarié "(cahier 17). Quant aux témoignages de nos pèlerins-écrivains russes, ils sont exposés ici; le plus ancien est celui de l'Higoumène Daniel, qui se trouvait à Jérusalem (1093-1112) sous le règne de Sviatopolk Ysiaslavitch. En ce temps-là, peu après les croisades, régnait à Jérusalem le roi Baudouin 1er, un catholique. Par le récit de Daniel, nous apprenons que Baudouin 1er était présent à l'apparition de la Lumière Sainte et reçut de l'Evêque une bougie, l'Evêque étant orthodoxe, et non catholique, malgré le fait que Baudouin lui-même fût catholique et Jérusalem pris par les Croisés-catholiques, et sous obédience du Pape. Il y eut sans doute des expériences, où le feu ne descendit pas sur les Evêques catholiques, et c'est pourquoi ce droit a été donné aux orthodoxes. Et maintenant encore nous voyons, par les dires du Métropolite Mélétios, vicaire du Trône Patriarcal de Jérusalem, qu'entrant dans le sépulcre, il ne vit pas le feu durant un long moment (Voyage de Barbara Brune de Saint Hyppolite). Depuis des temps lointains, Arméniens et Coptes prennent part à ce triomphe et croient en la miraculeuse manifestation de l'apparition du feu...
Il est fort à propos de citer ici le témoignage du pèlerin Hiéromoine Mélétios, et d'autres encore, sur la tentative des Arméniens de chasser les chrétiens orthodoxes du Temple de Jérusalem, pour recevoir par leurs propres hiérarques le feu incréé de la "kouvouklia". Cette tentative se termina en miracle. Effectivement, les Grecs ne furent pas admis par le pacha turc, qui avait été acheté pour de l'argent, et ils se tenaient hors du temple devant les portes closes. "Lorsque approcha l'heure à laquelle avait habituellement lieu le miracle, soudain, un des piliers qui se trouvent dans le mur, devant les Portes Saintes, se fendit et la Lumière s'en échappa. Voyant cela, le Patriarche (orthodoxe) s'avança avec précaution et alluma les bougies - les Arméniens, quant à eux, raconte plus loin le hiéromoine Mélétios, ignorant tout à fait que la lumière sainte était descendue chez les orthodoxes, l'attendaient pour eux à l'intérieur du Tombeau, clamant consciencieusement, d'une voix forte, comme des Baalatim. Mais les Turcs qui gardaient le Saint Portail, voyant un tel miracle, ouvrirent les portes aussitôt. Le Patriarche entra dans le Temple avec les orthodoxes, proclamant : "Qui est le Dieu grand, sinon notre Dieu ? Tu es Dieu, qui fait des merveilles !" et la suite ... Les Turcs, présents lors du miracle, crurent. Y eut-il un signe, semblable ou non, avec les latins et autres chrétiens, nous l'ignorons.
Les Arabes, dans un enthousiasme religieux, courant autour de la kouvouklia, s'exclamaient : "Vola dinn, Illa dinn, l'-Messia !", ce qui veut dire : " Il n'y a pas de foi véritable, hors la foi orthodoxe."
Un écrivain russe connu, qui fut plus tard ministre de la Culture, A.S. Norov, assistant en 1835 à Jérusalem à la descente du feu sacré, de même que le pieux André Nicolaïevitch Mouraviev ont décrit avec art l'apparition du feu sacré ainsi que leur voyage.
L'apparition du feu sacré même est rapportée par les différents voyageurs, de diverses façons. Certains le décrivent précédé de l'apparition d'un nuage, d'autres, ne parlant pas de cela, le disent provenant directement du Tombeau du Seigneur; certains pèlerins le voient bleu, devenant ensuite très clair et brillant et d'autres, le figuraient comme étant rouge. Parmi les derniers pèlerins, André Nicolaïevitch Mouraviev, de bienheureuse mémoire, écrit : " Sur le Tombeau du Seigneur, on dépose auparavant du coton, avec lequel on ramasse le feu sacré, qui apparait, dit-on, par petites étincelles sur la plaque de marbre sur le Tombeau du Seigneur."
A.S. Norov le décrit ainsi : "J'ai vu comment le Métropolite, âgé, s'étant penché pour pénétrer par l'entrée basse, arrivé dans la grotte, se jeta à genoux devant le Saint Tombeau, sur lequel rien n'était déposé, qui était complètement nu. Une minute ne s'était pas écoulée, que l'obscurité s'inonda de lumière, et le Métropolite sortit vers nous avec un bouquet de bougies flamboyantes."
