décembre 17, 2010

IVe Dimanche du Temps de l’Avent Année A


IVe Dimanche du Temps de l’Avent
Année A

Références :

« Voici que la vierge concevra et enfantera d’un fils, qu’on appellera Emmanuel, Dieu avec nous » (Is 7.14). Cette affirmation que tous connaissent comme la plus célèbre du prophète Isaïe, qui annonce l’avènement du Messie dans l'histoire de l'humanité, nous fait déjà goûter à l’avance la proximité de ce jour magnifique et merveilleux, le dies natalis de Jésus qui avait été annoncé par toutes les écritures et les prophètes, ce jour qui les achèvera et les mènera à leur réalisation. Notre Dieu s'incarnera et naîtra grâce à la disponibilité généreuse de la « vierge », celle qui depuis l'éternité avait été sélectionnée pour devenir la mère du sauveur. D'une part nous voyons le peu de foi d'Achaz qui refuse la proposition de Dieu de lui demander un signe ; mais d’autre part Dieu insiste pour le lui concéder, afin que la demeure de Dieu parmi les hommes se réalise pleinement (cfr Is 7.10-14).
« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse » (Mt 1.20). Comme dans la lecture du prophète Isaïe, mais d’une manière diamétralement opposée à l'attitude incrédule d'Achaz, nous voyons la pleine adhésion de Joseph : alors qu’il avait décidé dans un premier temps, comme le prescrivait la loi, de renvoyer Marie en secret parce qu'il avait appris sa grossesse soudaine ; devant les paroles rassurantes de l'ange du Seigneur « il fit comme il lui avait été commandé… et prit avec lui son épouse » (Mt 1.24). Tout cela cependant, ne diminue pas la paternité de Joseph, même si ce qui s’était produit était fruit de l'Esprit Saint, mais sa paternité est rehaussée parce que « tu l'appelleras Jésus : c’est lui, en effet, qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1.21). En d’autres mots, grâce à la paternité extraordinaire qu'il acceptera de lui-même, il permettra la réalisation de la promesse de Dieu, de vouloir habiter au milieu de son peuple. Cette grande foi de Joseph nous fait comprendre comment la foi permet même aux choses intimes qui nous appartiennent de prendre une valeur nouvelle. Voilà pourquoi chacun de nous, comme nous le rappelle aujourd'hui « l'apôtre par vocation », doit « arriver à l'obéissance de la foi », pour professer le Christ Jésus (cfr Rm 1.1-7)
En tout cela nous voyons la grande mission que Marie accomplit comme instrument privilégié dans les mains de Dieu, parce que c’est grâce à elle que commence à se réaliser la demeure de Dieu parmi les hommes, quand la première elle devient la demeure du Verbe : « Toi aujourd'hui, oh Marie, tu es devenue le livre dans lequel notre règle est décrite. En toi aujourd'hui s’inscrit la sagesse du père éternel. [...] Oh Marie, mon très doux amour, en toi est écrit le Verbe de qui nous vient la doctrine de la vie. Tu es la table qui nous présente cette doctrine. Je vois que ce Verbe, à peine écrit chez toi, est joint à la croix du saint désir, et que dès qu'il te fut remis, lui fut greffé et inséré le désir de mourir pour le salut de l'homme, pour lequel il s'est incarné ». [1][1] 
Réveillons-nous donc, parce que le Noël du Seigneur est maintenant aux portes, allons à sa rencontre. Il est en train de venir dans sa gloire : écoutons-le, aimons-le et suivons-le!
[1] Catherine de Sienne, Preghiere ed elevazioni, Rome 1920, 118-120.

CONGREGATIO PRO CLERICIS




IRAK : Nous crions "ça suffit !"


