janvier 03, 2011

LIBERTÉ RELIGIEUSE, CHEMIN VERS LA PAIX

LIBERTÉ RELIGIEUSE, CHEMIN VERS LA PAIX


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JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX 2011 : MESSAGE DE BENOÎT XVI

Texte intégral

ROME, Jeudi 16 décembre 2010 (ZENIT.org) - « Liberté religieuse, chemin de la paix » : c'est le titre du Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la Paix 2011 qui a été présenté ce matin à la presse au Vatican.

LIBERTÉ RELIGIEUSE, CHEMIN VERS LA PAIX

1. AU DÉBUT D'UNE ANNÉE NOUVELLE, mes vœux voudraient rejoindre tous et chacun ; vœux de sérénité et de prospérité, mais surtout vœux de paix. L'année qui vient de se clôturer a été marquée, elle aussi, malheureusement par la persécution, la discrimination, par de terribles actes de violence et d'intolérance religieuse.

Je pense en particulier à la chère terre d'Irak qui, dans sa marche vers une stabilité et une réconciliation tant souhaitées, continue à être une scène de violences et d'attentats. Viennent à la mémoire les récentes souffrances de la communauté chrétienne, et tout particulièrement le lâche attentat contre la cathédrale siro-catholique Notre-Dame du Perpétuel Secours, à Bagdad, où, le 31 octobre dernier, deux prêtres et plus de cinquante fidèles ont été tués, alors qu'ils étaient réunis pour la célébration de la sainte Messe. Et il y eut d'autres attaques les jours suivants, aussi contre des habitations privées, suscitant la peur au sein de la communauté chrétienne et le désir, chez beaucoup de ses membres, d'émigrer pour aller chercher de meilleures conditions de vie. Je les assure de ma proximité et de celle de toute l'Église. Ce sentiment a été concrètement exprimé lors de la récente Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Évêques. Cette Assemblée a adressé un encouragement aux communautés catholiques en Irak et dans tout le Moyen-Orient à vivre la communion et à continuer à offrir un témoignage courageux de foi en ces régions.

Je remercie vivement les Gouvernements qui s'efforcent de soulager les souffrances de ces frères en humanité et j'invite les catholiques à prier pour leurs frères dans la foi qui souffrent violences et intolérances, et à leur manifester leur solidarité. Dans ce contexte, j'ai ressenti de manière particulièrement vive l'opportunité de partager avec vous tous quelques réflexions sur la liberté religieuse, chemin vers la paix. Il est douloureux en effet de constater que, dans certaines régions du monde, il n'est pas possible de professer et de manifester librement sa religion, sans mettre en danger sa vie et sa liberté personnelle. En d'autres points du monde, il existe des formes plus silencieuses et plus sophistiquées de préjugés et d'opposition à l'encontre des croyants et des symboles religieux. Les chrétiens sont à l'heure actuelle le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi. Beaucoup subissent des offenses quotidiennes et vivent souvent dans la peur à cause de leur recherche de la vérité, de leur foi en Jésus Christ et de leur appel sincère afin que soit reconnue la liberté religieuse. Tout cela ne peut être accepté, parce que cela constitue une offense à Dieu et à la dignité humaine ; de plus, c'est une menace à la sécurité et à la paix, et cela empêche la réalisation d'un réel développement humain intégral.

C'est en effet dans la liberté religieuse que se trouve l'expression de la spécificité de la personne humaine, qui peut ainsi ordonner sa vie personnelle et sociale selon Dieu : à Sa lumière se comprennent pleinement l'identité, le sens et le but de la personne. Nier ou limiter de manière arbitraire cette liberté signifie cultiver une vision réductrice de la personne humaine ; mettre dans l'ombre le rôle public de la religion signifie engendrer une société injuste, puisque celle-ci n'est pas en harmonie avec la vraie nature de la personne humaine ; cela signifie rendre impossible l'affirmation d'une paix authentique et durable de toute la famille humaine.

J'exhorte donc les hommes et les femmes de bonne volonté à renouveler leur engagement pour la construction d'un monde où tous soient libres de professer leur religion ou leur foi, et de vivre leur amour pour Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme et de tout leur esprit (cf. Mt 22,37). Voilà le sentiment qui inspire et guide le Message pour la XLIVème Journée Mondiale de la Paix, consacré au thème : Liberté religieuse, chemin vers la paix.

Le droit sacré à la vie et à une vie spirituelle

2. Le droit à la liberté religieuse s'enracine dans la dignité même de la personne humaine, dont la nature transcendante ne doit être ni ignorée ni négligée. Dieu a créé l'homme et la femme à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1,27). C'est pour cela que chaque personne a le droit sacré à une vie intègre aussi du point de vue spirituel. Sans la reconnaissance de son être spirituel, sans l'ouverture au transcendant, la personne humaine se replie sur elle-même, et elle n'arrive pas à trouver des réponses aux interrogations de son cœur sur le sens de la vie et à conquérir des valeurs et des principes éthiques durables. Elle ne peut donc même pas réussir à expérimenter une authentique liberté et à développer une société juste.

La Sainte Écriture, en harmonie avec notre propre expérience, révèle la valeur profonde de la dignité humaine : « A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est donc le mortel, que tu t'en souviennes, le fils d'Adam, que tu le veuilles visiter ? A peine le fis-tu moindre qu'un dieu ; tu le couronnes de gloire et de beauté, pour qu'il domine sur l'œuvre de tes mains ; tout fut mis par toi sous ses pieds » (Ps 8, 4-7).

Devant la sublime réalité de la nature humaine, nous pouvons faire l'expérience du même émerveillement que le psalmiste. Elle se manifeste comme ouverture au Mystère, comme capacité de s'interroger en profondeur sur soi-même et sur l'origine de l'univers, comme intime résonnance à l'Amour suprême de Dieu, principe et fin de toutes choses, de toute personne et de tous les peuples. La dignité transcendante de la personne est une valeur essentielle de la sagesse judéo-chrétienne, mais grâce à la raison, elle peut être reconnue par tous. Cette dignité, comprise comme une capacité de transcender sa propre matérialité et de rechercher la vérité, doit être reconnue comme un bien universel, indispensable pour la construction d'une société orientée vers la réalisation et la plénitude de l'homme. Le respect des éléments essentiels de la dignité de l'homme, tels que le droit à la vie et le droit à la liberté religieuse, est une condition de la légitimité morale de toute norme sociale et juridique.

Liberté religieuse et respect mutuel

3. La liberté religieuse est à l'origine de la liberté morale. En effet, l'ouverture à la vérité et au bien, l'ouverture à Dieu, qui est enracinée dans la nature humaine, confère une pleine dignité à chaque personne et elle est garante d'un respect mutuel et plénier entre les personnes. C'est pourquoi la liberté religieuse doit être comprise non seulement comme une absence de la coercition, mais d'abord comme une capacité d'ordonner ses choix selon la vérité.

Il existe un lien infrangible entre liberté et respect ; car, « la loi morale oblige tout homme et tout groupe social à tenir compte, dans l'exercice de leurs droits, des droits d'autrui, de leurs devoirs envers les autres et du bien commun de tous ».

Une liberté ennemie ou indifférente à l'égard de Dieu finit par se nier elle-même et ne garantit pas le plein respect de l'autre. Une volonté qui se croit radicalement incapable de rechercher la vérité et le bien n'a plus de raisons objectives ni de motifs pour agir, sinon ceux que lui imposent ses intérêts momentanés et contingents, elle n'a pas « une identité » à conserver et à construire en opérant des choix vraiment libres et conscients. Elle ne peut donc revendiquer le respect de la part d'autres « volontés », elles aussi détachées de leur être plus profond et qui, de ce fait, peuvent faire valoir d'autres « raisons » ou même aucune « raison ». L'illusion que l'on puisse trouver dans le relativisme moral la clé d'une coexistence pacifique, est en réalité l'origine des divisions et de la négation de la dignité des êtres humains. On comprend alors qu'il soit nécessaire de reconnaître une double dimension dans l'unité de la personne humaine : la dimension religieuse et la dimension sociale. A cet égard, il est inconcevable que des croyants « doivent se priver d'une partie d'eux-mêmes - de leur foi - afin d'être des citoyens actifs ; il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits ».

La famille, école de liberté et de paix

4. Si la liberté religieuse est chemin vers la paix, l'éducation religieuse est une route privilégiée pour donner aux nouvelles générations la possibilité de reconnaître en l'autre un frère et une sœur, avec qui marcher ensemble et collaborer pour que tous se sentent comme les membres vivants d'une même famille humaine, au sein de laquelle personne ne doit être exclu.

La famille fondée sur le mariage, expression d'une union intime et d'une complémentarité entre un homme et une femme, s'insère dans ce contexte comme première école de formation et de croissance sociale, culturelle, morale et spirituelle des enfants, qui devraient toujours trouver dans leur père et leur mère les premiers témoins d'une vie orientée vers la recherche de la vérité et de l'amour de Dieu. Les parents eux-mêmes devraient être toujours libres de transmettre, sans entraves et de manière responsable, leur patrimoine de foi, de valeurs et de culture à leurs enfants. La famille, première cellule de la société humaine, reste le milieu primordial de formation pour des relations harmonieuses à tous les niveaux de la convivialité humaine, nationale et internationale. Nous trouvons ici la route à suivre avec sagesse pour construire un tissu social solide et solidaire, pour préparer les jeunes à prendre leurs propres responsabilités dans la vie, au sein d'une société libre, dans un esprit de compréhension et de paix.

Un patrimoine commun

On pourrait dire que, parmi les droits et les libertés fondamentaux enracinés dans la dignité humaine, la liberté religieuse jouit d'un statut spécial. Quand la liberté religieuse est reconnue, la dignité de la personne humaine est respectée à sa racine même, et l'ethos et les institutions des peuples se consolident. A l'inverse, quand la liberté religieuse est niée, quand on essaie d'empêcher de professer sa religion ou sa foi et de vivre en conformité avec elles, la dignité humaine est lésée, et de cette manière se trouvent menacées la justice et la paix, lesquelles se fondent sur l'ordre social juste qui s'édifie à la lumière de la Vérité Suprême et du Souverain Bien.

