avril 30, 2019

Messe de rite Chaldéen - Antun Goral



A la 32° minute, il est considéré que le Saint Sacrifice est un mémorial ! Toujours cette influence maintenant aussi chez les catholiques orientaux de ce Protestantisme qui a détruit toute conscience du Mystère et du Sacré dans l'Eglise Latine. La consécration des Saintes Espèces et la communion dans un temps hors du temps à l'unique Sacrifice de NSJ+C, qui fait que le SACRIFICE PROPITIATOIRE est COMMUNION et ACTUALISE LE SACRIFICE EXPIATOIRE de NSJ+C; (Sacrifice expiatoire, non que Dieu ait à expier quoi que ce soit pour Lui-même, mais pour nos péchés puisque l'homme fut incapable par ses propres moyens de faire Alliance avec Dieu, l'Ancienne Alliance étant rompue par le péché du veau d'or...) CETTE ACTUALISATION fait que LA CONSECRATION DES SAINTES ESPECES N'EST PAS UN MEMORIAL MAIS UN CEREMONIAL !µ
Jean-Pierre BONNEROT

Les Rites Orientaux subissent-ils aussi l'influence du Proitestantisme ?


A la 32° minute, il est considéré que le Saint Sacrifice est un mémorial ! Toujours cette influence maintenant aussi chez les catholiques orientaux de ce Protestantisme qui a détruit toute conscience du Mystère et du Sacré dans l'Eglise Latine. La consécration des Saintes Espèces et la communion dans un temps hors du temps à l'unique Sacrifice de NSJ+C, qui fait que le SACRIFICE PROPITIATOIRE est COMMUNION et ACTUALISE LE SACRIFICE EXPIATOIRE de NSJ+C; (Sacrifice expiatoire, non que Dieu ait à expier quoi que ce soit pour Lui-même, mais pour nos péchés puisque l'homme fut incapable par ses propres moyens de faire Alliance avec Dieu, l'Ancienne Alliance étant rompue par le péché du veau d'or...) CETTE ACTUALISATION fait que LA CONSECRATION DES SAINTES ESPECES N'EST PAS UN MEMORIAL MAIS UN CEREMONIAL !

Jean-Pierre BONNEROT


https://youtu.be/yeQaENuxWd4


avril 22, 2019

Pour revenir à l’absence de Réconciliation de N-D de Paris, et la conservation intacte de l’ancien autel, lui, consacré…


De l’absence de toute cérémonie liturgique de Réconciliation de la cathédrale suite aux actions profanatrices de Femen, il sera observé que ce qui était validement consacré est resté intact comme l’autel ancien … Il ne s’agit pas de hasard ni de magie, mais du respect d’un minimum de science liturgique, d’où le fait que ce qui n’était pas préalablement béni ou consacré selon les Rituel de la consécration d’un autel, de la lustration extérieure et intérieure (murs, j’ajouterai piliers) de l’édifice (cathédrale, église), comme sans doute selon les usages liturgiques ne furent pas respectés pour le nouvel autel, celui-ci n’est plus, l’ancien lui est intact !

On prêtera attention à ce qui est dit à 1’ 21’’
https://youtu.be/sQ6xFXgS3Hs

Il ne s’agit pas de miracle mais de liturgie, si donc l’ancien autel, lui, est demeuré intact.

Une cérémonie de Réconciliation aurait réparé la profanation et permis au lieu de recouvrer la bénédiction partiellement perdue.

L’un des drames de l’Eglise Latine, ce n’est pas par lui-même le changement dans les rites, mais la perte de la conscience du Sacré, nous ne sommes pas, par la liturgie dans le monde des symboles et de la symbolique, mais dans celui de la Communion entre le visible et l’invisible.

Jean-Pierre BONNEROT

avril 20, 2019

La Petite Histoire - Croisades : le grand mensonge

TEMOIGNAGES DE PENITENTS DE SARTENE




Extraits du beau livre de Monsieur Didier GIROUD-PIFFOZ
Le sang et la lumière

Tous les témoignages de ce livre sont importants. Mon inhabileté à scanner des documents m’empêcha de livrer les 7 témoignages offerts par ces Pénitents, comme autant de Grâces. Le livre édité à compte d’auteur et acquis à sa sortie en 1982, est certainement encore trouvable.
Merci à l’auteur de ce recueil de permettre de disposer de ce qui semble être l’un des plus beaux témoignages sur le Pénitent de Sartène.
JPB


PREMIER TEMOIGNAGE

Un ancien pénitent — anonyme bien entendu — a préféré témoigner oralement plutôt que par écrit. A sa demande, j'ai donc enregistré notre conversation téléphonique et le texte ci-dessous est la transcription exacte de ce témoignage.
Pénitent - Vous me demandez comment on devient un jour pénitent? Devenir pénitent, c'est quelque chose que l'on sent d'a¬bord au fond de soi, et puis, bien entendu, il faut s'inscrire des an¬nées à l'avance.
Maintenant, quelles sont les motivations qui poussent un homme à faire le chemin de Croix dans les rues de Sartène ? C'est autre chose. Il y a des hommes qui, six mois ou un an ou deux ans aupa¬ravant, souhaitent le faire en se disant : «Je vais faire le pénitent parce que j'ai commis une mauvaise action et que je veux expier». Vous avez d'autres gens pour qui, lorsqu'ils sont sous l'habit du pénitent, ça prend une autre proportion. Et tout ce que l'on a pu penser pendant des mois change complètement. Parce que, de tou¬tes façons, le pénitent est seul. Le pénitent est toujours seul. Autour de lui, il n'entend qu'un certain brouhaha, une certaine rumeur. Il n'arrive même pas à saisir véritablement le chant du «Perdono mio Dio». Il ne peut pas le saisir étant donné que la cagoule du pénitent est complètement collée à la tunique et, de ce fait, il n'y a que deux trous pour les yeux, un tout petit trou pour respirer, c'est tout.
DGP — Le repentir, le désir d'expiation sont-ils les seules motiva¬tions qui peuvent pousser un homme à devenir pénitent ?
P — C'est possible. Il est difficile de parler de cela, mais, par exemple, si des gens ont tué et n'ont pas été condamnés, à partir de ce moment-là, ils n'avaient pas, je pense, le droit d'aller se livrer à la justice en disant : «C'est moi qui ai tué X parce que monsieur Y a tué mon frère ou a tué mon père». Cet homme-là, on l'aurait peut-être mis en prison pendant vingt ans et ça ne lui aurait rien apporté, si ce n'est une certaine révolte. Alors il peut faire le péni¬tent. Mais seulement, lorsqu'il est sous la cagoule, il n'y a pas uni¬quement le repentir qui compte pour lui. Parce que ce repentir au¬quel il pensait auparavant, cela devient autre chose. Il y a d'autres sentiments qui jouent en lui. Il peut penser à sa naissance. En mê¬me temps. Il peut penser à certaines personnes qui ne savaient pas qu'ils devaient faire le pénitent. Parce que, lorsqu'on fait ce genre de choses, en principe on ne le dit pas. Ou alors à très peu de gens. Et surtout pas aux personnes âgées. Ça pourrait leur faire trop mal.
(Silence).
Pour le pénitent, il y a cette question du repentir, bien sûr, mais il peut aussi faire cela parce qu'il a été sauvé d'une maladie. Il pen¬sait qu'en faisant le Catenacciu, en prenant ses risques... Il y a évidemment des risques. Ils sont énormes. Jusqu'à présent, il n'y a jamais eu d'accident. Mais... Le pénitent souffre sous sa cagoule, parce qu'il pleure. Ça, per¬sonne ne le voit. Il transpire. Et puis il y a mille choses qui se pas¬sent dans sa tête. Il y a des moments, parce qu'il est tout seul, il ar¬rive qu'il se dise: «Bordel de merde! Pourquoi est-ce que je fais ça?». Et il continue, parce qu'il doit continuer.
La seule chose dont le pénitent se souvienne surtout, c'est cette Croix qui le gêne terriblement. S'il est de nature petite, ça le gêne encore plus. Et puis, c'est surtout la chaîne. Ce n'est pas tant qu'il l'entend, qu'il la perçoit, il la sent. Il peut penser à ces bagnards qui avaient un boulet accroché à leur cheville...
DGP — Mais les bagnards ne l'avaient pas choisi.
P — ... les bagnards ne l'avaient pas choisi, mais lui l'a choisi et il se dit : «II faut que j'y aille. Il faut que je continue».
Cette action de repentir, ça peut être aussi parce qu'on a pensé, parfois, que l'on a fait du mal aux gens qui vous ont élevé - et qui n'avaient aucune raison de le faire - et ces gens-là ne savent pas qu’éventuellement vous avez fait le Porte-Croix ; Sous la cagoule, il y a des tas de choses qui peuvent se passer. On peut être complètement démoralisé. C'est souvent le cas. Je crois que, au début de la procession, on peut penser qu'on fait, en quelque sorte, un acte de charité, d'humilité. A mi-par¬cours, on a envie de tout abandonner en se disant que, de toutes façons, ça ne sert à rien parce que, éventuellement, dans six mois ou dans un an on va recommencer, si on doit expier ses péchés, à refai¬re la même chose. Et ce n'est pas parce que l'on a porté la Croix, un soir, qu'on effacera tout. Seulement, cette Croix que l'on porte, ce soir-là, on la sent. On la sent parce qu'elle fait mal. Très mal. Ceci ajouté à la chaleur derrière la tunique et la cagoule. On n'arrive pas à respirer. Alors, avec les efforts que l'on fait, lorsqu'on a une santé robuste, c'est déjà difficile, mais lorsqu'on a ou qu'on a eu une santé fragile, ça devient beaucoup plus dur. De toutes façons, si l'on est un enfant de Sartène, on connaît chaque endroit du parcours du pénitent et il peut arriver qu'on y pense lorsqu'on est sous la cagoule. On voudrait que quelqu'un vous tende la main. Seulement personne ne peut vous tendre la main. Et puis, des fois, vous voyez quelqu'un que vous connaissez bien. Ou que vous aimez bien. Ça peut être un ami. Ça peut être un ennemi...
DGP — Mais qui ne sait pas.
P — ... il ne sait pas, mais vous, qui êtes sous la cagoule, vous l'a¬vez vu. Et alors, si auparavant vous pensiez que vous faisiez ça pour votre mère ou pour votre père ou dans un but d'expiation...