 
Nous voulons commencer cette lettre par vous remercier de tous les messages de communion et de solidarité que nous avons reçus. Il y a beaucoup de catastrophes naturelles en ce moment dans le monde qui font des victimes bien plus nombreuses que chez nous, mais la cause n'en est pas la haine, c'est ce qui fait toute la différence.
Notre Église est habituée aux coups durs, mais c'est la leie fois que c'est aussi violent et sauvage et surtout la l"e fois que cela se passe à l'intérieur de l'église. D'habitude, ils font exploser les bombes dans la cour des églises.
L'église Notre-Dame du Salut1 est une des 3 églises syriaques catholiques de Bagdad, la plupart des gens qui la fréquentent sont des chrétiens de rite syriaque originaires de Mossoul ou des 3 villages chrétiens syriaques proches de Mossoul : Qaraqosh, dont sont originaires nos petites sœurs Virgin Hanan et Rajah Nour, Bartolla et Bashiqa dont est originaire soeur Mariam Farah. Grâce à Dieu, aucune d'elles n'a eu de parents proches tués ou blessés gravement.
L'église a été prise d'assaut le dimanche 31 octobre après-midi, juste après le sermon du Père Tha'er qui célébrait la messe. Le Père Wasim, qui est le fils d'une cousine de soeur Lamia, confessait au fond de l'église près de la porte d'entrée, le père Raphaël était dans le chœur. Les attaquants étaient de très jeunes gens (14-15 ans) non masqués, armés de mitraillettes, de grenades et ils portaient une ceinture explosive. Ils ont tout de suite ouvert le feu, tuant le père Wasim qui tentait de fermer la porte de l'église, puis ils ont tiré aveuglément après avoir ordonné aux gens de se jeter à terre, de ne plus bouger et de ne pas crier. Certains ont réussi à envoyer des messages par téléphone portable pour donner l'alerte, mais après, les assaillants tiraient sur toute personne qu'ils voyaient utiliser son portable. Le père Tha'er qui continuait à célébrer a été tué à l'autel dans ses habits sacerdotaux, son frère et sa mère ont été tués également.
Après, cela a été le massacre. Nous ne pouvons pas raconter tout ce que les gens nous ont dit, même les enfants qui criaient
1 Cathédrale Sayidat al-Najat. Plusieurs traductions : Notre Dame du Perpétuel Secours, de la Délivrance ou du Salut.étaient tués. Certaines personnes s'étaient réfugiées dans la sacristie en barricadant la porte, mais ils sont montés sur la terrasse de l'église et ont jeté des grenades par les fenêtres de la sacristie qui sont en hauteur.
Tout ceci laisse à penser que c'était une attaque bien préparée et qu'ils avaient eu de l'aide à l'extérieur. Comment ont-ils pu forcer le barrage de police (dans la rue qui va à l'église) et connaître le chemin de la terrasse, etc.. ?
Ils ont mitraillé également les appareils d'air conditionné pour que le gaz en s'échappant asphyxie les gens qui étaient proches. Ils ont mitraillé la Croix en se moquant et en disant aux gens : « dites-lui de vous sauver » ; ils ont aussi prié l'appel à la prière : Allah akbar, la ilah illallah... et à la fin, quand l'armée a été sur le point d'entrer, ils se sont faits exploser.
L'armée et les secours ont mis presque 2 heures à arriver, ainsi que les américains qui survolaient en hélicoptère, mais l'armée n'est pas entraînée à gérer ce genre de situation et ils ne savaient pas quoi faire. Pourquoi ont-ils mis si longtemps à arriver ?
Tout s'est terminé vers 10h30-llh du soir, cela a duré très longtemps et nous pensons que beaucoup de personnes sont mortes suite à l'hémorragie de leurs blessures.
Après, les blessés ont été emmenés dans différents hôpitaux et les morts à la morgue. Les gens ont commencé à arriver pour savoir ce qui s'était passé et prendre des nouvelles de leurs proches, mais l'église était interdite Si d'accès et les gens ont commencé à aller d'hôpital en hôpital à la recherche de leurs proches. Nous avons vu des gens qui ont cherché leurs proches jusqu'à 4h du matin pour finalement les découvrir à la morgue. Le lendemain ont eu lieu les obsèques dans l'église chaldéenne voisine. L'église était bondée, c'était très impressionnant. Il y avait 15 cercueils alignés dans le chœur, les autres victimes ont été enterrées dans leur village ou séparément, selon les cas.
Des représentants de toutes les communautés chrétiennes ainsi que du gouvernement, étaient là, notre patriarche a parlé ainsi que le porte-parole du gouvernement et un religieux, chef d'un parti islamique (Moammar el Hakim).
La prière a eu lieu dans une grande dignité et sans manifestations bruyantes. Le père Saad, responsable de cette église, avait aidé les gens à prier à mesure qu'ils arrivaient, avant que ne commence la cérémonie
Les 2 jeunes prêtres ont été enterrés dans leur église dévastée. Il y a un cimetière sous l'église. Avant d'être enterrés, on a fait fermer les cercueils dans l'église pour qu'ils lui fassent leurs adieux.
Au début, nous ne savions rien des victimes ; nous ne connaissions personne, directement, sauf le père Raphaël, prêtre très âgé. Nous sommes allées à cet hôpital pour le visiter et visiter les blessés qui y étaient. Ce sont les familles qui nous conduisaient de chambre en chambre, ainsi que les cadres de l'hôpital qui nous indiquaient les blessés. Par hasard, tous étaient des femmes ou des jeunes filles, toutes blessées par balle, ce n'est pas comme une explosion où on peut se faire arracher un bras ou une jambe. Nous sommes restées à côté d'eux sans parler beaucoup, c'était eux qui parlaient ou leur famille : chacun revivait son histoire en nous la racontant. Comme l'attaque a eu lieu un dimanche à la messe, des membres d'une même famille ont été tués ou blessés, certains en protégeant leurs enfants. Nous avons été frappées par leur calme et leur foi quand ils racontaient. Nous sentions que c'était des gens revenus d'un autre monde et qu'à ce moment-là plus rien ne comptait que la rencontre proche avec le Seigneur ; ils ne pensaient plus à rien et priaient seulement, et cela a duré 5 heures...
Le vendredi après-midi, les jeunes de plusieurs paroisses sont venus pour aider à déblayer et nettoyer un peu et, le dimanche suivant, le 7 novembre, tous les prêtres syriens et chaldéens de Bagdad qui étaient libres ont célébré la messe dans cette église vide et dévastée sur une table de fortune. Il y avait peu de monde car cette messe n'avait pas été annoncée. Nous n'y sommes pas allées car nous ne l'avons pas su, c'était très émouvant.
Il y a un sursaut de foi et de détermination surtout chez les prêtres restant à Bagdad qui disent : ils veulent nous chasser et nous exterminer mais nous sommes là et nous resterons, depuis 14 siècles, vous n'avez pas pu en finir avec nous. L'histoire des chrétiens d'Irak est une longue histoire de persécutions, de martyrs, de chrétiens chassés et déplacés.
Nous pensons à la phrase du psaume 69 : « Plus nombreux que les cheveux de la tête, ceux qui me haïssent sans cause » et nous pensons surtout à Jésus, haï sans raison alors qu'il passait en faisant le bien.
Nous terminons cette lettre avec le cri d'un enfant de 3 ans qui a vu tuer son père et qui criait : « ça suffit ! Ça suffit ! » Avant d'être tué, lui aussi ; oui, vraiment, avec notre peuple, nous crions aussi : ça suffit.
Vos petites sœurs de Bagdad, Alice et Martine


