août 31, 2014

R. AMBELAN, un Patriarche Gnostique » qui ne croit pas « au Dieu des religions dites révélées » et qui donc n’est pas chrétien tout en prétendant être évêque…




Robert AMBELAIN qui se présentait comme Patriarche d’une Eglise dite Gnostique (en fait filiation spirite de Doinel) :

 
déclare explicitement dans cette vidéo : « Je ne crois pas au Dieu des religions dites révélées. »


Une Eglise dite Gnostique, sans « religion révélée », on ne s’étonnera pas ensuite du pullulement de prétendues « Eglises » qui ne sont gnostiques que de nom, et dont les bases en matière de  croyance sont très éloignées du Magistère  de l’Eglise Indivise.
JPB

juin 25, 2014

Les Devoirs de l’homme envers la Création



I L’homme devait garder et cultiver le Jardin d’Eden.

>>>  Alors que l’homme devait contrôler la nature (Gen. II, 15 et 18-21),  par  sa chute, l’homme a accepté d’être  dépendant d’elle. (Gen. III, 18-21).
Ce Devoir, répondait à une Loi :

« Nous avons été créés pour recevoir un bienfait ; nous avons reçu ce bienfait, après avoir été créés. Le paradis fut confié à notre fidélité, pour que nous en jouissions. Il nous a été donné un commandement, afin que, en le gardant, nous puissions acquérir la gloire. Non que Dieu ignorât l’avenir, mais il voulait soumettre notre libre  arbitre à une loi. » Grégoire de Nazianze  Discours 45 Pour la sainte Pâque. (Coll. Les écrits des saints. Ed du soleil levant, Homélies, textes choisis, page 160).
>>> Grégoire évoque la gloire qu’il nous fallait acquérir en respectant la Loi de Dieu et que notre prévarication  nous empêcha d’obtenir.

>>> A Gethsémani NSJ+C confirme à  Son Père : «Oui, je leur ai donné, moi la gloire que tu m'as donnée : qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jean XVII, 22)
Par la Résurrection, l’homme étant dégagé de la Chute, il n’a plus aucun motif pour prétendre ne pas pouvoir acquérir cette Gloire  qui le fera UN avec la TS Trinité.

II Rendre hommage à Dieu et proclamer Sa Gloire
20 Les Devoirs de l’homme envers son Prochain :
         La Prière /  Les bonnes actions

21 les Devoirs de l’homme envers qui a refusé sciemment de rendre hommage :
 - la question des anges en état de chute au motif :
Pour Justin le commerce des anges avec les filles de l’homme (2 Apol. V, 2) : « Il (Dieu)  a confié le soin de veiller sur les hommes et sur les créatures qui sont sous le ciel aux anges qu'il a mis à leur tête. Mais les anges, violant cet ordre, ont cherché le commerce des femmes et ont engendré des enfants que nous appelons les démons. » >>> Gen. VI, 1-3 « Il (Noé) vécut dans le temps que les hommes commencèrent à être nombreux sur la terre, et que des filles leur étaient nées. Or, les fils de Dieu, ayant vu que les filles des hommes étaient belles, prirent pour femmes, parmi toutes, celles dont ils firent choix. »

Pour Irénée, l’envie et la jalousie, se référant à  Sagesse II, 24 « Mais la mort est entrée dans le monde par l’envie du démon »   Irénée déclare : « L'homme n'observa pas ce commandement mais il désobéit à Dieu, égaré par l'ange. Celui-ci voyant les nombreuses faveurs que l'homme avait reçues de Dieu, lui porta envie et en fut jaloux. Il se perdit lui-même et fit tomber l'homme dans le péché, en le persuadant de violer le commandement de Dieu. » (Démonst.  16)
          
Pour Origène, c’est l’orgueil selon la lecture d’Isaïe XIV, 12-16 : « Comment es-tu tombé du ciel, Astre brillant, Fils de l'Aurore ? Comment as-tu été précipité à terre, toi qui réduisais les nations,  toi qui disais : " Je monterai dans les cieux, je hausserai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je siégerai sur la montagne de l'assemblée divine à l'extrême nord,] je monterai au sommet des nuages, je serai comme le Très-Haut. "  Mais tu as dû descendre dans le séjour des morts au plus profond de la Fosse. » Ainsi le Père des Pères s’interroge : « Comment est-il tombé du ciel, Lucifer, celui qui se levait à l'aurore ? Il a été brisé et abattu sur terre, celui qui attaquait toutes les nations. Tu as dit dans ton cœur: Je monterai au ciel, au-dessus des étoiles du ciel je placerai mon trône, je siégerai sur un mont plus haut que toutes les montagnes les plus élevées qui sont au nord, je monterai sur les nuées, je serai semblable au Très-Haut. Maintenant, au contraire, tu seras plongé dans l'Hadès et dans les profondeurs de la terre »  (Traité des  Princ. I, 5, 5)

L’orgueil sera la thèse reprise par l’Eglise Byzantine, ainsi que par Eusèbe e Césarée, St Hilaire de Poitiers, St Ambroise, St Jérôme, sans oublier, St Augustin.
Pour Denys, c’est l’amour   « Les démons eux-mêmes ne sont pas mauvais par nature. Autrement, ils n'auraient pas le bien suprême pour créateur, ni un rang parmi les êtres, et naturellement et toujours dans le mal, ils n'eussent jamais pu déchoir du bien. »  Le Père ajoute, ce point qui sera examiné plus loin : « Les démons eux-mêmes ne sont pas mauvais par nature. Autrement, ils n'auraient pas le bien suprême pour créateur, ni un rang parmi les êtres, et naturellement et toujours dans le mal, ils n'eussent jamais pu déchoir du bien. » (Des noms divins IV, 23)
Et Thomas d’Aquin de répondre à l’article IV de la Question  63 : « Y a-t-il des démons qui soient naturellement mauvais ? » en conclusion : « Ils ne peuvent donc être mauvais naturellement. » 

Le motif qui préside à cette chute réside dans l’Amour au sens où il y a chez l’Ange, le désir d’être « comme Dieu », mais ce « comme »,  selon Thomas d’Aquin peut s’entendre de deux manières : « Sans aucun doute l'ange a péché en désirant être comme Dieu. Mais cela peut s'entendre d'une double manière: soit par égalité, soit par similitude. De la première manière, l'ange n'a pu désirer être comme Dieu, car il savait, de connaissance naturelle, que c'était impossible » Plus loin le Docteur Angélique poursuit : « Quant à désirer être comme Dieu par similitude, cela peut se produire de deux façons. Premièrement, quand un être désire avec Dieu la similitude à laquelle l'ordonne sa nature. En ce sens, il ne pèche pas, à condition toutefois que ce désir soit dans l'ordre, c'est-à-dire l'incline à recevoir de Dieu cette similitude. » (Id, art III, concl.)