(Silence)

II y a des tas de choses qui vous reviennent malgré tout à l'esprit sous la Croix, mais vous n'avez qu'une seule envie, c'est que ça se termine. C'est que ça finisse. Le plus grand moment pour le péni¬tent c'est celui où il se repose enfin. A l'autel. Mais malgré tout, il pense encore. Parce que pour lui ça continue. Il peut y avoir une femme qui sait que son mari fait le pénitent, mais elle ne peut pas comprendre. Personne ne peut comprendre la souffrance que peut endurer le pénitent. Parce qu'on ne peut pas se plaindre. Mais on ne fait pas le Porte-Croix dans un but de gloriole, on fait surtout le Porte-Croix parce qu'on l'a en soi et il faut, il est nécessaire parfois, si on en a la chance, de faire cette pénitence. On sait qu'on va souffrir. Mais ça ne fait rien. Voyez-vous ce qui se pas¬se sous la cagoule, c'est mille choses. Et le besoin d'en finir. Je crois que le Catenacciu, il revit, en l'espace de quelques instants, - de quelques instants seulement - toute sa vie. Après, c'est un flou.
C’est fini. Après ce n’est plus qu’essayer de changer la Croix d'épaule, ce qui n'est guère possible. Et puis, c'est ce boulet, cette chaîne qui gêne terriblement. Et puis, c'est surtout la chaleur. Parce que si le Catenacciu avait une cagoule plus aérée, ce serait peut-être moins dur pour lui. Mais à ce moment-là, il ne serait pas le Catenacciu.
C'est un mélange de tout. On peut saigner. Par rapport à la cha¬leur, on peut saigner du nez. Personne ne peut s'en apercevoir. On peut pleurer. On peut tout se dire à soi-même. Je crois que c'est le seul instant où on peut tout se raconter. Mais ça dure très peu de temps. Parce que l'on n'a pas le temps de penser. Ni de penser ni de voir. Faire le pénitent, c'est tout un monde. C'est pouvoir se donner à soi même - non pas se prouver - se donner à soi-même...
(Silence), se dire des choses que l'on n'ose pas se dire, en temps normal. Parce qu'on peut se dire: «Je suis un salaud», mais ça, il n'y a que le pénitent qui le sait.
Du point de vue vestimentaire, il est préférable de s'habiller lé¬gèrement. Un short. Un maillot de corps. Mais on ressent alors beaucoup plus la Croix, bien sûr. Parce que la Croix, c'est un peu comme un torticolis. Un torticolis douloureux. On n'arrive pas à bouger la tête, si l'on a décidé de porter la Croix toujours du même côté.
DPG — Les pénitents ne changent pas systématiquement la Croix
à droite ou à gauche, ce qui est difficile parce que la Croix est telle¬ment grande que, de toutes façons, tout le poids porte sur le cou. Et
ça fait mal.
Et puis on n'y voit rien, alors on marche...
DGP — Et la chaîne ?
P — C'est ce qui est le plus difficile. Plus que la Croix.
DGP — Plus que la Croix ?
P — La chaîne, elle est facile à porter à la sortie de l'église. Elle est difficile à porter en commençant une certaine montée, qui est très pénible, c'est-à-dire là où il y a toutes les grandes marches. Là, c'est difficile. Parce qu'il faut la traîner derrière soi et qu'elle ne suit pas toujours. Ce qui est encore plus dur, pour le pénitent, c'est après sa chute...
DGP — II doit tomber trois fois ?
P — Oui. Le pénitent tombe toujours trois fois, comme le Christ, bien sûr, puisque ce n'est en fait qu'une représentation du chemin

de la Croix... Mais pour le pénitent, lorsqu'il tombe, il faut se relever. Il peut y avoir des membres de la confrérie qui l'aident, mais en principe personne ne doit toucher le pénitent. Et puis, on peut se faire très mal en tombant. Mais il n'y a que les franciscains qui le savent. Après. Parce que c'est là-bas que l'on s'habille et c'est là-bas que l'on se déshabille.
(Silence)
Et puis ça fait mal. Physiquement, ça fait mal, mais ça fait mal aussi à l'intérieur. Il y a un mélange de douleur physique et morale et il y a des moments où il jure. Il jure sous sa cagoule...
DGP — Est-ce qu'il lui arrive d'avoir envie d'abandonner?
P —Justement. Il jure. Il jure, il a envie d'abandonner la Croix, il a envie d'abandonner les chaînes, ça lui traverse l'esprit. Il a envie de tout envoyer promener. Ça ne dure qu'un bref instant.
DGP — Qu'est-ce qui le pousse à se reprendre ?
P — Parce qu'il a choisi. Il a choisi. Et s'il ne savait pas exacte¬ment ce qu'il faisait, maintenant il le sait et il doit aller jusqu'au bout. Et puis, il y a la foi. Il y a l'espoir.
(Silence)
Parce que dans son chemin, dans son parcours, il y a des tas de choses qui se passent dans son esprit. Et s'il a fait ça, c'est qu'il a-vait des aspirations, des motivations. Alors, même si elles changent au cours du parcours - parce qu'elles changent - il continue. Non pas parce qu'il faut qu'il continue, il continue parce qu'il a choisi d'être un jour le Catenacciu et qu'il croit en ce qu'il fait. Et même si les tripes lui remontent, même si la bave lui coule parfois au coin des lèvres, même s'il n'arrive plus à respirer, même s'il tombe bien ou mal, il se relève. Il faut le faire. Il faut y arriver...
DGP — Et s'il ne peut plus se relever?
P — II faut qu'il le fasse. Il doit se relever, de toutes façons. Il faut qu'il se relève. C'est en lui, parce qu'il a cette foi, cette volonté. Et je crois que, nous autres pénitents, il faut aller jusqu'au bout, parce que, sans cela, ça ne servirait à rien d'avoir commencé.
(Silence)
DGP — Que ressent-on quand on apprend que l'on va être Cate¬nacciu? Comment l'apprend-on, déjà? Longtemps avant?
P — II y a quelques années, des gens qui devaient faire le Cate¬nacciu ont subitement dû être remplacés par quelqu'un d'autre. Lorsqu'on apprend que l'on va être Catenacciu, surtout de nos jours, ça vous fait un coup au cœur. Si l'on a déjà vu le Catenacciu, bien entendu. Mais, en principe, tous les pénitents ont déjà vu le Catenacciu et ils ont voulu faire le pénitent. C'est comme un coup. On sait qu'on va faire ça. Et puis ça passe. On attend...
DGP — De la joie ? De la peur ?
P — La peur. L'angoisse. Beaucoup d'angoisse parce que l'on se demande, justement, si l'on va réussir à tenir. Si on va pouvoir y ar¬river. Et puis ça passe parce qu'on ne le sait que très peu de temps à l'avance. A partir de ce moment-là, si la personne est toute seule, elle vit avec ça. Elle prend un avion, un bateau ou un train, ou elle descend de sa campagne si elle habite les environs et elle n'a de comptes à rendre à personne. Alors, le plus discrètement possible, elle essaie de monter chez les franciscains.
DGP — Seule, ou est-ce l'Archiprêtre qui l'accompagne ?
P — Ça peut se passer de différentes façons. On peut entrer seul, l'Archiprêtre a téléphoné, puis on dit son nom. Les moines francis¬cains savent que vous allez être le Porte-Croix du Vendredi Saint, le Catenacciu. Ou bien vous pouvez être accompagné par l'Archiprê¬tre, mais c'est assez rare.
DGP — Pour l'anonymat? Pour éviter d'attirer l'attention?
P — Voilà. On peut aller se promener du côté du cimetière puis, au retour, s'arrêter. En principe on rentre le mercredi et l'on en sort le samedi.
DGP — On entre toujours le mercredi ?
P — Non, pas du tout. On peut même rentrer le vendredi soir. On peut rentrer quelques heures avant parce qu'il y a eu un rem¬placement. Parce que le Catenacciu qui était prévu ne peut le faire, donc il y a toujours un remplaçant. Mais en principe on reste trois jours chez les franciscains. Ils vous donnent à manger normalement. Ils vous laissent réfléchir, ils ne vous ennuient pas. Ils vous deman¬dent si vous avez besoin de quoi que ce soit. Ils sont très humains. Ils ne cherchent pas à savoir pourquoi vous allez faire le pénitent. Ils vous laissent seul. Seul, avec votre pénitence, avec vos réflexions. Avec vous-même, pour que vous puissiez prendre conscience de ce qui va se passer le Vendredi Saint. On peut passer deux, trois jours, même quatre jours, même une semaine dans cette cellule, qui est une chambre, simplement. La porte des franciscains est toujours ouverte. Surtout pour quelqu'un qui doit faire le pénitent.
Vous pouvez communier ou vous ne communiez pas. Ce n'est pas une obligation.
DGP — Que fait-on ? A quoi pense-t-on ?
P —Justement, on prend conscience. On essaie de penser à des tas de choses de sa vie. Et pourquoi, vraiment, on veut faire le Cate¬nacciu. Parce que, à ce moment-là, il y a encore ce côté indécis. On sait pourquoi on veut le faire, mais ça a pu changer. Comme on s'est inscrit des années auparavant, les motivations ont pu changer.
DGP — Esf-ce que l'on n'est pas amené, au cours de ces années d'attente avant d'être choisi, à remettre en cause son désir même de faire le Catenacciu ?
P — C'est certain. Il ne faut pas toujours parler seulement du re¬pentir. Vous pouvez faire le Catenacciu parce que vous aimez quel¬qu'un. Par amour. Et ce qui allait bien lorsque vous vous êtes inscrit, parce que cette femme, ou parce que cette mère vous avait tout donné, peut se transformer subitement. Ça peut changer. Mais je crois que lorsqu'on s'est engagé à faire le Catenacciu, on le fait. Parce que le Catenacciu, c'est quelque chose qui se vit. C'est quel¬que chose d'intérieur. Le Catenacciu, quoi qu'il puisse arriver, si on sait qu'on va le faire, il vous prend. Il y a un malaise. Et, à partir de ce moment-là, on prend ses responsabilités et ça ne change pas. Si deux ans auparavant vous avez voulu faire le Catenacciu par amour, par affection, même par repentir, ensuite, lorsque vous savez que vous allez faire le Catenacciu, ces mêmes choses vous reviennent. Ça ne va pas durer longtemps. Mais elles reviennent quand même. Elles sont obligées de revenir. Dès l'instant où vous êtes chez les francis¬cains, vous avez le temps d'être tout seul avec vous-même et ça re¬vient.
Faire le Catenacciu, je crois, c'est une survie.
(Silence)
Quand je dis une survie, ça veut dire que lorsqu'on touche ce bois sacré de la Croix, on a l'impression que l'on peut être guéri pour tout. Parce qu'on y croit. Parce qu'on a la foi. Et si c'est par amour que vous l'avez fait et que ça ne marche pas, tant pis, ça peut être pour autre chose. Au moment même où vous faites le pénitent. Parce que, à ce moment-là, encore une fois, vous êtes seul. Avec Dieu. De toutes façons.
DGP — Et anonyme.
P — Et anonyme. Mais vous êtes surtout seul. Vous souffrez tout seul et on peut écrire, le lendemain matin, les plus belles choses sur le Catenacciu, il n'y a que celui qui l’'afait qui peut en parler. Vé¬ritablement. Je crois que devenir pénitent...

