novembre 05, 2010

Les chrétiens d'Irak sont en deuil et avec eux toute l'Eglise !


ASSEMBLEE DES EVEQUES ORTHODOXES DE FRANCE

Communiqué

Les chrétiens d'Irak sont en deuil et avec eux toute l'Eglise !



Paris le 3 novembre 2010 --- Les évêques orthodoxes de France condamnent avec la plus grande indignation, la prise d'otages sanglante et meurtrière qui a eu lieu au sein de la cathédrale syrienne catholique, Sayidat-Al-Najat, à Bagdad le 1er novembre dernier, au moment même de la célébration d'un office.

Ils expriment toute leur compassion aux chrétiens d'Irak atteints de plein fouet par une violence sans nom qui les a endeuillés, au sein même de leur lieu de culte. Ils prient pour les blessés et adressent aux familles des victimes les condoléances les plus fraternelles.

Les évêques orthodoxes de France condamnent toute forme de violence et toute instrumentalisation de la religion à des fins politiques. Ils s'inquiètent de cette dérive meurtrière qui a franchi avec un tel évènement tragique en Irak, une limite intolérable. Ils sont préoccupés par les menaces réelles qui persistent sur les chrétiens d'Irak qui sont ainsi visés en tant que personnes et communautés. Ils appellent les chrétiens et les musulmans de ce pays et ceux du Proche Orient, en dépit des difficultés réelles, à œuvrer ensemble pour faire face à toutes les formes d'extrémismes qui entachent de sang les valeurs de paix, de fraternité et de coexistence que les religions doivent véhiculer et promouvoir.

La gravité de la situation impose à toute la communauté internationale la nécessité d'agir vite pour faire face à l'urgence humanitaire et faire cesser les menaces contre le vécu des chrétiens d'Irak et du Proche Orient, qui provoquent leur émigration forcée. La communauté internationale doit également prendre toutes les initiatives qui permettent à terme aux chrétiens du Proche Orient de vivre avec dignité, liberté et sécurité leur foi, sur les terres de leurs ancêtres, aux côtés d'autres communautés religieuses et au sein de sociétés respectueuses de leurs droits fondamentaux et de leurs libertés essentielles.


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Carol Saba - Responsable de la Communication
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novembre 02, 2010

Les chrétiens seront-ils toujours persécutés ?

Prise d'otages dans une église à Bagdad : 37 chrétiens tués

Bertrand Métayer | 31.10.2010, 17h47 |


La prise d'otages dans une église syriaque catholique Saiydat al-Najat
(Notre-Dame du Perpétuel secours), au centre de Bagdad (Irak), a tourné au drame
dimanche soir. Selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur irakien, 37
fidèles ont été tués et 56 blessés. Sept membres des services de sécurité ont
également été tués et 15 autres sont blessés durant l'assaut.
Cinq à huit terroristes, selon les sources, auraient péri.

Un groupe de la mouvance d'Al-Qaïda, l'Etat islamique d'Irak (ISI), a revendiqué
cette action dimanche et menace désormais l'Egypte d'attaques si elle ne libère
pas des musulmanes « emprisonnées dans des monastères ».
Des hommes portant des habits militaires
Dans l'après-midi, une source du ministère de l'Intérieur avait indiqué que
quatre hommes armés avaient pénétré dans cette église au moment de la messe,
après avoir tué deux gardes qui protégeaient laBourse de Bagdad, située à
proximité. Incapables de pénétrer dans la Bourse, qu'ils avaient tenté
d'attaquer, et alors qu'arrivaient sur les lieux d'importantes forces de
sécurité, les assaillants ont fait exploser une voiture piégée, faisant quatre
blessés, avant de se diriger en courant vers Notre-Dame du Perpétuel secours.

«Des hommes, portant des habits militaires, ont pénétré dans l'église avec leurs
armes et ont immédiatement tué un prêtre. Je me suis réfugié dans une petite
salle où se trouvaient quatre autres fidèles », a raconté un des otages, âgé
de 18 ans, qui n'a pas voulu donner son nom. « Peu après, deux des hommes armés
sont entrés dans la pièce, ont tiré en l'air et sur le sol, blessant trois
personnes, puis nous ont poussés dans la nef. Il y a eu ensuite des échanges de
tirs et nous avons entendu des bruits d'explosions. Des vitres sont tombées sur
les gens », a-t-il ajouté.

Vers 20 h 50 (heure locale), les forces de sécurité irakienne ont commencé à
donner l'assaut, avec les troupes américaines (qui, malgré la fin de leur
mission de combat fin août, peuvent toujours utiliser la force, si elles sont
attaquées ou si l'Irak sollicite leur aide).
En 2008, 40 chrétiens tués
«C'est une situation très triste qui confirme la situation difficile dans
laquelle vivent les chrétiens dans ce pays» a déploré, dimanche soir, le
porte-parole du Vatican Federico Lombardi.
«La France condamne fermement cette action terroriste qui fait suite à une
campagne de meurtres et de violences ciblées et qui a déjà fait plus 40 morts
parmi les chrétiens en Irak», a déclaré dans un communiqué le ministre français
des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
Le 12 octobre dernier, à l'occasion du synode sur le Moyen-Orient au Vatican,
l'archevêque de Kirkouk s'était inquiété de l'«exode mortel» des chrétiens
d'Irak, affirmant que ceux-ci veulent «vivre en paix et en liberté au lieu de
survivre». Les catholiques en Irak sont passés de 2,89% de la population en 1980
(378 000) à 0,94% en 2008 (301 000).
Fin 2008, une campagne de meurtres et de violences ciblées avait fait 40 morts
parmi les chrétiens, entraînant le départ de Mossoul de plus de 12 000 d'entre
eux. Les diverses communautés se rejettent la responsabilité de ces attaques

Un observatoire veut prévenir l’intolérance envers les chrétiens en Europe



Un observatoire veut prévenir l’intolérance envers les chrétiens en Europe

01/11/2010   LA CROIX


Constatant une marginalisation sociale des chrétiens dans le débat public, les conférences épiscopales d’Europe ont soutenu la création d’une plate-forme d’information

Depuis le 1er octobre existe en Europe un « observatoire de l’intolérance et de la discrimination contre les chrétiens ». L’annonce a été faite par le président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest, à l’issue de l’Assemblée plénière qui s’est tenue à Zagreb (Croatie) du 30 septembre au 3 octobre 2010. 

Mais il s’agit d’une structure séparée proposée par Gudrun Kugler, une jeune Autrichienne laïque qui dirige l’observatoire aux côtés de Mgr Andras Veres, l’évêque de Szombathely en Hongrie.

À 33 ans, cette mère de trois enfants a joué un rôle important dans la création de l’observatoire. C’est lors de son travail pour l’ONG Europe for Christ, qui encourage les chrétiens à contribuer au débat public, que Gudrun Kugler explique avoir compris qu’en Europe existait un risque de marginalisation sociale des chrétiens. 
 THEOLOGIE ET QUESTIONS DISPUTEES  0 commentaires 

Les Chrétiens seront-ils toujours persécutés depuis qu’un Président Américain pense être la Justice de Dieu ?