-         La question de la rédemption des anges chutés

210 Les motifs de la chute ce certains anges n’est pas ce qui importera présentement d’examiner, mais n’avons –nous pas un prétexte pour nous demander s’il ne reviendrait pas à l’homme d’amener les anges chutés à revenir à Dieu ?
>>> L’humilité et l’orgueil : voilà peut-être le double Mystère attaché aux conditions de la rédemption de ces anges, dont l’Ecriture nous dit que « Dieu n’a pas fait la mort. » (Sag. I, 13), mais si la mort est la conséquence du péché pour l’homme, cette situation n’appartient  pas au projet de Dieu qui invite toutes ses créatures à un même salut car « Il délivrera même celui qui n'est pas innocent ; oui, celui-ci sera délivré par la pureté de tes mains » (Job, XXII, 30)

Or,  le sentiment d’indignité  qui constitue dans une mauvaise humilité une forme  d’orgueil, fut ressenti  par des Mystiques, ainsi  à Sœur Josépha Ménendez   le Christ déclare : « « Ah! Judas! Pourquoi ne viens-tu pas te jeter à mes Pieds, afin que Je te pardonne aussi?... Si tu n'oses t'approcher de Moi, par crainte de ceux qui M'entourent avec tant de fureur, du moins, regarde-Moi ! ... et tu rencontreras aussitôt mes Yeux qui sont fixés sur toi! »
En un autre instant le Christ déclare encore à la Mystique : « Âmes que J'avais choisies, croyez-vous en suivant vos goûts, Me donner la gloire que J'attendais de Vous?... croyez-vous faire ma Volonté en résistant à ma Grâce qui vous appelle à cette voie que votre orgueil repousse? » (Un appel à l’Amour, § Du couronnement d’épines au désespoir de Judas, 22-25  mars 1923)

Qu’il nous soit permis de citer Péladan par cet extrait d’un dialogue entre Bêlit, héroïne du roman Un cœur en peine et Satan :
« "Bêlit : Alors seras-tu pardonné ?
"Sathan : Le dernier puisque je suis le plus coupable.
"Bêlit : Ton châtiment on l'enseigne éternel.
"Sathan : Manichéenne. Crois-tu à un principe du mal ? Quand je suis tombé je n’étais que le plus élevé des rapports ; or le plus grand relatif ne peut pas entraîner une conséquence d'absolu. J'ai voulu réaliser l'idéal divin : je suis puni jusqu'à dépendre de l'imagination humaine."

>>> Le plus grand relatif, ne peut pas entraîner une conséquence d’absolu.

Les Pères de l’Eglise Byzantine  n’élaborèrent pour leur part aucune théorie  en matière d’eschatologie,  et ignorent  les notions d’enfer, de purgatoire, chères à la pensée Légaliste du monde Latin.

Il me sera sans doute fait grief d’associer le sort de l’homme à celui des anges chutés quant au principe de leur rédemption,  c’est une lecture particulière des Ecritures faite par les Pères qui distinguera les raisons présentées pour cette différence selon cette pensée de Jean DAMASCENE : « Ce que la mort est pour les hommes, la chute l'est pour les anges, car après la chute il n'y a pour eux pas de conversion ni pour les hommes après la mort. » (Foi Orth.  II, 4)

En fait, comment les Pères et la Tradition de l’Eglise envisagèrent-ils que le salut serait impossible pour les anges chutés ? Parce que l’immortalité est prise en compte pour  l’ange créé immortel, alors que l’homme connaît lui la mort et la temporalité.
Cette approche est contraire à la réflexion théologique, outre que l’exégèse biblique permet une autre lecture de cette vision.

En effet, Dieu est Le Créateur de l’Univers (Eph.  III, 9), qui a créé toutes choses (Apoc. IV, 11) et les anges sont donc aussi créés, tout comme l’homme.

N’oublions pas en ouvrant une parenthèse, que l’œuvre des six jours, cette Création confiée à Adam, s’est établie à partir des eaux qui étaient en-dessous de l’étendue séparant les eaux supérieures des eaux inférieures à la suite du 2° Jour.

A l’issue de sa chute, l’homme sera condamné à la temporalité manifestée par la mort, pourquoi en serait-il autrement pour l’ange dans sa propre chute ?  Avant la chute adamique, l’homme n’a pas de corporéité et ne devait pas connaître la mort et donc il était originellement, tout comme l’ange, immortel.

L’affirmation d’une condamnation  sans pardon, des anges chutés, résulte d’une exégèse biblique dans la lecture de l’Apocalypse XX , 10 :  « Et le diable, leur séducteur, fut précipité dans l'étang de feu et de soufre, auprès de la bête et du faux prophète. Et ils souffriront des tourments jour et nuit aux siècles des siècles. »

Mais quel est cet étang de feu ? « L'étang de feu, voilà la seconde mort !
 Et quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut précipité dans l'étang de feu. » (Apoc. XX, 14, 15), et ne prépare-t-il pas à la seconde résurrection, attend u qu’il en est une première  comme l’indique le Voyant : « Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n'a pas d'emprise » (Apoc. XX, 6)

Il ne pourra nous être reproché  une exégèse qualifiée d’hérétique, le problème posé est de savoir si l’Amour de Dieu peut provoquer une condamnation définitive, ce qui serait un manquement à l’infini de l’Amour Divin.

Dès lors, au titre des Devoirs de l’homme envers la Création, au niveau de la Chute des anges, quant au salut auquel toute créature est appelé, entendons cette réponse de Péladan  à l’égard de ceux que l’on appelle démons : «"Il serait temps non pas de les prier, la droite de Dieu les a marqués, mais de prier pour eux ; la droite de Dieu ne s'étend jamais, pour barrer la charité." (Istar, p. 36)

 22  Les Devoirs de l’homme envers la Nature qu’il entraînait dans sa chute

Rappelons-le, alors que l’homme devait contrôler la nature (Gen. II, 15 et 18-21),  par  sa chute, l’homme a accepté d’être  dépendant d’elle. (Gen. III, 18-21).
Une question fondamentale a hanté les Pères, dans la conscience que l’homme avait entraîné dans sa chute la Nature, face à cette responsabilité, de quelle manière l’homme pouvait-il agir pour réparer sa faute ?