(Silence)
c'est un honneur. C'est un honneur dans le malheur.
DGP — Pourquoi dans le malheur ?
P — Dans la mesure où, bien souvent, on cherche à se raccrocher à quelque chose ou à quelqu'un. Là, on ne se raccroche qu'à la Croix. Et c'est ça qui est très important. Parce qu'il n'y a que cette Croix et cette Croix, ça représente énormément de choses. Ça représente la croyance. Ça représente la foi. Ça représente une certaine forme d'amour, même si l'on ne croit pas à l'église des bigotes et des gre¬nouilles de bénitier. Mais, de toutes façons, cette Croix, elle est ac¬crochée à vous. Vous l'avez sur votre épaule et c'est vous qui vous accrochez, en même temps, à Elle. Vous êtes collés l'un à l'autre. Et vous savez que vous.allez la porter pendant une heure et demie. Ça, tous les pénitents en sont conscients.
DGP — Est-ce qu'il y a une identification au Christ ?
P — Absolument. Vous savez, il y a quelques années, alors que je ne croyais pas en Dieu - pour moi, Dieu, c'était autre chose - j'ai eu un problème grave et sur mon lit je disais: «ô Christ». J'appelais le Christ. Et sous la Croix, on appelle le Christ. Même inconsciem¬ment, on l'appelle. Donc, ça veut dire qu'il y a la foi. Parce que, sans cela, ce n'est pas possible.
Le Catenacciu, pour moi, c'est la plus belle chose qui puisse exis¬ter


DEUXIEME TEMOIGNAGE

II y a beaucoup de motivations qui font qu'un homme décide un jour de poser sa candidature au Catenacciu. Elles sont toutes très valables, soit que l'on veuille expier une faute grave, soit que l'on veuille remercier Dieu pour un vœu réalisé. Pour ma part, je crois que l'expiation d'une faute grave amène principalement un homme à subir cette très dure épreuve.
On ne devient pas Catenacciu, chacun le vit selon son propre état d'esprit.
Dès le jour où vous avez posé votre candidature, il se passe beau¬coup de choses en vous. Dans votre état d'âme. Il faut attendre un temps assez long. Personnellement, j'ai attendu dix-sept ans. Mais je peux dire que pour moi il n'a jamais été question de remettre en cause quoi que ce soit. Au contraire, chaque année qui passait ne faisait que renforcer ma décision.
Je ne pense pas qu'il y ait de limite d'âge pour devenir pénitent et moi-même j'avais alors atteint la cinquantaine.
Je crois que pour faire un Catenacciu, il faut être catholique, mais surtout avoir la foi. Car le Catenacciu n'est pas une partie de plaisir, croyez-moi, et il faut avoir une foi immense pour supporter ce véri¬table calvaire.
Lorsque j'ai appris que je devais être le prochain Catenacciu, j'ai ressenti une très grande satisfaction, car je vivais depuis longtemps dans l'attente de ce jour. Mais j'ai aussi ressenti une très grande angoisse que je ne pouvais, d'ailleurs, définir.
Je suis rentré au couvent des franciscains dès le Mercredi Saint et l'on se trouve alors vraiment dans la peau du pénitent. On réalise, à partir de ce moment-là, que l'on va être le Catenacciu. Vous êtes là, seul avec votre conscience, et vous réfléchissez, vous méditez sur les raisons qui vous ont amené à poser votre candidature. Vous revivez tout ce qui a pu gâcher votre existence d'homme et de chrétien. C'est là que, pour la première fois de ma vie d'homme, j'ai amère¬ment pleuré. Et j'ai prié avec ferveur. C'est dans ce lieu de prière que l'on prend véritablement conscience de ce que l'on va être le prochain pénitent et l'on ressent alors une très grande tranquillité d'esprit, mais aussi un très grand poids au fond de soi. Au niveau de l'âme.
Le Vendredi Saint se passe dans le calme, avec confession et com¬munion. Puis après un très léger repas j'ai essayé, en vain, de m'endormir dans l'espoir de tuer le temps. Je me suis plongé dans la lecture du Livre Saint mis à ma disposition par les franciscains, puis* j'ai fumé cigarette sur cigarette, car au calme succède la nervo¬sité, l'anxiété et la peur.
Durant la procession je n'ai pas vu la foule. Je l'ai seulement sen¬tie présente. Je ne peux dire quelle est sa réaction mais je peux affirmer que cette foule n'a aucune emprise sur le pénitent, du moins en ce qui me concerne, car pendant son calvaire, le Catenac¬ciu pense à tout autre chose.
Comment supporte-t-on la douleur? Ça, c'est une bonne question. Je savais que ça allait être dur pour moi car, ayant été vic¬time d'un très grave accident, trois ans auparavant, j'ai eu fracture et tassement des vertèbres dorsales D3 et D4. Cela m'a fait énormé¬ment souffrir pendant la procession. Mais j'avais une telle foi et un si grand désir de me racheter que je me répétais sans cesse : « ce n'est pas assez dur». Pourtant, Dieu sait si ça l'était! C'est certainement à cause de cela que j'ai pu surmonter - difficilement, bien sûr -cette épreuve, je dirais même, sans exagérer, ce calvaire.
Sous la cagoule et sous la Croix on ressent une très grande tristesse et surtout une grande lassitude. Pourtant il ne m'est jamais venu l'idée d'abandonner. Au contraire, la douleur m'a stimulé tout au long du parcours, car je pensais au Christ et aux raisons qui m'avaient décidé à vouloir subir cette souffrance.
Après la procession, le Catenacciu «espère» avoir servi ses propres motivations mais aussi avoir montré aux curieux qu'il y a encore, sur cette terre, des hommes qui croient au pardon, au repentir, et surtout à l'expiation et à la miséricorde divine. Ensuite, le pénitent reprend ses activités habituelles avec soulagement, avec une âme neuve, un esprit tranquille. Quant à dire qu'il est allé au-delà de lui-même, il ne cherche pas à le savoir et laisse au Tout-Puissant le soin de juger s'il a vraiment mérité son pardon.



QUATRIEME TEMOIGNAGE


L'essentiel de ce témoignage m'a été transmis par lettre. Toutefois, ce pénitent m'a téléphoné quelques jours après pour m'apporter certaines précisions. Les plus intéressantes d'entre elles ont été insérées dans le corps même du témoignage. Elles figurent à part dans des paragraphes légèrement décalés et sont précédés et suivies de ooo.
Je me suis inscrit pour le Catenacciu à la suite d'un vœu, fait lorsque mon fils était gravement malade. A l'âge de deux ans il a failli mourir. Il était pratiquement perdu et puis... miracle, le der¬nier médicament administré (la dernière chance selon les médecins) a réussi. Mon fils a été sauvé. Je me suis donc inscrit sur la liste d'attente et l'Archiprêtre de l'époque m'a laissé entendre que ce serait long. J'ai attendu huit ans et je n'y croyais plus. Je n'ai jamais remis en cause cette décision, mais j'ai pensé que l'on m'avait ou¬blié.
Je ne pense pas qu'il y ait un âge maximum pour devenir Cate¬nacciu, mais compte tenu des difficultés, la Croix très lourde, les chaînes aussi, il me semble que la limite devrait être de quarante-cinq ans. Personnellement, j'avais quarante ans lorsque j'ai été enfin choisi.
Je pense qu'il faut être Corse ou de parents corses (cela n'engage que moi) pour faire le Catenacciu qui est une vieille coutume de chez nous. Il faut être également catholique car le Catenacciu n'est pas un jeu, un pari, un spectacle pour les autres. Il faut être catho¬lique et JE SUIS CATHOLIQUE, de parents catholiques, de beaux-parents catholiques.
Quand j'ai su que j'étais le prochain Catenacciu, j'ai eu peur car, à l'époque, j'étais très malade et très fatigué. Mais Dieu l'a voulu ainsi et il m'a appelé cette année-là, malgré la fatigue. JE NE DEVAIS PAS RECULER. Je n'avais pas le droit, si près du but, de refuser. Mon épouse s'y est opposée en raison de mon état de santé mais rien n'y a fait. JE DEVAIS FAIRE LE CATENACCIU POUR REMERCIER DIEU D'AVOIR SAUVÉ MON FILS.
Je suis arrivé à Sartène dans l'après-midi du Mercredi Saint en faisant très attention de ne pas me montrer. Les moines du couvent Saint-Damien m'attendaient. Ils m'ont très bien reçu. Je suis resté deux jours enfermé dans une petite chambre. Deux jours très longs où j'ai lu énormément de livres religieux et certains passages de la Bible dont les moines m'avaient conseillé de m'imprégner. J'ai eu souvent leur visite et c'est bien grâce à eux que j'ai gardé le moral et la force nécessaires ; car plus l'événement approchait, plus je me sentais nerveux. J'avais peur de ne pas y arriver. Toute la journée du Vendredi Saint je n'ai fait que penser à ma famille, je savais que quelque chose d'important allait m'arriver ce soir-là.
ooo A part ma femme (et un ami venu me chercher à Ajaccio) personne ne le sait, même pas mes enfants. Même pas ma mère. Au moment où je suis parti, j'ai ressenti quelque chose en ma femme qui lui a fait plaisir tout au fond d'elle-même. Elle a été contente. Sans me le montrer, mais elle a été contente. Pas comme au retour, bien entendu. C'était tout à fait différent. Elle m'a reçu avec vraiment une sorte... d'admiration, ooo