Le Hiéromoine Mélétios, pieux starets de Sarov affirme que l'apparition de feu sacré ne provient pas, semble-t-il, d'ailleurs que précisément du Tombeau lui-même, qui aurait été sanctifié par le Corps du Christ, qui le fait sourdre chaque année en signe de vérité et de rectitude de foi. N'ayant pu être personnellement témoin de l'apparition du feu, le Hiéromoine Mélétios rapporte les paroles de l'Archevêque Missaïl, dont c'était alors le service : " Etant entré, lui dit l'Archevêque Missaïl, à l'intérieur du Saint Tombeau, nous voyons sur tout le couvercle de la tombe une lumière scintillante, comme si y étaient répandues de minuscules perles de verre, d'apparence blanche, bleue, écarlate, et d'autres couleurs, qui ensuite, se fondant les unes avec les autres, rougeoyaient et se transformaient en feu; mais ce feu, durant le temps nécessaire à lire sans hâte quarante Kyrie Eleison, ne produit pas de brûlure et ne consume pas, et les candélabres et bougies préparés s'y allument : mais par ailleurs, ajoute l'Archevêque, comment et d'où cela provient, je ne saurais le dire".
Une telle diversité dans les récits sur la couleur de la Lumière Sainte et la façon dont elle apparaît, démontre la véracité et la sincérité de ceux qui les ont écrits. Et tous les récits des témoins oculaires se rejoignent dans la même constatation : le feu incréé apparaît chaque année le Samedi Saint, et ce jusqu'à présent.
Contre les fausses allégations des vieux-croyants, prétendant que, dès le temps du Patriarche Nikon, il n'y eut plus d'apparition du feu sacré, il suffit de dire que dans le "Livre sur la Foi", imprimé à Moscou en 1648 et respecté par eux, au temps du Patriarche Joseph, il est indiqué, au chapitre premier, sur l'Eglise de Sion, que chaque année, le Samedi Saint, on peut voir sur le Tombeau Du Seigneur la Lumière Sainte, et un peu plus bas, il y est démontré que cette Lumière apparaîtra sur le Tombeau du Christ jusqu'à la fin des temps.
"C'est une joie de voir, écrit le moine Parféni, qu'à présent, bien qu'à contrecœur, les autres chrétiens respectent la foi orthodoxe, et jettent leurs regards sur les orthodoxes comme sur un soleil très clair, car ils espèrent tous recevoir par eux, la grâce de la Lumière Sainte."(2)
Concernant les infidèles, ou ceux qui auraient été contaminés par les faux enseignements actuels, nous demandons, ainsi qu'à tous les lecteurs de lire les récits qui suivent, de les comparer et vérifier, et qu'ils ne soient pas incrédules, mais qu'ils croient.
Philippe M. Abdoulovsky.
Le jour du Samedi Saint à Jérusalem d'après les récits de pèlerins anciens et actuels. Centre d'entr'aide chrétienne, Tambov, 1903
Traduit du russe par N.M.Tikhomirova.
Notes:
^ 1) L'Archimandrite Léonide avait publié ses notes dans le "Douchepoliesnoié Tchenié" en 1863, n°2, 3 et 4, sous le nom de "Moine pèlerin"
^ 2) Voici ce qu'écrit encore le moine Parféni à propos de Jérusalem:
^ "Et encore, voici le plus magnifique et le plus merveilleux : chaque année, le soir du Samedi Saint, sur le Tombeau apparaît un feu, mieux, une lumière sainte, qui l'emplit et toutes les lampadas suspendues autour s'allument à ce feu et brillent plus clair. Mais apprends comment cela se passe, écoute : cette grâce arrive et le miracle apparaît par les prières du saint et orthodoxe Patriarche de Jérusalem, lorsqu'avec la foule il fait trois fois le tour du Tombeau en chantant : "Ta Résurrection, ô Christ Sauveur, les Anges la chantent dans les cieux, et nous sur la terre, rends-nous dignes de Te glorifier d'un cœur pur !" Ayant accompli cela, le Patriarche entre à l'intérieur du Sépulcre et les très belles bougies de cire blanche sont allumées par lui à cette lumière. Puis il en sort, s'assied à l'endroit qui lui a été préparé, et toutes les personnes rassemblées s'approchent et de même allument leurs bougies à celles que tient dans ses mains le Patriarche."
Cited from: La lumière sainte provenant du Tombeau de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ // LA VOIE ORTHODOXE N°11, HIVER 1996Switch to English-languager versionÏåðåéòè ê Ðóññêîÿçû÷íîé âåðñèè
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Un physicien russe a pour la première fois établi la preuve de décharges électriques pendant la descente du feu sacré au Saint Sépulcre à Jérusalem
A Moscou, dans le cadre des entretiens pédagogiques de Noël, dans la section « christianisme et science » ont été présentés pour la première fois les résultats d’une expérience scientifique réalisée par des chercheurs russes en 2008 le jour du samedi saint à l’église du Saint Sépulcre (église de la Résurrection, ndr) à Jérusalem .
André Volkov, physicien et mathématicien de l’institut d’énergie atomique Kourchatov, a raconté comment il a lui-même entrepris de mesurer les vibrations à ondes longues de basse fréquence à l’église pendant la descente du feu sacré.
A l’aide d’appareils spécifiquement adaptés à l’expérience, le chercheur a fait des mesures pendant près de six heures et demie dans l’église avant de la descente du feu sacré, puis il a passé plusieurs mois à les analyser.