 Prise d'otages dans une église à Bagdad : 37 chrétiens tués


Bertrand Métayer | 31.10.2010, 17h47 | Mise à jour : 01.11.2010, 07h46
La prise d'otages dans une église syriaque catholique Saiydat al-Najat (Notre-Dame du Perpétuel secours), au centre de Bagdad (Irak), a tourné au drame dimanche soir. Selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur irakien, 37 fidèles ont été tués et 56 blessés. Sept membres des services de sécurité ont également été tués et 15 autres sont blessés durant l'assaut.
Cinq à huit terroristes, selon les sources, auraient péri.

Un groupe de la mouvance d'Al-Qaïda, l'Etat islamique d'Irak (ISI), a revendiqué cette action dimanche et menace désormais l'Egypte d'attaques si elle ne libère pas des musulmanes « emprisonnées dans des monastères ». 
Des hommes portant des habits militaires
Dans l'après-midi, une source du ministère de l'Intérieur avait indiqué que quatre hommes armés avaient pénétré dans cette église au moment de la messe, après avoir tué deux gardes qui protégeaient laBourse de Bagdad, située à proximité. Incapables de pénétrer dans la Bourse, qu'ils avaient tenté d'attaquer, et alors qu'arrivaient sur les lieux d'importantes forces de sécurité, les assaillants ont fait exploser une voiture piégée, faisant quatre blessés, avant de se diriger en courant vers Notre-Dame du Perpétuel secours.

«Des hommes, portant des habits militaires, ont pénétré dans l’église avec leurs armes et ont immédiatement tué un prêtre. Je me suis réfugié dans une petite salle où se trouvaient quatre autres fidèles », a raconté un des otages, âgé
de 18 ans, qui n’a pas voulu donner son nom. « Peu après, deux des hommes armés sont entrés dans la pièce, ont tiré en l’air et sur le sol, blessant trois personnes, puis nous ont poussés dans la nef. Il y a eu ensuite des échanges de tirs et nous avons entendu des bruits d’explosions. Des vitres sont tombées sur les gens », a-t-il ajouté.

Vers 20 h 50 (heure locale), les forces de sécurité irakienne ont commencé à donner l’assaut, avec les troupes américaines (qui, malgré la fin de leur mission de combat fin août, peuvent toujours utiliser la force, si elles sont attaquées ou si l’Irak sollicite leur aide).
En 2008, 40 chrétiens tués
«C'est une situation très triste qui confirme la situation difficile dans laquelle vivent les chrétiens dans ce pays» a déploré, dimanche soir, le porte-parole du Vatican Federico Lombardi.
«La France condamne fermement cette action terroriste qui fait suite à une campagne de meurtres et de violences ciblées et qui a déjà fait plus 40 morts parmi les chrétiens en Irak», a déclaré dans un communiqué le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
Le 12 octobre dernier, à l'occasion du synode sur le Moyen-Orient au Vatican, l'archevêque de Kirkouk s'était inquiété de l'«exode mortel» des chrétiens d'Irak, affirmant que ceux-ci veulent «vivre en paix et en liberté au lieu de survivre». Les catholiques en Irak sont passés de 2,89% de la population en 1980 (378 000) à 0,94% en 2008 (301 000).
Fin 2008, une campagne de meurtres et de violences ciblées avait fait 40 morts parmi les chrétiens, entraînant le départ de Mossoul de plus de 12 000 d'entre eux. Les diverses communautés se rejettent la responsabilité de ces attaques.

« Les éditions du Cerf : la tradition de l'Église indivise du 1er millénaire et de l'orthodoxie »


« Les éditions du Cerf : la tradition de l'Église indivise du 1er millénaire et de l'orthodoxie »  

 

Une conférence du père Nicolas-Jean Sed op. Directeur des éditions du Cerf;



novembre 01, 2010

octobre 26, 2010

Le rapport entre l’Eglise et l’Etat dans la théologie de l’Eglise Catholique

Second Catholic-Orthodox Forum
Rhodes, Greece, 18-22 October 2010

Introduction of Cardinal Péter Erdő, Archbishop of Esztergom-Budapest and CCEE President

Le rapport entre l’Eglise et l’Etat dans la théologie de l’Eglise Catholique

1. Remarques préliminaires
C’est un très grand honneur et une belle occasion pour moi de pouvoir parler ici sur le point de vue catholique dans la question des relations entre l’Eglise et l’Etat. Les différentes Eglises chrétiennes et les communautés ecclésiales ont des points de vue ecclésiologiques différents. C’est aussi en partie pourquoi elles ont des convictions théologiques différentes pour ce qui a trait au rapport idéal entre l’Eglise et l’état. Les différences remontent aussi à des circonstances historiques et historico-culturelles. La représentation parallèle de ces points de vue peut être utile tant pour le dialogue œcuménique que pour la collaboration chrétienne pratique dans l’organisation des rapports aux différents états à l’intérieur du procès d’intégration des peuples européens.
La doctrine catholique sur l’Etat et l’Eglise prend racine dans la tradition apostolique elle-même qui se traduit d’une part dans les livres du Nouveau Testament mais que l’on peut d’autre part reconnaître dans d’autres sources de la sainte Tradition, sous la guidance du magistère de l’Eglise. En même temps, il faut se rappeler du fait que, dans l’histoire, certains concepts et formes d’expression de cet enseignement ont été marqués par les circonstances politiques et culturelles dans lesquelles l’Eglise occidentale a vécu.