En ce sens, la liberté religieuse est aussi un acquis de civilisation politique et juridique. C'est un bien essentiel : toute personne doit pouvoir exercer librement le droit de professer et de manifester individuellement ou de manière communautaire, sa religion ou sa foi, aussi bien en public qu'en privé, dans l'enseignement et dans la pratique, dans les publications, dans le culte et dans l'observance des rites. Elle ne devrait pas rencontrer d'obstacles si elle désire, éventuellement, adhérer à une autre religion ou n'en professer aucune. En ce domaine, la règlementation internationale se révèle emblématique et est un exemple essentiel pour les États, en ce qu'elle ne permet aucune dérogation à la liberté religieuse, sauf l'exigence légitime de l'ordre public pénétré par la justice. La règlementation internationale reconnaît ainsi aux droits de nature religieuse le même status que le droit à la vie et à la liberté personnelle, car ils appartiennent au noyau essentiel des droits de l'homme, à ces droits universels et naturels que la loi humaine ne peut jamais nier.

La liberté religieuse n'est pas le patrimoine exclusif des croyants, mais de la famille tout entière des peuples de la terre. C'est l'élément incontournable d'un État de droit ; on ne peut pas la nier sans porter atteinte en même temps à tous les droits et aux libertés fondamentales, puisqu'elle en est la synthèse et le sommet. Elle est « le ‘papier tournesol' qui permet de vérifier le respect de tous les autres droits humains ». Celle-ci favorise l'exercice des facultés plus spécifiquement humaines tout en créant les prémisses nécessaires pour la réalisation d'un développement intégral, lequel concerne de manière unitaire la totalité de la personne en chacune de ses dimensions.

La dimension publique de la religion

La liberté religieuse, comme toute liberté, tout en provenant de la sphère personnelle, se réalise dans la relation avec les autres. Une liberté sans relations n'est pas une liberté achevée. La liberté religieuse ne s'épuise pas non plus dans la seule dimension individuelle, mais elle se met en œuvre dans la communauté dont elle fait partie et dans la société, ceci en cohérence avec l'être relationnel de la personne et avec la nature publique de la religion.

La mise en relation est une composante décisive de la liberté religieuse qui pousse les communautés des croyants à pratiquer la solidarité en vue du bien commun. Dans cette dimension communautaire, chaque personne reste unique et absolument originale, tout en se complétant et en se réalisant pleinement.

On ne peut pas nier la contribution que les communautés religieuses apportent à la société. Nombreuses sont les institutions caritatives et culturelles qui attestent le rôle constructif des croyants pour la vie sociale. D'une importance plus grande encore est la contribution éthique de la religion dans le domaine politique. Elle ne devrait pas être marginalisée ou interdite, mais comprise comme un apport valable à la promotion du bien commun. Dans cette perspective il convient de mentionner la dimension religieuse de la culture, tissée au long des siècles grâce aux contributions sociales et surtout éthiques de la religion. Une telle dimension ne constitue en aucune manière une discrimination vis-à-vis de ceux qui n'en partagent pas la croyance, mais elle renforce plutôt la cohésion sociale, l'intégration et la solidarité.

Liberté religieuse, force de liberté et de civilisation : les dangers de son instrumentalisation

L'instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes, comme par exemple la subversion de l'ordre établi, l'accaparement de ressources ou le maintien du pouvoir de la part d'un groupe, peut provoquer des dommages énormes aux sociétés. Le fanatisme, le fondamentalisme, les pratiques contraires à la dignité humaine, ne peuvent jamais trouver une justification, encore moins si cela est accompli au nom de la religion. La profession d'une religion ne peut pas être instrumentalisée, ni imposée par la force. Il faut donc que les États et les diverses communautés humaines n'oublient jamais que la liberté religieuse est une condition de la recherche de la vérité et que la vérité ne s'impose pas par la violence mais par « la force de la vérité elle-même ». En ce sens, la religion est une force positive et propulsive pour la construction de la société civile et politique.

Comment nier la contribution des grandes religions du monde au développement de la civilisation ? La recherche sincère de Dieu a conduit à un plus grand respect de la dignité de l'homme. Les communautés chrétiennes, avec leur patrimoine de valeurs et de principes, ont fortement contribué à la prise de conscience de la part des personnes et des peuples, de leur identité et de leur dignité, de même qu'à la conquête d'institutions démocratiques et à l'affirmation des droits de l'homme ainsi que des devoirs correspondants.

Aujourd'hui encore, dans une société toujours plus mondialisée, les chrétiens sont appelés, non seulement à un engagement civil, économique et politique responsable, mais aussi au témoignage de leur charité et de leur foi, à offrir une contribution précieuse à l'engagement rude et exaltant pour la justice, le développement humain intégral et le juste ordonnancement des réalités humaines. Exclure la religion de la vie publique, c'est enlever à cette dernière un espace vital qui ouvre à la transcendance. Sans cette expérience originelle, orienter les sociétés vers des principes éthiques universels s'avère pénible et il devient difficile de mettre en place des règlements nationaux et internationaux où les droits et les libertés fondamentaux peuvent être pleinement reconnus et mis en œuvre comme se le proposent les objectifs - malheureusement encore négligés ou contredits - de la Déclaration universelle des Droits de l'homme de 1948.

Un problème de justice et de civilisation : le fondamentalisme et l'hostilité à l'égard des croyants nuisent à la laïcité positive des États

8. La même détermination avec laquelle sont condamnées toutes les formes de fanatisme et de fondamentalisme religieux, doit animer aussi l'opposition à toutes les formes d'hostilité à l'égard de la religion, qui limitent le rôle public des croyants dans la vie civile et politique.

On ne peut oublier que le fondamentalisme religieux et le laïcisme sont des formes spéculaires et extrêmes du refus du légitime pluralisme et du principe de laïcité. Tous deux, en effet, absolutisent une vision réductrice et partiale de la personne humaine, favorisant dans le premier cas, des formes d'intégralisme religieux, et dans le second, de rationalisme. La société qui veut imposer, ou qui, au contraire, nie la religion par la violence, est injuste à l'égard de la personne et de Dieu, mais aussi envers elle-même. Dieu appelle à lui l'humanité dans un dessein d'amour qui, alors qu'il concerne la personne tout entière dans sa dimension naturelle et spirituelle, exige d'y répondre en termes de liberté et de responsabilité, de tout son cœur et de tout son être, individuel et communautaire. La société elle-même, en tant qu'expression de la personne et de l'ensemble de ses dimensions constitutives, doit donc vivre et s'organiser en sorte de favoriser l'ouverture à la transcendance. C'est précisément pour cela que les lois et les institutions d'une société ne peuvent pas être configurées en ignorant la dimension religieuse des citoyens ou au point d'en faire totalement abstraction. Elles doivent se mesurer - grâce à la participation démocratique de citoyens conscients de leur haute vocation - à l'être de la personne afin de pouvoir la seconder dans sa dimension religieuse. N'étant pas une création de l'État, elle ne peut être manipulée par lui ; elle devrait plutôt en recevoir reconnaissance et respect.

Lorsque l'ordonnancement juridique, à tous les niveaux, national et international, permet ou tolère le fanatisme religieux ou antireligieux, il manque à sa mission même qui est de protéger et de promouvoir la justice et le droit de chacun. Ces réalités ne peuvent être abandonnées à l'arbitraire du législateur ou de la majorité, car, comme l'enseignait déjà Cicéron, la justice consiste en quelque chose de plus qu'un simple acte productif de la loi et de son application. Elle implique de reconnaître à chacun sa dignité, laquelle, sans liberté religieuse, garantie et vécue dans son essence, résulte mutilée et lésée, exposée au risque de tomber sous la coupe des idoles, des biens contingents transformés en absolus. Tout cela risque de mener la société à des totalitarismes politiques et idéologiques qui donnent une place exagérée au pouvoir public, tandis que les libertés de conscience, de pensée et de religion sont humiliées ou jugulées, comme si elles pouvaient lui faire concurrence.

Dialogue entre institutions civiles et religieuses

9. Le patrimoine de principes et de valeurs exprimés par une religiosité authentique est une richesse pour les peuples et pour leur ethos. Ce patrimoine parle directement à la conscience et à la raison des hommes et des femmes, il leur rappelle l'impératif de la conversion morale, les incite à cultiver la pratique des vertus et à se rapprocher les uns des autres avec amour, sous le signe de la fraternité, en tant que membres de la grande famille humaine.

Dans le respect de la laïcité positive des institutions étatiques, la dimension publique de la religion doit toujours être reconnue. Dans ce but, il est fondamental que s'instaure un dialogue sincère entre les institutions civiles et religieuses pour le développement intégral de la personne humaine et l'harmonie de la société.

Vivre dans l'amour et dans la vérité

Dans l'univers mondialisé caractérisé par des sociétés toujours plus multi-ethniques et multi-confessionnelles, les grandes religions peuvent représenter un important facteur d'unité et de paix pour la famille humaine. A partir de leurs propres convictions religieuses et de la recherche rationnelle du bien commun, leurs fidèles sont appelés à vivre de manière responsable leur propre engagement dans un contexte de liberté religieuse. Au sein des cultures religieuses variées, s'il faut rejeter tout ce qui est contraire à la dignité de l'homme et de la femme, il est nécessaire, à l'inverse, d'accueillir comme un trésor tout ce qui s'avère positif pour la convivialité civile. L'espace public que la communauté internationale rend disponible pour les religions et pour leur proposition d'une « vie bonne », favorise l'émergence d'une mesure commune de vérité et de bien, ainsi qu'un consensus moral, qui sont essentiels pour une coexistence juste et pacifique. Les leaders des grandes religions, en vertu de leur rôle, de leur influence et de leur autorité dans leurs propres communautés, sont appelés les tout premiers au respect mutuel et au dialogue.

Les chrétiens, pour leur part, sont invités, par la foi même en Dieu, Père du Seigneur Jésus-Christ, à vivre en frères, qui se rencontrent dans l'Eglise et qui collaborent à l'édification d'un monde où les personnes et les peuples ne feront « plus de mal ni de violence [...] car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme les eaux couvrent le fond de la mer » (Is 11,9).

Le dialogue comme recherche en commun

Pour l'Église, le dialogue entre les fidèles des diverses religions représente un instrument important pour collaborer au bien commun avec toutes les communautés religieuses. L'Église elle-même ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les diverses religions. « Elle considère avec un respect sincère ces manières d'agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu'elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu'elle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes ».

Le chemin ainsi indiqué n'est pas celui du relativisme ou du syncrétisme religieux. L'Église en effet « annonce, et elle est tenue d'annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14,6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s'est réconcilié toutes choses ». Cela n'exclut pas cependant le dialogue et la recherche commune de la vérité dans divers milieux vitaux, car, selon une expression souvent utilisée par saint Thomas d'Aquin, « toute vérité, qui que ce soit qui la dise, vient de l'Esprit Saint ».