Source : OUVREE d’ORIENT, bulletin N° 761, octobre-décembre 2010, pages 431-433





décembre 12, 2010

Deux événements : Un constat et un Devoir


Deux évènements : Un constat et un Devoir


Un constat : 

Assises internationales sur l'islamisation de l'Europe :



Un Devoir : 
Grande neuvaine pour la France :


ON NE PEUT TUER DIEU !



Cet article rappelant une position ancienne de l’Eglise Romaine, mérite que l’on réfléchisse au sens des mots.

Qui peut accuser un être, des êtres d’être « déicide » : Dieu ne peut être tué par l’homme, puisqu’Il est Dieu, Le cardial Jean DANIELOU en revanche avait pour sa part résumé parfaitement résumé la question d’Israël face à Jésus+Christ en écrivant : « Ce n’est pas Israël qui a crucifié Jésus, c’est l’infidélité d’Israël. Et par conséquent ce qui a causé la mort de Jésus, c’est en dernier lieu le péché. » (Dialogue avec Israël,   Paris, La Palatine éd. 1983, p.130)

Cette infidélité d’Israël, n’est-elle pas dans le péché du veau d’or, dont l’éminent kabbaliste Emmanuel LEVYNE laisse clairement entendre qu’Israël n’est toujours pas lavé de son péché


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L'antijudaïsme catholique

  

« Le crucifix est un objet d’horreur aux Juifs.
 La question de l’antijudaïsme est donc toute religieuse,
car le mystère de l'aveuglement de la Synagogue
est un phénomène religieux. »


  C’est en 1890, en août précisément, que le journal La Croix, fondé par les Assomptionnistes, se proclamera « le journal catholique le plus antijuif de France, celui qui porte le Christ, signe d’horreur aux Juifs. »  Mais pour le catholicisme, et ceci le distingue nettement de l’antisémitisme biologique,  le problème Juif est un problème essentiellement religieux et non racial. Les rédacteurs de La Croix au XIXe siècle ne le cachaient pas : «Nous croyons que la question est toute religieuse, car le mystère de la conservation de la race juive au milieu du monde est un phénomène religieux. (…) La question du Christ et du peuple déicide domine de très haut toute cette affaire. »
L’attitude nuisible du judaïsme synagogal avait déjà été notée, non sans une certaine acuité par Joseph de Maistre, lui qui, parmi les auteurs contre-révolutionnaires, fut le premier à s’exprimer sur le sujet, déclarant avec une certaine sévérité : « Les juifs méritent une attention particulière de la part de tous les gouvernements, il ne faut pas être étonné si le grand ennemi de l'Europe les favorise d'une manière si visible.Tout porte à croire que leur argent, leur haine et leurs talents sont au service des grands conjurés. Le plus grand et le plus funeste talent de cette secte maudite, qui se sert de tout pour arriver à ses fins, a été depuis son origine de se servir des princes mêmes pour les perdre. » (Quatre chapitres inédits sur la Russie, Chap. IVe , Vaton, 1859.)
I. Conception catholique de la Question Juive

« Le judaïsme est devenu un antichristianisme. »