2. Les fondements ecclésiologiques et de l’histoire des idées
a. L’idée de l’Israël nouveau
La première forme historique démontrable de la conscience de soi collective de la communauté chrétienne était la conviction que les chrétiens sont le vrai peuple de Dieu, l’Israël véritable. Dans la fondation de ce peuple, une donnée nouvelle et toute particulière a agi : l’œuvre de rédemption du Christ. L’Eglise est un peuple qui a été racheté au prix de son sang (cf. Ap 5,9). L’idée de la nouvelle alliance est liée à celle du peuple de Dieu de telle manière que le concept du nouveau peuple de Dieu aussi apparaît nécessairement. L’Eglise des premiers temps s’est comprise comme l’accomplissement d’Israël, comme l’Israël nouveau et véritable.
Le Deutéronome a déjà élaboré la théologie et la terminologie du peuple de Dieu. C’est par amour que Dieu a élu sien un petit peuple parmi les grands (cf. Dt 7,6). Les livres prophétiques développent aussi l’aspect eschatologique du concept du peuple de Dieu. Après chaque infidélité du peuple et toutes les punitions divines, Dieu veut rétablir l’alliance avec son peuple de manière définitive en concluant avec lui une alliance nouvelle et éternelle (cf. ex. Jér 32,36-44). Les premiers chrétiens ont identifié l’Eglise avec ce peuple de Dieu renouvelé dans l’alliance eschatologique. Cela ressort très clairement dans la première lettre de Saint Pierre, par exemple (1 P 2, 9 ; cf. Is 43,20s. ; Ex 19,6 ; voir aussi 2 Co 6,16 ; Hébr 8,10).
Mais qu’a-t-on entendu par Israël et par peuple de Dieu à l’époque des premiers chrétiens? La structure de droit positif et institutionnelle d’Israël s’est développée dans une direction toute particulière après l’époque babylonienne. Vers la fin du 5e siècle avant Jésus Christ, lorsque Néhémie était administrateur de la Judée ou peu de temps après, lorsqu’Esra était en fonction, Israël était de loin plus répandu que seulement dans la province de Judée. Les descendants des tribus juives vivaient aussi dans les provinces voisines et dans la diaspora. Ils ont continué à se considérer comme des membres de la communauté d’Israël et de la communauté de culte de Jérusalem. Quand Esra « a introduit la loi » (cf. Esra 7, 12-26), la sainte loi ne s’est pas seulement référée à la Judée mais aussi à toute la communauté d’Israël. Certes, la Judée était soumise au royaume des Perses, mais les Israélites ont constitué une communauté nationale reconnue qui pouvait régler les affaires internes selon les lois de leur Dieu. Le peuple a accepté la loi (probablement toute la Torah) dans une alliance solennelle devant le Seigneur. Cette loi devient ainsi « la constitution » de la communauté nationale. Ainsi, Israël est passé de l’existence nationale (politique) à la façon de vivre d’une communauté nationale déterminée religieusement, une « Eglise ».
Il y a une analogie concrète entre le christianisme des premiers temps et le peuple d’Israël. L’Eglise était constituée d’églises locales qui, au-delà de la foi identique et de la solidarité spirituelle et sociale, étaient unies dans la conviction que les chrétiens appartiennent à une seule nation sainte. Cela signifiait dès le début une unité organisatrice. Déjà le mot grec ekklesia, dans l’usage linguistique chrétien, voulait dire plus que seulement la communauté locale. Dans le Deutéronome, ekklesia kyriou voulait déjà dire peuple élu comme unité, qui a conclu l’alliance avec le Seigneur (cf. Dt 9,10 ; 23,2s.). De même saint Paul utilise l’expression Eglise de Dieu (ekklesia tou theou) pour l’ensemble de l’Eglise ou pour l’Eglise dans son ensemble.
L’utilisation systématique de l’enseignement de la foi à propos de la réalité de l’Eglise se développe cependant seulement à partir du 3e siècle.
Le fait que les chrétiens se sont reconnus comme peuple de Dieu souverain a aussi influencé leur vision sur le droit et la discipline de leur communauté. Dans l’Eglise des premiers temps, on peut identifier un groupe de normes fondamentales et d’éléments de structure qui appartiennent au noyau de la tradition apostolique, ainsi que d’autres normes apparues dans l’utilisation de cette Tradition.
Les chrétiens des premiers siècles ont eu un rapport ambivalent vis-à-vis du droit romain. Plus tard, un enrichissement réciproque entre le christianisme et le droit romain a eu lieu. Suite à cela (surtout après le 3e siècle), l’Eglise a réglé sa vie de plus en plus par des normes qui, aussi selon la conception romaine, étaient de nature juridique (canons et plus tard décrétales).
Les chrétiens se sont déclarés vrai peuple de Dieu. Conformément à cela, ils ont conçu leur communauté en tant qu’Eglise, comme unité organisée aussi socialement et significative sur le plan de l’histoire du salut. Les fondements institutionnels de leur organisation (finalités, structures de base) et ainsi de leur droit étaient déterminés par la mission et la Tradition apostolique qui remonte à la personne du Christ. Cette partie de leurs normes peut être qualifiée comme étant sainte, divine, constitutionnelle et juridique. En tout cas, l’idée de l’Israël nouveau a justifié la prétention à la souveraineté de l’Eglise.

b. Le rapport à l’état païen dans l’enseignement des pères de l’Eglise
Déjà les juifs, au temps de l’exil babylonien, ont souvent vécu sous domination païenne et ont développé certaines pratiques de discernement quant à la religion et la politique. Vu que les formes de vie des chrétiens dans l’empire romain étaient semblables au début, il n’est pas rare qu’ils ont  continué à considérer ces principes de comportement comme valables. Ils ont reconnu les pouvoirs publics comme légitimes (Dan 2 ; cf. Jn 19,11 ; Rom 13,1-7 ; Tit 3,1-3 ; 1 Tim 2,1-2 ; 1 P 11,13-17). En même temps, ils étaient prêts à conserver leur autonomie religieuse même au prix de la persécution (Dan 3 ; cf. Ap 13,1-18 ; Mt 10,17 ; Ap 4,1-22 ; 5,21-42 ; 7,54-60 ; 8,1). Pour cela, ils ont gardé l’exemple de Jésus lui-même devant les yeux (Jn 18,28-19, 16). Déjà dans l’enseignement du Christ, on voit la tension de la distinction entre le domaine spirituel et mondain. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22,15-2 ; Mc 12,13-17 ; Lc 20,20-26), nous dit l’Evangile. En tout cas pour les chrétiens le problème de la délimitation des deux domaines se présentait. Jésus lui-même a refusé la compétence dans les choses du monde comme la répartition des héritages (Lc 12,13-14). Les chrétiens ont insisté sur le fait que, dans un sens eschatologique, le royaume du Christ n’est pas de ce monde (cf. Jn 18,36-37) et affirmé que leur cité est dans les cieux (Phil 3,20-21).
Pour l’essentiel, les passages du nouveau Testament témoignent que les premiers chrétiens ont reconnu les droits des services publics de la res publica, mais seulement dans le cadre d’une hiérarchie des valeurs : l’autorité terrestre doit obéir à Dieu (cf. Rm 13,4). Cette vision a bien sûr repoussé les anciennes mœurs religieuses et sociales et nié le caractère saint de la civitas mondaine. Les apologètes du second et troisième siècle partageaient presque tous cette opinion.
Cette attitude des chrétiens a provoqué une réaction très négative du côté des contemporains païens. On a reproché aux chrétiens l’anarchie, l’irréligiosité, l’irrationalité et la superstition. Après le tournant constantinien (313), certains écrivains chrétiens ont commencé à considérer l’empire romain en voie de christianisation comme image de la société chrétienne céleste et en même temps de l’Eglise pèlerine sur terre. L’empire apparaît dans ce contexte comme règne du Christ sur terre et comme Eglise déjà répandue universellement en tant que Ecclesia universalis. Les deux grandeurs semblent former une unité essentielle où la distinction des charges des évêques dans le domaine religieux et de l’administration publique dans le domaine mondain est maintenue. Dans cette théorie, l’empereur serait aussi responsable pour le soin de l’Eglise. Cette vision de l’état et de l’Eglise a été plus tard accentuée plus fortement en Orient et imposée de manière radicale par l’empereur Justinien (527-565). Déjà au 4e siècle, des voix s’élèvent dans le domaine chrétien, d’après lesquelles l’empereur ne doit jamais confondre les choses terrestres et celles de l’Eglise. Saint Athanase, Hilaire de Poitiers et saint Basile le Grand, mais surtout saint Ambroise de Milan insistent sur le fait que ce sont les évêques qui doivent juger l’empereur dans les questions de la foi et pas inversement et que l’Eglise ne peut pas se soumettre à l’Etat (à la res publica). Cette direction prédominante mais pas exclusive qui exige l’indépendance de l’Eglise dans ses propres tâches et plus tard aussi la soumission des souverains du monde à l’Eglise dans les questions spirituelles, rejette toujours plus clairement les principes Eusébiens. C’est dans ce sens que l’on peut expliquer les prises de position célèbres du pape Félix II (483-492) et Gélasius (492-496). Au début du 5e siècle, saint Augustin, dans son De civitate Dei, attaque la théologie politique du césaro-papisme. Cette conception augustinienne a été déterminante pour la chrétienté de l’Occident. Dans le contexte politique de la chute de l’Empire Romain d’Occident, la possibilité de confrontation entre le pape et l’empereur allait de soi. La théorie des deux puissances était alors caractéristique pour la pensée occidentale, aussi au Moyen Age.