En 2011 sera fêté le 25e anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix, convoquée en 1986 à Assise par le vénérable Jean-Paul II. A cette occasion, les responsables des grandes religions du monde ont manifesté combien la religion est un facteur d'union et de paix et non de division et de conflits. Le souvenir de cette expérience est un motif d'espérance en un avenir où tous les croyants se sentent et deviennent effectivement artisans de justice et de paix.

Vérité morale dans la politique et dans la diplomatie

La politique et la diplomatie devraient prendre en considération le patrimoine moral et spirituel offert par les grandes religions du monde pour reconnaître et affirmer des vérités, des principes et des valeurs universelles qui ne peuvent être niés sans nier en même temps la dignité de la personne humaine. Mais, dans la pratique, qu'est-ce que cela veut dire promouvoir la vérité morale dans le monde de la politique et de la diplomatie ? Cela signifie agir de manière responsable à partir de la connaissance objective et complète des faits ; cela veut dire déstructurer des idéologies politiques qui finissent par supplanter la vérité et la dignité humaine et veulent promouvoir des pseudo valeurs sous le couvert de la paix, du développement et des droits humains ; cela veut dire favoriser un engagement constant pour fonder la loi positive sur les principes de la loi naturelle. Tout cela est nécessaire et est cohérent avec le respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine, respect garanti par les Peuples de la terre dans la Charte de l'Organisation des Nations Unies de 1945, qui présente des valeurs et des principes moraux universels de référence pour les normes, les institutions, les systèmes de coexistence au niveau national et international.

Au-delà de la haine et des préjugés

13. En dépit des enseignements de l'histoire et de l'engagement des États, des Organisations internationales au niveau mondial et local, en dépit des efforts des Organisations non gouvernementales et de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui, chaque jour, se dépensent pour la sauvegarde des droits et des libertés fondamentaux, on constate aujourd'hui encore, dans le monde des persécutions, des discriminations, des actes de violence et d'intolérance liés à la religion. En Asie et en Afrique en particulier, les principales victimes sont les membres des minorités religieuses, auxquels il est interdit de professer librement leur religion ou d'en changer, par des intimidations, par la violation des droits et des libertés fondamentaux et des biens essentiels, allant jusqu'à la privation de la liberté personnelle ou même de la vie.

Il existe en outre - comme je l'ai déjà dit - des formes plus élaborées d'hostilité envers la religion, qui, dans les pays occidentaux, se manifestent parfois par le reniement de l'histoire et des symboles religieux dans lesquels se reflètent l'identité et la culture de la majorité des citoyens. Ces attitudes alimentent souvent haine et préjugés et ne sont pas cohérentes avec une vision sereine et équilibrée du pluralisme et de la laïcité des institutions, sans compter qu'elles peuvent empêcher les jeunes générations d'entrer en contact avec le précieux héritage spirituel de leurs pays.

La défense de la religion passe par la défense des droits et des libertés des communautés religieuses. Que les leaders des grandes religions du monde et les responsables des Nations renouvellent donc leur engagement pour la promotion et la sauvegarde de la liberté religieuse, en particulier pour la défense des minorités religieuses, qui ne représentent pas une menace pour l'identité de la majorité, mais représentent au contraire une opportunité de dialogue et d'enrichissement culturel réciproque ! Leur défense est la meilleure manière de renforcer l'esprit de bienveillance, d'ouverture et de réciprocité avec lequel protéger les droits et les libertés fondamentaux dans tous les domaines et toutes les régions du monde.

La liberté religieuse dans le monde

14. Je m'adresse maintenant aux communautés chrétiennes qui souffrent de persécutions, de discriminations, de violences et d'intolérance, particulièrement en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et spécialement en Terre Sainte, lieu choisi et béni par Dieu. Tout en leur renouvelant l'assurance de mon affection paternelle et de ma prière, je demande à tous les responsables d'agir avec promptitude pour mettre fin à toute brimade contre les chrétiens qui habitent dans ces régions. Puissent les disciples du Christ, confrontés aux adversités du moment, ne pas perdre courage, car le témoignage rendu à l'Évangile est et sera toujours signe de contradiction !

Méditons en notre cœur les paroles du Seigneur Jésus : « Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. [...] Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5, 5-12). Renouvelons donc « l'engagement pris par nous à l'indulgence et au pardon, que nous demandons à Dieu dans le Notre Père, en posant nous-mêmes la condition et la mesure de la miséricorde désirée. En effet, nous prions ainsi : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6, 12) ». La violence ne se vainc pas par la violence. Que notre cri de douleur soit toujours accompagné par la foi, par l'espérance et le témoignage de l'amour de Dieu ! J'exprime aussi le souhait qu'en Occident, spécialement en Europe, cessent l'hostilité et les préjugés à l'encontre des chrétiens qui veulent donner à leur vie une orientation cohérente avec les valeurs et les principes exprimés dans l'Évangile. Que l'Europe apprenne plutôt à se réconcilier avec ses propres racines chrétiennes : elles sont essentielles pour comprendre le rôle qu'elle a eu, qu'elle a et veut avoir dans l'histoire ; elle saura ainsi faire l'expérience de la justice, de la concorde et de la paix, en cultivant un dialogue sincère avec tous les peuples.

La liberté religieuse, chemin vers la paix

15. Le monde a besoin de Dieu. Il a besoin de valeurs éthiques et spirituelles, universelles et partagées, et la religion peut offrir une contribution précieuse dans leur recherche, pour la construction d'un ordre social juste et pacifique au niveau national et international.

La paix est un don de Dieu et en même temps un projet à mettre en œuvre, jamais complètement achevé. Une société réconciliée avec Dieu est plus proche de la paix, qui n'est pas simplement l'absence de guerre, qui n'est pas le simple fruit d'une prédominance militaire ou économique, ni encore moins de ruses mensongères ou d'habiles manipulations. La paix, en fait, est le résultat d'un processus de purification et d'élévation culturelle, morale et spirituelle de chaque personne et chaque peuple, processus dans lequel la dignité humaine est pleinement respectée. J'invite tous ceux qui désirent devenir artisans de paix, et spécialement les jeunes, à se mettre à l'écoute de la voix intérieure qui est en eux, pour trouver en Dieu, le point de référence stable pour la conquête d'une liberté authentique, la force inépuisable pour orienter le monde avec un esprit nouveau, capable de ne pas répéter les erreurs du passé. Comme l'enseigne le Serviteur de Dieu Paul VI, dont la sagesse et la clairvoyance nous ont valu l'institution de la Journée Mondiale de la Paix : « Il faut avant tout donner à la Paix d'autres armes que celles destinées à tuer et à exterminer l'humanité. Il faut surtout les armes morales, qui donnent force et prestige au droit international, à commencer par l'observation des pactes ». La liberté religieuse est une arme authentique de la paix, et elle a une mission historique et prophétique. En effet, elle valorise et fait fructifier les qualités les plus intimes et les potentialités de la personne humaine capables de changer et rendre meilleur le monde. Elle permet de nourrir l'espérance en un avenir de justice et de paix, même devant les graves injustices et les misères matérielles et morales. Puissent tous les hommes et toutes les sociétés, à tout niveau et en tout point de la terre, faire sans tarder l'expérience de la liberté religieuse, chemin vers la paix !

Au Vatican, le 8 décembre 2010.

BENEDICTUS PP XVI



Afin que nul n’ignore


Afin que nul n’ignore


http://www.dailymotion.com/video/xbq191_chretiens-persecutes-persecution-tr_news#from=embed


janvier 02, 2011

Que personne ne soit trompé par le sens du message du Président Iranien aux Chrétiens


Que personne ne soit trompé par le sens du message du Président Iranien aux Chrétiens

Ainsi que l’on peut l’apprendre,

« Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a adressé ses vœux aux chrétiens pour la nouvelle année, indique samedi l'agence de presse officielle Irna. Le controversé leader iranien a appelé à plus de justice, de fraternité, de sécurité et de paix sur toute la planète, selon l'agence. Il a également adressé un message au pape Benoît XVI, appelant au "succès de tous les vrais disciples de Jésus Christ" à la "prospérité de la religion divine dans le monde pour la nouvelle année chrétienne". »

Les termes choisis ont un sens : « les vrais disciples de Jésus Christ ».

Une lecture hâtive et ne prêtant pas de surcroît attention à ce qui peut être écrit dans le coran, pourrait laisser croire que le Président de l’Iran adresse un message de paix en faveur des Chrétiens, il se garde d’employer ce terme, lui préférant les mots « vrais disciples de Jésus Christ. »

Par ailleurs, au Pape de Rome, il souhaite la « prospérité de la religion divine »

Il convient d’analyser au regard du coran, de la pensée des disciples de Mahomet, le sens exact de ces termes.

La sourate IX, 31 expose, à l’égard des Chrétiens : « Ils ont élevé au rang de divinités en dehors de Dieu leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Messie, fils de Marie, alors qu’ils avaient reçu ordre de n’adorer que Dieu l’Unique, en dehors duquel il n’y a point de divinité. Gloire à Lui ! Il est infiniment au-dessus de ce qu’ils prétendent Lui associer. »

Pour un musulman, être disciple de Jésus+Christ, ce n’est pas Le reconnaître comme étant Dieu, mais comme un prophète : « vrais disciples » constitue une nuance entre ceux qui le seraient réellement au regard de l’Islam, et ceux qui déclarant l’être par leur Foi, ne sont pas justifiés par l’Islam dans cette qualification !

« Il est inconcevable que Dieu Se donne un fils. Sa gloire ne saurait y consentir ! » énonce le même livre en la sourate XIX, 35, et encore : « Ô gens des Écritures ! Ne soyez pas excessifs dans votre religion ! Dites uniquement la vérité sur Dieu ! Le Messie Jésus, fils de Marie, est seulement l’envoyé de Dieu, Son Verbe déposé dans le sein de Marie, un Esprit émanant du Seigneur ! Croyez en Dieu et en Ses prophètes, mais ne parlez pas de Trinité ! Cessez d’en parler dans votre propre intérêt ! Il n’y a qu’un seul Dieu ! Et Il est trop Glorieux pour avoir un fils ! », selon la sourate IV, 171.

Etre disciple de Jésus+Christ, pour un musulman, pour l’islam, oblige « le croyant » à considérer Jésus comme un homme envoyé de Dieu certes (Mahomet pouvait-il faire moins ?), mais seulement un homme !

Mais peut-on être disciple d’un homme en matière de Révélation ?