Les dernières heures avant le Catenacciu ont été très longues et quand, vers vingt heures trente, la porte de ma cellule a grincé en s'ouvrant et que j'ai vu apparaître les trois moines franciscains venus m'habiller, j'ai eu un grand coup au cœur et là, VRAIMENT J'AI COMPRIS QUE J'ÉTAIS LE CATENACCIU, et j'étais prêt à affronter le parcours.
J'ai eu peur de la foule, je ne le cache pas. Cette foule qui vous gêne pour avancer, cette foule qui vous bouscule pour voir, pour toucher. Cette foule immense et VOUS TOUT SEUL. J'ai vu des photographes jeter leurs ampoules de flash sur mon passage et je n'ai pu les éviter. Cela fait très mal. Très mal aussi les réactions de certaines personnes : «Non ! Il ne faut pas l'aider, il faut qu'il souf¬fre, il l'a voulu, il doit en baver». Il y a de tout sur cette terre mais GRÂCE À DIEU, et non avec l'aide d'autrui, J'AI REUSSI.
Il fait très chaud sous la cagoule, on est inondé de sueur et il est impossible de s'éponger. La robe est chaude. La Croix est très lourde et coupante. Les chaînes aussi. Les crampes viennent vite et vous font terriblement souffrir. Vous essayez de passer la Croix d'une épaule à l'autre. La douleur est une chose horrible mais il faut la surmonter. La résistance humaine est généralement la plus forte.
ooo Au moment du Catenacciu, j'étais malade et très fatigué, surtout avec tous les médicaments que j'avais absorbés. Seulement je ne pouvais pas refuser, alors j'y suis allé. Mais c'est ce qui m'a pratiquement achevé et aussitôt après, je suis entré à l'hôpital. Cet ami qui était venu me chercher à l'aéroport, si je ne l'avais pas eu à côté de moi, dans la foule, je crois que je ne serais pas allé jusqu'au bout. Je ne le voyais pas, mais je sentais qu'il était là. Il savait que je souffrais et il m'a apporté une force extraordinaire pour terminer.ooo
J'ai eu l'impression de revivre le chemin de Croix surtout dans la seconde moitié du parcours, quand la douleur et la souffrance sont apparues.
ooo vous ne regrettez pas d'avoir fait le Catenacciu ?

Ah non! Ça jamais. Jamais de ma vie je ne le regretterai. C'est magnifique. Cette procession est la plus émouvante, la plus poignante, la plus sincère cérémonie sartenaise. Passant devant eux, j'ai vu des gens pleurer, des gens me plaindre, des gens me caresser rapidement, des gens prier. Beaucoup étaient venus assister à la souffrance de cet homme sous une cagoule représentant le Christ. Ils vivaient vraiment la procession. Même si beaucoup aussi, venus en curieux, n'étaient là que pour se moquer et pour souhaiter que je ne termine jamais le parcours.
Le calvaire que j'ai enduré, toute ma vie je m'en souviendrai. Je savais que c'était pénible, très pénible, mais à ce point je ne l'aurais jamais imaginé. Pourtant, je ne le regretterai jamais. Et s'il devait à nouveau arriver un malheur dans ma famille, quitte à y laisser ma peau, je le referais.ooo
Et puis, il y a les chutes. Le pénitent doit tomber trois fois, à des endroits bien précis. Mais croyez-moi, quand on tombe, on est vraiment content de tomber. Surtout la dernière fois. J'entends en¬core le cri de frayeur de la foule parce que j'avais reçu la Croix sur la tête. Je n'en pouvais plus.
ooo D'ailleurs, aussitôt après, j'ai éclaté en sanglots. Les nerfs ont lâché. La fatigue et l'émotion de faire ce Catenacciu, surtout, et mes nerfs ont lâché. J'ai pleuré. Et je n'oublierai jamais le regard de ce gosse, à ce moment précis. Il a senti mes larmes sous la cagoule, je l'ai lu dans ses yeux. Ensuite j'ai retrouvé la force de me relever.°°°

A l'une de mes chutes, aussi, une vieille femme est venue me baiser les pieds, me caresser le dessous des pieds où j'avais déjà des morceaux de verre. C'était ma belle-mère. Elle avait soixante-dix-huit ans. Et j'ai su ensuite que ma femme avait, exceptionnellement et compte tenu de son âge, averti sa mère. Là encore, j'ai éclaté en sanglots et il m'a fallu un énorme courage pour me relever et continuer mon calvaire.
Comment vit-on après avoir été Catenacciu ?
Je suis resté le même. J'ai simplement l'impression d'avoir accompli quelque chose de très beau, de très fort, d'être moi-même plus fort, d'avoir atteint une limite et de l'avoir franchie.
Je suis fier aujourd'hui d'avoir été Catenacciu.

La Passion de Jésus Christ (FILM CHRÉTIEN) film complet en français

catenacciu 2011 a sartene 1ere partie

catenacciu 2011 a sartene 2eme partie

mars 14, 2019

THEOLOGIE ET QUESTIONS DISPUTEES: LETTRE OUVERTE A L'EVEQUE D'ANNECY

THEOLOGIE ET QUESTIONS DISPUTEES: LETTRE OUVERTE A L'EVEQUE D'ANNECY: FRANC-MACONNERIE ET CATHOLICISME A PROPOS DU CAS DU PERE   PASCAL VESIN Monseigneur, Alors que n'apparaît pas sur le si...

A propos d'une émkission sur la FM



Bien qu'il ne s'agisse que de la FM a-dogmatique et libérale, seront appréciées les explications du prêtre qui certes historiquement n'ose pas dire que la condamnation Papale vient uniquement de l'opposition affirmée d'Anderson à Rome, si l'on veut bien lire ses Constitutions.

https://www.youtube.com/watch?v=q1XCtEjsav4

Les miracles, y croyez-vous ? LIVE BTLV

mars 13, 2019

A propos de la parfois mauvaise critique que l’on fait à SS Benoît XVI en lui reprochant de dire que le peuple Juif ne serait pas déicide



Il est des blogs bien construits dont c’est un réel plaisir de par la mise en page, le choix des illustrations, de les lire régulièrement, c’est le cas du site traditionaliste LA QUESTION : http://lebloglaquestion.wordpress.com/orientations-doctrinales/

Ce site pose en son dernier article que le peuple Juif est déicide et reproche au Pape de Rome de « proclamer » en le volume deux de son livre : Jésus de Nazareth » : l’innocence du peuple juif dans la condamnation de Jésus+ Christ. »

Avant d’aller plus outre dans l’examen d ce reproche et le sens des termes choisis par Benoît XVI, je me permets pour le curieux de livrer les liens de ce site relatifs au judaïsme notamment :

http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/03/11/les-juifs-peuple-deicide/#comment-15157
http://www.la-question.net/archive/2010/03/12/l-antijudaisme-chretien.html
http://www.la-question.net/archive/2009/01/28/l-antijudaisme-theologique-de-l-eglise-catholique.html
http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/02/23/la-bulle-antijuive-de-paul-iv-%e2%80%98%e2%80%98cum-nimis-absurdum%e2%80%99%e2%80%99/
http://www.la-question.net/archive/2010/02/03/israel-la-synagogue-de-satan.html
http://www.la-question.net/archive/2009/12/17/joseph-de-maistre-et-les-juifs.html
http://www.la-question.net/archive/2009/11/28/le-chef-des-juifs-l-antechrist.html
http://www.la-question.net/archive/2009/11/07/le-sionisme-et-l-antechrist.html

Il sera aisé de constater que la positon choisie est particulièrement extrémiste, et permet au plan théologique notamment d’en contester les conclusions.
Les racines d’un certain anti- judaïsme s’inscrivent dans l’histoire de l’Eglise, déjà au II° siècle, Justin déclare : « Oui, votre main est encore étendue pour faire le mal. Vous avez mis à mort le Christ; loin d'en faire pénitence, vous nous poursuivez de votre haine, ainsi que je l'ai déjà dit, nous qui, par le Christ, croyons maintenant au Dieu créateur et père de toutes choses; et toutes les fois que vous le pouvez, vous ne manquez pas de nous mettre à mort. Avez- vous jamais cessé de charger de malédictions et le Christ, et tous ceux qui sortis de lui portent son nom? Quant à nous autres, nous ne savons que prier pour vous et pour tous les hommes : ainsi nous l'a recommandé le Christ, notre divin maître; il nous a fait une loi de prier pour nos ennemis, d'aimer ceux qui nous détestent, de bénir aux qui nous maudissent. » (Dial. Avec Typhon, 133). Méliton de Sardes en traité Sur la Pâque s’écrie : O Israël criminel, pourquoi donc as-tu commis cette injustice inouïe de précipiter ton Seigneur dans des souffrances sans nom, ton Maître, celui qui te forma, qui te créa, qui te nomma Israël ? Mais toi tu n’as pas été trouvé « Israël », car tu n’as pas vu Dieu, tu n ‘as pas reconnu le Seigneur, tu n’as pas su ô Israël, que c’’est lui, le Premier-né de Dieu, … » (§§ 81,82).
Méliton a posé le vrai problème : Israël n’a pas vu Dieu, Israël ne pouvait dès lors reconnaître Le Seigneur…

D’autres Pères tels Augustin, Jean Chrysostome, Pierre Chrysologue notamment évoqueront ce que l’on pourrait dénommer la condamnation d’Israël, mais peut-on condamner celui qui n’a pas conscience de l’acte qui lui est reproché ?