c. Développements au Moyen Age et dans les Temps Modernes
La distinction entre le domaine religieux et mondain, déjà clarifiée à la fin de l’Antiquité, fut en partie effacée au début du Moyen Age sous l’influence de la pensée germanique et réglée seulement à la suite des conflits de la querelle des Investitures (1075-1122). Cette querelle n’était cependant pas un combat entre l’Etat et l’Eglise, mais plutôt un combat de compétence entre le pape et l’empereur en tant qu’autorités suprêmes d’une seule chrétienté.
Même si l’Eglise a revendiqué une certaine souveraineté aussi dans les choses du monde, dans le cadre de la théorie des deux glaives représenté par Boniface VIII dans sa bulle « Unam Sanctam », cette conception a été exprimée de façon beaucoup plus nuancée par Francisco Suárez et Roberto Bellarmino. En parlant d’une « potestas Ecclesiae indirecta in temporalibus », on entend la possibilité d’une disposition ecclésiale dans les affaires du monde pour le salut des âmes (« ratione peccati »). Cette possibilité - qui ne concerne que les tribunaux - existe jusqu’à aujourd’hui. Dans le canon 1401 du Codex Iuris Canonici de 1983, on lit : « De droit propre et exclusif, l'Église décide :...  de la violation des lois ecclésiastiques et de tous les actes qui ont un caractère de péché, en ce qui concerne la détermination de la faute et l'infliction de peines ecclésiastiques ». Pour expliquer correctement le point de vue ecclésial médiéval, il faut tenir compte du fait que le pouvoir de l’état au Moyen Age n’était pas sécularisé comme aux Temps Modernes, mais était conçu de façon sacrale-chrétienne. Un jugement moral avec l’autorité du magistère a nécessairement eu des conséquences dans le domaine de la vie politique et juridique.
L’absolutisme et les Lumières se sont efforcés à soumettre l’Eglise à l’état et ont essayé de dissoudre l’Eglise dans l’état. Cela a enclenché un processus de réflexion qui a abouti à la rédaction du premier traité catholique sur le Ius publicum ecclesiasticum.
L’école de Rome du 19e siècle a continué à développer cette idée fondamentale en parlant de l’Eglise en tant qu’une société parfaite. Bien sûr cela ne veut pas dire que le visage terrestre de l’Eglise est sans tache. Cela veut plutôt exprimer la prétention qu’au plus haut concept de « société » ne correspond pas seulement l’état souverain, mais aussi nécessairement l’Eglise, de par sa nature théologique.  Cette conception est exposée par deux grands cardinaux, classiques de la Ius publicum ecclesiasticum : Camillo Tarquini (+1874) et Felice Cavagnis (+1906). La profondeur théologique de cette tendance n’est pas seulement à mesurer en ce qu’elle pose les fondements en vue d’intervenir pour la souveraineté de l’Eglise, et de faire d’elle un sujet de droit international, mais bien plus aux déclarations théologiques qui apparaissent plus tard dans l’enseignement du Concile Vatican II et qui auront un accent particulier. Un des premiers auteurs de l’école de Rome, le cardinal Giovanni Soglia (+1855) souligne que l’unité indéchirable de l’Eglise visible et invisible dérive de l’Incarnation du Christ. Le lieu théologique du droit canon devrait donc être déterminé à partir du dogme de l’Incarnation. En raison de ces considérations, le cardinal John Henry Newman constate que l’Incarnation est l’archétype du principe sacramentel. Ce principe correspond au principe de l’unité entre l’Eglise visible et invisible.

3.  L’enseignement de Vatican II
Le Concile Vatican II a certes pris position dans plusieurs documents sur l’Etat et l’Eglise ; il n’a cependant pas rédigé de théorie organique de leur rapport. La constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen Gentium, la constitution pastorale Gaudium et Spes et la déclaration sur la liberté religieuse nous donnent toutefois certains éléments qui témoignent de leur fidélité à l’enseignement catholique traditionnel et qui contiennent aussi de nouvelles accentuations. Dans l’article 76 de la constitution pastorale Gaudium et Spes, on insiste sur le fait que l’Eglise, « en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond d’aucune manière avec la communauté politique et n’est liée à aucun système politique ». Elle est « à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine. Sur le terrain qui leur est propre, la communauté politique et l’Église sont indépendantes l’une de l’autre et autonomes. Mais toutes deux, quoique à des titres divers, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exerceront d’autant plus efficacement ce service pour le bien de tous qu’elles rechercheront davantage entre elles une saine coopération ». L’Eglise ne place pas « son espoir dans les privilèges offerts par le pouvoir civil ». « Mais il est juste qu’elle puisse partout et toujours prêcher la foi avec une authentique liberté, enseigner sa doctrine sociale, accomplir sans entraves sa mission parmi les hommes, porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique, quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent ». Cet enseignement se retrouve également dans le Codex Iuris Canonici où l’on constate que c’est du devoir et du droit inné de l’Eglise, « indépendant de tout pouvoir humain », que de « prêcher l'Évangile à toutes les nations, en utilisant aussi les moyens de communication sociale qui lui soient propres » (c. 747,1). « Il appartient à l'Église d'annoncer en tout temps et en tout lieu les principes de la morale, même en ce qui concerne l'ordre social, ainsi que de porter un jugement sur toute réalité humaine, dans la mesure où l'exigent les droits fondamentaux de la personne humaine ou le salut des âmes » (c. 747,2).
Le nouvel accent du Concile réside particulièrement dans la reconnaissance du caractère neutre de l’état sur le plan religieux et de la liberté religieuse. D’après cette position catholique, l’Eglise est – comme elle l’a toujours été – une communauté de foi, de salut et de droit. C’est là l’essence de l’enseignement catholique traditionnel sur l’unité, la visibilité et la sacramentalité salvifique de l’Eglise. L’Eglise et l’Etat sont deux grandeurs distinctes, et ce tant selon leur origine et but, que d’après leur essence. Les deux sont autonomes et indépendants l’un de l’autre. Cette idée était déjà exprimée dans l’enseignement de la Societas perfecta, qui était encore soutenue explicitement par Paul VI, de manière particulière dans son Motu proprio Sollicitudo omnium Ecclesiarum sur les charges des légats du pape. La liberté religieuse doit être garantie par l’Etat en raison de la dignité humaine. Les conventions entre l’Etat et l’Eglise sont toujours considérées comme un moyen approprié de régulation des relations et de la collaboration.