Quel sens dès lors donner aux mots ainsi choisis ?

Selon l’Islam où est « la Révélation » ? Elle serait dans le coran : « ceux à qui Nous avons donné l’Écriture connaissent le Prophète comme ils connaissent leurs propres enfants ; mais ceux qui œuvrent à leur propre perte sont ceux qui ne croient pas. » Sourate VI, 20, et encore en la sourate II, 146, 247 « Ceux à qui Nous avons donné l’Écriture connaissent bien le Prophète, comme ils connaissent leurs propres enfants. Mais certains d’entre eux cachent sciemment la vérité. Or, la vérité vient de ton Seigneur. Ne te laisse donc pas gagner par le doute ! »

Sont disciples ceux qui reconnaissent l’Ecriture, en l’occurrence ce qu’énonce le coran, expression de la vraie religion, ainsi que l’énonce le coran : «Quiconque recherche en dehors de l’islam une autre religion, celle-ci ne sera point acceptée de Lui ; et dans l’autre monde, il sera du nombre des réprouvés. » en la sourate III, 85.

En conclusion, Que nul ne soit trompé, ne s’agit-il pas notamment d’un appel des Chrétiens à quitter leur religion, abdiquer leur Foi, au profit de ce qui est alors considéré par les musulmans comme la seule religion venant de Dieu, l’Islam ?

Si ce souhait est exaucé, alors se comprend de même la place du mot « prospérité » devant ces autres : « religion divine »




janvier 01, 2011

« Nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête”

« Nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête”


Quand donc les massacres contre les Chrétiens s’arrêteront-ils ? Il n’est de jour sans que de nouvelles tueries au nom de ce qui ne peut être qu’ « un faux dieu », puisque Dieu est Amour et n’a pas créé la mort : « Car Dieu n'a pas fait la mort, il ne prend pas plaisir à la perte des vivants.” (Sag. I, 13)

Une “pensée”, plus exactement un système qui prône la mort s’oppose à l’Amour de Dieu et ne vient pas de Dieu !

Il serait temps que chacun prenne ses responsabilités, que les Etats qui prétendent défendre la Liberté de conscience et qui entretiennent des relations diplomatiques avec tous ces pays complices de ces tueries, prennent une position forte en condamnant officiellement ces actions et utilisent les mesures qui s’imposent dans le cadre de leur relation avec ces lieux où l’homme est ravalé à un niveau plus bas que la bête, dès lors qu’il ne se laisse pas marquer du signe de la Bête.

Il est vrai que certains composeront puisque “nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom. C'est ici qu'il faut de la finesse ! Que l'homme doué d'esprit calcule le chiffre de la Bête, c'est un chiffre d'homme : son chiffre, c'est 666.” (Apoc XIII, 17), d’autant que “ Ils sont tous d'accord pour remettre à la Bête leur puissance et leur pouvoir.” ‘(Apoc. XVII, 13)





Vingt-trois missionnaires chrétiens tués dans le monde en 2010

Vendredi 31 décembre 2010


Vingt-trois missionnaires chrétiens tués dans le monde en 2010

CITE DU VATICAN, 31 déc 2010 (AFP) -

Vingt-trois missionnaires chrétiens ont été tués en 2010, dont quinze en Amérique Latine, selon l'agence d'information vaticane Fides, qui a fait son propre décompte à partir de données recueillies dans différentes missions à travers le monde.

Parmi les 23 morts figurent un évêque, 15 prêtres, un religieux, une religieuse, deux séminaristes et trois laïcs. Hormis l'Amérique latine, on compte six morts en Asie et deux en Afrique.

Selon le journal de la conférence des évêques Avvenire, qui reprend ces chiffres, ces personnes ont été victimes de vols, de rapts, mais leurs histoires "ont été quasiment totalement ignorées des médias".

Le directeur par intérim de Fides, le père Vito Del Prete, a expliqué au micro de Radio Vatican qu'il suivait "particulièrement l'Asie, notamment le Pakistan et l'Inde".

"Le problème ne concerne pas seulement les chrétiens assassinés, mais aussi les églises brûlées, les chrétiens contraints de fuir", a-t-il ajouté, citant le Pakistan, la Birmanie, où "les chrétiens sont l'objet de discriminations, tués sans que personne ne l'apprenne ou exilés à l'intérieur de leur propre pays".

Pour le père Vito Del Prete, qui cite également le Moyen-Orient, "tout ceci montre que le Christ est encore une contre-culture, une culture humaine qui s'oppose à tous les régimes et toutes les oppressions et esclavage que l'homme subit où qu'il se trouve".

Le pape Benoît XVI a appelé à plusieurs reprises ces derniers mois à cesser les "brimades" contre les chrétiens, qui sont, selon lui, "à l'heure actuelle le groupe religieux en butte au plus grand nombre de persécutions à cause de leur foi"



décembre 31, 2010

Sauvons les chrétiens d’Orient


Associations, intellectuels et politiques dénoncent dans “Valeurs actuelles” la répression dont sont victimes leschrétiens d’Orient. Lisez ci-dessous les appels exclusifs de Max Gallo, Jean Raspail, Jean-Claude Guillebaud, Bernard-Henri Lévy, du père Pascal Gollnisch, de Mgr Louis Sako, Jean de France, Jacques Julliard, Marc Fromager et Frigide Barjot.

Aucune religion, aucune communauté n’est aujourd’hui plus persécutée que celle des chrétiens. Pourquoi alors ce silence en Occident ? Sommes-nous devenus si étrangers à nous-mêmes que nous puissions contempler sans broncher ce déchaînement de violence ? ou si aveugles que nous espérions acheter la paix avec le monde musulman au prix du sacrifice de la liberté religieuse ? Comme si on pouvait construire nulle part la paix sur les décombres de la liberté…

Nous sommes heureux d’avoir pu réunir dans Valeurs actuelles des voix si différentes pour pousser un même cri : “Il faut sauver les chrétiens d’Orient.” Et d’avoir ouvert nos pages à deux associations exemplaires, Aide à l’Église en détresse et L’Œuvre d’Orient, pour que vous puissiez par vos dons agir à votre tour. En cette semaine où l’on célèbre l’Enfant de Bethléem, c’était le moins que nous puissions faire. Guillaume Roquette

Max Gallo
Écrivain

“Notre étonnante discrétion”

Il est fréquent qu’on s’émeuve – avec raison – des vexations, voire des persécutions, endurées par telle ou telle minorité dans tel ou tel pays. Dans ces occasions, nous cédons parfois à l’hyperbole. S’agissant des chrétiens d’Orient, je trouve au contraire que nous avons été d’une étonnante discrétion. Notre bonne conscience, si prompte à s’enflammer, me paraît vraiment timide sur ce drame, qui est pourtant riche de leçons. Chacun, en Occident, peut pratiquer librement son culte. Nos gouvernements s’y emploient. Je regrette que cette liberté ne soit pas reconnue aux chrétiens dans plusieurs pays d’Orient. Il y a un déséquilibre flagrant entre ce que l’on attend de l’Occident démocratique et ce que l’on tolère de régimes orientaux qui ne le sont pas…

Faut-il voir dans cette prudence, voire dans cette indifférence, l’oubli des racines chrétiennes de l’Europe, au moment où nous nous apprêtons pourtant à fêter Noël ? La question a resurgi lors du débat sur la Constitution de l’Europe, en 2005. Dès lors qu’elle était posée, il fallait choisir la vérité historique et souligner le rôle majeur du christianisme dans l’édification de la civilisation européenne, mais le gouvernement français de l’époque ne l’a pas voulu. Quoi qu’il en soit, je suis heureux que la France ait décidé d’accueillir plusieurs blessés des attentats en Irak, mais le but n’est pas de favoriser l’exode de ces chrétiens. Il s’agit au contraire d’obtenir qu’ils vivent normalement dans leur pays.

Max Gallo vient de publier Jésus, l’homme qui était Dieu (XO Éditions).

Jean Raspail
Écrivain

“Si tous les chrétiens du monde…”

Au IIIe siècle, déjà, il existait un évêque à Bahreïn, des missions au Yémen, un patriarche en Arménie… Le christianisme avait gagné l’essentiel de l’Égypte, de la Palestine, de la Syrie, de l’Asie mineure, et peu de temps après il s’aventurait jusqu’au Caucase, en Perse, sur les rivages de l’Inde et même aux confins chinois. C’est dire l’énorme avance que les chrétiens d’Orient ont sur l’Occident chrétien. Ils sont plus que nos frères : ils sont nos pères, nos grands anciens. Aujourd’hui que l’Histoire s’est retournée contre eux et que l’immense et longue vague de l’islam et ses bouillonnements de violence n’en ont plus laissé, çà et là, que des braises dispersées autour de quelques foyers encore vivaces, que faire pour les chrétiens d’Orient ?

Sans réfléchir, je répondrais d’abord : soutenir ceux qui déjà, sur place, les appuient, L’Œuvre d’Orient, l’ordre de Malte, l’Aide à l’Église en détresse et tant d’autres associations courageuses et désintéressées qui se rappellent à nous, dans nos boîtes aux lettres, en cette fin d’année. C’est bien le moins. Ça ne suffit pas.

Pétitionner, s’agiter, vibrionner, en se figurant que ça peut servir, en y côtoyant les professionnels de l’indignation ? Écrire des articles comme celui que présentement vous lisez, des “libres opinions”, des “appels”, dont on sait d’avance qu’ils n’impressionnent personne et à plus forte raison pas les persécuteurs eux-mêmes ? Tenter, par ces pauvres moyens, de convaincre d’agir les gouvernements de nos pays “chrétiens”, à commencer par le nôtre ? On sait comment tout cela se termine, en vaines paroles sitôt balayées par les impératifs de “l’équilibre mondial” où le sort des chrétiens d’Orient compte pour rien. Le temps n’est plus où le saint roi Louis engageait, sur parchemin, sa promesse de protection aux maronites du Liban.

Prier ? Cela, c’est mieux. On approche du vrai. Encore que les prières qui se sont élevées sous la voûte de Notre-Dame de Paris, où sept cierges brûlaient nuit et jour, n’ont pas sauvé les moines de Tibéhirine, à l’image de tant d’autres victimes avant eux, et après eux…

Mais imaginez qu’un jour donné, tous les chrétiens du monde, et en premier lieu les catholiques, se mettent à prier d’une même voix pour leurs frères d’Orient, publiquement, leurs hiérarchies en tête, églises et temples bondés, cloches sonnant à la volée, processions de masse, un milliard de fidèles, un milliard et demi, qui proclament leur peine, leur solidarité, leur révolte. Le nombre. Le nombre visible. La puissance du nombre… Peut-être les gouvernements des pays où sévissent persécuteurs et assassins se décideraient-ils alors à revoir leur pesée des plateaux de la balance ?