Cela n’incombait pas au Christ qui à Gethsémani précise bien qu’il ne prie pas pour le monde : « Et moi, je te prie pour eux. Je ne te prie pas pour le monde ; mais pour ceux que tu m'as données »  (Jean XVII, 9)

Une critique de l’idée selon laquelle le Christ ne n’aurait pas vaincu ou sauvé le monde, pour venir contredire note lecture de Jean XVII,  9, peut par exemple être exprimée par cette parole du Sauveur : « En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. »  (Jean XVI, 33)

Oui, Lorsque le Christ était dans le monde Il a vaincu les illusions de  ce monde, les tentations de ce monde, les raisons de la Chute originelle qui firent que l’homme devint dépendant du monde, et cette victoire,  lors des trois tentatives de tentation au Désert. J+C  est vainqueur du monde de la Chute, mais pour autant le monde n’est pas encore sauvé, hormis l’homme…

De surcroît, il échet de bien dissocier le monde et la Nature. Saint Augustin précise commentant en l’Apôtre en I Cor. 7 : « Car la figure de ce monde passe », ce Père déclare  donc : «C’est donc la figure du monde qui passe, et non sa nature.»
Irénée la confirme cette différence entre la Nature et le monde : « la figure de ce monde passera », c'est-à-dire les choses en lesquelles la transgression a eu lieu. »  (Contre LES  hérés. V, Ch. 3)

Si l’homme est déjà sauvé par le Christ, il lui reste à se réconcilier avec Son Créateur,  la Nature bénéficiera  alors elle aussi de la rédemption, car il est un  lien étroit entre l’homme et la Nature. Pour toute la Tradition Patristique, « La transmutation de la nature vers la perversité, la corruption et la mort, c’est la condamnation du péché volontaire d’Adam. »,  ainsi que le rappelle Maxime le Confesseur (Traité du mal VII, Le mystère du Salut, Ed du soleil levant, Page 94)

Cette relation dans la Chute, unit dans un même destin  la rédemption de la  nature à savoir la Création de Dieu et la réconciliation  de l’homme avec Son Créateur.  Jean Chrysostome  en son Homélie XIV relatif à l’épître aux Romains déclare à propos de la Création qu’elle « Sera aussi affranchie de la servitude de la corruption» : c'est-à-dire ne sera plus corruptible, mais participera à la beauté de votre corps. Car, comme elle est devenue corruptible, dès que vous l'avez été vous-même ; ainsi, dès que vous serez incorruptible, elle vous accompagnera  elle vous suivra : c'est ce que l'apôtre indique par ces mots : « Pour passer à la liberté de la gloire des enfants de Dieu». Est-il nécessaire de rappeler Romains VIII, 18-24, objet de la présente homélie ?

Attendu que le devenir de la Nature dépend de la réconciliation de l’homme avec Dieu, deux  voies complémentaires sont offertes :
-         L’exorcisme du cosmos si j’ose dire, devenu empire de Satan
-         La prière et les bonnes actions, en l’espèce suivre la Voie de l’Evangile.

220  L’Apôtre Jean le rappelle : « le monde entier est sous la puissance du malin. »  (I Jean V, 19), le Christ ne conteste pas à  celui qui tente de le tenter au Désert, qu’il est le Prince de ce monde, lors de la troisième tentative de tentation,  d’ailleurs ne dit-Il pas, en fait à tous les hommes : « le prince de ce monde vient. Certes, il n'a en moi aucune prise. »  (Jean XIV, 30).
Cette conscience d’une présence démoniaque dans le monde  est pleinement  ressentie par la Tradition Byzantine  un exorcisme que l’Eglise Byzantine pratique le jour de l’Epiphanie.

Qu’il me soit permis avant d’aller plus outre,  d’évoquer ce rappel de PELADAN quant au sens de ce jour particulier : « La venue des mages, c’est l’abdication des ésotérismes devant l’Incarnation de la Vérité. »  (Introd.  aux Sc. Occultes)
Pour la Tradition Byzantine, (certes personnellement j’aurais ajouté le Désert), l’eau est considérée comme le refuge du Démon, d’où la Grande Bénédiction des Eaux,  dot j’extrais un élément de cette liturgie : « … Depuis que le Fils de Dieu a pris chair humaine et est apparu dans le monde, Se manifestant en Son Baptême dans le Jourdain, toute chair et toute matière est sanctifiée. Tout est rendu pur et saint en Lui. Tout ce qui est corrompu et pollué par les œuvres pécheresses des hommes est nettoyé et purifié par les œuvres miséricordieuses de Dieu. Toutes les puissances mortifères du démon qui empoisonnent le monde bon de la Création de Dieu sont détruites. Toutes choses sont renouvelées. Par "l'élément primordial" de l'eau en la fête de l'Épiphanie, la Création toute entière apprend à être sanctifiée par le Verbe de Dieu à travers ce même Esprit de Dieu qui "dans le principe soufflait à la surface des eaux" (Gen. 1,2). » (http://stmaterne.blogspot.fr/2007/01/la-grande-bndiction-des-eaux.html)
C’est dans le cadre liturgique des bénédictions très nombreuses, et au premier chef dans les sacrements comme le Baptême par la renonciation à Satan que s’accomplit l’expulsion  des forces du mal, amenant le baptisé à ne plus dépendre du prince de ce monde, pour participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.

L’Apôtre nous le rappelle : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin. » (I Jean, V, 19)

221 Il revient à l’homme d’agir pour le monde, car cela n’appartient pas aux motifs de l’Incarnation de NSJ+C qui répond à Son Père en cette nuit de Gethsémani : « Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi. » (Jean XVII, 9)

Oui, il appartient, et il revient à l’homme d’agir pour le monde, ce devenir de la Création dépend de l’homme qui peut restaurer la Nature dans sa condition originelle, dès lors que comme le rappelle l’Apôtre : « Puisque tout cela doit ainsi se dissoudre, quels hommes devez-vous être ! Quelle sainteté de vie ! Quel respect de Dieu !  Vous qui attendez et qui hâtez la venue du jour de Dieu, jour où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront . »  (II Pierre, III, 11, 12)

L’homme par ses bonnes actions et par ses prières peut hâter l’avènement du Jour de Dieu.
Ainsi comprenons-nous  cette affirmation de l’Apôtre : « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. »  (Matthieu XIV, 36)

L’homme a un Devoir, celui d’agir envers la Création qu’il entraînait dans sa chute, mais aussi, d’amener ceux qui humains ou d’un autre état voire angélique, provisoirement refuseraient  de croire à la Grâce, par fausse humilité manifestation de  l’orgueil, ou par méconnaissance de l’Amour Divin, 

Par la Prière et les bonnes actions, par la Charité et l’Amour du prochain, toute la Création reviendra à Dieu et comme j’aime à rappeler cette parole d’un saint moine de l’Athos :  « Quand le Seigneur t'aura sauvé avec toute la multitude de tes frères, et quand il ne res­terait qu'un seul des ennemis du Christ et de l'Eglise dans les ténèbres extérieures, ne te mettras-tu pas avec tous les autres à implorer le Seigneur afin que soit sauvé cet unique frère non repenti ? Si tu ne le supplies pas jour et nuit, alors ton cœur est de fer, — mais on n'a pas besoin de fer au paradis. »  (RP Alexandre TURINCEV : L'Eschatologie Orthodoxe Revue CONTACTS N° 54,  1966, page 103).