André Volkov considère que la différence entre les données obtenues le jour de la descente du feu sacré et celles obtenues la veille témoigne d’un « véritable miracle ». En outre, selon lui « l’analyse des fissures sur le pilier situé à l’entrée de l’église laisse penser qu’elles n’ont pu se produire qu’à la suite d’une décharge électrique ».
Cette idée est soutenue par Eugène Morozov, spécialiste mondial de la mécanique des déformations. Tout en admettant que « d’un point de vue strictement scientifique, une mesure unique ne peut rien prouver véritablement », Volkov a déclaré qu’il assumait pleinement la responsabilité de ses résultats et qu’il était prêt les présenter. « Si vous me demandez, en tant que scientifique, si c’est [un miracle], je vous répondrai que je ne sais pas » - a-t –il ajouté.
A son tour, Alexandre Moskovskij, professeur à l’université Saint Jean le Théologien à Moscou, et adjoint du président de la commission du Patriarcat de Moscou pour l’analyse des phénomènes miraculeux, a déclaré que « A. Volkov a fait un exploit scientifique en faisant pour la première fois dans l’histoire une véritable travail de recherche sérieux et fiable sur le feu sacré ».
Le feu sacré descend depuis des siècles dans l’église du Saint Sépulcre à Jérusalem à la veille du jour de Pâques orthodoxe. Les chrétiens d’Orient sont convaincus que ce miracle témoigne de la vérité de la foi orthodoxe, d’autant plus qu’il n’est jamais arrivé que le feu sacré ne descende pas à Pâques. Pour les croyants, le fait même de la descente du feu sacré est une preuve incontestable à opposer aux arguments des athées.Source: Interfax (traduit du russe pour Orthodoxie.com par L. D.-V.)
janvier 31, 2006
19- Introd. Le vrai visage de la FM- R.CHAMBELLANT
Constant CHEVILLON : Le vrai visage de la Franc - Maçonnerie
Introduction à la nouvelle édition par René CHAMBELLANT
Constant CHEVILLON naquit le 26 octobre 1880 à Annoire (Jura). C'était un homme comme on a peu l'occasion d'en rencontrer. Penseur profond et travailleur infatigable, il sut mettre en pratique l'enseignement des Ordres initiatiques et spiritualistes auxquels il appartenait.
Plutôt petit, mince, les pommettes saillantes, le cheveu dru, ses yeux reflétaient l'intelligence et la bonté. Il aimait la présence turbulente de la jeunesse du Quartier Latin. A Paris, il habitait une modeste chambre meublée à l'hôtel des Bernardins.
Il partageait son temps entre Paris et Lyon, et passait la plus grande partie de ses nuits à préparer des conférences et à correspondre avec les Ordres qu'il dirigeait, dispersés dans le monde entier.
Il était aimé et vénéré de tous ceux qui l'approchaient, tant il dégageait une expression de sérénité, de sainteté, d'équilibre, se penchant avec attention sur tous, aidant de ses conseils, excusant tout et tous.
Il prenait un visible plaisir, entouré des jeunes adeptes d'alors, aux repas du dimanche, partagés dans un restaurant du quartier, où nous mettions à contribution son érudition et ses connaissances extraordinaires. Il arbitrait nos discussions fraternelles mais animées, avec un tact délicat, ne froissant aucune susceptibilité.
Pendant la guerre de 39-44, ses employeurs l'envoyèrent en Province où il se plaignait de ne pouvoir travailler. Il sentait rôder autour de lui l'ombre de sa mort prématurée et souffrait de ne pouvoir exprimer tout le message qu'il portait. Certaines de ses lettres le montrent désespéré de son inaction forcée.
Interrogé deux fois par la police officielle, il est arrêté, à Lyon, chez Mme Bricaud, le 25 mars 1944.
Emmené par des inconnus, on le retrouvera, le lendemain, assassiné, montée des Clochettes à Saint-Fons, dans la banlieue lyonnaise.
Cet homme exemplaire était le Grand Maître de deux formations initiatiques ésotériques:
• Le Rite Ancien et Primitif de
Memphis-Misraïm.
• L'Ordre des Chevaliers Maçons
Élus Cohen de l'Univers.
Pour la démarche exotérique, il était Patriarche de l'Église Gnostique Universelle.
Le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm est un rite hautement et exclusivement spiritualiste.
Dès les trois premiers grades, on constate l'élévation d'esprit de leurs rédacteurs.
Dans les grades suivants, toutes les phases de la Tradition Universelle et Primordiale défilent. Ces grades, souvenir des Rites disparus, proliférèrent au XVIIIe siècle, après la fondation de la Grande Loge Unie d'Angleterre.
A ses débuts, cette organisation vendait des patentes à qui pouvait les acheter. Ainsi chacun inventait son rituel en fonction des affinités qu'il pouvait avoir dans les fraternités initiatiques antérieures. C'est pour cette raison que l'on retrouvait le nom de certains grades attachés à la tradition égyptienne, iranienne, juive, grecque, celte, kabbalistique ou rosicrucienne.