C’est du roman ? En effet. Je suis romancier. À moins que les chrétiens d’Orient ne se résignent à un exil définitif, si vous voyez d’autres moyens…

Jean-Claude Guillebaud
Essayiste, chroniqueur au “Nouvel Observateur”

“Il faut parler d’eux sans cesse”

Tout d’abord, la persécution des chrétiens ne se limite pas au Moyen-Orient : au Viêtnam, par exemple, elle est manifeste, et on n’en parle pour ainsi dire jamais. Pour ce qui est des chrétiens d’Orient, je trouve d’abord qu’on a mis beaucoup de temps à s’émouvoir de leur sort : on réagit avec des années de retard. Comme si la dénonciation de l’antisémitisme ou de l’islamophobie avait fait passer les chrétiens à la trappe. On est en train de sortir un peu de ce déni de réalité ; le succès du film Des hommes et des dieux a contribué à cette prise de conscience. Pour ma part, je me suis particulièrement intéressé à la communauté chrétienne de Bethléem, dont on ne parle quasiment jamais. C’est l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du Proche-Orient ; jadis importante, elle fond depuis dix ans, à une vitesse incroyable, soumise à une double injustice : les chrétiens sont tenus en lisière par les Israéliens, qui les accusent d’être pro-Palestiniens parce qu’arabes, et ostracisés par les fondamentalistes palestiniens parce que chrétiens. Poussés au départ, ils disparaissent dans l’indifférence générale.

Les chrétiens d’Orient espèrent en nous, mais le soutien qu’on peut leur apporter, nécessaire, doit être empreint de beaucoup de délicatesse. Un soutien maladroit pourrait se retourner contre eux : on ferait d’eux à nouveau, comme depuis des siècles, les alliés des Occidentaux contre les Arabes. C’est un terrain miné. Alors comment les aider ? Il faut d’abord continuer à parler d’eux sans cesse ! Il y a une bataille médiatique à mener, nous autres journalistes avons un devoir de vigilance et d’expression. On doit sans cesse rappeler qu’ils existent et qu’ils sont menacés, et qu’ils risquent leur vie simplement en disant qu’ils sont chrétiens et en manifestant leur foi. Il faut expliquer sans relâche ce que sont les chrétiens d’Orient, que le christianisme n’est pas un privilège européen. Je pense que beaucoup de gens ne savent pas que les chrétiens d’Éthiopie ont été christianisés avant nous, au IVe siècle. Maintenant que la dictature communiste a été renversée et que la pression s’est relâchée sur eux, on assiste là-bas à un phénomène stupéfiant de retour à la foi. C’est la face lumineuse de la persécution ou du danger : c’est que ces chrétientés-là sont plus vivantes, plus actives, plus ferventes que la nôtre. Au Viêtnam, par exemple, quand on demande au directeur du séminaire d’Hanoi quel est son principal problème en dehors des persécutions, il répond que c’est le manque de place pour tous les candidats à la prêtrise !

Il faudrait aussi que nos gouvernements fassent plus pour les chrétiens d’Orient, comme l’a demandé la pétition de la Vie que j’ai bien volontiers signée. La réticence à reconnaître l’héritage chrétien de l’Europe se combine là malheureusement avec une certaine prudence diplomatique. Il y a des impératifs de raison d’État qui jouent dans cette timidité. Mais c’est à nous de les dénoncer, c’est à nous de crier plus fort. Je pense par exemple au silence un peu gêné qui accompagne le durcissement antichrétien en Algérie, alors que ces persécutions, si elles avaient touché n’importe quelle autre confession, auraient suscité un tollé. Mais, pour les chrétiens, on a fait profil bas.

Bernard-Henri Lévy
Écrivain et philosophe

“La communauté la plus persécutée”

C’est une des vraies perversions de l’esprit moderne : ne pas arriver à concevoir qu’un peuple anciennement colonisé puisse construire un État génocidaire ; ou, à l’inverse, qu’une religion longtemps dominante puisse se retrouver à son tour dans le camp des victimes. Et pourtant, nous en sommes là : les chrétiens forment aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, à l’échelle de la planète, la communauté la plus persécutée ; et les fidèles d’Orient, qui ont tant fait pour la richesse spirituelle de l’humanité, revivent le martyre d’il y a deux mille ans. Je veux les défendre avec force, fût-ce contre l’esprit du temps. De même que la Règle du jeu, ma revue, s’est élevée avec force, à travers les textes de Laurent Dispot, contre le cliché d’un Pie XII transformé en “vicaire nazi” à la tête, durant la Seconde Guerre mondiale, d’un Vatican qui serait resté muet face à la Shoah.

Alors, je sais bien qu’une partie du monde musulman a fait le choix de se refermer sur lui-même. Il a fait le choix de l’affrontement avec les démocraties, avec Israël et avec les chrétiens. Eh bien, nous ne pouvons pas nous taire sous prétexte qu’il ne faudrait pas attiser le “choc des civilisations”. Car qui parle de “choc” ? Et qui le veut ? Certainement pas Israël. Ni les Églises chrétiennes. Ni l’Occident. Mais ceux qui commettent des attentats en Irak, qui assassinent un prêtre en Turquie, qui persécutent les chrétiens au Soudan et qui – car tout est lié – entretiennent la fièvre antisémite mondiale.

Et que l’on ne compte pas trop sur les diplomates pour venir à leur secours. On m’a trop souvent répété qu’il fallait les laisser agir en silence pour que je puisse encore y croire. Les diplomates ne bougent – c’est dans la nature des démocraties – que lorsque la mobilisation des opinions les y contraints.

Dénonçons donc cette vague de fond meurtrière. Fermement. Calmement. Et sans céder à la tentation de la réciprocité qui dirait par exemple : “Échangeons des mosquées ici contre des églises là-bas.” L’idée, c’est de tirer l’adversaire vers le haut, pas de nous rabaisser à son niveau.

Pascal Gollnisch
Directeur général de L’Œuvre d’Orient

“Les aider à vivre dans leur propre pays”

Nous devons aider les chrétiens d’Orient. Il ne s’agit pas de chercher pour eux un quelconque privilège : on en est loin ! Il convient seulement de les aider à rester dans leur propre pays, à y vivre dans des conditions convenables. Pourquoi ? Nous pouvons répondre avec tous ceux qui, croyants ou non, s’intéressent au fait chrétien que nous sommes devant des populations qui sont à l’origine même du christianisme. Cependant, il ne s’agit pas de les préserver dans une sorte de musée, par respect pour une archéologie vivante de l’Église. Nous pouvons répondre encore que nous sommes devant un défi éthique. On ne résout pas le problème du Tibet en proposant l’exil des Tibétains… Les droits fondamentaux doivent être respectés dans les nations modernes, selon les traités qu’elles ont elles-mêmes signés. Les gouvernements du Moyen-Orient doivent garantir la sécurité de tous leurs concitoyens. Les minorités, quelles qu’elles soient, doivent pouvoir vivre sereinement. Nous pouvons encore considérer que la disparition des chrétiens du Moyen-Orient serait un véritable appauvrissement pour les pays concernés. Les citoyens chrétiens en effet sont au service de leur nation parfois bien au-delà de leur force numérique. Sur le plan de la santé ou de l’éducation, les chrétiens sont un apport incontestable. De plus, ils jouent souvent un rôle régulateur : tous savent que, sans les chrétiens, le Liban serait livré à un redoutable face-à-face. Les chrétiens sont des artisans de paix ; ils sont souvent un pont avec d’autres cultures tout en ayant, au siècle dernier, contribué au réveil de la culture arabe.

Mais l’ultime motivation pour aider les chrétiens d’Orient et les aider à rester sur place est plus égoïste. Nous devons travailler à construire, entre gens de bonne volonté et à l’encontre de la violence, les conditions d’un “vivre ensemble” entre chrétiens et musulmans. Si la preuve malheureuse était faite d’une impossibilité de la coexistence pacifique, cela aurait des répercussions désastreuses y compris dans notre pays. À la suite des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, nous devons croire à cette coexistence en recherchant inlassablement les liens avec les hommes de bonne volonté.

Mgr Louis Sako
Archevêque chaldéen de Kirkouk (Irak)

“Le martyre est l’expression absolue de notre amour”

La foi n’est ni une question idéologique, ni une spéculation théologique, mais bien une réalité mystique, voire existentielle. La foi est une rencontre personnelle avec quelqu’un que l’on connaît, que l’on aime et à qui l’on s’est donné totalement. Ceci est très prégnant dans notre spiritualité orientale. Cet autre qu’on aime est une dimension de nous-même et n’est pas isolé. Pour lui, il faut aller toujours plus loin, jusqu’au sacrifice.

Le martyre est pour nous l’expression absolue de la fidélité de cet amour. Le 31 octobre, lorsque Wassim, jeune prêtre de la cathédrale de Bagdad, est allé dire aux terroristes : « Tuez-moi et libérez les fidèles », il savait ce qu’il disait. C’était son engagement d’amour pour le Christ et les siens. Pour nous, chrétiens d’Irak, le martyre est le charisme de notre Église, vieille de plus de deux mille ans. En tant que minorité, confrontée sans arrêt aux difficultés et au sacrifice, nous sommes conscients qu’être témoin du Christ peut aller jusqu’au martyre. C’est la même racine en langue arabe : Shahid wa shahiid !

Je pense que les chrétiens du monde entier ont besoin aujourd’hui de se “recycler” spirituellement, dans leur christianisme et leur engagement, au contact des chrétiens persécutés d’Irak et d’ailleurs.

L’amitié, la solidarité et le soutien de nos sœurs et frères chrétiens de France et d’Occident nous donnent le courage de résister, de rester sur notre terre et dans nos églises, pour perpétuer notre présence et notre témoignage chrétien. Le fait de savoir que vous êtes proches de nous nous pousse à cultiver le “vivre ensemble” en paix et en harmonie avec nos frères musulmans.