4. Liberté religieuse dans l’Etat et fidélité à la foi orthodoxe dans l’Eglise – une distinction naturelle
Le Concile Vatican II a solennellement déclaré intervenir pour la liberté religieuse, non pas parce qu’il rejette la signification et le contenu objectif de toutes les religions et convictions, mais parce qu’il s’incline devant la liberté donnée par Dieu et la dignité de la personne humaine. La déclaration du Concile « Dignitatis humanae » est le document principal dans lequel l’enseignement sur la liberté religieuse se trouve. La déclaration du Concile essaie de répondre à deux questions essentielles, liées entre elles. La première est la question de la liberté de la décision de conscience sur la vérité fondamentale de la religion. La deuxième est celle de la pratique libre de la religion dans la société.
Le fait que le thème de la liberté religieuse apparaisse, est étroitement lié à la consolidation et la diffusion du concept des Droits de l’Homme dans les Temps Modernes. Le document conciliaire mentionné explique de façon explicite : « en traitant de cette liberté religieuse, le saint Concile entend développer la doctrine des Souverains Pontifes les plus récents sur les droits inviolables de la personne humaine et l’ordre juridique de la société » (DH 1,3).
Le Concile parle de la liberté religieuse comme une valeur que le droit civil doit reconnaître et estimer (DH 2,2). L’exigence de la liberté religieuse s’adresse donc à l’Etat et à la société civile. Ces derniers doivent reconnaître ce droit et en garantir la pratique. Selon l’enseignement du Concile, son fondement est la nature de l’homme et sa dignité. « Tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté libre, et, par suite, pourvus d’une responsabilité personnelle, sont pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité. Or, à cette obligation, les hommes ne peuvent satisfaire, d’une manière conforme à leur propre nature, que s’ils jouissent, outre de la liberté psychologique, de l’exemption de toute contrainte extérieure. Ce n’est donc pas sur une disposition subjective de la personne, mais sur sa nature même, qu’est fondé le droit à la liberté religieuse » (DH 2,2).
La justification donnée par le Concile, la justification par la nature de l’homme, ne coïncide pas avec la conception des Lumières du droit naturel. Dans l’argumentation du Concile, le droit dérive en effet du devoir de rechercher et d’accepter la vérité objective en matière de religion. Cela présuppose d’abord qu’en matière de religion, il y ait une vérité objective et que, d’autre part, l’être humain tende, par sa nature, vers cette vérité. Il peut et doit l’atteindre d’une façon qui corresponde à sa nature de personne. Tout cela requiert une décision et des actes qui rejoignent sa conscience et ce, indépendamment de toute pression extérieure. Que l’homme soit un tel être, ne résulte pas simplement d’un raisonnement logique, mais se laisse aussi reconnaître à la lumière de la Révélation. C’est pourquoi le Concile met l’accent sur le fait que « le droit à la liberté religieuse a son fondement réel dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même » (DH 2,1). Ce principe n’est pas proclamé par le Concile comme quelque chose d’absolument nouveau, mais renvoie à l’encyclique « Pacem in terris »  de Jean XXIII et aussi à des déclarations pontificales plus anciennes, en particulier à l’encyclique « Libertas praestantissimum » de Léon XIII, à la lettre circulaire célèbre « Mit brennender Sorge » (Avec une brûlante inquiétude) de Pie XI ainsi qu’au message radiophonique de Pie XII du 24 décembre 1942.
Ce droit appartient aux personnes individuelles mais aussi aux communautés religieuses. En accord avec la déclaration sur la liberté religieuse communautaire dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sans pour autant la prendre comme point de départ, le Concile enseigne que le droit à la liberté religieuse revient aussi à la communauté, et ce, à partir de la conception sur la nature de l’homme et de la religion à la lumière de la raison et de la Révélation. Il souligne : « La liberté ou absence de toute contrainte en matière religieuse qui revient aux individus doit aussi leur être reconnue lorsqu’ils agissent ensemble. Des communautés religieuses, en effet, sont requises par la nature sociale tant de l’homme que de la religion elle-même. Dès lors, donc, que les justes exigences de l’ordre public ne sont pas violées, ces communautés sont en droit de jouir de cette absence de contrainte afin de pouvoir se régir selon leurs propres normes, honorer d’un culte public la divinité suprême, aider leurs membres dans la pratique de leur vie religieuse et les sustenter par un enseignement, promouvoir enfin les institutions au sein desquelles leurs membres coopèrent à orienter leur vie propre selon leurs principes religieux »  (DH 4,1-2).
Dans cette description claire du droit à la liberté religieuse qui revient à la personne individuelle et, de façon inaliénable, à la communauté, il faut mettre en évidence deux éléments. Le premier est le droit de la communauté religieuse à l’exercice public de son culte. Cela ne veut pas seulement dire liberté de culte. Le mot « public » signifie, d’après le contexte de la Déclaration du Concile, « officiel ». Comme le Concile a enseigné dans sa constitution « Sacrosanctum Concilium » (SC 7), ce sont le Christ et l’Eglise toute entière qui exercent le culte intégral. Ce caractère communautaire et officiel consiste en ceci que, dans la célébration liturgique, le Corps Mystique du Christ offre au Père le culte qui Lui est dû. C’est pour cela que le Concile distingue le caractère officiel (« publicus », public) du caractère privé (SC 13,2 ; 26 ; 41-42 ; cf. c. 872). Il enseigne : « Les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est ‘le sacrement de l’unité’, c’est-à-dire le peuple saint réuni et organisé sous l’autorité des évêques » (SC 26,1).
L’autre élément digne de considération dans la déclaration citée de « Dignitatis humanae » (4, 1-2) est que le droit à la liberté religieuse pour la communauté religieuse réside aussi dans la compétence de suivre ses propres règles. Cela exclut que l’identité, les fonctions principales officielles, la foi et le caractère de la communauté puissent être tributaires de modes de comportement individuels arbitraires.
Le Concile et le nouveau Droit Canonique accordent non seulement une attention particulière à l’Eglise, qui proclame la Parole divine, mais également à ceux à qui elle s’adresse. Chaque homme est tenu de rechercher la vérité sur Dieu et son Eglise. Après l’avoir reconnue, il est obligé à accepter l’Evangile et l’Eglise véritable et à se tenir à la vérité reconnue (c. 748, 1 ; LG 16 ; DH 1).
Bien que l’acceptation de la foi doive se faire librement, une fois qu’elle a été acceptée, ce n’est plus une option facultative que de garder la foi catholique, mais cela devient une obligation morale objective qui est aussi stipulée juridiquement dans la communauté ecclésiale. L’ancienne tradition chrétienne est formulée de façon classique par Tertullien : « il faut chercher l’enseignement du Christ jusqu’à ce que nous le trouvions, c’est-à-dire jusqu’à ce que nous le découvrions ». Il faut toutefois faire la distinction entre liberté de conscience et liberté religieuse d’une part, choses qui reviennent à l’homme sur base de sa dignité personnelle, et d’autre part les droits et les devoirs qui reviennent au croyant en tant que tel à l’intérieur de l’Eglise. Celui qui est devenu un membre du Corps du Christ participe à la triple mission du Christ. Il a reçu tant l’invitation à participer à la mission confiée à l’Eglise, que le droit à ce qu’exige la mission. En revanche, comme croyant à l’intérieur du peuple de Dieu, il ne peut pas avoir le droit à ce qui contredise cette mission, c’est-à-dire à abandonner la foi et à se séparer de la communion de l’Eglise. Oui, c’est un devoir fondamental des croyants (cf. LG 11-13 ; 23 ; 32 ; GS 1 ; c. 209,1) que de rester toujours en communion avec l’Eglise. C’est la conséquence de la libre décision de l’homme qui a accepté la foi et la communauté ecclésiale.
Il ne peut y en aller autrement, sinon l’Eglise ne pourrait plus accomplir sa mission, donner un témoignage crédible. Elle ne pourrait plus maintenir son identité et exercer sa fonction sacramentelle.
Une liberté religieuse et de confession théoriquement illimitée à l’intérieur de l’Eglise serait en pleine contradiction avec son essence, car l’Eglise est le peuple qui est aussi uni par la même profession de foi.