Jean-Pierre BONNEROT

mai 12, 2014

Questions sur les ordinations au sein de nombreuses Eglises dites gnostiques







Depuis maintenant plusieurs années fleurissent dans certains milieux revendiquant une qualité  « initiatique », des groupements se déclarant  « Eglise Gnostique ».

I  Présentation des courants
1 - La première « Eglise Gnostique »  a pour origine Jules DOINEL qui affirmait avoir été  consacré évêque gnostique, par Guilhabert de Castres, à l’occasion d’une séance de spiritisme chez Lady Caithness, en l’automne 188 …  (1)
Il s’entend qu’une telle « consécration » ne saurait être reconnue, sans qu’il soit besoin de s’attarder sur les conditions de validité qui président à l’administration des sacrements au sein de l'Eglise Indivise.
L’histoire montre qu’une grande partie des personnes prétendant au titre et à la charge d’Evêque  dans le cadre d’une « Eglise Gnostique », sont issus de la filiation dite spirite ou de DOINEL, dès lors qu’ils se rattachent aux courants issus des successeurs de celui qui se considéra comme le Patriarche de l’Eglise Gnostique (2)
2 - Une prétendue filiation gnostique serait issue de LAGREZE qui, aux dires de Robert AMBELAIN  aurait été consacré en deux minutes par Victor BLANCHARD, détenteur d’une filiation apostolique pour sa part, de laquelle sont issus Henri Meslin, Jean Chaboseau, Jules Boucher. (2).
Quand bien même on ne saurait contester – comme cela sera exposé – la validité de la consécration épiscopale de Victor BLANCHARD, il n’en demeure pas moins qu’une cérémonie constituée par une simple chirotonie, ne suffit pas à faire un évêque au motif que l’intention de faire ce que fait l’Eglise n’est pas remplie.
3 - Avant d’en venir à la filiation apostolique  passant par Mgr GIRAUD, il convient d’observer que l’on peut légitimement douter de la validité d’une filiation passant par Roger MENARD, au motif d’une part qu’aucun acte de consécration de MERNARD par Victor BLANCHARD n’est livré à l’historien , que de seconde part, celui qui aurait bénéficié d’une consécration épiscopale de la part de MENARD, à savoir Robert AMBELAIN, nous livrait un acte manuscrit où la date de la cérémonie de consécration épiscopale (15 juin 1946) venait contredire la date d’enregistrement dudit acte (3.10.1943)  (3).
De la filiation dite MENARD dont aucune preuve tangible ne fut jamais rapportée,  et de laquelle dépendra toute la  transmission « apostolico-gnostique » de Robert AMBELAIN, reprenant nos archives, nous extrayons une lettre de René CHAMBELLANT, témoin de toute cette époque et compagnon de CHEVILLON déclarant : « Fieschi insiste lourdement pour que je lui fasse parvenir une photocopie de  la lettre d’Ambelain où il dit que sa consécration lui avait été donnée par Delarue. » (4)
4 - Conscient de ce que l’assemblée qui se déclarait « Eglise Gnostique »  pouvait ne pas répondre aux critères de l’Eglise Indivise quant à la validité des ordinations prétendument reçues et perpétuées en sein, tant en cette fin du XIX°, qu’au cours du siècle suivant, successivement Jean BRICAUD et plus tard Constant CHEVILLON  demandèrent à recevoir les Ordres de Mgr GIRAUD,  Patriarche de l’Eglise Gallicane, en cette époque où les Eglises indépendantes étaient catholiques – au sens où l’entend la Tradition des Père et selon la définition de St Vincent de Lérins -, pour la France c’était le Gallicanisme, pour d’autres pays c’était ce que l’on nomme les Eglises Vielles Catholiques.(5)
Ainsi se présente le tableau des Eglises dites gnostiques, dont il reste à définir selon les critères de l’Eglise Indivise, si elles disposent d’une réelle filiation apostolique, avec ce que cela sous-tend, la capacité d’administrer l’ensemble des sacrements et notamment le sacrement de l’Ordre.