Jacques Julliard
Journaliste et écrivain, éditorialiste à “Marianne”

“Une épuration religieuse serait dramatique”

Rappelons d’abord à ceux qui voudraient ignorer l’Histoire que les chrétiens ne sont pas en Orient des “intrus”, mais qu’ils sont fondés à vouloir demeurer sur ces terres puisqu’ils en sont parmi les plus anciens habitants. Ajoutons qu’ils sont un facteur essentiel de diversité dans des régions de plus en plus islamisées et qu’ils jouent à ce titre un rôle spécifique. Un Orient vidé de ses chrétiens, victimes d’une “épuration religieuse”, comme il y a eu par le passé des “épurations ethniques”, serait historiquement très étrange et culturellement très inquiétant.

Si rien n’est fait, cette région, qui se distinguait par son pluralisme religieux au XIXe siècle, ne connaîtra bientôt plus qu’une seule religion, l’islam, tandis que l’Europe, naguère essentiellement chrétienne, sera devenue une mosaïque religieuse. Une telle évolution rendrait presque impossible un dialogue politique entre l’Orient et l’Occident. Elle renforcerait, de part et d’autre, les partisans du choc des civilisations, thèse que je rejette car elle est génératrice de conflits dont nul ne connaît l’issue. Il est d’ailleurs consternant de constater qu’une dictature comme celle de Saddam Hussein était plus tolérante à l’égard des chrétiens que l’Irak prétendument démocratique et libéré par l’intervention américaine.

Il est hélas très délicat de trouver une solution à des situations diverses selon les pays. L’Occident doit affirmer le droit des chrétiens d’Orient à pratiquer librement leur culte, mais une intervention brutale aggraverait encore le sort de ces chrétiens en accréditant l’idée fausse qu’ils sont en Orient les représentants de l’Occident. Les moyens qui nous restent sont ceux du droit et de l’information. Les gouvernements occidentaux ont été, sur ce sujet, très pusillanimes. Faut-il qu’ils entament une démarche collective ? L’Onu peut leur offrir une tribune. C’est dans cette enceinte qu’il faudrait aborder cette question. Mais la nervosité de l’islam est telle qu’il vaut mieux commencer par des échanges bilatéraux. On pourrait envisager d’obtenir pour les chrétiens, dans les pays concernés, un statut comparable à celui des maronites au Liban. Je le dis contre mes convictions (je récuse le communautarisme) mais, dans des régions où l’on ne sépare pas le politique du religieux, ce peut être un moyen – précaire, je l’admets – d’organiser la coexistence entre diverses communautés.

Frigide Barjot
“Agitatrice catholique”

“Ces chrétiens qu’on assassine”

Les chrétiens d’Orient n’ont plus le droit d’adorer Jésus sur leur terre, berceau du christianisme. Ils sont devenus les “cibles légitimes” des islamistes, suite aux désordres grandissants dans cette région. Les chrétiens orientaux doivent maintenir la lumière du christianisme dans son foyer primordial ! Alors moi, Frigide Barjot, agitatrice catholique cathodique, je repars – avec vous – en campagne face au silence assourdissant de nos dirigeants occidentaux devant le génocide de “ces chrétiens qu’on assassine”, pour reprendre le titre de l’excellent ouvrage de René Guitton.

Le 14 novembre à Paris, plusieurs milliers de chrétiens arabes et européens, irakiens et français, manifestaient leur soutien aux victimes du carnage de la cathédrale de Bagdad. Las ! Cette mobilisation n’a suscité aucun intérêt dans nos médias et chez nos politiques face à l’improbable remaniement gouvernemental.

Ulcérés par la mollesse des réactions officielles, nous avons publié avec Thomas Gueydier une lettre ouverte à Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, pour lui demander de dénoncer publiquement, au nom de la laïcité qui ne saurait nier le fait religieux, la persécution religieuse des chrétiens d’Irak. Grâce aux signatures de sommités comme Claude Bébéar, Rémy Brague, Luc Ferry et même le président de la Licra, Alain Jakubowicz, – et bientôt les vôtres ! – notre texte a été publié dans le Figaro et, quelques jours plus tard, MAM, recevant le patriarche d’Antioche, s’exprimait de façon beaucoup plus explicite sur la persécution religieuse. Qu’elle soit ici remerciée.

La France doit peser dans les instances internationales pour qu’elles demandent d’une même voix aux autorités irakiennes une réelle protection et le respect des droits fondamentaux – dont l’essentielle liberté de culte – des minorités chrétiennes en terre musulmane. Le G8 se réunira à Deauville en mai prochain. Il me semble indispensable d’y agir pour faire entendre aux grands de ce monde l’urgence du sort de ces populations. On aura une séance de rattrapage avec le G20, convoqué fin 2011 à Cannes. Signe du Ciel, les maires de ces deux villes ont signé notre appel à la mobilisation !

Il reste aussi un terrain d’intervention de proximité : la France a généreusement accueilli pour les soigner plus d’une trentaine de blessés de l’attentat de Bagdad qui, une fois sortis des hôpitaux, sont regroupés au sein du foyer laïc France Terre d’asile : mais ces chrétiens n’ont pas, ici non plus – sacro-sainte laïcité ! –, la liberté de vivre leur foi et sont priés de retirer leur croix. Leur misère matérielle et spirituelle est grande. On peut aujourd’hui concrètement les aider en apportant des vêtements chauds et noirs (ils sont en deuil), des jouets de Noël et des tickets de métro à la paroisse Notre-Dame-de-Chaldée. Mais aussi en allant les visiter et en les emmenant… à la messe !

Alors je compte sur vous, comme sur nos médias et nos dirigeants, et prie pour que la lumière de Noël éclaire aussi les martyrisés d’Irak, pour une véritable Épiphanie des chrétiens d’Orient !

Pétition et renseignements sur Internet : www.appelaverite.fr

Paroisse Notre-Dame-de-Chaldée, 13-15, rue Pajol, Paris XVIIIe. Tél. 01.42.09.55.07.


Jean de France, duc de Vendôme
Président de l’association Gens de France

“La France doit faire entendre sa voix”

Cela va faire bientôt un siècle, depuis la chute de l’Empire ottoman, que les puissances occidentales multiplient les erreurs au Moyen-Orient, et à chaque fois les Arabes chrétiens, ces chrétiens dits “d’Orient”, pris entre deux feux, en subissent les conséquences. Sous la longue domination turque, la France s’était instituée leur protectrice, et ce n’était pas un vain mot. Depuis François Ier, le rapprochement avec la Sublime Porte avait permis de tourner la page des croisades et d’alléger le poids de la dhimmitude, ce statut discriminatoire imposé par les Turcs aux juifs et aux chrétiens. Entre Tigre et Jourdain, dans cet espace déjà asiatique mais encore si méditerranéen, la France, sa langue, sa culture jouaient un rôle pacifiant. Je n’ai aucun goût pour la nostalgie, mais la tragédie que nous vivons nous oblige à regarder les choses en face.

Aujourd’hui, dans le monde, sur cent personnes qui meurent pour leur foi, soixante-quinze sont des chrétiens. Parmi eux, les chrétiens d’Orient, là même où a vécu le Christ, paient le tribut le plus lourd. Victimes d’attentats comme les coptes d’Égypte, contraints de s’exiler comme la communauté chaldéenne de Turquie, obligés de fuir leur pays comme le tiers des chrétiens d’Irak… Dans ce pays, depuis l’intervention américaine, la sécurité des évêques, des prêtres, des diacres et des fidèles n’est plus assurée, la liste des victimes, avec tant d’authentiques martyrs, ne cesse de s’allonger. Même au Liban, où je me rends souvent, la situation incertaine des chrétiens suscite l’inquiétude, bien que la Constitution leur reconnaisse un rôle politique.

Derrière tout cela, il y a bien sûr les jalousies ethniques, le rejet ou la haine de l’autre, les ambitions des individus et des groupes, toutes ces passions humaines qui n’attendent que des circonstances favorables pour se déchaîner. Ces circonstances sont là, liées pour une bonne part aux aveuglements politiques de l’Occident. Les préoccupations mercantiles de nos pays provoquent un véritable saccage de cette partie du monde. La France se doit, au nom de ce qu’elle est et de son rôle historique, de faire entendre une autre voix.

Marc Fromager
Directeur d’Aide à l’Église en détresse (AED)

“Pas de liberté sans liberté religieuse”

Les chrétiens sont menacés un peu partout (ils sont les principales victimes de l’absence de liberté religieuse dans le monde), mais leur situation au Moyen-Orient est particulièrement dramatique. Or leur survie, puisque c’est de cela qu’il s’agit, est indispensable pour tous les acteurs concernés.

Tout d’abord, les chrétiens d’Orient eux-mêmes : si leur terre (ils y sont depuis deux mille ans) leur est enlevée, combien de temps pourront-ils conserver ce qui fait leur spécificité, qui est une richesse pour eux mais aussi pour leurs concitoyens et pour l’Église tout entière ?

Ensuite, leurs concitoyens justement, majoritairement musulmans : même si les extrémistes rêvent à voix haute de se débarrasser des chrétiens, les musulmans seront-ils plus heureux pour autant ? Cela signera la fin de toute ouverture et le rejet de l’altérité, qui est pourtant présente au milieu d’eux, ne serait-ce qu’entre sunnites et chiites.

Troisième “acteur” : les chrétiens d’Occident. La disparition de leur poumon oriental, nous l’avons dit, serait une perte, d’autant que leurs racines spirituelles sont là-bas ! Mais ils seraient aussi en droit de penser que, désormais, plus personne n’est là pour les défendre… Ensuite, il y a les musulmans en Occident. Croient-ils qu’ils auraient quelque chose à gagner dans cette disparition ? S’ils n’ont pas réussi à vivre avec les chrétiens en Orient, avec qui ils partageaient leur existence depuis quatorze siècles, comment réussiraient-ils dans ces nouvelles contrées où leur récente apparition ne se fait pas sans douleur ?

Enfin, cinquième et dernier acteur, la masse des Européens “sans religion” qui pourraient croire que ce problème n’est pas le leur. Et pourtant ! Sans paix entre le christianisme et l’islam, il n’y aura pas de paix du tout, et, sans liberté religieuse, il n’y aura pas de liberté non plus.

Dossier préparé par Fabrice Madouas et Laurent Dandrieu

Réponse d'un Parlemlentaire Autrichien aà l'amabassadeur de Turquie

La réponse de l’élu du parti BZÖ à l’assemblée qui avait été très applaudie, a ensuite fait sensation sur Youtube.


La voici enfin en français :

http://www.youtube.com/v/jmkO7IY4vVM?fs=1&hl=en_US




décembre 26, 2010

Mahomet élevé au rang de Dieu !

Mahomet élevé au rang de Dieu !