Le Rite Ancien et Primitif était donc une sorte de conservatoire dans ses 90 premiers degrés où l'on retrouve le nom de grades disparus. A ces degrés, il faut ajouter cinq grades administratifs
Le successeur du Grand Maître Henri Dupont, lui-même successeur de C. Chevillon, a malheureusement cru bon de remplacer les trente premiers degrés supérieurs du rite dit « Égyptien » par les trente degrés du Rite Écossais Ancien Accepté, alors que dès l'origine (Convent de Bruxelles de 1934) Constant Chevillon s'était opposé à cette innovation.
Aujourd'hui, au sein du Souverain Sanctuaire des Gaules, une seule Loge dissidente sert de base aux Hauts Grades pratiqués du temps de C. Chevillon.
Une chose importante est à noter, à l'instar des grands Maçons tels Cagliostro, Martinez de Pasqually, J.-B. Willermoz, Constant Chevillon considérait que la femme, partie intégrante de l'humanité, devait avoir accès à l'initiation. Il créa donc un rituel des trois premiers degrés, parfaitement adapté à la féminité. Car bien qu'incontestablement valide, initier les femmes aux travers d'un rite prévu uniquement pour des hommes est, par essence, parfaitement illicite.
Les trois premiers degrés du rite féminin donnent naturellement la possibilité aux femmes d'accéder aux plus Hauts Grades, aucune raison licite s'y opposant, puisque symboliquement, dès le troisième degré, l'homme comme la femme se trouvent débarrassés de la symbiose soma-psyché et libèrent ainsi le pneuma-androgyne.
Pour les mêmes raisons évoquées précédemment, ce rite féminin n'est plus pratiqué que par une seule Loge.
En ce qui concerne l'Ordre des Élus Cohen et pour clarifier une situation quelque peu embrouillée, qui à l'époque de sa création jusqu'à l'orée du XXe siècle ne l'était pas, le vocable « Martiniste » désignait les disciples de Martinez de Pasqually, puis le Martinisme Lyonnais descendant des Élus Cohen de Willermoz, ou le Martinisme Russe, branche des Élus Cohen établis en Russie.
Mais à la fin du XIXe siècle, Papus, Dr Gérard Encausse, créa en compagnie d'Augustin Chaboseau, un Ordre Martiniste dont le but essentiel était l'étude des œuvres de L.-C. de St Martin, le Philosophe Inconnu, d'où, aujourd'hui, la confusion entre Martinistes et Élus Cohen.
Par la suite, Papus devint Grand Maître du Rite de Memphis-Misraïm, tout en développant parallèlement son Ordre Martiniste.
A la mort de Papus, son successeur, Téder, initié au Martinisme Lyonnais (Élu Cohen), projette de réformer l'Ordre Martiniste de Papus, mais la mort l'empêcha de réaliser son projet.
Jean Bricaud lui succède, reprenant son idée de réforme, en présidant l'Ordre Martiniste Lyonnais et celui de Papus qui devint la Société Occultiste Internatio-nale, où il regroupa tous les « profanes », réservant l'Ordre des Élus Cohen (Martiniste Lyonnais) aux Maçons de Hauts Grades.
A la mort de J. Bricaud, C. Chevillon reprend le flambeau et coupe définitivement les rapports entre le Rite de Memphis-Misraïm et les Élus Cohen d'une part, et la S.O.I. d'autre part, dont il nommera Mme Bricaud présidente.
Actuellement, par le jeu des dissidences et des scissions, les Ordres Martinistes et ceux des Élus Cohen ont proliféré en nombre et en qualités.
Il en est de même pour l'Église Gnostique divisée en plusieurs parties.
Rappelons que Constant Chevillon a écrit plusieurs petits ouvrages: Du néant à l'être, 1942 - Et verbum caro factum est, 1944 - La tradition universelle, 1946 -réédités en un volume aux Éditions Traditionnelles, Paris, 1982.
Méditations initiatiques, 1953 - Orient et Occident, 1926. Ainsi que Le vrai visage de la Franc-Maçonnerie, 1939 - et Réflexion sur le temple social, 1936, qui font l'objet de cette édition. La plupart de ces livres quasiment introuvables dans leurs premiers tirages avaient été presque tous édités par la librairie Derain-Raclet, pour les plus anciens, puis par Derain seul, 128 rue Vanban, à Lyon. Librairie toujours existante, qui fut un des hauts lieux de l'ésotérisme Lyonnais.
Nous remercions nos chers amis, Gilbert Tappa et Claude-Charles Boumendil, d'avoir tenu à rééditer ces deux textes importants du Maître, en espérant qu'ils contribueront à effacer les images, par trop caricaturales, de la Franc-Maçonnerie, ancrées dans l'idée populaire depuis si longtemps.
Que le souvenir de Constant Chevillon soit toujours vivant et que sa pensée perdure parmi les Maçons de bonne volonté. 24 juin 1991
19 - Prière pour la Paix : Constant CHEVILLON
PRIERE POUR LA PAIX
ADONAÎ Ô ELOIM DES ELOIM, nous voulons la paix: la paix dans les familles, dans les cités, dans les nations, la paix sur toute la terre, le coeur des hommes fait pour aimer et non pour haïr, envoyez à tous la bonté, la mansuétude et l'amour.