  L’ennemi de la chrétienté, en l’espèce la Synagogue, est donc selon Joseph de Maistre, liée à l’esprit satanique de la Révolution qui enrôle tous ceux qui s’opposent à l’Eglise et au règne social de Jésus-Christ.[2] La question, qui est ainsi posée à la chrétienté par le judaïsme, comme nous allons nous en apercevoir, est donc de nature étroitement et strictement spirituelle, effectivement toute religieuse - uniquement religieuse - là est le fond essentiel du problème, pas ailleurs.
Pierre Sorlin, dans son ouvrage très documenté, La Croix et les Juifs, exposa la conception catholique du problème Juif avec clarté : « Cette affirmation est l’une des plus constantes à La Croix. Pendant vingt ans, la Bonne Presse ne cessa de rappeler qu’il existe un problème parce qu’Israël est le ‘‘peuple déicide.’’ » [3]  Tout l’argumentaire des Pères Assomptionnistes fut donc centré sur cet aspect religieux de la question juive, ce qui en faisait bien l’expression d’un antijudaïsme théologique, et non, comme certains l’écrivent trop vite, d’un « antisémitisme » :
« Le peuple déicide s’est séparé des bon anges. Le déicide est, en quelque sorte, la marque de rupture. Dieu avait choisi un peuple pour répandre son Nom, et donner naissance à un Sauveur. Il avait gratifié ce peuple de qualités particulières, et spécialement d’une grande force de résistance à l’adversité. Pour lui permettre de survivre, il avait lui-même rédigé un code destiné à le protéger. (…) Déçus par la pauvreté du Christ, les Juifs le tuèrent et conçurent contre ses disciples une haine inexpiable. » (La Croix, 9 septembre 1896.) 
 II. Israël doit se convertir !
  On le constate, le propre de l’antijudaïsme, s’il n’épargne pas ses violentes critiques à l’égard du Juif talmudique, enténébré par les brouillards de la Synagogue, est convaincu que le retour à la Vérité de l’enfant d’Israël est une bénédiction salvatrice pour lui et pour l’Eglise. A ce titre, lors de la Parousie finale signale La Croix : « les nations infidèles acclameront le Sauveur, et les plus ardents seront les Juifs. » (La Croix, 29 janvier 1892). Ceci participe d’ailleurs de cette conviction, profondément inscrite dans les principes catholiques : « Les Juifs sont les restes du peuple choisi qui doit se convertir aux derniers jours ; l’univers connaît un grand conflit qui ne finira qu’avec le monde, par la conversion d’Israël dispersé. » (La Croix, 28 février 1890). 

La conversion des Juifs
sera la seule solution définitive de la question juive.

Deux principes caractéristiques sont propres à l’antijudaïsme catholique :
 - Les chrétiens ont le devoir de s’attacher à convertir les Juifs. C’est ce que  fit La Croix qui demanda expressément au peuple déicide de se convertir, invitant les catholiques à faire un effort particulier pour cela :
 « On devrait prier pour la conversion des Juifs ; voilà l’œuvre par excellence. La conversion promise des Juifs sera la seule solution définitive de la question juive. » Question juive, cf. Une Croix pour la conversion d’Israël, 29 septembre 1897.
- Le baptême est suffisant pour enlever toutes les tâches :
« Que l’israélite renonce à la foi juive, qu’il revienne au christianisme et aussitôt il efface le signe de malédiction de son âme et de son front. La conversion seule et non le code civil peut effacer la malédiction. Les Juifs convertis qui se rangent sincèrement sous la bannière du Christ, rentrent dans la nation choisie. » La Croix, 6 novembre 1894 – 2 janvier 1897.
 III. L’Antéchrist règnera à Jérusalem


Avant de se convertir les Juifs établiront le règne de l’Antéchrist 

Toutefois, un point est à noter - conforme à l’Ecriture et comme il nous fut donner de le dire dans Le Chef des Juifs : l’Antéchrist - - avant de se convertir les Juifs établiront le règne de l’Antéchrist : « Les Juifs proclameront un jour un faux Christ qu’ils reconnaîtront après avoir repoussé le vrai Christ, et celui-là sera l’Antéchrist, qui dominera le monde et règnera à Jérusalem. Toute l’histoire se déroule pour préparer ce grand drame historique dont nous sommes les acteurs et dans le drame du monde, le Juif jouera, jusqu’à la fin des temps, un rôle principal. La conversion du Juif, c’est-à-dire la fin de la lutte, sera le signe de la fin du monde. » (La Croix, 12 décembre 1883).
Conclusion
  Dieu a confié à Israël une tâche magnifique, et Satan une mission abominable. Tout le problème Juif, l’unique question juive se résume à ce commandement double et totalement contradictoire, qui ne peut se traiter, se penser et se régler, que sur un mode exclusivement et étroitement religieux.
Tout autre tentative, tout essai ou volonté de trouver une solution à la difficulté que représentent la place et le rôle du peuple d’Israël à l’intérieur de l’Histoire, qui ne prendrait pas en compte la dimension authentique de ce problème, se heurterait fatalement comme cela est arrivé d’innombrables fois au cours des siècles, et arrivera de nouveau de façon inévitable, à la force d’un mur formidable. Ce mur, déconcertant et quasi surnaturel, est une représentation  symbolique de celui qui soutenait le Temple de Jérusalem, et  s’il est aujourd’hui de nature spirituelle puisque l’ancien Temple est détruit, il convient  que soit forger un outil particulier pour le tailler afin d’en faire la base de l’édifice consacré à la gloire de Dieu et non de Satan, et cet outil, seul adapté à cette tâche sacrée, a pour nom : la théologie !
Notes.
 1. Bailly, P.,  La Croix, 28 mai 1890.
2. Dieu a désavoué ceux qui ont renié son Fils unique et consubstantiel, “vrai Dieu né du vrai Dieu”, il a donc rompu son Alliance avec eux. Par conséquent, Il a ainsi constaté la stérilité du Judaïsme pharisaïque et rabbinique, qui est aujourd’hui enseigné dans les synagogues, judaïsme qui a tué son Fils, le condamne, le désapprouve, et le “maudit”. De ce fait, il n’y a absolument aucune « fidélité » des descendants d’Abraham à l’égard de Dieu, si ce n’est celle des Juifs qui répondirent à l’attente messianique, c’est-à-dire les Apôtres, les premiers convertis de l’Eglise de Jérusalem. Pour ces Juifs, devenus chrétiens, il ne saurait leur être reproché quoi que ce soit ; ils sont de parfaits chrétiens, membres de l’Eglise, membres du Corps mystique du Christ. Là est la grande différence d’avec l’antisémitisme raciste et biologique, qui s’oppose aux Juifs en raison de leur origine ethnique, ce qui est absolument inacceptable pour la doctrine catholique qui ne reconnaît plus en Jésus-Christ, ni Juifs ni païens, mais seulement des âmes consacrées, par l’eau, le sel et l’Esprit, toutes absolument appelées, par grâce, à la vie divine sans distinction mondaine d’aucune sorte.
3. Sorlin, P., La Croix et les Juifs, Grasset, 1967, p. 132.
Lire :