Israël se trouve toujours sous la condamnation du péché du Veau d’or : « Ces deux Yod correspondent également aux deux yeux séphirotiques, d'où coulèrent deux larmes 2 qui tombèrent dans le grand océan a. Et pourquoi sont-elles tombées dans l'océan? En raison des tables de la loi que Moïse fit descendre du ciel, et dont Israël n'a pas été jugé digne de profiter. C'est pourquoi elles furent brisées et jetées. C'est ce qui occasionna la destruction du premier et du second temple. Et pourquoi les premières tables furent-elles jetées, alors que Moise pouvait s'en servir pour les rendre aux Israélites? C'est parce que le Vav 3 s'en est envolé 4. C'est ce même symbole qui est indiqué par le Vav du mot « vayyitser » (et il créa). C'est pourquoi Moïse donna à Israël d'autres tables de la loi, qui étaient du côté de l'arbre du Bien et du Mal. C'est pour cette raison que la Loi est formée (les préceptes négatifs et de commandements : « Ceci est permis, cela est défendu » ; c'est parce que la Loi émane de l'arbre du Bien et du Mal » (Zohar, I, 26b)

L’Alliance Ancienne est rompue par la destruction des premières Tables, quelle conscience le Judaïsme peut-il dès lors avoir de Dieu, s’il est sous la dépendance de l’arbre du bien et du mal, alors qu’il lui incombe selon le Zohar (III, 124b) de se ranger sous la dépendance de l’arbre de vie.
La non reconnaissance de l’Incarnation de Dieu par le Judaïsme demeurant sous la dépendance de la Loi rabbinique née du péché du Veau d’or – selon la pensée des kabbalistes : http://www.kabbale.eu/lettre-d-un-kabbaliste-a-un-rabbin/ - relève d’une situation d’inconnaissance, situation qui empêche de qualifier les Juifs comme déicides, de première part parce qu’ils ne savaient pas et ne savent pas que Jésus+ Christ est Dieu, de seconde part, parce que quand bien même ils l’eussent su, pouvaient-ils tuer Dieu ? Non, et la preuve que je qualifierai de naturelle à ne pouvoir tuer Dieu, c’est qu’au matin de Pâques, les femmes myrrophores, venant au tombeau sont les premières à constater la résurrection, pour l’annoncer aux disciples http://www.orthodoxie.com/2010/04/l%C3%A9mission-l%C3%A9glise-orthodoxe-aujourdhui-du-18-avril-2010-les-femmes-myrrophores-elisabeth-behrsigel-.html et, relativement aux judaïsme, il conviendrait au mieux s’il y avait conscience, de qualifier l’acte d’intention de déicide, mais non de décide.

Cette intention de mettre à mort Jésus+ Christ, est patente en revanche, dans une hostilité amenant « les juges » à commettre vingt-sept irrégularités dans le mauvais et faux procès, comme l’ont exposé Messeigneurs Augustin et Joseph LEMANN en leur étude sur la Valeur de L’Assemblée qui prononça la mort contre Jésus + Christ :
http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Lemann/Valeur/table.html

Le cardial Jean DANIELOU avait résumé parfaitement résumé la question d’Israël face à Jésus+ Christ en écrivant : « Ce n’est pas Israël qui a crucifié Jésus, c’est l’infidélité d’Israël. Et par conséquent ce qui a causé la mort de Jésus, c’est en dernier lieu le péché. » (Dialogue avec Israël, Paris, La Palatine éd. 1983, p.130.

L’infidélité d’Israël peut en effet être retenue par sa soumission au péché du Veau d’or et son détournement alors de Dieu.
Le Pape de Rome pour sa part considère que le peuple Juif est innocent dans la condamnation de Jésus + Christ, cela est exact pour le peuple, cela ne l’est pas en revanche pour les membres du Sanhédrin, non parce qu’ils ignorent ou ne reconnaissent pas que Jésus + Christ est Dieu, mais parce que les membres du Sanhédrin eux, commirent vingt-sept irrégularités, et à ce titre ces êtres- là ne sauraient être qualifiés d’innocents.


Jean-Pierre BONNEROT
13 mars 2011

décembre 09, 2018

Économie et acribie


Dans quelle mesure l’application stricte de la loi canonique peut-elle être modérée par les réalités pastorales concrètes ? La tradition orthodoxe de l’économie peut susciter de nouvelles approches de la question du côté catholique.


Basile de Césarée

C’est à propos de la question de l’accueil dans la communion ecclésiale des hérétiques qui reviennent à la foi que Basile de Césarée, au 4e siècle, va poser des principes qui vont constituer la base de la théorie orthodoxe de l’économie. Deux lettres de Basile à Amphiloque d’Iconium sont concernées : la lettre 188, qu’on appelleracanonica prima, et la lettre 199, la canonica secunda. Ces deux lettres sont entrées dans la grande collection des sources du droit orthodoxe [1] Dans sa lettre 188, au canon 1, Basile distingue trois catégories parmi les « allodoxes » : (1) les hérétiques [αἱρέσεις] à proprement parler (pour des questions de doctrine), (2) les schismatiques [σχίσματα] (en matière disciplinaire) et (3) les conventiculaires [παρασυναγωγαί] (des communautés insubordonnées). La question se pose autour du baptême de ces allodoxes : faut-il les rebaptiser s’ils reviennent à l’Église ? Basile répond que le baptême des hérétiques est absolument nul [παντελῶς ἀθετῆσαι], on reçoit celui des schismatiques et on corrige les conventiculaires par une pénitence lourde avant de les réunir à leur rang, en réintégrant à leur rang les clercs. Les Pépuziens (Montanistes) doivent être tenus pour hérétiques. Le cas des Cathares (Novatiens), Encratites, Hydroparastates et Apotactites, qui sont des schismatiques, doit être ramené à celui des hérétiques, car, dit Basile, ils n’ont plus en eux la grâce du Saint Esprit [οὐκέτι ἔσχον τὴν χάριν τοῦ ἁγίου πνεύματος ἐφ’ ἑαυτούς]. Survient alors la phrase la plus discutée de ce canon 1 : « Cependant, comme certains dans le diocèse d’Asie ont décidé de reconnaître leur baptême [des Cathares, Encratites, Hydroparastates et Apotactites] sans faire de distinction, pour le bien d’un grand nombre, qu’il soit reconnu [2]. »
La coutume asiate en question, c’est un accueil dans la communion de l’Église par l’onction chrismale, sans rebaptisation. Basile applique ici le principe de l’économie [οἰκονομίας ἔνεκα τῶν πολλῶν] pour légitimer la reconnaissance du baptême de certains hérétiques par une condescendance pour la brebis perdue qui veut revenir. C’est très clair dans le second emploi du mot οἰκονομία dans ce canon 1, à propos des Encratites.

« Cependant, si cela devait constituer un obstacle à l’économie générale [Ἐὰν μέντοι μέλλῃ τῇ καθόλου οἰκονομίᾳ ἐμπόδιον ἔσεσθαι τοῦτο], il faut nous plier à la coutume et suivre les Pères qui ont géré les affaires ecclésiastiques [τοῖς οἰκονομήσασι τὰ καθ’ ὑμᾶς πατράσιν ἀκολουθητέον] ; j’ai bien peur en effet, que voulant les amener à abandonner la rebaptisation [que pratiquent les Encratites], nous ne mettions obstacle au salut par la sévérité de notre conduite. […] De toute façon, on doit observer la pratique établie [τὸ τῆς προτάσεως αὐστυρόν] d’oindre du saint chrême en présence des fidèles ceux qui ayant reçu leur baptême reviennent à nous et alors seulement les admettre à la communion des mystères. »

Basile maintient qu’aucun véritable sacrement ne peut être reçu en dehors de la véritable Église, et que donc le baptême de ces hérétiques ou de ces schismatiques n’est pas valide. Pourtant, par « économie », on ne réitérera pas leur baptême et on ne suivra donc pas l’application stricte du droit, c’est-à-dire l’ » acribie » [ἀκριβεία κανόνων] pour deux motifs : (1) la pratique générale (à l’économie générale), au nom de la communion de l’Église ; (2) le souci pastoral pour l’individu, puisqu’un converti sincère pourrait être découragé par la rigueur de la loi canonique.


Le régime de l’économie


À partir de cette réponse de saint Basile, on va donner un sens nouveau au mot économie, déjà bien connu en théologie. À la fin du IXe siècle, le patriarche Photius de Constantinople, dans une réponse à un certain Amphiloque, va ainsi expliquer : « On parle d’économie au sens propre pour l’incarnation du Verbe, admirable au delà de toute intelligence. Et en sens contraire au droit strict, l’économie se comprend comme la suppression pour un temps donné, ou une suspension ou l’introduction de relâchements en faveur de la faiblesse des justiciés, le législateur organisant alors économiquement sa prescription [3]. »
Dans le monde orthodoxe, l’économie est donc une dérogation exceptionnelle et dûment motivée d’une, ou de plusieurs normes disciplinaires, mais qui n’institue pas pour autant une dérogation générale et définitive de ces normes : c’est une suspension passagère de l’acribie en une circonstance particulière [4]. Autrement dit, c’est une façon d’apporter un adoucissement de la loi au motif d’une gestion pastorale des situations concrètes des personnes, mais toujours dans le respect de la communion ecclésiale et en s’appuyant sur les canons et la pratique des Pères.