Alors qu’il reste à prouver, selon les critères de la Théologie, que l’Islam serait une religion, religion il s’entend venant de Dieu et renvoyant l’homme vers Dieu et non vers autre chose, un homme notamment, force est de constater que pour les musulmans, critiquer Mahomet, manquer de respect au nom que porte cet homme, est expression d’un sacrilège.

Dans ces conditions, le « Dieu des musulmans » dans la présentation qu’en font tout à la fois et le Coran et les musulmans, ne saurait être l’expression de Dieu tel qu’Il se révèle aux hommes de bonne volonté.

Cette absence de Révélation Divine, n’est-elle pas l’explication qui amène, par défaut de La Présence Divine, les musulmans à élever de fait, Mahomet au rang de Dieu, en remplacement de Dieu, puisque la mauvaise parole (aux yeux de ses disciples) contre Mahomet – qui n’est jamais qu’un homme – conduit l’auteur de cette parole au blasphème, ne fut-il pas musulman même.

La notion de blasphème est réservée à Dieu ! Cela dans les temps anciens de surcroît quant à une peine pouvant en résulter, soit avant le Christianisme.

Il convient de tirer les conclusions qui s’imposent : les musulmans élevèrent Mahomet au rang de Dieu.


Deux miracles de St Seraphim


Le manteau

Un jour, alors que j'étais en visite au monastère de Sarov, ils m'ont donné le manteau du Père Séraphim, celui qu'il portait durant sa vie, pour me couvrir pendant la nuit.

Toute la nuit je ne pus dormir, parce que j'entendais un chant céleste. Au matin, j'ai dit à un moine que je n'avais pas pu dormir et que j'avais entendu un chant céleste remarquable.

Le moine m'a dit: "Peu importe à qui que nous le donnons, ce manteau provoque toujours ce même effet que vous avez connu. "



"Bois de l'eau de ma source!"

Au cours de l'année 1950, j'ai eu une grave maladie du foie. Une ou deux fois par année, j'ai eu des crises aiguës à cause de calculs. L'année 1953 a été la plus difficile: j'ai eu des attaques quotidiennes de douleur. Il me fut difficile de travailler 8 heures par jour dans un poste où j'avais beaucoup de responsabilités.

Je ne pouvais même pas penser à une pension d'invalidité, parce que je devais m'occuper de ma mère malade, qui vivait dans la banlieue. Les fréquentes visites avec de lourdes valises que je lui rendais, ne faisaient qu'augmenter mes douleurs.

Enfin, ce fut l'été, et le moment de prendre mes vacances tant attendues. Mais juste avant, j'ai eu un moment d'inquiétude, et dès le début une attaque a commencé, qui a duré 5 jours. Je me suis retrouvé sans aucune assistance médicale et sans analgésiques. Les pierres sont sorties, et une inflammation du foie a commencé. J'étais si faible, que je ne pouvais guère prendre soin de ma mère malade.

Le soir, couché dans le lit, j'aimais à lire mon livre préféré, "La vie du Saint Père Séraphim de Sarov." Une fois, à la lecture d'une de ses nombreuses guérisons, je me suis adressé au saint dans mes pensées avec approximativement ces paroles: " Tu as guéri beaucoup de gens, pourquoi ne pas me guérir moi, car tu vois combien je souffre, mais je dois travailler pour les autres. "

À ce moment-là, j'ai vu saint Séraphim debout à côté de moi, avec mon regard intérieur. Il a appuyé sa grande croix de cuivre contre mon foie malade, et j'ai entendu sa voix, en moi: "Maintenant, bois l'eau bénite de ma source, et ensuite tu seras complètement rétabli."

J'avais l'habitude d'analyser mes expériences spirituelles, de manière à ne pas tomber dans la tentation, c'est pourquoi j'ai pensé que cela ne pouvait être que le produit de mon imagination, en raison de l'influence de ce que je venais de lire. Les derniers mots, "bois de l'eau de ma source» m'ont troublé plus que tout. D'où pourrais-je obtenir de l'eau, si j'étais à Moscou, et que je savais qu'il était interdit d'approcher de la source?

Mais les paroles du staretz sont devenues réalité merveilleuse le jour suivant: j'ai reçu une bouteille d'eau bénite, apportée ce jour-là de Sarov. Les gens qui me l'ont donnée avaient obtenu cette eau complètement par hasard. "

En un mot, j'ai vécu un miracle, j'ai bu l'eau et, depuis lors, je n'ai pas de douleurs et je ne cesse de remercier le cher staretz pour cette guérison miraculeuse.


Version française Claude Lopez-Ginisty d'après

http://www.fatheralexander.org/booklets/english/chudesa_e.htm#_Toc75662184



Quelle qualification donner à l'Islam ?

ASIE/PAKISTAN - En prison, la vie d’Asia Bibi est en danger : on craint une exécution sommaire


invia articolo imprimer preferiti Lahore (Agence Fides) – Asia Bibi n’est pas en sûreté entre les murs de la prison de Sheikhupura, où elle est détenue depuis un an et demi et se trouve en danger de mort : c’est le cri d’alarme lancé à l’Agence Fides par la famille de la jeune femme et par la « Fondation Masih » qui s’occupe de son assistance légale. Asia Bibi est la première femme pakistanaise condamnée à mort pour blasphème.

Après la prime de 500.000 roupies que le mullah Yousaf Qureshi de Peshawar a ouvertement promise pour la mort d’Asia Bibi, sa vie se trouve en extrême danger, même si elle devrait être actuellement protégée dans la cellule où elle purge sa peine. « C’est pourquoi il est nécessaire de continuer la campagne en vue de sa libération immédiate et de l’abolition de la loi sur le blasphème. Il s’agit d’une question essentielle en ce qui concerne le respect des droits de l’homme au Pakistan » déclare à Fides Haroon Barket Masih, Président de la « Fondation Masih », rappelant la Journée de l’ONU pour les Droits de l’Homme.

La plainte de la Fondation est pleinement partagée par Ansar Burney, intellectuel musulman pakistanais connu et ancien Ministre fédéral du Pakistan chargé des Droits de l’Homme. Burney a envoyé une lettre au Président Ali Zardari et au Premier Ministre Gilani demandant de renforcer les mesures de protection autour d’Asia Bibi et de poursuivre officiellement tous ceux qui ont invité les militants à la tuer. Ainsi qu’il l’affirme dans sa missive, dont une copie est parvenue à l’Agence Fides, Burney craint fort qu’Asia Bibi (voire également d’autres membres de sa famille) puisse être tuée durant la détention ou au cours du procès d’appel. Burney demande avec force au gouvernement d’arrêter « les éléments qui ont annoncé ouvertement leur intention de la tuer », commettant ainsi un délit et remarque que « à cause de l’illégalité diffuse et de la faiblesse du gouvernement, les extrémistes trouvent très facile de procéder à des exécutions sommaires et à des mises à mort extrajudiciaires au nom de l’islam ». A ce propos, Burney rappelle qu’à ce jour, 33 personnes accusées de blasphème ont d’ores et déjà été tuées en prison ou au cours de leur procès comme dans le cas des deux frères Rashid et Sajid Emmanuel, abattus devant le Tribunal de Faisalabad en juillet 2010 (voir Fides 20 et 21/7/2010) .

La « Commission des Droits de l’Homme du Pakistan », prestigieuse ONG locale, dans un communiqué envoyé à Fides à l’occasion de la Journée pour les Droits de l’Homme, note que « l’augmentation du militantisme et de l’intolérance religieuse constitue une menace pour les droits de l’homme dans le pays ». La condamnation à mort d’Asia Bibi pour blasphème, remarque la Commission, est la preuve « des menaces subies par les citoyens sur la base de lois erronées et de l’application sélective de ces lois ». En outre, s’agissant de la récompense placée sur sa tête, « une action légale fait défaut malgré l’incitation à l’homicide ».

Entre temps, un chrétien pakistanais, Yunis Kushi, appuyé par des associations de la société civile chrétiennes et musulmanes, a présenté une instance devant la Cour Suprême du Pakistan (le troisième degré de jugement) demandant une action « motu proprio » de la Cour (c’est-à-dire de son propre chef) contre la condamnation à mort concernant Asia Bibi et contre les responsables de l’incitation à la haine religieuse et à l’assassinat. L’appel cite les passages de la Constitution pakistanaise dans lesquels sont réaffirmés les principes de liberté, d’égalité, de tolérance et de justice sociale pour tous les citoyens et pour les minorités religieuses. Il cite également l’Acte anti-terrorisme de 1997 dans lequel l’Etat s’engage à arrêter « quiconque incite à la haine religieuse et cause la violence ». (PA) (Agence Fides 10/12/2010)



décembre 24, 2010

L’ŒUVRE D’ORIENT VOUS PRESENTE SES MEILLEURS VŒUX,

Profitons de Noël, temps d’espérance et de trêve dans les combats nés des erreurs des hommes, pour non seulement prier pour nos frères dans la Foi si persécutés, mais aussi faire un don, s’abonner à la revue ŒUVRE d’ORIENT.

http://www.oeuvre-orient.fr/voeux-2011/OO_Vx_2011_flv.htm



Que la paix et la joie de Noël emplissent votre cœur et celui de tous ceux qui vous sont chers.