5. Résumé
Selon l’enseignement catholique, à l’Eglise revient non seulement une autonomie limitée dans l’état, mais aussi une souveraineté dans son propre domaine. C’est une conséquence de sa fondation par le Christ, de son caractère de peuple de Dieu. En outre cela est confirmé par l’histoire de l’Eglise des premiers siècles. A cette époque, l’Eglise n’était pas du tout un élément constitutif d’une structure juridique publique d’un état quelconque ; elle était en fait absolument ignorée et même persécutée. Après la sécularisation de l’Etat dans les Temps Modernes, il semble être extrêmement dangereux pour la liberté et l’identité de l’Eglise d’être traitée à l’intérieur de l’Etat comme une structure de droit public de l’Etat. La séparation pacifique de l’Etat l’Etat et la coopération sur un pied d’égalité avec lui peuvent correspondre au mieux à la nature théologique de l’Eglise.

octobre 25, 2010

A l’occasion de la réaction d’Israël au Synode des Evêques de l’Eg d’Orient


A l’occasion de la réaction d’Israël au Synode des Evêques de l’Eglise d’Orient

«Le Chrsit est un réfugié Palestinien »
Emmanuel LEVYNE
Judaïsme contre sionisme

Préalablement,  il échet de prendre connaissance de ce lien de l’Eglise Catholique en France :


Sans oublier les buts de l’ŒUVRE D’ORIENT dont le site fut détruit et les archives de plusieurs années perdues faute de sauvegarde informatiqe, suite à un méchante attaque d’oppsés aux Chrétiens d’Orient :


Il appert que les Pères du Synode ont demandé à ce qu’il soit mis fin à l'occupation israélienne des "différents territoires arabes" concernés et affirmé que l'Etat hébreu ne pouvait pas s'appuyer sur la Bible pour défendre une politique de colonisation.

Ce sujet est d’une extrême importance hors de toute question politique, sur le plan religieux.

La Jérusalem à venir est-elle terrestre ou céleste ? Deux visions opposées de ce qie l’on ommme des religions du Livre, il est vrai que l’une dépend de l’Ancienne Alliance annonçant une terre promise entendue généralement comme terresrtre, par distinction à la Nouvelle Alliance dont le Royaume n’est pas de ce monde…

Les Kabbalsites coimme Emmanuel LEVYNE dont les œuvres ne sont pas rééditées (notamment Le Royaume de Dieu et le Royaume de César, le Judaïsme contestataire, Judaîsme contre sionisme, Lettre d’un Kabbaliste à un rabbin, etc.), donnait pour titre au premier chapitre de l’un de ses livres  : Le Chrsit est un réfugié Palestinien. …

 La problématique posée est de savoir si selon la mystique Juive, Israël est un Etat particulier, ou tout autre chose, déjà la Letre d’un kabbabbaliste à un rabbin se trouve donnée par plusieurs sites sur Internet, elle mérite lecture et méditation.

Je vous livre la recension  faite sur la réaction d’Israël aux propos tenus par les Pères du Synode.

Interogeons-nous sur le sens à donner à Jérusalem terrestre et Jérusalem céleste.

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Israël a dénoncé dimanche comme des "attaques politiques" contre l'Etat hébreu le message du synode pour le Moyen-Orient, réuni par le pape au Vatican, demandant qu'il soit mis fin à l'occupation israélienne des "différents territoires arabes".
"Nous exprimons notre déception devant le fait que cet important synode est devenu une tribune pour des attaques politiques contre Israël dans la plus belle tradition de la propagande arabe", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon dans un communiqué.
"Le synode a été pris en otage par une majorité anti-israélienne", a-t-il ajouté.
Le synode pour le Moyen-Orient a demandé samedi qu'il soit mis fin à l'occupation israélienne des "différents territoires arabes" concernés et affirmé que l'Etat hébreu ne pouvait pas s'appuyer sur la Bible pour défendre une politique de colonisation.
"Les citoyens des pays du Moyen-Orient interpellent la communauté internationale, en particulier l'ONU, pour qu'elle travaille sincèrement à une solution de paix juste et définitive dans la région" qui passe par la "fin de l'occupation des différents territoires arabes" par Israël, ont déclaré les évêques, provenant en majorité du Moyen-Orient, à l'issue de leurs deux semaines de travaux au Vatican.
Israël ne peut pas s'appuyer sur le terme de "Terre promise" figurant dans la Bible pour "justifier le retour des juifs en Israël et l'expatriation des Palestiniens", a affirmé l'archevêque grec-melkite de Newton (Etats-Unis) Mgr Cyrille Salim Bustros, président de la commission pour le message de ce synode, lors d'une conférence de presse.
M. Ayalon a dit qu'il était "particulièrement scandalisé" par ces remarques.
"Nous appelons le Vatican à se (distancier) des propos de l'archevêque Bustros, qui sont calomnieux à l'encontre du peuple juif et l'Etat d'Israël et ne devraient pas être interprétés comme la position officielle du Vatican".
La plupart des juifs religieux considèrent que la terre d'Israël a été donnée aux juifs par Dieu, et les colons juifs citent souvent la Bible pour maintenir leur emprise sur la Cisjordanie et Jérusalem-Est, occupés depuis la guerre des Six Jours en 1967.
Mais le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Yigal Palmor, a pour sa part déclaré à l'AFP que les textes sacrés n'ont jamais été utilisés par les gouvernements israéliens pour justifier l'occupation ou la colonisation d'un territoire.
Il a également souligné que la population chrétienne d'Israël avait augmenté depuis la création de l'Etat juif, alors que selon lui dans le reste de la région du Moyen-Orient, de nombreux chrétiens ont fui la guerre, l'instalibilité et les problèmes économiques.
De leur côté, les Palestiniens ont salué les appels du synode, le principal négociateur palestinien Saëb Erakat, appelant dans un communiqué la "communauté internationale à exercer sa responsabilité morale pour accélérer la fin de l'occupation israélienne illégale" des territoires palestiniens.
Les communautés chrétiennes sont "parties intégrantes du peuple palestinien", a encore souligné le négociateur palestinien, attribuant à Israël la responsabilité de leur départ de Terre sainte