II L’Intention de faire ce que fait l’Eglise
Avant d’examiner ce que signifie cette disposition que constitue l’intention, il échet de comprendre ce qu’est l’Eglise.
1 – L’Eglise demeure  Indivise par  la reconnaissance mutuelle des Eglises locales dans l’administration des Sacrements.
10 -La Tradition Byzantine définit l’Eglise comme  « la communion (= unité spirituelle rigoureuse de foi et de vie) des Eglises locales d’Alexandrie, Antioche, Jérusalem, Constantinople, Chypre, Grèce, Crète, Géorgie, Russie, Finlande, Roumanie, Serbie, Bulgarie, Albanie, Pologne, ainsi que des communautés d’Amérique du Nord, du Canada, d’Australie, d’Afrique noire, d’Europe occidentale (notamment France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, etc.) qui suivent la tradition des Sept conciles œcuméniques. « Orthodoxie » veut dire en grec « juste glorification » ». (6)
11 – La Tradition Latine définit l’Eglise comme «  le rassemblement de tous les baptisés affirmant leur foi en Jésus ressuscité. Organisée en communautés ayant chacune sa structure et regroupées dans des ensembles appelés Eglise locale. En raison des séparations intervenues au sein du christianisme on distingue l’Eglise catholique romaine dont le chef spirituel est le Pape, les Eglises orthodoxes et les Eglises issues de la Réforme. »  (7)
12 Ainsi que le rappelle ORIGENE, c’est sur la foi de Pierre que  l’Eglise est bâtie (8), « Cette pierre est le Christ et c’est en vertu de cette onction que tous ont été appelés chrétiens. » précise bien Thomas d’Aquin (9), ce n’est donc pas pour la Tradition des Pères sur l’Apôtre, mais sur la Foi de Pierre , que l’Eglise est bâtie. Cette foi, exprimée par l’Eglise, répond à la définition  que Saint Vincent de Lérins donne du mot catholique  que l’on peut résumer à la suite de son Traité pour l’antiquité et l’universalité de la Foi : est catholique ce qui a toujours été cru, partout et par tous (10).
2 - L’Eglise s’inscrit dans une Tradition qui ne permet pas des arrangements au gré des intérêts ou des « illuminations » de certains qui seront souventes fois qualifiés d’hérétiques comme  pour ce qui est de la pensée Gnostique en général, où  le Contre les Hérésies d’Irénée de Lyon en critiquant les gnoses païennes ou la fausse gnose, expose les bases de la Révélation. Qu’il nous plaise de rappeler cette  affirmation  Romaine que nous partageons, au sens où l’Eglise universelle est l’Eglise Indivise : « L’Église universelle apparaît comme un  peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint. » (11)
Cette unité, est la conséquence  de la Révélation Chrétienne,  enseignée par Jésus+Christ et réaffirmée par les conciles œcuméniques, assemblées formées pour rappeler les termes de la Foi, face à une pensée nouvelle et  contraire à la Révélation.
L’Eglise universelle ou Indivise, de laquelle on ne peut rien retrancher ni rien  ajouter quant au dépôt qui la constitue au plan  de la Foi telle que soumise aux critères rappelés par Vincent de Lérins, fait que les structures souhaitant se déclarer comme appartenant à l’Eglise, doivent épouser tel qu’il se présente, ledit Magistère et se trouver dès lors en communion ou en pleine harmonie au moins, avec la Tradition  manifestée par les Eglises locales fidèles à l’orthodoxie rappelée.
Il ne peut sans cette condition, y avoir d’intention, cette fameuse « intention de faire ce que fait l’Eglise » si le groupe revendiquant ladite intention, ne répond pas aux critères qui définissent  au plan général et selon les situations dans chaque cas particulier, les conditions définies par l’Eglise.
III Sur les conditions  permettant  la validité du sacrement de l’Ordre
En ce qui touche l’Orient Chrétien,  validité et licéité vont de pair, attendu que les Eglises Locales sont préalablement clairement définies et que toute nouvelle Eglise doit être admise dans le tronc des  Eglises déjà reconnues. Toute ordination  prétendument faite dans l’esprit espéré de l’Eglise Byzantine en dehors de l’une de ces Eglises unies à                                                                    Constantinople, sera par ces dernières, non reconnue.
Les sacrements de l’Eglise Indivise peuvent être regroupés selon trois domaines :
-          Les sacrements d’initiation :
·         Baptême
·         Confirmation
·         Eucharistie
-          Les sacrements de guérison :
·         Réconciliation
·         Onction des malades
-          Les sacrements du service de la communion :
·         Ordre
·         Mariage
C’est ce dernier sacrement, celui de l’Ordre, qui est prétexte à notre réflexion.
L’Ordre  s’inscrit dans le groupe des sacrements du service de la communion.
Le service  de la communion suppose et nécessite une communion avec l’Eglise Indivise dont, si la pierre d’angle est bien évidemment le Christ, l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint : « l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » (Jean XIV, 26), l’Esprit-Saint sera donné par Jésus+Christ aux apôtres,  le soir de Sa résurrection : « Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit. » (Jean XX, 21,22) : ainsi sont les débuts de l’Eglise dont l’unité  résulte d’une même Foi, en ce que fidèle à l’enseignement des conciles œcuméniques qui expriment l’universalité de la foi et de la pratique chrétienne.
Quand bien même une assemblée  de chrétiens -  c’est-à-dire faite de croyants en la résurrection de NSJ+C, alors qu’à défaut vaine serait notre foi  comme le rappelle l’apôtre, car « si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. » (I Cor. XV, 14) - se réunissait pour célébrer un culte, ce rite, cette pratique, n’engagerait pas –si j’ose dire – l’Eglise au titre de « intention de faire ce que fait l’Eglise » parce qu’il manquerait la communion à savoir la stricte fidélité dans la Foi et la pratique chrétienne de l’Eglise Indivise.
Le Mystère de l’Eglise dans l’administration et la réception des sacrements, répond à une pratique liturgique liée aux Personnes Divines,  un sacrement n’est pas le fruit d’un « acte magique » conséquence d’une seule volonté humaine et/ou d’une quelconque mécanique, il s’inscrit dans une totale communion  des personnes physiques aux Personnes Divines, selon l’Institution venant de Dieu, dans la Foi de Sa Révélation telle que rappelée par les Conciles œcuméniques et la pratique chrétienne  universellement admise par la Tradition de l’Eglise Indivise.
Convient-il de rappeler que le ministère ecclésial est un service au profit de l’Eglise Priante, Souffrante, Militante, qui comprend non seulement le peuple des baptisés, mais en fait tout le champ de la Création.
Ce Service, ne s’assimile pas et n’est pas une initiation ou une étape dans la voie dite illuministe : il suppose un Appel de Dieu, qui sera concrétisé par la Vocation ou appel de l’Evêque  sous réserve du respect préalable des conditions  répondant à cette dignité : le Désirant ne peut en effet échapper à l’acquisition d’une solide formation et spirituelle et intellectuelle, quant à ce dernier mot s’il peut être employé, signifie une très bonne connaissance de l’enseignement des Pères, donc  des divers domaines de la théologie,  de la liturgie, du droit de l’Eglise notamment , et disposer bien évidemment des qualités pastorales nécessaires à l’exercice de ce service.
De la sorte, l’Ordination dans l’Eglise Indivise, telle que rappelée, est bien éloignée de l’esprit qui anime les « demandeurs »  appartenant à ces  « mouvements Gnostiques », confondant initiation maçonnique et ordination sacerdotale : Ivan de la THIBAUDERIE écrit : « Or ce rite de Memphis-Misraïm, traditionaliste et chrétien, (l’est-il encore en dehors de l’Ordre de Lyon ?)  qui groupe martinistes et gnostiques, comprend un grade le 66°, de Patriarche Consécrateur dont l’insigne distinctif est un sautoir violet…. Il sera alors nécessaire d’établir avec certitude et précision le rite de collation du grade de 66° de Memphis-Misraïm, celui des consécrations de l’Eglise Gnostique et si ces cérémonies respectent les formes et formules traditionnelles du Pontifical il y aura une présomption raisonnable  de succession catholique dans la maçonnerie de Memphis-Misraïm. » (     12).
Gérard KLOPEL en article paru dans le bulletin intérieur de son Obédience  en sa qualité de SGMG, déclare quant à ce 66° grade et sur la similitude entre Ordination et Initiation: « Pour répondre très clairement à Monsieur de la THIBAUDERIE, il est évident que, transmis tel quel, il ne saurait donner à ses titulaires la filiation épiscopale... En revanche ce degré ayant été transmis, sauf très rares exceptions, à des Frère qui possédaient déjà ou qui reçurent en même temps la filiation épiscopale authentique, dans les normes traditionnelles  (…) il est bien exact d’affirmer que notre Rite, entre autres Initiations, a la possibilité de transmettre la filiation Apostolique. » (13)
Outre le fait que ne résistera à aucun examen d’un  ordre ecclésial (théologique, canonique, liturgique) la reconnaissance du 66° Degré de Memphis-Misraïm comme équivalent à une Ordination Sacerdotale, à supposer  que soit effectuée successivement par voie de relation, une cérémonie s’apparentant aux rites de l’Ordination Sacerdotale, la confusion admise et reconnue, - comme rappelée par Gérard KLOPEL, SGMG  et successeur de la lignée disons ésotérique d’AMBELAIN -, entre Initiation et transmission de la filiation apostolique, rend d’office invalide l’intention de faire ce que fait l’Eglise Indivise !
Rappelons ce que nous écrivions plus haut : « Le Mystère de l’Eglise dans l’administration et la réception des sacrements, répond à une pratique liturgique liée aux Personnes Divines,  un sacrement n’est pas le fruit d’un « acte magique » conséquence d’une seule volonté humaine et/ou d’une quelconque mécanique, il s’inscrit dans une totale communion  des personnes physiques aux Personnes Divines, selon l’Institution venant de Dieu, dans la Foi de Sa Révélation telle que rappelée par les Conciles œcuméniques et la pratique chrétienne  universellement admise par la Tradition de l’Eglise Indivise. »
Or, l’essentiel de ces mouvements qui prétendent au gnosticisme (14), pourraient l’être, sans répondre aux conditions d’une Gnose, en ce que, comme le souligne Gabriel BUNGE « Le gnosticisme est un phénomène à multiples facettes… Il s’agit plutôt d’une tournure d’esprit bien précise, qui se retrouve dans les manifestations les plus disparates de cet adversaire de l’Eglise, le premier en date et sans doute le dernier » (15). En revanche, «  Le trait  caractéristique qui distingue la gnose chrétienne, c’est qu’elle a son fondement dans l’être personnel de Dieu et dans l’être personnel de la créature à son image. La gnose est quelque chose qui se passe entre des personnes, et dont l’initiative, en dernier ressort, relève de Dieu. »  (16).
Il ne s’agira pas d’aller plus outre dans une explication de la Gnose Chrétienne qui ne semble pas la préoccupation des détenteurs de prétendues filiations apostoliques gnostiques, seulement nous préciserons à l’école des Pères, la Connaissance s’acquiert par la Foi, car « C'est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu'on voit n'a pas été fait de choses visibles. » (Héb. XI, 3) La Foi conduit à une relation donnant naissance à l’amitié avec Dieu « Ainsi s'accomplit ce que dit l'Écriture: Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice; et il fut appelé ami de Dieu. » (Jacques II, 23)
Cette Amitié résulte d’une conscience qui engage l’Ami à des Devoirs, lui qui a bénéficié de cette sagesse  « que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis;  nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire » déclare l’Apôtre (I Cor. II, 6, 7).
La Connaissance  (ou Gnose) est une Sagesse, Sagesse de Dieu qui ne peut qu’engager  le Gnostique Chrétien, n’ayant plus l’excuse de ne pas savoir, à des Devoirs !
Outre et préalablement aux Devoirs qui engagent le Gnostique, revenant aux règles qui régissent l’Eglise Indivise, rappelons ces dernières quant à la transmission du Sacrement de l’Ordre et, considérant dans notre réflexion, cette partie comme essentielle, nous n’aborderons qu’un point, celui du sujet appelé à l’ordination.
La Tradition de l’Eglise rappelle  que pour entrer dans la cléricature, il convient d’être appelé par Dieu. « Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron. » (Héb. V, 4), il ne convient pas de tenter de s’approprier comme un brigand cette dignité (qui dès lors serait-elle-même acquise ?),  ainsi, entendons cette  exhortation de l’Apôtre  « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. » (Jean  X, 1).
Les ordres sacrés nécessitent une certaine sainteté  dans ceux qui les reçoivent. Thomas d’Aquin précise bien  « "Tout homme de la race d’Aaron qui sera souillé, n’offrira pas le pain à son Dieu, ne remplira pas les fonctions sacerdotales". Par souillure, il faut entendre ici, selon la Glose, "toute espèce de vice". Celui donc qui est pris en quelque vice ne doit pas être accepté pour le ministère de l’ordre. » ,et conclut : « Or, tout ordre fait de celui qui le reçoit un chef dans le domaine des
choses de Dieu. Celui-là donc pèche mortellement, par présomption, qui avance aux ordres, avec la conscience d’un péché mortel. La sainteté de vie est donc requise, pour satisfaire au précepte. » (17)