L’essence religieuse de la Question Juive !



Colloque sur le Crédo


Colloque sur le Credo

Samedi 11 décembre 2010, un colloque sur le Credo a eu lieu à la Cathédrale roumaine des Saints-Archanges (9 bis, rue Jean de Beauvais, Paris 5e). Le colloque a été organisé par le Centre d'études orthodoxes "Dumitru Sataniloae" de la Métropole orthodoxe roumaine. Les conférenciés ont été, dans l'ordre des conférences: Père Noël Tanzacq (pour l'histoire), M. André Lossky (pour la liturgie), Père Marc-Antoine Costa de Beauregard (pour la dogmatique du Père Dumitru Staniloae), Père Job Getcha (pour l'oecuménisme). Quelques 80 personnes y ont participé.

Photos sur le site Web de la Métropole roumaine

Introduction Mgr Joseph

Conférence Père Noël Tanzacq

Conférence M. André Lossky

Questions-réponses après les conférences du Père Noël Tanzacq et de M. André Lossky

Conférence Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Questions-réponses après la conférence du Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Conférence Père Job Getcha

Questions-réponses après la conférence du Père Job Getcha et conclusion par Mgr Joseph


Source : Echo orthodoxe

décembre 11, 2010

Les deux saints apôtres Pierre et Jean - Père Serge Boulgakov


Une étude du P. Serge Boulgakov sur la primauté :

Les deux saints apôtres Pierre et Jean

 La problématique de la Primauté a fait l’objet de nombreux travaux dans le monde byzantin, et parmi les livres tout à la fois disponibles et accessibles quant au sujet soulevé ; il importe de rappeler l’ouvrage d’Olivier CLEMENT : « Rome autrement, Un orthodoxe face à la papauté », publié aux éditions DDB.

Théologien parfois contesté, les travaux du père Boulgakov méritent toujours un signalement, ce livre, à l’occasion de sa traduction en langue française, fait l’objet d’une courte émission que je vous propose d’écouter :


  Dans le cadre de la collection "L'échelle de Jacob", les éditions F.-X. de Guibert et Ymca-press ont publié tout récemment, pour la première fois en langue française, une petite recherche biblique du grand théologien orthodoxe le père Serge Boulgakov sur la primauté dans l'Eglise. Elle s'intitule "Les deux saints premiers apôtres Pierre et Jean". La traductrice, Anne Davidenkoff, et l'éditeur, Nikita Struve, présentent ici cet ouvrage. Cette émission (17 minutes) a été radiodiffusée sur RCF Côte d'Azur le jeudi 2 décembre 2010 à 12h40 (96.6 FM à Nice et 96.8 FM à Cannes) et figurait au programme le lundi 6 à 19h10.  

Production, enregistrement et montage : P.Michel Philippenko (paroisse orthodoxe russe Saint-Nicolas – Patriarcat oecuménique de Constantinople) »  www.orthodoxie.com