En fait, le binôme économie/acribie ne fait pas l’unanimité parmi les théologiens orthodoxes : ce sont surtout les théologiens grecs qui y font appel sans tous l’interpréter de la même façon. Le rapport plus souple et plus pastoral à la loi et à une conception fortement juridique de l’Église qu’il permet s’explique historiquement par une volonté de se démarquer du juridisme catholique, souvent perçu comme exagéré par les Orientaux. Mais le théologien russe Georges Florovsky voit justement dans cette cause historique la preuve du caractère purement conjoncturel de cette théorie et de sa faiblesse. Il écrit, sévèrement : « L’explication “économique” n’est pas un enseignement de l’Église. Elle n’est qu’une “opinion théologique” personnelle, très tardive et contestable, née au cours d’une période de décadence de la théologie, d’un désir hâtif de se distinguer nettement de la théologie romaine [5]. »


Réception de l’économie dans le monde catholique


Dans la troisième partie d’un article de 1972 [6], Yves Congar a rassemblé des éléments possibles d’une théorie de l’économie dans la tradition occidentale : il énumère ainsi la dispense (avec la distinction d’Hincmar de Reims en 859/860 entre jugement large d’indulgence et jugement strict [7]), l’équité canonique, l’épikie (ἐπιεικεία, qu’on traduit souvent par équité), l’application du principe Ecclesia supplet ou encore la sanatio in radice.
Thomas d’Aquin, dans la Somme de théologie, explique ainsi : « Comme il a été dit plus haut quand il était traité des lois, puisque les actes humains, à propos de quoi les lois sont données, consistent en des faits singuliers et contingents, qui peuvent connaître des variations infinies, il n’est pas possible d’établir aucune règle de loi qui ne soit quelquefois prise à défaut ; mais que les législateurs regardent à ce qui se produit le plus souvent, en fonction de quoi ils proposent une loi qu’en de certains cas il est pourtant contraire à une justice équitable d’observer, ainsi qu’au bien commun, qui est le propos visé par la loi. Ainsi la loi stipule qu’on restitue les dépôts, puisque c’est ce qui est juste dans la plupart des cas. Mais il arrive parfois que cela soit préjudiciable, comme lorsqu’un fou a laissé son épée en dépôt et la réclame alors qu’il connaît un accès de folie, ou si on la réclame pour combattre contre le pays. Dans ces cas-là et dans d’autres semblables il est mauvais de suivre la loi établie, et il est bon au contraire, passant outre aux termes de la loi, de suivre ce que réclame l’esprit de la justice et l’utilité commune. C’est à cela que s’ordonne l’epieikeia, qu’on nomme chez nous équité. Il apparaît clairement de là que l’epieikeia est une vertu [8]. »
Mais on trouve une réception directe de la première lettre canonique de Basile par le magistère le plus solennel de l’Église catholique dans le document conciliaire Orientalium Ecclesiarum, à propos de lacommunicatio in sacris entre catholiques et orientaux : « […] La pratique pastorale montre, cependant, en ce qui concerne les frères orientaux que l’on pourrait et devrait considérer les multiples circonstances relatives à chacune des personnes, circonstances dans lesquelles ni l’unité de l’Église ne se trouve blessée, ni les périls à éviter ne se présentent, mais dans lesquelles au contraire la nécessité du salut et le bien spirituel des âmes constituent un besoin urgent. C’est pourquoi l’Église catholique, en raison des circonstances de temps, de lieux et de personnes, a souvent adopté et adopte une manière d’agir plus douce, offrant à tous les moyens de salut et présentant le témoignage de la charité entre les chrétiens, par la participation aux sacrements et aux autres célébrations et choses sacrées. En cette considération, le Saint Concile, “afin que nous ne soyons pas un obstacle par la sévérité d’une sentence envers ceux qui sont sauvés” [en note : S. Basile, Epistula canonica ad Amphilochium, PG. 32, 669 B], en vue de favoriser toujours davantage l’union avec les Églises orientales séparées de nous, a fixé la manière d’agir suivante. […] [9] »

Il semble donc possible, dans certaines circonstances particulières et par souci pastoral, d’adoucir la rigueur de la loi, sans la remettre en cause. En tout cas, le magistère le plus solennel de l’Église le revendique. Le dernier canon du Code de droit canonique de 1983 s’achève avec un appel à l’équité canonique [10] à propos du transfert d’un curé : « Can. 1752. Dans les causes de transfert, les dispositions du can. 1747 seront appliquées, en observant l’équité canonique et sans perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans l’Église la loi suprême. » Cette dernière maxime, « le salut des âmes doit toujours être dans l’Église la loi suprême » ne conclut-elle pas de façon résolument « économique » les textes de lois de l’Église ?


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[1] Les sources de la discipline canonique antique sont éditées par Périclès-Pierre Joannou, Fonti. Fascicolo IX. Discipline générale antique (IVe–IXe s.), t. II : Les Canons des Pères grecs, Grottaferrata : Tipografia Italo-Orientale, 1963 (Pontificia Commissione per la redazione del Codice di Diritto Canonico Orientale).
[2] Ἐπειδὴ δὲ ὃλως ἔδοξέ τισι τῶν κατὰ τὴν Ἀσίαν οἰκονομίας ἓνεκα τῶν πολλῶν δεχθῆναι αὐτῶν τὸ βάπτισμα, ἔστω δεκτόν.
[3] Ad Amphilochiam quæstio I, 14 = PG 101, 64–65.
[4] Voir par exemple la définition qu’en donne Jérôme Kotsonis, Problèmes de l’économie ecclésiastique, (Recherches et synthèses. Section de dogme, 2), Duculot, Gembloux, 1971 (1ère éd. : 1957), p. 182 : « L’Économie existe lorsque par nécessité ou pour le plus grand bien de certains ou de l’Église entière, avec compétence et à certaines conditions, une dérogation de l’Akrivie [= l’acribie] a été permise, temporairement ou de façon permanente, pour autant qu’en même temps la piété et la pureté du dogme demeurent inaltérées. »
[5] « Les limites de l’Église », Messager de l’Exarchat du Patriarche russe en Europe occidentale 10/37 (1961) 28-40, 1ère éd. : 1934, p. 35. P. 33, il estime que l’économie est une « capitulation devant l’équivoque et le vague ». Voir aussi sa note 1, p. 31.
[6] Yves Congar, « Propos en vue d’une théologie de l’“Économie” dans la tradition latine », Irénikon 45 (1972) 155-206
[7] Hincmar de Reims, de prædestinatione. Dissertatio posterior, c. 37, n. XI [PL 125,411D] : hæ sententiæ [sur la réception des clercs hérétiques] ad illam canonum formam pertinent, qua secundum rationis et temporis qualitatem aut propter ecclesiæ utilitatem, aut propter pacis et concordiæ unitatem, non præiudicatis maiorum statutis, quædam aliquando indulgentur, non ad illam qua pro lege irrefragabiliter tenenda constituuntur.
[8] Summa theologiæ, IIa IIæ, q. 120, c.
[9] Orientalium Ecclesiarum, 26 § 1.
[10] Sur l’équité canonique, on consultera en particulier le can. 19 et les commentaires qui en sont faits.



Rémi CHENO

décembre 07, 2018


https://orthodoxie.com/la-turquie-fait-disparaitre-la-culture-chretienne-dans-la-partie-occupee-de-chypre/?goal=0_9357f9bbb5-44e83e9d76-54679795&mc_cid=44e83e9d76&mc_eid=58454b2769

8 DÉCEMBRE IMMACULÉE CONCEPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE



Références :
Gen 3,9-15.20 : http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9an4elc.htm
http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9a421ec.htm
Eph 1,3-6.11-12: http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9aeu4va.htm
Lc 1,26-38: http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9bih1oa.htm


« Je vous salue Marie, pleine de grâce ». Depuis des siècles, des milliers, des millions de fois par jour, la Vierge Marie est saluée par les fidèles avec la salutation de l'Archange, que nous entendons résonner de nouveau dans l'Évangile d'aujourd'hui. Les enfants de l'Eglise apprennent des paroles de l'Archange Gabriel qu’en Marie Très sainte se réalise avec plénitude le mystère de la grâce de Dieu. L'Apôtre saint Paul enseigne que le Père fit demeurer toute plénitude en son Fils incarné (cf. Col 1,12-20), mais cette plénitude déborde du Christ, et de la Tête elle se répand sur le corps Mystique, qui est l'Eglise. Avant de descendre sur le corps, la plénitude du Christ se répand d’une façon unique, qu’on ne peut répéter, sur Marie, prédestinée dès l'éternité à être la Mère de Dieu.

Significativement, la liturgie rappelle dans la première lecture la figure d'Eve, la mère de tous les vivants. Les Pères ont vu en Marie la Nouvelle Eve, qui dénoua le noeud lié par la première femme. Le noeud de la désobéissance embrouillé par Eve, est dénoué par l'obéissance de Marie. Et comme Eve fut créée dans la pureté et dans l'intégrité, ainsi la Nouvelle Eve fut miraculeusement préservée de la contagion de la faute originelle, parce qu'elle devait donner l'humanité au Verbe, qui s'incarnait pour notre rachat. Saint Irénée compare la virginité de la terre pure dont fut tiré Adam à la virginité de l'humanité immaculée de Marie, dont fut tiré le second Adam : « Comme l'homme qui fut modelé le premier, Adam, reçut sa substance d'une terre inculte et encore vierge - Dieu, en effet, n'avait pas encore fait pleuvoir et l'homme n'avait pas travaillé la terre (cf. Gen 2,5) - […] ainsi, en récapitulant Adam en lui-même, Lui qui est le Verbe, il prit justement de Marie, qui était encore vierge, la génération qui est la récapitulation d'Adam » (Adversus haereses, III, 21, 10 http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/cpq.htm).

Le bienheureux Pontife Pie IX a défini, le 8 décembre 1854, que c’est un dogme de foi révélé par Dieu que « la très heureuse Vierge Marie au premier instant de sa conception, par grâce singulière et privilège de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, a été préservée exempte de toute tache de péché original » (Denz. - Schönm., 2803 http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/e1o.htm#d4l). Si la proclamation officielle du dogme est relativement récente, la profession de foi des chrétiens et de la liturgie elle-même, sur ce sujet, est très ancienne. En outre, quatre années plus tard, la Vierge Marie en personne, en apparaissant à Lourdes à sainte Bernadette, confirma de nouveau la vérité de la doctrine en se présentant par ces mots : « Je suis l'Immaculée Conception ».