« Faire ce que fait l’Eglise… » Indépendamment de tout rite ou de prétendu respect du Rite qui n’est pas un acte magique, car la Liturgie n’est pas de la magie, faire ce que fait l’Eglise, suppose de respecter les règles de l’Eglise au premier rang desquelles figure pour celui qui aspire au sacerdoce, outre une certaine sainteté, un devoir de connaissance des domaines que nous désignerons sous le terme de « la science ecclésiastique » comprenant notamment, l’ensemble des domaines de la théologie, la connaissance des Pères,  de la liturgie, du droit canonique, avec l’acquisition bien évidemment de qualités pastorales certaines fruits de la pratique des vertus, de la prière, encore notamment. Ainsi se comprend le sens du 21° canon de la 23° Session du Concile de Trente qui déclare relativement aux étapes du sacerdoce : Et puisqu’on s’avance  par-là vers des degrés plus élevés et de très saints mystères, on ne donnera les ordres mineurs qu’à celui dont on espère assez de science pour qu’il se montre digne des ordres majeurs » parce qu’ « ils monteront ainsi de degré en degré, de manière à ce que leur mérite et leurs connaissances croissent davantage avec leur âge. » (18). Ainsi le rappelle le prophète : « Car les lèvres du sacrificateur doivent garder la science, Et c'est à sa bouche qu'on demande la loi, Parce qu'il est un envoyé de l'Éternel. » (Mal. II, 7)
S’il n’est pas de maîtrise de cette science ecclésiastique, pourrit s’accomplir la parole du prophète : «Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, Je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce; Puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, J'oublierai aussi tes enfants. » (Osée IV, 6).

La connaissance, la science ainsi évoquées par les prophètes, ne sont pas ici évocation  d’une connaissance secrète chère aux Gnoses au nom trompeur, mais la seule connaissance de la science dénommée ecclésiastique.