IIIe Dimanche de l'Avent


IIIe Dimanche d'Avent
Année A

Une fois de plus, la figure centrale de cette liturgie d'Avent est Jean-Baptiste. Après avoir prêché un Baptême de conversion et de pénitence, il est mis aux arrêts pour ses dénonciations publiques des mauvaises mœurs de l’époque, mais il invite tout le peuple à être patient et à attendre l'arrivée du Messie qui viendra instaurer un nouveau règne. En effet pendant qu'il se trouve en prison, il envoie demander à Jésus, s’il est « celui qui doit venir ou si nous devons en attendre un autre » (Mt 11,3). Jésus répond en mettant en évidence les actes de sa mission, la prédication et les signes de guérison : « Les aveugles récupèrent la vue, les estropiés marchent » (Mt 11,5). Il sait bien que Jean, connaissant les écritures, comprendra à travers ces signes que désormais, celui qui doit venir est déjà là. Parce que tels sont les signes qui l'accompagneront, selon ce qu’avaient annoncé à l'avance les prophètes : « Alors les yeux des aveugles s’ouvriront… le boiteux sautera comme un cerf » (Is 35,6), tous « verront la gloire du Seigneur et la magnificence de notre Dieu » (Is 35,3). Le peuple cependant est invité à marcher et à fonder le parcours de son existence sur la « Voie Sainte », et c’est vraiment sur cette «Voie» qui est le Christ Seigneur - « Je suis le chemin » - qu'il trouvera « la joie et le bonheur ». Tout cela demande cependant d'être confiant, parce que le salut de Dieu se manifestera en plénitude : « Voici votre Dieu… il vient vous sauver » (Is 35,4), d'être patient et de ne pas se plaindre ; il faut au contraire rassurer nos coeurs, « parce que la venue du Seigneur est proche » (Jc  5,8).
« Oh attente des nations ! Ils ne seront pas déçus, tous ceux qui t'attendent (cf. Ps 24,3). Nos pères t'ont attendu ; tous les justes, depuis l’origine du monde, ont espéré en toi et n’ont pas été confondus (cf. Ps 21,6). Déjà, lorsque ta miséricorde fut reçue au coeur de ton temple (cf. Ps 47,1), des choeurs joyeux firent entendre leurs louanges et chantèrent : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! (Ps 117,26 ; Mt 21,9). J'ai attendu le Seigneur sans me lasser, et il a dirigé son regard vers moi » (cf. Ps 39,2). Ensuite, en reconnaissant dans l’humilité de la chair la majesté divine, ils dirent : « Voilà, c’est lui notre Dieu ! Nous l’avons attendu, il nous sauvera ! C’est lui le Seigneur ; nous l’avons attendu avec patience, nous exulterons et nous nous réjouirons en son salut ! » (cf. Is 25,9) ». (Hilaire de Poitiers, Sermo I in Adv., 1s.)
Dans cette attente confiante, la Vierge Marie nous soutient, c’est elle la Mère de l'attente et de l'espoir, c’est elle qui a rendu significative notre « patience » qui n'a pas été déçue, et c’est grâce à Elle si notre espérance s’est transformée en salut, si nos yeux ont contemplé le salut de Dieu, parce que Marie s'est rendue disponible pour devenir le canal privilégié, à travers lequel le Seigneur s'est complu de se manifester à l'humanité.
« Cette joie, invisiblement présente en nous, nous encourage à marcher confiants. La Vierge Marie est modèle et soutien de cette joie intime, elle par qui nous a été offert l'Enfant Jésus. Qu’elle nous obtienne, fidèle disciple de son Fils, la grâce de vivre ce temps liturgique en restant vigilants et actifs dans l'attente. Amen »[1]
    
Commentaires disponibles sur les textes de la Messe :

 [1] Benoît XVI, Célébration des Premières Vêpres du 1er Dimanche d'Avent, Basilique Vaticane, 28 novembre 2009 http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/dlf.htm#z4.

CONGREGATIO PRO CLERICIS

décembre 09, 2010

Économie et acribie


Économie et acribie
25 avril 2008| Rémi Chéno 

Dans quelle mesure l’application stricte de la loi canonique peut-elle être modérée par les réalités pastorales concrètes ? La tradition orthodoxe de l’économie peut susciter de nouvelles approches de la question du côté catholique.

Basile de Césarée 

C’est à propos de la question de l’accueil dans la communion ecclésiale des hérétiques qui reviennent à la foi que Basile de Césarée, au 4e siècle, va poser des principes qui vont constituer la base de la théorie orthodoxe de l’économie. Deux lettres de Basile à Amphiloque d’Iconium sont concernées : la lettre 188, qu’on appelleracanonica prima, et la lettre 199, la canonica secunda. Ces deux lettres sont entrées dans la grande collection des sources du droit orthodoxe [1] Dans sa lettre 188, au canon 1, Basile distingue trois catégories parmi les « allodoxes » : (1) les hérétiques [αἱρέσεις] à proprement parler (pour des questions de doctrine), (2) les schismatiques [σχίσματα] (en matière disciplinaire) et (3) les conventiculaires [παρασυναγωγαί] (des communautés insubordonnées). La question se pose autour du baptême de ces allodoxes : faut-il les rebaptiser s’ils reviennent à l’Église ? Basile répond que le baptême des hérétiques est absolument nul [παντελῶς ἀθετῆσαι], on reçoit celui des schismatiques et on corrige les conventiculaires par une pénitence lourde avant de les réunir à leur rang, en réintégrant à leur rang les clercs. Les Pépuziens (Montanistes) doivent être tenus pour hérétiques. Le cas des Cathares (Novatiens), Encratites, Hydroparastates et Apotactites, qui sont des schismatiques, doit être ramené à celui des hérétiques, car, dit Basile, ils n’ont plus en eux la grâce du Saint Esprit [οὐκέτι ἔσχον τὴν χάριν τοῦ ἁγίου πνεύματος ἐφ’ ἑαυτούς]. Survient alors la phrase la plus discutée de ce canon 1 : « Cependant, comme certains dans le diocèse d’Asie ont décidé de reconnaître leur baptême [des Cathares, Encratites, Hydroparastates et Apotactites] sans faire de distinction, pour le bien d’un grand nombre, qu’il soit reconnu [2]. »
La coutume asiate en question, c’est un accueil dans la communion de l’Église par l’onction chrismale, sans rebaptisation. Basile applique ici le principe de l’économie [οἰκονομίας ἔνεκα τῶν πολλῶν] pour légitimer la reconnaissance du baptême de certains hérétiques par une condescendance pour la brebis perdue qui veut revenir. C’est très clair dans le second emploi du mot οἰκονομία dans ce canon 1, à propos des Encratites.
« Cependant, si cela devait constituer un obstacle à l’économie générale [Ἐὰν μέντοι μέλλῃ τῇ καθόλου οἰκονομίᾳ ἐμπόδιον ἔσεσθαι τοῦτο], il faut nous plier à la coutume et suivre les Pères qui ont géré les affaires ecclésiastiques [τοῖς οἰκονομήσασι τὰ καθ’ ὑμᾶς πατράσιν ἀκολουθητέον] ; j’ai bien peur en effet, que voulant les amener à abandonner la rebaptisation [que pratiquent les Encratites], nous ne mettions obstacle au salut par la sévérité de notre conduite. […] De toute façon, on doit observer la pratique établie [τὸ τῆς προτάσεως αὐστυρόν] d’oindre du saint chrême en présence des fidèles ceux qui ayant reçu leur baptême reviennent à nous et alors seulement les admettre à la communion des mystères. »
Basile maintient qu’aucun véritable sacrement ne peut être reçu en dehors de la véritable Église, et que donc le baptême de ces hérétiques ou de ces schismatiques n’est pas valide. Pourtant, par « économie », on ne réitérera pas leur baptême et on ne suivra donc pas l’application stricte du droit, c’est-à-dire l’ » acribie » [ἀκριβεία κανόνων] pour deux motifs : (1) la pratique générale (à l’économie générale), au nom de la communion de l’Église ; (2) le souci pastoral pour l’individu, puisqu’un converti sincère pourrait être découragé par la rigueur de la loi canonique.