Eloignez d'eux à jamais le désir des guerres impies et fratricides, donnez-leur la soif inextinguible de la Paix. Déchaînez dans le monde une vague d'Amour et de Fraternité. Nous vous en supplions par le Verbe incréé, expression de votre amour infini; donnez-nous la Paix universelle.
Que la Paix étende partout sa sérénité et sa justice, mais surtout sur les peuples qui sont menacés dans leur vie, dans leur liberté, dans leurs idées et dans leur conscience humaine.
Faîtes, Adonaï et vous, puissance de la Lumière, que les intérêts particuliers s'effacent toujours devant l'intérêt général de l'Humanité et que celui-ci se hausse sur le plan spirituel de la Fraternité et de l'Amour pour juguler à jamais la colère, l'envie et la haine!
Donnez aux riches de la terre un coeur sensible et généreux, aux pauvres l'intelligence du royaume de la lumière avec la tempérance des désirs, aux puissants qui gouvernent le monde le sens de l'équité dans la prudence et la sagesse, aux gouvernés le respect de la hiérarchie juste et légitime; à tous les hommes l'humilité dans la Foi, l'Espérance et la Charité. Amen! Amen! Amen!
Constant CHEVILLON
16 - La tiédeur spirituelle : SS Shenouda III
LA TIDEDEUR SPIRITUELLE
SS SHEDOUNA III, Pape et Patrairche d’Alexandrie
Je ne prétends pas avoir atteint le but ni être parvenu à la perfection, mais je le poursuis pour tâcher de le saisir, comme moi-même j’ai été saisi par le Christ Jésus. Frères, je ne pense pas encore l’avoir saisi, mais je n’ai qu’un souci : oubliant ce qui est derrière, tendu vers l’avant de tout mon être, je cours droit au but. Ph 3,12-14
LA FERVEUR ET LA TIÉDEUR
L’Esprit Saint descendit le jour de la Pentecôte sous la forme de langues de feu (Ac 2, 3) qui embrasèrent les saints apôtres. Dieu de même apparut au prophète Moïse dans une flamme de feu dans le buisson (Ex 3, 2), et Saint Paul dit aussi : Notre Dieu est un feu dévorant (Hé 12, 29).
Celui qui est habité par l’Esprit de Dieu doit être dans la ferveur de l’Esprit. Celle-ci imprègne son cœur, son amour, ses prières, ses dévotions, son service. Cette ferveur embrase toute sa vie, et tout lieu où il se trouve s’embrase par sa ferveur, par ses activités et par le saint zèle qui l’anime.
L’amour de Dieu et celui du prochain remplissent le cœur de l’homme spirituel. Or, la Sainte Bible compare l’amour à un feu, et l’Écriture dit à ce propos : Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour (Ct 8, 7).
C’est pour cette raison que le serviteur de Dieu animé par l’amour s’embrase de feu, comme le signale l’Apôtre en parlant de son ministère : Que l’autre trébuche et c’est un feu qui me brûle ? (2 Co 11, 29). Or cette ferveur de l’homme spirituel se transmet aux autres.
Des saints anges qui exécutent l’oeuvre de Dieu avec ferveur et ardeur le psalmiste dit :
Il fait des souffles ses anges,
Des flammes de feu ses serviteurs (Ps 103, 4).
Cependant, cette ferveur spirituelle ne dure pas toujours chez bien des enfants de Dieu et ils sont alors envahis par la tiédeur... Ils ne persévèrent pas dans leur amour d’antan pour beaucoup de raisons.
Ils prient, mais plus avec le même amour, ni avec la même profondeur, ni avec le même esprit. Ils lisent la Sainte Bible sans en être touché et il en est de même des réunions spirituelles et de la sainte liturgie qui n’émeuvent plus leur cœur comme jadis.
Leurs dévotions deviennent comme un corps sans esprit, ayant les apparences de la piété, mais reniant ce qui en est la force (2 Tm 3, 5). Ils parlent à Dieu sans sentir sa présence devant eux et dans leur vie.
Oh comme Dieu ne supporte pas cette tiédeur ! Ainsi c’est exprimé dans l’Apocalypse, il dit à l’ange de l’Église de Laodicée :
Tu n’es ni froid ni chaud.
Que n’es-tu l’un ou l’autre !
Ainsi, puisque te voilà tiède,
et que tu n’es ni chaud ni froid,
je vais te vomir de ma bouche (Ap 3, 15-16).
Cependant la tiédeur est un état relatif. Ce que l’on peut considérer comme tiédeur chez les grands saints peut être considéré comme ferveur chez des personnes ordinaires. Ces saints peuvent avoir régressé quelque peu de leur niveau spirituel mais il demeure pourtant bien supérieur à celui des autres, malgré leur régression.