octobre 24, 2010

Les énergies divines : entretien avec Jean-Claude LARCHET


Les énergies divines : entretien avec Jean-Claude LARCHET

Dans l'émission de radio L'Église orthodoxe aujourd'hui du dimanche 17 octobre 2010, Bogdan-Florin Vlaïcu propose un entretien avec Jean-ClaudeLarchet, patrologue et théologien orthodoxe renommé, sur le sujet de son livre, Théologie des énergies divines, une théologie qui constitue la spécificité par excellence de l’Église orthodoxe et la base de sa spiritualité.
   

octobre 23, 2010

Quel dialogue est possible entre Christianisme et Islam ?

Quel dialogue est possible entre Christianisme et Islam ?

A l’occasion du Communiqué commun suite à la 6e réunion de la commission mixte russo-iranienne pour le dialogue orthodoxie-islam signalé sur le site Orthodoxie.com, une question mérite d’être posée : Quel dialogue peut être envisagé entre le Christianisme et l’Islam ?

L’Islam ne reconnaît pas Jésus+Chris comme étant Dieu, et le Christianisme ne reconnaît pas Mahomet comme un prophète.

Si donc le dialogue théologique s’avère impossible, peut-il porter sur la société et la morale ? Dans ce cas où sont les condamnations quant aux persécutions dont sont victimes les Chrétiens ? L’Eglise Russe reproche-t-elle ces persécutions ? L’Islam condamne-t-il ces dernières ?

Tant que l’Islam ne condamnera pas clairement et avec force les actions accomplies en son nom contre les Chrétiens, un dialogue  - après avoir trouvé un sujet pouvant être commun – deviendrait-il possible ?

SS Benoît XVI pour sa part n’ est pas impliqué dans les invitations qui lui étaient faites.


Communiqué commun suite à la 6e réunion de la commission mixte russo-iranienne pour le dialogue orthodoxie-islam

Suite à sa récente réunion à Téhéran, en Iran, la commission mixte russo-iranienne pour le dialogue orthodoxie-islam a publié le communiqué suivant:
"La Commission mixte pour le dialogue orthodoxie-islam a tenu sa 6ème réunion les 6 et 7 octobre 2010, à Téhéran, dans la République islamique d'Iran. Il a discuté du « rôle de la religion dans la vie de l'individu et la société». La réunion était présidée par l'évêque Théophylacte de Smolensk et de Viazma et le Dr Mahdi Mostafi, président de la culture islamique et de l’organisation des relations, d’Iran. Le Dr Mostafi a ouvert la réunion avec les mots de bienvenue. Mgr Théophylacte a apporté un message de salutations de Sa Sainteté le patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies.
Des exposés ont été présentés sur l'influence de la religion sur la santé spirituelle de la société, le rôle de la religion dans la consolidation de l'institution des valeurs familiales et de la famille, les relations de la tradition religieuse et la doctrine des droits de l'homme et de la liberté et l'influence de la tradition religieuse sur le la morale de l'individu. La réunion a également discuté d'une similitude historique dans le développement des civilisations russe et iranienne.

Dans leur discussion, les participants ont exprimé la conviction que la tradition religieuse est d'une importance essentielle pour la vie de la société moderne. La crise de la société moderne est liée dans une large mesure à la négation de la tradition religieuse. Au cours du dialogue, les participants ont souligné à plusieurs reprises le danger de la laïcité agressive qui considère la religion comme une source de violence et les conflits, et insiste sur son exclusion de la vie publique.

La laïcité utilise souvent l'institution des droits de l'homme et des libertés pour la lutte contre la religion. Les participants ont parlé à l'unanimité contre la sécularisation agressive et son imposition sur le monde.
Les droits de l'homme et la liberté ne peuvent pas être mis en opposition à la tradition religieuse.

La réunion a souligné le danger de soumettre les vues religieuses à des normes légales qui ont été développés exclusivement sur la base des idées non-religieuses. Au contraire, la vision religieuse du monde doit apporter sa propre contribution à l'élaboration des normes du droit national et international afin qu'elles puissent acquérir un caractère vraiment universel. Il a été jugé nécessaire d'unir les efforts de l'Eglise orthodoxe russe et de la communauté musulmane en Iran dans le développement de la notion de «valeurs traditionnelles» et de demander sa reconnaissance dans le droit international et le respect dans le travail des organisations internationales. Les valeurs traditionnelles comprennent le rôle important de la religion dans la vie privée et publique, le désir de la perfection morale de l'homme, la préservation de la vie de famille comme l'union de l'homme et la femme, le respect pour les personnes âgées, la diligence, l'aide aux pauvres et la protection des faibles.

Les participants ont souligné le rôle particulier que joue la religion dans la formation et le développement de l'institution des valeurs familiales et de la famille. Ils ont également exprimé le souci de la tendance actuelle à brouiller les fondements moraux de la vie familiale et à diffuser ainsi qu’à propager l'immoralité et se sont déclarés prêts à organiser d'autres conférences communes visant à consolider les valeurs morales traditionnelles dans la famille et la société.

Les parties se sont inquiétées du fait que les principaux médias sont soumis aujourd'hui à l'influence des porteurs de la vision du monde séculière qui prévaut dans les établissements d'enseignement et les normes pédagogiques. Les parties ont condamné les cas d'outrage contre les symboles religieux et les sanctuaires.

Les participants ont également noté l'atmosphère de d'hospitalité et d'ouverture dans laquelle la discussion a eu lieu. Ils ont également exprimé leur satisfaction avec le développement du dialogue entre l'Eglise orthodoxe russe et la communauté musulmane de la République islamique d'Iran, lequel a commencé il y a quinze ans.