P. Pascal Gollnisch et toute l’équipe de l’Œuvre d’Orient


Pour visualiser la carte animée, cliquez sur l’image ou ici : http://www.oeuvre-orient.fr/voeux-2011/OO_Vx_2011_flv.htm

“May peace and Christmas joy fill your heart and the one of all who are dear to you”

F. Pascal Gollnisch and all Oeuvre d’Orient team


Click on the link on the picture or here : http://www.oeuvre-orient.fr/voeux-2011/OO_Vx_2011_flv.htm







décembre 17, 2010

IVe Dimanche du Temps de l’Avent Année A


IVe Dimanche du Temps de l’Avent
Année A

Références :

« Voici que la vierge concevra et enfantera d’un fils, qu’on appellera Emmanuel, Dieu avec nous » (Is 7.14). Cette affirmation que tous connaissent comme la plus célèbre du prophète Isaïe, qui annonce l’avènement du Messie dans l'histoire de l'humanité, nous fait déjà goûter à l’avance la proximité de ce jour magnifique et merveilleux, le dies natalis de Jésus qui avait été annoncé par toutes les écritures et les prophètes, ce jour qui les achèvera et les mènera à leur réalisation. Notre Dieu s'incarnera et naîtra grâce à la disponibilité généreuse de la « vierge », celle qui depuis l'éternité avait été sélectionnée pour devenir la mère du sauveur. D'une part nous voyons le peu de foi d'Achaz qui refuse la proposition de Dieu de lui demander un signe ; mais d’autre part Dieu insiste pour le lui concéder, afin que la demeure de Dieu parmi les hommes se réalise pleinement (cfr Is 7.10-14).
« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse » (Mt 1.20). Comme dans la lecture du prophète Isaïe, mais d’une manière diamétralement opposée à l'attitude incrédule d'Achaz, nous voyons la pleine adhésion de Joseph : alors qu’il avait décidé dans un premier temps, comme le prescrivait la loi, de renvoyer Marie en secret parce qu'il avait appris sa grossesse soudaine ; devant les paroles rassurantes de l'ange du Seigneur « il fit comme il lui avait été commandé… et prit avec lui son épouse » (Mt 1.24). Tout cela cependant, ne diminue pas la paternité de Joseph, même si ce qui s’était produit était fruit de l'Esprit Saint, mais sa paternité est rehaussée parce que « tu l'appelleras Jésus : c’est lui, en effet, qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1.21). En d’autres mots, grâce à la paternité extraordinaire qu'il acceptera de lui-même, il permettra la réalisation de la promesse de Dieu, de vouloir habiter au milieu de son peuple. Cette grande foi de Joseph nous fait comprendre comment la foi permet même aux choses intimes qui nous appartiennent de prendre une valeur nouvelle. Voilà pourquoi chacun de nous, comme nous le rappelle aujourd'hui « l'apôtre par vocation », doit « arriver à l'obéissance de la foi », pour professer le Christ Jésus (cfr Rm 1.1-7)
En tout cela nous voyons la grande mission que Marie accomplit comme instrument privilégié dans les mains de Dieu, parce que c’est grâce à elle que commence à se réaliser la demeure de Dieu parmi les hommes, quand la première elle devient la demeure du Verbe : « Toi aujourd'hui, oh Marie, tu es devenue le livre dans lequel notre règle est décrite. En toi aujourd'hui s’inscrit la sagesse du père éternel. [...] Oh Marie, mon très doux amour, en toi est écrit le Verbe de qui nous vient la doctrine de la vie. Tu es la table qui nous présente cette doctrine. Je vois que ce Verbe, à peine écrit chez toi, est joint à la croix du saint désir, et que dès qu'il te fut remis, lui fut greffé et inséré le désir de mourir pour le salut de l'homme, pour lequel il s'est incarné ». [1][1] 
Réveillons-nous donc, parce que le Noël du Seigneur est maintenant aux portes, allons à sa rencontre. Il est en train de venir dans sa gloire : écoutons-le, aimons-le et suivons-le!
[1] Catherine de Sienne, Preghiere ed elevazioni, Rome 1920, 118-120.

CONGREGATIO PRO CLERICIS




IRAK : Nous crions "ça suffit !"


 
Nous voulons commencer cette lettre par vous remercier de tous les messages de communion et de solidarité que nous avons reçus. Il y a beaucoup de catastrophes naturelles en ce moment dans le monde qui font des victimes bien plus nombreuses que chez nous, mais la cause n'en est pas la haine, c'est ce qui fait toute la différence.
Notre Église est habituée aux coups durs, mais c'est la leie fois que c'est aussi violent et sauvage et surtout la l"e fois que cela se passe à l'intérieur de l'église. D'habitude, ils font exploser les bombes dans la cour des églises.
L'église Notre-Dame du Salut1 est une des 3 églises syriaques catholiques de Bagdad, la plupart des gens qui la fréquentent sont des chrétiens de rite syriaque originaires de Mossoul ou des 3 villages chrétiens syriaques proches de Mossoul : Qaraqosh, dont sont originaires nos petites sœurs Virgin Hanan et Rajah Nour, Bartolla et Bashiqa dont est originaire soeur Mariam Farah. Grâce à Dieu, aucune d'elles n'a eu de parents proches tués ou blessés gravement.
L'église a été prise d'assaut le dimanche 31 octobre après-midi, juste après le sermon du Père Tha'er qui célébrait la messe. Le Père Wasim, qui est le fils d'une cousine de soeur Lamia, confessait au fond de l'église près de la porte d'entrée, le père Raphaël était dans le chœur. Les attaquants étaient de très jeunes gens (14-15 ans) non masqués, armés de mitraillettes, de grenades et ils portaient une ceinture explosive. Ils ont tout de suite ouvert le feu, tuant le père Wasim qui tentait de fermer la porte de l'église, puis ils ont tiré aveuglément après avoir ordonné aux gens de se jeter à terre, de ne plus bouger et de ne pas crier. Certains ont réussi à envoyer des messages par téléphone portable pour donner l'alerte, mais après, les assaillants tiraient sur toute personne qu'ils voyaient utiliser son portable. Le père Tha'er qui continuait à célébrer a été tué à l'autel dans ses habits sacerdotaux, son frère et sa mère ont été tués également.
Après, cela a été le massacre. Nous ne pouvons pas raconter tout ce que les gens nous ont dit, même les enfants qui criaient
1 Cathédrale Sayidat al-Najat. Plusieurs traductions : Notre Dame du Perpétuel Secours, de la Délivrance ou du Salut.étaient tués. Certaines personnes s'étaient réfugiées dans la sacristie en barricadant la porte, mais ils sont montés sur la terrasse de l'église et ont jeté des grenades par les fenêtres de la sacristie qui sont en hauteur.
Tout ceci laisse à penser que c'était une attaque bien préparée et qu'ils avaient eu de l'aide à l'extérieur. Comment ont-ils pu forcer le barrage de police (dans la rue qui va à l'église) et connaître le chemin de la terrasse, etc.. ?
Ils ont mitraillé également les appareils d'air conditionné pour que le gaz en s'échappant asphyxie les gens qui étaient proches. Ils ont mitraillé la Croix en se moquant et en disant aux gens : « dites-lui de vous sauver » ; ils ont aussi prié l'appel à la prière : Allah akbar, la ilah illallah... et à la fin, quand l'armée a été sur le point d'entrer, ils se sont faits exploser.
L'armée et les secours ont mis presque 2 heures à arriver, ainsi que les américains qui survolaient en hélicoptère, mais l'armée n'est pas entraînée à gérer ce genre de situation et ils ne savaient pas quoi faire. Pourquoi ont-ils mis si longtemps à arriver ?
Tout s'est terminé vers 10h30-llh du soir, cela a duré très longtemps et nous pensons que beaucoup de personnes sont mortes suite à l'hémorragie de leurs blessures.
Après, les blessés ont été emmenés dans différents hôpitaux et les morts à la morgue. Les gens ont commencé à arriver pour savoir ce qui s'était passé et prendre des nouvelles de leurs proches, mais l'église était interdite Si d'accès et les gens ont commencé à aller d'hôpital en hôpital à la recherche de leurs proches. Nous avons vu des gens qui ont cherché leurs proches jusqu'à 4h du matin pour finalement les découvrir à la morgue. Le lendemain ont eu lieu les obsèques dans l'église chaldéenne voisine. L'église était bondée, c'était très impressionnant. Il y avait 15 cercueils alignés dans le chœur, les autres victimes ont été enterrées dans leur village ou séparément, selon les cas.
Des représentants de toutes les communautés chrétiennes ainsi que du gouvernement, étaient là, notre patriarche a parlé ainsi que le porte-parole du gouvernement et un religieux, chef d'un parti islamique (Moammar el Hakim).
La prière a eu lieu dans une grande dignité et sans manifestations bruyantes. Le père Saad, responsable de cette église, avait aidé les gens à prier à mesure qu'ils arrivaient, avant que ne commence la cérémonie
Les 2 jeunes prêtres ont été enterrés dans leur église dévastée. Il y a un cimetière sous l'église. Avant d'être enterrés, on a fait fermer les cercueils dans l'église pour qu'ils lui fassent leurs adieux.
Au début, nous ne savions rien des victimes ; nous ne connaissions personne, directement, sauf le père Raphaël, prêtre très âgé. Nous sommes allées à cet hôpital pour le visiter et visiter les blessés qui y étaient. Ce sont les familles qui nous conduisaient de chambre en chambre, ainsi que les cadres de l'hôpital qui nous indiquaient les blessés. Par hasard, tous étaient des femmes ou des jeunes filles, toutes blessées par balle, ce n'est pas comme une explosion où on peut se faire arracher un bras ou une jambe. Nous sommes restées à côté d'eux sans parler beaucoup, c'était eux qui parlaient ou leur famille : chacun revivait son histoire en nous la racontant. Comme l'attaque a eu lieu un dimanche à la messe, des membres d'une même famille ont été tués ou blessés, certains en protégeant leurs enfants. Nous avons été frappées par leur calme et leur foi quand ils racontaient. Nous sentions que c'était des gens revenus d'un autre monde et qu'à ce moment-là plus rien ne comptait que la rencontre proche avec le Seigneur ; ils ne pensaient plus à rien et priaient seulement, et cela a duré 5 heures...
Le vendredi après-midi, les jeunes de plusieurs paroisses sont venus pour aider à déblayer et nettoyer un peu et, le dimanche suivant, le 7 novembre, tous les prêtres syriens et chaldéens de Bagdad qui étaient libres ont célébré la messe dans cette église vide et dévastée sur une table de fortune. Il y avait peu de monde car cette messe n'avait pas été annoncée. Nous n'y sommes pas allées car nous ne l'avons pas su, c'était très émouvant.
Il y a un sursaut de foi et de détermination surtout chez les prêtres restant à Bagdad qui disent : ils veulent nous chasser et nous exterminer mais nous sommes là et nous resterons, depuis 14 siècles, vous n'avez pas pu en finir avec nous. L'histoire des chrétiens d'Irak est une longue histoire de persécutions, de martyrs, de chrétiens chassés et déplacés.
Nous pensons à la phrase du psaume 69 : « Plus nombreux que les cheveux de la tête, ceux qui me haïssent sans cause » et nous pensons surtout à Jésus, haï sans raison alors qu'il passait en faisant le bien.
Nous terminons cette lettre avec le cri d'un enfant de 3 ans qui a vu tuer son père et qui criait : « ça suffit ! Ça suffit ! » Avant d'être tué, lui aussi ; oui, vraiment, avec notre peuple, nous crions aussi : ça suffit.
Vos petites sœurs de Bagdad, Alice et Martine


Source : OUVREE d’ORIENT, bulletin N° 761, octobre-décembre 2010, pages 431-433