La prédestination de Marie à cette grâce singulière - consistant dans la suspension du décret universel en vertu duquel chaque homme, dès l'instant de sa conception, est contaminé par le péché d'origine - nous mène dans les méandres les plus écartés du mystère du plan salvifique de la Très sainte Trinité. Dieu un et Trine a prévu depuis toujours l’incarnation future du Verbe, qui a pour fin la rédemption du genre humain tombé dans le péché, et il a donc prédestiné la Mère très pure de qui il aurait tiré l'humanité incontaminée, que le Fils aurait assumée pour rétablir en Lui la pureté originaire de la créature et la réorienter vers la gloire éternelle.
C’est pour ce motif que la liturgie, dans la deuxième lecture, nous rappelle, avec saint Paul, que le dessein de Dieu sur nous consiste à vouloir nous contempler, à la fin, saints et immaculés face à Lui. La pureté des origines a été perdue, apparemment de façon irrémédiable. Mais Dieu trouva la solution adaptée pour retourner le désastre causé par le mauvais usage de notre liberté. En Marie Immaculée, l'humanité brille de nouveau de cette pureté originaire qui semblait irrémédiablement perdue.

L'Immaculée Conception de Marie est la conséquence directe de sa Maternité divine. Saint Anselme d'Aoste l’écrit : « Il était juste que soit ornée d'une pureté supérieure, à laquelle on ne puisse rien concevoir de plus grand si ce n’est la pureté de Dieu même, cette Vierge à qui Dieu le Père devait donner son Fils de façon si spéciale, puisque ce Fils serait devenu le Fils commun et unique de Dieu et de la Vierge » (De conceptu virginali et originali peccato, XVIII). Ce lien entre le privilège de la Maternité divine et celui de l'Immaculée Conception de Marie, marque aussi sa supériorité à notre égard. Elle est certainement l’image parfaite de l'Eglise du Ciel, de la Jérusalem nouvelle et triomphante, qui n'a plus ni tache ni ride, au-delà de la douleur et de la mort. C’est pourquoi la Préface d'aujourd'hui déclare : « En Elle tu as marqué le début de l'Eglise, Épouse du Christ sans tache et sans ride, resplendissante de beauté ». Mais même au Ciel, Marie n'est pas et ne sera jamais une simple disciple, serait-ce la plus sublime, de son Fils. Elle est et sera toujours la Mère de Dieu, la Mère de l'Eglise, la Reine des anges et des saints. C’est pourquoi la Préface ajoute : « Et toi [Père saint], tu la prédestinais sur chaque autre créature pour être pour ton peuple avocate de grâce et modèle de sainteté ». Marie fut Immaculée parce qu'elle devait être la Mère de Dieu. Elle n’a pas seulement reproduit en elle la grâce originelle de la pureté, ni cet état final de vie bienheureuse, que nous aussi, en collaborant avec la grâce divine, nous pouvons espérer rejoindre un jour : Marie Immaculée est la Pleine de grâce. Pas seulement une disciple du Christ, qui a dépassé avec le secours de la grâce les liens du péché, mais plutôt le totius Trinitatis nobile triclinium, le noble lieu de repos de la Trinité (saint Thomas d'Aquin, Expositio salutationis angelicae, I). Cette partie élue de l'Eglise dont nous espérons nous aussi faire partie, qui pourra un jour chanter joyeusement devant le trône du Très haut, aura toujours pour Mère et Reine l'Immaculée Pleine de grâce.

CONGREGATIO PRO CLERICIS

décembre 01, 2018

Gnose Païenne et Gnose Chrétienne : Une interrogation sur le mal aspect théologique

L’idée du Mal s’inscrit dans une conception manichéenne du monde
- elle résulte de l’homme toujours insatisfait de sa condition
-
• mais c’est lui seul qui choisit par la Chute cette condition
• ce choix est la conséquence de l’Amour qui est Liberté

- la condition humaine ne permet pas d’accéder à la Connaissance du Vrai
- pourtant, cette connaissance, Dieu l’avait destinée à l’homme comme le rappelle l’Apôtre (I Cor. II, 6-9) :
«Cependant, c'est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis ; nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue, car, s 'ils l'eussent connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. »

• l’inconnaissance par le refus de la Vie Intemporelle amène à l’inconnaissance de qui est Dieu
• la vie temporelle maintient l’homme dans un péché suffisant pour ne pas reconnaître qui est Dieu

Alors que la Vraie Connaissance est dans l’union à Dieu, l’homme préféra se séparer de Son Créateur en présumant devenir comme des dieux connaissant le bien et le mal (Gen. III, 4-6)
«Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »

Certes, le Serpent ne ment pas, il n’est pas d’interdit sur l’arbre qui est au milieu du jardin et sur lequel porte la conversation entre le Serpent et Eve.
La réponse des Pères est que l’homme a voulu se nourrir par ses propres moyens et non de la seule Parole de Dieu, par ce fait il a refusé la vie intemporelle.
La tradition rabbinique considère que finalement c’est de l’arbre de la science du bien et du mal que le fruit fut cueilli (sur lequel seul figure l’interdit), conclusion sans doute émise à la suite de la lecture du verset 11 où l’homme acquérant par la Chute une corporéité, se rend compte qu’il est nu et Dieu l’interpelle (Gen. III, 11)
« Et l'Éternel Dieu dit : Qui t'a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger ?

Cette connaissance du bien et du mal ne peut être qu’imparfaite sinon erronée, car chapardée par l’homme avec ses seules ressources sans le secours de la Grâce, de la Communion à Dieu.

Cette prétendue connaissance car acquise dans le péché de la désobéissance qui est le refus de la vie intemporelle proposée par Dieu, se distingue, s’oppose et fait face à cette autre et vraie Connaissance qu’évoque l’Apôtre en I Cor. II, 6-9, et dont il rappelle :
« nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, »

Cette Sagesse, cette Connaissance, l’homme la refusa en se détournant de Dieu.

Interrogeons-nous sur notre compréhension du mal

L’Apôtre nous le rappelle (Rom. V, 12)
«C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché,... »

Avant d’aller plus outre, arrêtons-nous sur cette citation et écoutons la Tradition des Pères rappelée par Jean MEYENDORFF :
« En Occident on utilisé cette version pour justifier la doctrine du péché hérité d’Adam et s’é »tendant sur ses descendants. L’original grec ne peut en aucun cas avoir ce sens ; et c’est l’original, bien entendu, que lurent les Byzantins. La forme eph’hô contraction entre epi et le pronom relatif hô, peut être traduite par «parce que ». Cette traduction est acceptée par la plupart des érudits modernes de toutes confessions. Elle nous fait comprendre la pensée de Paul de la façon suivante : la mort qui fut « le salaire du péché » (Rom. VI, 23) pour Adam, est aussi le châtiment qui frappe tous ceux qui pèchent comme lui. Elle pose que le péché d’Adam a une signification cosmique, mais elle ne dit pas que les descendants du premier homme sont « coupables » comme lui, à moins qu’eux aussi pèchent comme lui a péché. » (1)
Alors que Dieu vit que Sa Création était bonne. Il sera remarqué que ce sentiment : «Dieu vit que cela était bon » en Genèse I, 12, 18, 21, 25 et 31, concernent les 3°, 4°, 5° et 6° Jours, alors que toute cette Création bonne est celle se trouvant au-dessous de l’étendue séparant les eaux supérieures des eux inférieures le 2° Jour.

Dieu ne donne pas Son sentiment – si j’ose dire – quant à ce qu’Il accomplit les deux premiers Jours.

Or, comment se présente ce qui précède la Création ?

Il est bien des années, fort d’une jeunesse présomptueuse, à l’école de Fabre d’Olivet, nous traduisions de l’Hébreu : « L'une des lectures de Be - Ré - A - CH - Y - TH peut se faire de la façon suivante :

BRA : constitue la racine du mot création
CHY : signifie justice rendue
TH : indique le principe de réciprocité.

La création est un acte de justice rendue selon une condition de Réciprocité, et avant d'aller plus outre signalons que Rachi dans le cadre de son commentaire du premier verset de la Genèse rappelle "qu'Elohim c'est le nom de Dieu exerçant la justice (2) » (3)

Prenons acte de ce que rien ne sera plus dit – semble-t-il – de ce qui se déroule dans l’étendue au-dessus de l’étendue créée le 2° Jour. En revanche, il échet de noter que cette Création (faite dans le cadre de ce qui est au-dessous de l’étendue créée le 2° Jour) répond si j’ose dire à un acte de Justice rendu selon un principe ou condition de réciprocité, ce qui sous-tend une antériorité à la dite Création.
Bien qu’il convienne de ne pas oublier le sens de la création :
« Be – Re- A – CH – Y – TH
2 2 (00) 1 3(00) 1(0) 4(00)
on notera pour mémoire qu’il a pour valeur 2 + 2 + 1 + 3 + 1 + 4 = 13, et Emmanuel LEVYNE signale que les mots hébreux signifiant Amour, Un, Guérison, Lumière, ont aussi pour valeur 13 (*4). Dès lors, le premier verset du Prologue peut se lire ainsi :
L’Amour était le Logos – L’Unité était le Logos – la Guérison était le Logos – La Lumière était le Logos. »(4)
Notre méditation nous conduit à comprendre ou déduire que la Création est un acte de Justice et d’Amour afin de procéder à une Guérison.

Une guérison !