Il a été jugé utile de poursuivre le dialogue bilatéral en contribuant à l'élargissement des relations culturelles et interreligieuses et la création des fondements d'une atmosphère de coopération fructueuse.

Il est prévu d'organiser la 7e réunion du dialogue islam-orthodoxie en 2012 à Moscou.
Traduit de l'anglais pour Orthodoxie.com. Source: Patriarcat de Moscou.

L'OEUVRE D'ORIENT


Retrouvez la vidéo de Caritas - L'Oeuvre d'Orient. Découverte de l'OEuvre d'Orient à l'occasion du Synode des Évêques pour le Moyen-Orient (10-24 octobre). Fondé en 1856 par le baron Cauchy pour venir en aide aux chrétiens d'Orient, cet organisme français finance chaqueannée, dans une ving

octobre 21, 2010

Pie XII, les vraies raisons d'un faux procès


  Pie XII, les vraies raisons d'un faux procès
ÉRIC ZEMMOUR   05/02/2010 |  LE FIGARO. FR
En avançant la procédure de béatification de Pie XII, Benoît XVI a relancé la polémique sur son action pendant la guerre. Mais ce sont toujours les mêmes argum ents qui sont brandis contre lui.
Le cardinal Pacelli n'a pas eu de chance. Son pontificat fut celui des totalitarismes. Pie XII dut affronter les deux monstres nazi et soviétique. C'était son destin. Il n'avait pas été formé pour cela. Il avait été un proche collabo rateur de Benoît XV qui, pendant la Première Guerre mondiale, et en dépit d'une germanophilie évidente, tint la balance à peu près égale entre les deux camps.
C'était un homme du XIXe siècle. Il était le produit d'une école théologique et diplomatique. Il pensa pouvoir renouer avec les habi letés matoises de l'Eglise. Appliquant une politique voulue par Pie XI, il négocia avec Hitler - et essaya de faire de même avec les Soviets - ce que son lointain prédécesseur avait noué avec Napoléon : un concordat. Un compromis qui respecterait l'autorité du pouvoir séculier, mais sauvegarderait les populations catholiques et la pratique du culte. Il n'avait pas tout de suite compris qu'il avait affaire à de nouveaux barbares pour qui les traités n'étaient que des «chiffons de papier».
Pie XII n'était pas de la trempe d'un prophète qui, dans la tradition juive, tonne et fulmine, au nom de Dieu, contre les abus du pouvoir. A un cardinal allemand qui vint lui demander conseil, il répondit : «Le martyre ne se décrète pas depuis Rome.» Il n'avait aucune sympathie pour le Führer, qu'il comparait au diable et tentait même, dit-on, d'exorciser en secret. Il avait été le principal rédacteur, sous Pie XI, de la fameuse encyclique Mit BrennenderSorge, qui avait condamné le nazisme. Mais s'il ouvrait largement les portes du Vatican aux Juifs persécutés, il était également obsédé par la sécurité des catholiques sous la botte allemande. L'appel des évêques hollandais contre les persécutions des Juifs avait provoqué la fureur de la soldatesque nazie contre les catholiques hollandais, et n'avait pas sauvé un seul Juif.
Mais Pie XII combattait sur deux fronts. L'autre grand totalitarisme du siècle le hantait. Pourtant, il se garda bien de tancer les Russes tant qu'ils affrontaient Hitler. Ce n'est qu'après la fin de la guerre qu'il combattit sans relâche le communisme. C'était un combat très délicat à mener. De nombreux catho liques progressistes étaient séduits par la nouvelle Rome. Pie XII finit par condamner les prêtres ouvriers, pour arrêter l'hémorragie vers le Parti. Le communisme était un mil lénarisme sans le dogme ; un universalisme sans Dieu ; un humanisme paradoxal et diabolique qui tenait l'homme pour rien. Une religion de substitution. Pie XII le combattit sans relâche.
Pour ce faire, il encouragea l'édification du Marché commun autour de la France, l'Allemagne et l'Italie, toutes dirigées, dans les années 50, par des démocrates-chrétiens, De Gasperi, Adenauer et Schuman. C'était le temps où gaullistes et communistes vitupéraient de conserve contre «l'Europe vaticane». C'est dans ce contexte qu'il faut apprécier la création de la pièce Le Vicaire, en 1963. Elle allait changer le destin post hume de Pie XII.
Avant cette pièce, il est l'homme à qui les plus grands dirigeants israéliens, Golda Meir et Ben Gourion, ont rendu hommage. Il est l'ami des Juifs, l'homme qui a osé, même à mots couverts, évoquer le grand malheur juif, là où Roosevelt, Churchill ou de Gaulle n'ont rien dit. Le grand rabbin de Rome, Israel Zolli, se convertit alors au catholicisme et se fait baptiser du prénom d'Eugenio, comme ce Pacelli qui lui a sauvé la vie. Certes, à l'époque, certains Juifs romains en veulent à Zolli, à qui ils reprochent d'avoir accepté l'hospitalité du pape sans se soucier du sort tragique de la communauté juive romaine, raflée par les nazis. Mais personne ne soupçonne Pie XII de collusion avec Hitler, même si certains s'irritent de voir certaines congrégations protéger la fuite de nazis vers l'Amérique du Sud.
Après cette pièce, Pie XII devient, dans l'imaginaire collectif, «le pape d'Hitler».La personnalité de l'auteur de la pièce, l'Allemand Rolf Hochhuth, est fort controversée. On le soupçonne d'avoir été, à l'époque, manipulé par les services secrets de l'URSS. En tout cas, on reconnaît leurs méthodes. Depuis la IIIe Internationale, dans les années 30, la méthode de propagande communiste est toujours la même : pour diaboliser l'adversaire, il faut le traiter de fasciste et de nazi. Pour détruire la tradition chrétienne, il faut la nazifier. Pour faire payer à Pie XII son engagement anticommuniste, il faut l'hitlériser. Pie XII, « le pape d'Hitler », c'est l'équivalent de CRS-SS. En 2002, Costa-Gavras, en fera un film : Amen.
La thèse est solidement installée dans les médias. D'où la campagne virulente lorsque Benoît XVI fait avancer la procédure de béatification de Pie XII. Si la curie romaine croyait échapper au lynchage médiatique en liant cette cause à celle du populaire Jean-Paul II, l'opération est manquée. On s'interroge sur les motivations de Benoît XVI. D'abord, le pape théologien rend hommage à un autre grand théologien, qui a beaucoup inspiré sa jeunesse. Ensuite, surtout, cette béatification entre dans la stratégie au long cours de réconciliation et de réunification de toutes les branches éparpillées par l'histoire du christianisme. Pie XII fut le dernier pape d'avant Vatican II. Lui rendre hommage, c'est honorer la sensibilité traditionaliste dont Benoît XVI a engagé la réintégration dans la famille.