Le sacerdoce est, de par les conditions rappelées et sous réserve d’un Appel de Dieu,  une voie qui n’est pas donnée à tous de vivre, et ne saurait relever d’une quête initiatique ou s’apparenter  à des degrés maçonniques (12 & 13), ainsi  comprendrons-nous cette observation  de Thomas d’AQUIN : « Dieu n’abandonnera jamais son Eglise au point qu’on ne puisse trouver des ministres
qualifiés en nombre suffisant pour pourvoir aux nécessités des fidèles, si l’on appelle les sujets qui en sont dignes et si l’on écarte les indignes. Et dans l’hypothèse où l’on n’en pourrait trouver un nombre égal à celui de maintenant, "mieux vaudrait un petit nombre de bons ministres qu’un plus grand nombre de ministres mauvais". (19).

Il serait possible de gloser encore sur le sens exact qu’il échet de donner au terme utilisé comme prétendue caution à une ordination sacerdotale (faire ce que fait l’Eglise)  au motif que serait respecté totalement, peu ou prou, un rituel alors considéré comme un acte suffisant. La Liturgie n’est pas un acte magique dépendant dans son efficacité de la simple volonté humaine, d’une Loi humaine, nous sommes, dans le cadre du Christianisme Latin et Byzantin, sous la dépendance de l’Église universelle qui  apparaît comme un  peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint (11).
Ces nombreuses « Eglises Gnostiques » répondent-elles aux critères de l’Unité exposée et rappelée par  l’enseignement des Pères, des théologiens, des Conciles, en un mot de l’Eglise Indivise ?

Discuter sur  les thèses, le pratiques et les rites de l’essentiel de ces prétendues « Eglises Gnostiques », permettrait d’affirmer qu’elles ne répondent pas dans l’administration des sacrements  et particulièrement celui de l’Ordre, à l’intention de faire ce que fait l’Eglise ; le chercheur  pourra visiter des sites sur Internet.

IV De l’actuelle Eglise Gnostique Apostolique

Il n’échet pas à l’issue de cette analyse, de jeter l’enfant avec l’eau du bain.

Une seule filiation apostolique  est maintenue de façon certaine dans le cadre de l’Eglise Gnostique Apostolique réveillée le jour de la Pentecôte de l’an 1982 (20). Cette Eglise se trouve maintenue au sein de l’Ordre de Lyon (21)

Cette Eglise est fidèle à la Tradition de l’Eglise Indivise,  telle que rappelée, sans mélanger ou associer son action  et son clergé à un autre domaine que celui d’agir, donc de servir, au sein de l’Eglise Universelle. S’il est trois Ordres au sein de l’Ordre de lyon ils sont tous totalement indépendants les uns des autres (22)

Elle se définit ainsi : « L'Eglise Gnostique Apostolique, dépositaire de la filiation de Mgr BRICAUD, est une structure d'accueil pour la recherche spirituelle conforme aux traditions séculaires des Eglises d'Orient et d'Occident. L'E G A a pour vocation d'apporter l'aide spirituelle aux êtres de Désir qui en auraient besoin, et a pour but de restituer l'unité primitive religieuse en ce que Catholique, elle professe selon le critère de Saint Vincent de Lérins ce qui a été cru partout, toujours et par tous, mais elle affirme qu'il existe une science de Dieu et croit avec Clément d'Alexandrie à la suite de Saint Paul ( I Cor. II, 6 ss) qu'elle n'est accessible que par l'illumination intérieure opérée par l'Esprit Saint et qu'elle est supérieure à la sagesse humaine.
Par ce point, tout en administrant l'ensemble des sacrements de l'Eglise Indivise, l' E G A  reconnaît une place privilégiée à l'Eglise Intérieure, mais transmettant un message de Christianisme individuel au sens où chaque être est appelé à participer à la rédemption  de toute la création, œuvre du 8° jour, elle est en pleine communion, dans sa Foi Orthodoxe, à l'Eglise Indivise et Apostolique, corps duquel elle est issue mais elle prétend comme Saint Ambroise, Saint Cyprien, Saint Augustin, n'avoir pas à se soumettre à des injonctions étrangères dans l'examen de ses propres affaires en dehors de celles émanant directement de Jésus+Christ. Dans cette optique, l'E G A est Gallicane et s'appuie sur Saint Irénée de Lyon qui déjà au II° siècle défendait contre Victor, l'évêque de Rome, les libertés des communautés religieuses : elle croit que Notre Seigneur Jésus+Christ est l'unique chef de l'Eglise. » (21)
Alors que déjà dans les grandes Eglise Apostoliques, de fait, le prêtre se trouve seul, confronté à une sorte de « Silence de Dieu » dans l’exercice de son ministère, combien est davantage isolé et seul l’ecclésiastique  non incardiné dans un grand Patriarcat historique ou une grande Eglise, parce qu’alors  il aura répondu à cette Vocation particulière d’un ministère où c’est tout le champ de la création qui lui est dévolu, et non une paroisse ou un diocèse…

Il lui faut, plus que pour un autre bénéficiant de l’aide de ses confrères,  disposer d’une plus grande connaissance des matières ecclésiales certes, mais aussi, disposer de grandes qualités pour assumer seul une pastorale où rares seront les « supérieurs »  ou les « pères spirituels » aptes à le guider ou seulement répondre à ses interrogations…

La vraie Gnose, celle que pense exprimer l’EGA, est une voie solitaire  dans le cheminement spirituel, et non une voie de connaissances théoriques qui seraient différentes ou complémentaires aux connaissances des Eglises Apostoliques jugées par ces « mouvements gnostiques » comme « les Eglises concilaires ».

Cette « Sagesse » qu’évoque l’Apôtre en son épître aux Corinthiens, s’acquiert dans une union personnelle à Dieu qui conduira à la conscience de La Présence. Ainsi, cette marche individuelle de l’acquisition de la Gnose Chrétienne est largement traitée par les Pères avec un nom aussi évocateur que « Le Gnostique »  d’Evagre le Pontique, ou les « Chapitres théologiques, gnostiques et pratiques » de Syméon le nouveau théologien (23). C’est en fait toute la Tradition ascétique de l’Orient Chrétien, des Pères du Désert notamment, qui permet d’accéder sinon à l’Union à Dieu parfois,  du moins à cette conscience de La Présence.

La difficulté de cette voie réside dans la simplicité, qui est l’ouverture du cœur, elle n’a rien d’intellectuel, elle est purement spirituelle et personnelle, s’inscrivant dans un parcours relevant de ce monachisme né en Orient, ce qui explique la particulière incompréhension de ce que peut être la Gnose pour l’Occident Chrétien qui a voulu intellectualiser la pensée des Pères, un exemple flagrant est la lecture que fera FENELON  de Clément d’Alexandrie  (24).