LES STYLES DE TIEDEUR
Dans ce domaine on peut déceler trois catégories : Une tiédeur naturelle qui peut atteindre tous les hommes, même les saints, une tiédeur grave qui menace toute la vie spirituelle et risque d’entraîner la chute de l’homme, et une tiédeur relative, si l’on compare la vie spirituelle d’une personne à deux époques différentes de sa vie, toutes deux jouissant d’un niveau spirituel élevé.
La tiédeur naturelle est un phénomène de notre nature sujette à la déviation et qui est incapable de suivre constamment une ligne solide continuellement ascendante.
Quant à la tiédeur grave c’est celle qui persiste longtemps et qui s’approfondit sans que l’on éprouve aucun blâme intérieur. L’homme peut s’y habituer et ne point chercher à s’en débarrasser, parce qu’elle peut se revêtir de l’habit des agneaux.
Il en est ainsi de l’homme qui étant habitué à l’atmosphère de l’église, y pénètre sans vénération ni respect, sans humilité ni émotion. Il peut y donner des ordres et interdire, élever la voix et crier. Il peut prendre le maintien de l’ordre comme prétexte pour réprimander et rudoyer, comme il peut interrompre la prière du prêtre ou du diacre pour corriger un faute de grammaire. Arrivé à ce stade, ou bien il cherche à retrouver sa spiritualité parce qu’il découvre qu’il l’a perdue, ou bien il n’y pense plus, estimant qu’il a bien agi.
Là, il passe de la tiédeur au péché, sans s’en rendre compte, ou il peut s’en rendre compte et chercher alors à s’en justifier.
Dans cet état de tiédeur, il perd sa douceur et son humilité aussi bien que la vénération du lieu saint et le respect envers autrui.
LES ASPECTS DANGEREUX DE LA TIÉDEUR
La tiédeur est une chute. Comment pourrait-elle ne pas l’être ? La tiédeur est une chute du niveau de l’amour à celui de la routine, ou de celui de l’esprit à celui du rationalisme, c’est une chute des vertus de l’esprit à celles du matérialisme ou de l’intérêt qui le rapproche de Dieu à celui qui le rattache aux hommes.
La tiédeur constitue un arrêt du mouvement ; c’est une relation extérieure et non plus une relation intérieure avec Dieu ; c’est l’intérêt accordé aux vertus en ce souciant du critère de « la longueur » (la quantité), et non de « la profondeur » (la qualité).
Chacun de ces éléments exige un long développement que nous essaierons de résumer en exposant non seulement les aspects de la tiédeur, mais aussi ses causes ...
DE L’AMOUR À LA ROUTINE
La vie spirituelle de l’homme doit être animée par l’amour pour Dieu qui doit imprégner toute vertu. Vous priez parce que vous aimez Dieu et vous dites :
Ô Dieu, mon Dieu, je te cherche dès l’aurore
mon âme a soif de toi !
Après toi languit ma chair,
comme une terre déserte, sans eau (Ps 62, 2).
Combien j’aime ta loi :
tout le jour elle fait mes délices (Ps 118, 97).
Mais dans l’état de tiédeur, la prière se transforme en un devoir et en une obligation que vous remplissez, pour que votre conscience ne vous reproche rien et ne vous accuse pas d’avoir manqué à vos devoirs.
Vous pouvez prier sans désir sincère, sans sentiment, sans ferveur et peut-être encore sans compréhension. Votre prière dans ce cas perd tous les éléments qui en font une prière spirituelle ; dès lors, elle sera dépourvue de componction, de piété, de foi, de méditation et d’amour. Vous priez et cela vous suffit, alors que votre prière est devenue une simple routine.
Ce que l’on dit de la prière dans l’état de tiédeur pourrait s’appliquer aux autres disciplines spirituelles. De même, votre lecture de la Sainte Bible devient routinière. Vous lisez sans comprendre ni méditer, sans appliquer ce que vous lisez à votre propre vie ni recourir aux exercices spirituels et surtout sans savourer les paroles de Dieu, comme les savourait le prophète David qui disait :
Je trouve la joie dans tes paroles,
autant que celui qui découvre un grand trésor (Ps 118, 162).
Votre lecture n’est qu’une simple routine et un simple devoir. Peut-être avez-vous commencé votre vie spirituelle par l’amour pour Dieu, mais vous n’y avez pas persévéré. Pourquoi ?
C’est peut-être l’intérêt accordé à la quantité plus qu’à la qualité qui vous a conduit au ritualisme cultuel et, partant, à la tiédeur. Vous voulez réciter un certain nombre de psaumes et de prières, lire un certain nombre de chapitres de la Sainte Bible, et faire un certain nombre de prosternations. En tout cela, peu importe pour vous le comment ? Vous ne vous souciez plus de l’esprit mais du nombre. Et si vous atteignez le nombre requis, vous êtes, hélas ! satisfait de vous-même. Peu importe pour vous à quel point Dieu est satisfait de votre méthode !
Lorsque saint Isaac aborda cette question, il conseilla de se dire à soi-même dans un tel cas : Je ne me tiens pas devant Dieu pour compter des mots.