Le régime de l’économie 

À partir de cette réponse de saint Basile, on va donner un sens nouveau au mot économie, déjà bien connu en théologie. À la fin du IXe siècle, le patriarche Photius de Constantinople, dans une réponse à un certain Amphiloque, va ainsi expliquer : « On parle d’économie au sens propre pour l’incarnation du Verbe, admirable au delà de toute intelligence. Et en sens contraire au droit strict, l’économie se comprend comme la suppression pour un temps donné, ou une suspension ou l’introduction de relâchements en faveur de la faiblesse des justiciés, le législateur organisant alors économiquement sa prescription [3]. »
Dans le monde orthodoxe, l’économie est donc une dérogation exceptionnelle et dûment motivée d’une, ou de plusieurs normes disciplinaires, mais qui n’institue pas pour autant une dérogation générale et définitive de ces normes : c’est une suspension passagère de l’acribie en une circonstance particulière [4]. Autrement dit, c’est une façon d’apporter un adoucissement de la loi au motif d’une gestion pastorale des situations concrètes des personnes, mais toujours dans le respect de la communion ecclésiale et en s’appuyant sur les canons et la pratique des Pères.
En fait, le binôme économie/acribie ne fait pas l’unanimité parmi les théologiens orthodoxes : ce sont surtout les théologiens grecs qui y font appel sans tous l’interpréter de la même façon. Le rapport plus souple et plus pastoral à la loi et à une conception fortement juridique de l’Église qu’il permet s’explique historiquement par une volonté de se démarquer du juridisme catholique, souvent perçu comme exagéré par les Orientaux. Mais le théologien russe Georges Florovsky voit justement dans cette cause historique la preuve du caractère purement conjoncturel de cette théorie et de sa faiblesse. Il écrit, sévèrement : « L’explication “économique” n’est pas un enseignement de l’Église. Elle n’est qu’une “opinion théologique” personnelle, très tardive et contestable, née au cours d’une période de décadence de la théologie, d’un désir hâtif de se distinguer nettement de la théologie romaine [5]. »