Réflexion peut-être sévère de cet état présent où tant de « cherchants » (sic) , d’initiés dans des courants dits illuministes, prétendent accéder aux Ordres sacrés soit au titre d’une équivalence avec un Grade ou un Degré maçonnique ou para-maçonnique, soit au titre de ce que l’on nomme « la cordonite » : dans tous ces cas, où donc est l’Appel de Dieu, la Vocation, la formation,  mais aussi quelle conscience le prétendant a-t-il des Devoirs qui résultent ce dette charge ?

L’important est d’être fidèle à notre réelle vocation qui peut n’être pas le Sacerdoce, que l’on ne se trouve pas dans cette situation rappelée par l’Apôtre :
 « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. » (Jean  X, 1)

Jean-Pierre BONNEROT

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1       Le récit de cette  séance spirite est rappelé  par J. B RICAUD en son journal Le réveil gnostique, N° 7, page 2 à 4 (1908), une variante est offerte par DOINEL en son livre Lucifer démasqué  publié sous le pseudonyme de Jean  KOSTKA,  Delhomme et Briguet, sd, pages 18 à 20. Pour un accès notamment de ces textes : Jean-Pierre BONNEROT Déodat  ROCHE  et l’Eglise Gnostique. Cahiers d’Etudes Cathares N° spécial II° série, N° 4 et 5 (1982).

Pour un accès Internet :  Déodat Roché et l'église gnostique - Free

Parmi les membres de cette filiation spirite, Louis-Sophrone Fugairon, Lucien Chamuel, Albert Jounet,  Fabre des Essarts.
2       Lettre de Robert AMBELAIN à J-P BONNEROT en date du 26 juillet 1982.



 



3       Robert AMBELAIN joignait la  photocopie de trois actes de « consécration épiscopale » sa lettre citée en 2. (deux actes seuls concernent R. A.)
4       à

5       Lettre de René CHAMBELLANT à J-P BONNEROT en date du 17 février 1983. (Il échet de préciser que DELARUE appartenait à la filiation spirite).

6       Mgr Louis GIRAUD fut consacré par Mgr Jules HOUSSAY  le 21 juin 1911 avec le titre de Primat de l’Eglise Catholique Française,  et il devint après Mgr LAURIN de LIGNERES, Patriarche des Gallicans. C’est en cette qualité de Patriarche, qu’il donna mission successivement à Mgr BRICAUD puis Mgr CHEVILLON de constituer l’Eglise Gnostique (EGA).
Mgr GIRAUD, consacrera Le 21 juillet 1913 Mgr Jean BRICAUD comme Patriarche de l’Eglise Gnostique,  puis à la suite du décès de BRICAUD, le 4 janvier 1936, Constant CHEVILLON au titre de la même Eglise.
Mgr CHEVILLON ne consacra aucun évêque. La filiation de Mgr BRICAUD pour l’Eglise Gnostique Apostolique est la suivante : Mgr Victor BLANCHARD  consacré par BRICAUD  le 5 mai 1918, consacra  le 5 février 1945 Mgr Edouard GESTA, qui consacra le 15 février 1948 Mgr René CHAMBELLANT qui ne consacra qu’un évêque, en outre sous condition au titre de la transmission de l’héritage spirituels des Mgrs BRICAUD et CHEVILLON, puisque  ce dernier  était déjà évêque et Ordinaire pour la France d’une Eglise Ville Catholique. Cette filiation est maintenue au sein de l’ODL.
8       http://www.eglise.catholique.fr/ressources-annuaires/lexique/definition.html?lexiqueID=303  Cette définition proposée par l’Eglise Romaine est œcuménique et moderne.
9       ORIGENE : Homélies sur Matthieu XII, 10. Une édition française de cette partie des Homélies ne semble pas donnée : pour la citation et son commentaire : J. MEYENDORFF : Initiation à la théologie byzantine, Cerf Ed, 1975, page 132. Signalons que ce livre fondamental est réédité.
10  Thomas d’AQUIN : Lecture de l’Evangile de Saint Matthieu.                         Pour un accès internet : http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/ecriture/matthieu.htm#_Toc111386130

11  Vincent de Lérins : Commonitorium

Pour un accès internet :                                          http://www.patristique.org/Vincent-de-Lerins-Commonitorium  Cf.,  en particulier à partir du document PDF accessible par le lien : IV, 38 et XXVII, 21 à 23
12  Constitution dogmatique  LUMEM GEN TIUM (Sur l’Eglise)                                Pour un accès internet : http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html#_ftnref4
13  Mgr Ivan de la THIBAUDERIE : Eglises et évêques catholiques non romains. 1962, page 76, éd.  à compte d’auteur et distribuée par DERVY-LIVRES.
14  Gérard KLOPEL Memphis-Misraïm et l’Eglise Gnostique. Bulletin intérieur de  la GLFMM, N° 33, page 11.
15  Mouvements rattachés (dès lors qu’il ne s’agit pas d’Eglises Apostoliques)  au « gnosticisme » au mieux,  dès lors que l’on distingue à l’école des Pères, « Gnose » et « Gnosticisme ». Pour une exacte approche de cette différence : Gabriel BRUNGE : Paternité spirituelle - La Gnose chrétienne chez Evagre le Pontique, abbaye de Bellefontaine Ed, coll. Spiritualité orientale, N° 61, chapitre X Gnose et Gnosticisme.
16  Id. page 77.
17  Id. page 83.
18   Thomas d’AQUIN    Somme Théol. Sup. Qu. 36 : Des qualités requises chez ceux qui doivent être ordonnés. Art.1.                                                               Pour un accès internet :  
19  Concile de Trente 23° Session, Canon XI. Les conciles œcuméniques, 2**, Les Décrets, Cerf  Ed, page 1521.
20  Thomas d’AQUIN    Somme Théol. Sup. Qu. 36, op. cité, Art.4.

21  Cf. note 1, Déodat Roché et l'église gnostique - Free La filiation apostolique est celle rappelée dans la note 5.

23  Mgrs BRICAUD souhaitait qu’une sorte e passerelle soit obligatoire pour le passage d’un ordre à un autre. Au sein de l’ODL, cela est supprimé. Un être peut appartenir à un ordre sans appartenir à un autre ou aux autres.
24  Le Gnostique d’EVAGRE, est la suite du Traité pratique ou le Moine, soit un ensemble de sentences spirituelles, il en est de même pour les Chapitres de Syméon. En fait ces traités s’inscrivent dans la Tradition dite des Pères du Désert. Sur cette Tradition, outre les documents proposés par les sites Orthodoxes, les bibliothèques numérisant des livres, Google Livres, donne accès aux six tomes de La vie des Pères des déserts d’Orient d’Eugène VEUILLOT.
25  François de FENELON La tradition secrète des mystiques, Arfuyen Ed.