Saint Paul, lui, préféra cinq paroles avec intelligence à dix mille paroles en langue (1 Co 14, 19).
Pour accomplir vos « devoirs » vous pouvez prier rapidement, mais la rapidité conduit à l’incompréhension et au manque de méditation. Dès lors votre objectif sera, non de jouir d’un entretien avec Dieu tout empreint d’amour, mais de vous acquitter de cette obligation que les moines appellent l’office.
La déviation de l’objectif loin du chemin spirituel vous conduit inévitablement à la tiédeur, car elle vous éloigne de la spiritualité de la prière qui est à l’origine de la ferveur. Nombreux sont ceux qui en apprenant les hymnes liturgiques ne peuvent pas les étudier par cœur et il en est de même des psalmodies, aussi prient-ils avec ces hymnes et ces psalmodies lentement et, partant, avec méditation et spiritualité. Mais avec la pratique, ils atteignent le stade de l’étude par cœur et la vitesse avec laquelle ils chantent ces prières s’accroît en proportion, à tel point qu’ils chantent les louanges si vite qu’il est difficile de distinguer les paroles.
Avec la vitesse et l’étude par cœur, la compréhension, les sentiments, la méditation diminuent et les hymnes deviennent une simple musique dépourvue de l’esprit de prière.
CAUSES ET REMEDES DE LA TIÉDEUR
Si vous êtes assailli par un ou par toutes ces faiblesses, dites-vous : « Je voudrais prier, je voudrais m’adresser à Dieu de tout mon cœur, même en quelques paroles, comme l’ont fait le collecteur d’impôts et le bon larron sur la croix, qui ne lui ont dit qu’une seule phrase ».
L’une des causes de votre tiédeur est peut-être que vous vous contentez des prières étudiées, que vous les récitez sans qu’elles ne soient imprégnées par l’esprit de prière, sans ajouter des prières personnelles émanant des profondeurs de votre cœur.
Pourtant elles sont profondes les prières des psaumes et les autres prières de l’Eglise si vous les priez avec compréhension et de tout votre cœur... Ce sont des trésors spirituels. Mais en plus de ces prières vous avez besoin d’avoir des prières personnelles où vous exprimez tout ce qui anime votre âme, en employant vos propres paroles et où vous vous adressez à Dieu avec amour et en toute franchise, comme si vous vous teniez devant lui et que vous le voyiez.
Exercez-vous à ces prières personnelles toutes les fois que vous êtes assailli par la tiédeur, comme dans les périodes de ferveur spirituelle, et constatez l’efficacité de telles prières dans votre vie.
Affranchissez-vous de l’esclavage de la quantité et de la vitesse, de celui de la routine et de l’obligation et cherchez à prier avec esprit, compréhension et sentiments ; agissez de la sorte avec tous les exercices spirituels. Gardez-vous de la chute !
Si vous souffrez de la tiédeur, réduisez le nombre de psaumes, mais priez avec profondeur tout en cherchant à augmenter le nombre en gardant la même profondeur. Sinon, tenez-vous à un petit nombre, la profondeur étant la plus importante, car c’est elle qui remédie à la tiédeur.
Or la tiédeur n’attaque pas seulement la prière, les lectures, les méditations et tous les autres moyens spirituels, mais elle peut aussi envahir tous les sentiments intérieurs du cœur, les divers fruits de l’Esprit et toute la vie spirituelle en général... Le saint zèle dans le service de Dieu peut n’être plus aussi ardent qu’auparavant, le désir de se consacrer à Dieu peut faiblir ou s’attiédir, la ferveur dans l’examen de conscience et dans la vie de conversion peut perdre sa force.
Dans l’état de tiédeur les aspects et les causes peuvent se ressembler. Par exemple, se détourner de Dieu en se préoccupant d’autre chose peut être un aspect de la tiédeur comme il peut en être une cause. La satisfaction éprouvée à l’égard d’un niveau spirituel atteint avec l’arrêt de la croissance peut être une cause de la tiédeur aussi bien qu’un de ses aspects. Nous avons déjà signalé que le passage de l’amour à la routine est un des aspects de la tiédeur et nous pouvons aussi le considérer comme une de ses causes.
LES PRÉOCCUPATIONS QUI DETOURNENT DE DIEU
Parmi les causes les plus graves de la tiédeur figurent les préoccupations qui empêchent de trouver du temps pour Dieu et pour sa vie spirituelle. L’intérêt profond n’est plus accordé à Dieu, mais aux préoccupations ; la place de Dieu dans notre vie n’est plus la première mais la dernière ... Ainsi, l’on voit disparaître les moyens spirituels suscitant la ferveur dans le cœur, qui est alors envahi par la tiédeur.
Les préoccupations sont diverses : les unes sont mondaines, les autres sont dans le cadre du service religieux ... L’homme peut être préoccupé par des questions familiales, par les études, par une activité quelconque, par un divertissement, par un hobby ou un travail, à tel point qu’il ne trouve plus de temps pour sa propre vie spirituelle.