Réception de l’économie dans le monde catholique 

Dans la troisième partie d’un article de 1972 [6], Yves Congar a rassemblé des éléments possibles d’une théorie de l’économie dans la tradition occidentale : il énumère ainsi la dispense (avec la distinction d’Hincmar de Reims en 859/860 entre jugement large d’indulgence et jugement strict [7]), l’équité canonique, l’épikie (ἐπιεικεία, qu’on traduit souvent par équité), l’application du principe Ecclesia supplet ou encore la sanatio in radice.
Thomas d’Aquin, dans la Somme de théologie, explique ainsi : « Comme il a été dit plus haut quand il était traité des lois, puisque les actes humains, à propos de quoi les lois sont données, consistent en des faits singuliers et contingents, qui peuvent connaître des variations infinies, il n’est pas possible d’établir aucune règle de loi qui ne soit quelquefois prise à défaut ; mais que les législateurs regardent à ce qui se produit le plus souvent, en fonction de quoi ils proposent une loi qu’en de certains cas il est pourtant contraire à une justice équitable d’observer, ainsi qu’au bien commun, qui est le propos visé par la loi. Ainsi la loi stipule qu’on restitue les dépôts, puisque c’est ce qui est juste dans la plupart des cas. Mais il arrive parfois que cela soit préjudiciable, comme lorsqu’un fou a laissé son épée en dépôt et la réclame alors qu’il connaît un accès de folie, ou si on la réclame pour combattre contre le pays. Dans ces cas-là et dans d’autres semblables il est mauvais de suivre la loi établie, et il est bon au contraire, passant outre aux termes de la loi, de suivre ce que réclame l’esprit de la justice et l’utilité commune. C’est à cela que s’ordonne l’epieikeia, qu’on nomme chez nous équité. Il apparaît clairement de là que l’epieikeia est une vertu [8]. »
Mais on trouve une réception directe de la première lettre canonique de Basile par le magistère le plus solennel de l’Église catholique dans le document conciliaire Orientalium Ecclesiarum, à propos de lacommunicatio in sacris entre catholiques et orientaux : « […] La pratique pastorale montre, cependant, en ce qui concerne les frères orientaux que l’on pourrait et devrait considérer les multiples circonstances relatives à chacune des personnes, circonstances dans lesquelles ni l’unité de l’Église ne se trouve blessée, ni les périls à éviter ne se présentent, mais dans lesquelles au contraire la nécessité du salut et le bien spirituel des âmes constituent un besoin urgent. C’est pourquoi l’Église catholique, en raison des circonstances de temps, de lieux et de personnes, a souvent adopté et adopte une manière d’agir plus douce, offrant à tous les moyens de salut et présentant le témoignage de la charité entre les chrétiens, par la participation aux sacrements et aux autres célébrations et choses sacrées. En cette considération, le Saint Concile, “afin que nous ne soyons pas un obstacle par la sévérité d’une sentence envers ceux qui sont sauvés” [en note : S. Basile, Epistula canonica ad Amphilochium, PG. 32, 669 B], en vue de favoriser toujours davantage l’union avec les Églises orientales séparées de nous, a fixé la manière d’agir suivante. […] [9] »
Il semble donc possible, dans certaines circonstances particulières et par souci pastoral, d’adoucir la rigueur de la loi, sans la remettre en cause. En tout cas, le magistère le plus solennel de l’Église le revendique. Le dernier canon du Code de droit canonique de 1983 s’achève avec un appel à l’équité canonique [10] à propos du transfert d’un curé : « Can. 1752. Dans les causes de transfert, les dispositions du can. 1747 seront appliquées, en observant l’équité canonique et sans perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans l’Église la loi suprême. » Cette dernière maxime, « le salut des âmes doit toujours être dans l’Église la loi suprême » ne conclut-elle pas de façon résolument « économique » les textes de lois de l’Église ?
[1] Les sources de la discipline canonique antique sont éditées par Périclès-Pierre Joannou, Fonti. Fascicolo IX. Discipline générale antique (IVe–IXe s.), t. II : Les Canons des Pères grecs, Grottaferrata : Tipografia Italo-Orientale, 1963 (Pontificia Commissione per la redazione del Codice di Diritto Canonico Orientale).
[2] Ἐπειδὴ δὲ ὃλως ἔδοξέ τισι τῶν κατὰ τὴν Ἀσίαν οἰκονομίας ἓνεκα τῶν πολλῶν δεχθῆναι αὐτῶν τὸ βάπτισμα, ἔστω δεκτόν.
[3] Ad Amphilochiam quæstio I, 14 = PG 101, 64–65.
[4] Voir par exemple la définition qu’en donne Jérôme Kotsonis, Problèmes de l’économie ecclésiastique, (Recherches et synthèses. Section de dogme, 2), Duculot, Gembloux, 1971 (1ère éd. : 1957), p. 182 : « L’Économie existe lorsque par nécessité ou pour le plus grand bien de certains ou de l’Église entière, avec compétence et à certaines conditions, une dérogation de l’Akrivie [= l’acribie] a été permise, temporairement ou de façon permanente, pour autant qu’en même temps la piété et la pureté du dogme demeurent inaltérées. »
[5] « Les limites de l’Église », Messager de l’Exarchat du Patriarche russe en Europe occidentale 10/37 (1961) 28-40, 1ère éd. : 1934, p. 35. P. 33, il estime que l’économie est une « capitulation devant l’équivoque et le vague ». Voir aussi sa note 1, p. 31.
[6] Yves Congar, « Propos en vue d’une théologie de l’“Économie” dans la tradition latine », Irénikon 45 (1972) 155-206
[7] Hincmar de Reims, de prædestinatione. Dissertatio posterior, c. 37, n. XI [PL 125,411D] : hæ sententiæ [sur la réception des clercs hérétiques] ad illam canonum formam pertinent, qua secundum rationis et temporis qualitatem aut propter ecclesiæ utilitatem, aut propter pacis et concordiæ unitatem, non præiudicatis maiorum statutis, quædam aliquando indulgentur, non ad illam qua pro lege irrefragabiliter tenenda constituuntur.
[8] Summa theologiæ, IIa IIæ, q. 120, c.
[9] Orientalium Ecclesiarum, 26 § 1.
[10] Sur l’équité canonique, on consultera en particulier le can. 19 et les commentaires qui en sont faits.