Pour un tel homme nous présentons deux conseils :
1. Il faut organiser votre temps.
2. Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier,
s’il doit perdre son âme (Mt 16, 26).
Pour organiser votre temps de telle sorte que vous en consacriez une partie à votre vie spirituelle, il faut re-connaître la valeur des moyens spirituels pour votre vie terrestre et pour votre vie dans l’éternité. Si vous les appréciez comme ils le méritent, vous leur accorderez l’intérêt requis et vous consacrerez un temps pour votre vie spirituelle, quelles que soient vos préoccupations.
Gardez-vous de celles qui concernent le service de l’Église, car elles constituent parfois une entrave à votre vie spirituelle, d’une façon qui satisfait votre conscience. Sachez bien que si votre vie spirituelle faiblit, votre service de Dieu s’en ressent et ne porte aucun fruit. Car le service de Dieu n’est pas une activité quelconque, mais c’est un esprit qui se transmet d’une personne à l’autre ; c’est la vie du serviteur de Dieu qui est assimilée par le fidèle. Sachez que le service de Dieu n’est pas un prétexte vous empêchant de jouir de Dieu et de son intimité. D’ailleurs Dieu n’exige pas de vous un service qui vous éloigne de la prière, de la méditation et de la vie intime avec lui. Vous avez donc besoin d’organiser les diverses activités qu’exige le service de Dieu.
Souvenez-vous du fils aîné dans la parabole de l’enfant prodigue qui dit à son père : Voilà tant d’années que je te sers ... et à moi tu ne m’as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis (Lc 15, 29).
Bien qu’il servait son père depuis de longues années, sa volonté s’opposait à celle de son père, son entretien avec ce dernier, ses propos concernant son frère, son re-fus de partager la joie qui remplissait le cœur de son père en voyant son frère se retourner, tout cela prouve la faiblesse de sa vie spirituelle.
Cherchez à accepter seulement les préoccupations qui ne dépassent pas vos capacités. Pour sauvegarder votre vie spirituelle, renoncez à certaines préoccupations. El-les sont nombreuses celles auxquelles on peut renoncer, ainsi en est-il de certains divertissements, certaines rencontres et de bien des entretiens.
Vous pouvez au moins élever votre cœur vers Dieu de temps en temps lors de vos préoccupations ; et même si elles absorbent tout votre temps, qu’elles n’accaparent pas tout votre cœur. Ne vous laissez pas absorber totalement par les préoccupations, vu que vous ne possédez pas tout votre temps pour le gaspiller, car où se trouve alors la part de Dieu ? !
Je ne veux pas vous dire que Dieu possède toute votre vie... Mais au moins, souvenez-vous, au milieu de vos multiples préoccupations, de deux points importants quant à la part de Dieu dans votre temps :
1. Souvenez-vous du jour du Seigneur pour le sanctifier.
2. Souvenez-vous quand il s’agit de votre temps,
du commandement concernant les prémices.
Sachez que si vous êtes fidèle dans l’observance du commandement du jour du Seigneur, vous y puiserez sûrement une réserve spirituelle qui vous permettra d’éviter la tiédeur durant toute la semaine suivante.
Si vous êtes fidèle dans l’observance du commandement des prémices, et que vous offrez à Dieu celles de votre journée, la ferveur spirituelle que vous y puiserez subsistera toute la journée et vous poussera à consacrer d’autres temps à votre vie spirituelle.
Un autre point est à signaler : Si vous vous occupez profondément toute la journée de questions mondaines, celles-ci s’empareront de votre intériorité, accapareront votre cœur et votre pensée, de sorte que si vous vous tenez devant Dieu pour prier, votre esprit sera préoccupé par ces questions et votre prière sera empreinte de tiédeur.
Quand nous parlons des préoccupations en tant que cause de la tiédeur, nous n’entendons pas seulement l’occupation de tout le temps, mais surtout la préoccupation du cœur et de la pensée aussi... et c’est le plus grave, car elle pénètre à l’intérieur de l’homme.
C’est pour cette raison que la Sainte Église a établi les sept prières journalières pour rompre les multiples préoccupations de la journée par une intimité avec Dieu. Ces prières ont été réparties de sorte qu’il ne se passe pas trois heures sans que l’homme n’élève son cœur vers Dieu et s’entretienne avec lui, loin des préoccupations et des questions de ce monde, sauvegardant ainsi sa ferveur. Si vous êtes fidèle dans les prières du jour, vous ne connaîtrez pas la tiédeur, car votre esprit n’aura cessé d’invoquer Dieu durant toute la journée.
L’une des causes de la tiédeur c’est que l’homme se tient éloigné de Dieu pendant un temps assez long, comme il arrive à certains fidèles qui prient seulement le matin et le soir et qui ne prient pas aux heures les plus occupées et les plus critiques de la journée où les combats et les causes de chute abondent.
Voulez-vous échapper à la tiédeur ? Élevez le cœur de temps en temps vers Dieu, même par une seule phrase, ou par une courte prière qui ne dure qu’une minute ou quelques secondes.
Article paru dans la revue
Le Chemin, 59, 2003.
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