Entendons le récit de la Genèse : « il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Gen. I, 2)

Se présentent donc avant la Création :

- l’Esprit de Dieu planant sur les eaux
- la Ténèbre à la surface (mais non) dans l’Abîme …

La Ténèbre pourrait très bien suggérer la Chute pré-originelle sur laquelle nous méditions déjà (5) et, dans ces conditions la Création constituerait la mise en place des conditions permettant à l’homme de ramener à Dieu ceux qui s’en éloignèrent (6), lorsque la première étape confiée à l’homme était déjà de garder et cultiver le Jardin d’Eden soit permettre en la protégeant, l’expansion de la Création, œuvre des six Jours : « L'Éternel Dieu prit l'homme, et le plaça dans le jardin d'Éden pour le cultiver et pour le garder » (Gen. II, 15) (7)

Nous comprendrons peut-être mieux le sens de ces paroles de NSJ+C en Son dialogue avec Son Père en cette nuit de Gethsémani, - alors que les disciples dorment et ne purent veiller même une heure… - , «C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde » (Jean XVII, 9)
Les conséquences de la Chute pré-originelle sont dans cette Création fruit des six Jours, face à ce premier acte où au lieu de garder la Nature et donc la Création, la contrôler et la maintenir dans la communion à Dieu, c’est le Monde, par ses matériels prestiges, qui contrôla l’homme et l’entraîna à se séparer de Dieu. Ce Monde qui a un Prince, Royaumes que NSJ+C ne conteste pas lors de la troisième tentative de tentation au Désert (7)
Dès lors que ce monde a un Prince parce que, de première part, cette Création fut faite en un acte de Justice à savoir ramener ce qui s’était séparé de Dieu à Son Créateur, de seconde part, l’homme se trouva enrôlé dans les chaînes de celui qui, pour des motifs qui peuvent n’être pas mauvais (8) l’amena à chuter.
Il convient avant d’aller plus outre de rappeler que contrairement à l’idée que nous nous faisons d’un manichéisme opposant le bien et le mal, et avant d’en venir à la pensée d’un Thomas d’Aquin par exemple, rappelons cette traditionnelle pensée des Pères de l’Eglise sur « Les Droits du démon » parfaitement bien relatée par l’abbé RIVIERE (9)
Nous posions une interrogation sur notre compréhension du mal.
C’est PELADAN à l’occasion de l’un de ses romans en un dialogue entre Bélit et Sathan :
"Bélit : Alors seras-tu pardonné ?
Sathan : Le dernier puisque je suis le plus coupable.
"Bélit : Ton châtiment on l'enseigne éternel.
"Sathan : Manichéenne. Crois-tu à un principe du mal ? Quand je suis tombé je n'étais que le plus élevé des rapports ; or le plus grand relatif ne peut pas entraîner une conséquence d'absolu. J'ai voulu réaliser l'idéal divin : je suis puni jusqu'à dépendre de l'imagination humaine. » (10)

Le plus grand relatif, ne peut pas entraîner une conséquence d’ absolu !

Tout est dit ou presque car PELADAN ajoute : «je suis puni jusqu'à dépendre de l'imagination humaine. »

La notion du mal dépend de notre imaginaire, de notre culture, conditionnés par les conséquences de notre Chute, qui ne nous autorisent pas à percevoir de ce qui n’est ni le Bien, ni le Mal, à savoir l’Amour qui, s’il était vécu comme il est demandé dans les Evangiles, nous ferait dire avec l’Apôtre : « ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi. » (Galates II, 20)
Lors donc de notre prochaine rencontre nous examinerons non plus l’aspect strictement théologiquement de ce Mystère que l’on attribue au mal, mais plus précisément sa compréhension dans l’histoire des pensées manichéennes, et des gnoses que l’on ne peut qualifier que de païennes.
Juste une dernière référence, cette déclaration du Docteur Angélique quant à savoir si les démons sont naturellement mauvais : « Les démons ayant de l'inclination pour le bien général ne peuvent être naturellement mauvais." (11)

Jean-Pierre BONNEROT

------------------------- Notes
1 - Jean MEYENDORFF : Initiation à la théologie byzantine, 1975 Paris, Le Cerf Ed, pages 194 et 195
2 Jean-Pierre BONNEROT : Le Prologue de Saint Jean dans la tradition chrétienne et l’exégèse scripturaire 1984 Toulouse, Cahiers d’Etudes Cathares N° 102, page 5. Pour un accès internet : https://www.esoblogs.net/2250/le-prologue-de-saint-jean-dans-la-tradition-chretienne-et-l-exegese-scripturaire-1/ et https://www.esoblogs.net/2263/le-prologue-de-saint-jean-dans-la-tradition-chretienne-et-l-exegese-scripturaire-2/
3 «l n’est pas dit : « Hachem créa », mais « Eloqim créa »... L’intention première de Dieu avait été de créer le monde selon l’attribut de justice, [Eloqim étant le nom de Dieu lorsqu’Il exerce la justice], mais Il s’est rendu compte qu’il ne subsisterait pas. Aussi a-t-Il fait passer au premier plan l’attribut de miséricorde [Hachem étant le nom de Dieu lorsqu’Il agit avec miséricorde] et l’a-t-Il associé à celui de la justice. C’est ainsi qu’il est écrit : « le jour où Hachem-Eloqim fit terre et cieux » (infra 2, 4) (Beréchith raba 12, 15). » Pour un accès internet : http://www.sefarim.fr/ Cf. Gen. I, 1commentaire donné par Rachi.
4 Pour cette version électronique, cote de la référence modifiée : Emmanuel LEVYNE : La kabbale du commencement et la lettre B(eith) 1982 , Cagnes sur Mer, TSEDEK Ed, page 59
5 THEOCAFE N° 1 : La création pré-originelle et la chute d’une partie du monde angélique ; l'oeuvre des 6 jours et la chute de l'homme: rapports et conséquences. Pour un accès internet : https://www.fichier-pdf.fr/2018/02/06/theocafe-n-1-1/
6 Sur les devoirs de l’homme envers la Création, pour un accès internet : http://ordre-de-lyon.blogspot.com/2017/05/les-devoirs-de-lhomme-envers-la-creation.html
7 Il conviendrait une fois pour toutes et comme nous le rappelons depuis un demi-siècle, que l’on cesse d’attribuer au Christ Jésus des tentations, Il ne peut être tenté étant pour le Chrétien, Dieu, puisque NSJ+C est Dieu et ; La mauvaise théorie des deux natures dans le Christ ne résiste pas à la saine Doctrine de la Tradition de l’Eglise puisque Le Fils est de même nature que Le Père, (qui n’a évidemment pas deux natures…) ainsi le la Profession de Foi du 1er concile, celui de Nicée en 325 énonce (DESINGER Symboles et définitions de la Foi Catholique , 2005, Paris, Cerf Ed, art ? N° 135, page 39, pour un accès internet : http://catho.org/9.php?d=g0
« Version grecque :
Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur de tous les êtres visibles et invisibles, et en un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu, engendré du père, unique engendré, c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui à cause de nous les hommes et à cause de notre salut est descendu et s'est incarné, s'est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, viendra juger les vivants et les morts, et en l'Esprit Saint.

Version latine :
Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, créateur de tous les êtres visibles et invisibles. Et en notre seul Seigneur, Jésus Christ le Fils de Dieu, né du Père, unique engendré, c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, né, non pas créé, d'une unique substance avec le Père (ce qu'en grec on appelle homoousios ), par qui tout a été fait, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre, qui à cause de notre salut est descendu et s'est incarné, s'est fait homme, a souffert et est ressuscité le troisième jour, est monté au ieux, viendra juger le vivants et les morts. Et en l'Esprit Saint. » Les mots « de la même substance » seront rapidement remplacés par « de même nature » …
8 Jean-Pierre BONNEROT : Satan, Lucifer, le Prince de ce monde et les démons dans la tradition chrétienne et l’exégèse scripturaire 1982, Cahiers d’Etudes Cathares N° 96. Pour un accès internet : https://www.esoblogs.net/3214/satan-lucifer-le-prince-de-ce-monde-et-les-demons-dans-la-tradition-et-l-exegese-scripturaire-pdf/
9 Abbé J. RIVIERE : Le dogme de la rédemption Essai d’étude historique, 1905, Paris, Lie Victoir LECOFFRE Ed, pages 373 à 394 ; Pour un accès internet : http://www.theologica.fr/ >> http://www.theologica.fr/Pg_TheologieDogmatique.htm >> onglet théologie de la rédemption. Pour le théologien et l’historien des idées, il sera intéressant de prendre connaissance de la controverse sur ce sujet entre 1911 et 1913 dans le cadre de la revue Recherche de sciences religieuses, et mise en forme par nos soins : https://www.fichier-pdf.fr/2018/08/30/la-question-des-droits-du-demon-texte-revise/
10 Joséphin PELAN : Cœur en peine, 1890, Paris Dentu Ed, page 305. Pour un accès internet : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5842784r.r=coeur%20en%20peine%20PELADAN?rk=21459;2
11 Thomas d’Aquin : Somme Théologique, Des Anges, question63 Article 4 Conclusion, 1851 Paris Lie Eugène BELIN Ed, tome 1, page 543. Pour un accès internet https://archive.org/details/lasommethologi01thom/page/542

novembre 28, 2018

Errare humanum est, perseverare diabolicum Jusqu’où va aller la destruction de l’Eglise Byzantine par Constantinople ?


Qu’attendent les Eglises Byzantines pour réagir face aux agissements de celui qui sous prétexte de disposer d’une préséance d’honneur, agit – contrairement aux canons de la tradition byzantine – à la manière d’un Pape.


Il n’aura pas suffi à cet évêque de provoquer de graves remous dans l’Eglise orthodoxe en voulant reconnaître des mouvements schismatiques contre une Eglise canonique reconnue par ses sœurs dans ce litige ukrainien : https://theologie-et-questions-disputeses.blogspot.com/2018/10/il-aura-dechire-la-robe-sans-couture.html il lui faut maintenant dissoudre l’Archevêché des églises orthodoxes russes en europe occidentale : https://orthodoxie.com/le-patriarcat-oecumenique-vient-de-dissoudre-larcheveche-des-eglises-orthodoxes-russes-en-europe-occidentale/


Ces agissements qui ne sont que les prémices sans doute d’autres actions, détruisent non pas seulement le principe de collégialité propre à la tradition byzantine, mais aussi, si j’ose dire, l’âme de l’Eglise Orthodoxe au plan spirituel, et sa structure au plan visible.

Il est une urgence pour les Eglises Byzantines de réagir, il leur échet de dire et juger si l’évêque de Constantinople doit être déposé, faisant droit notamment au 51° canon de Saint Basile le Grand (troisième lettre) énonçant : « De ce que tout clerc qui a fauté subira la déposition :A propos des clercs, les canons parlent d'une manière indéterminée, ordonnant que les clercs fautifs ne subiront qu'une seule peine, la suspense de leurs fonctions, soit qu'ils occupent un grade dans la hiérarchie, ou qu'ils accomplissent un service qui ne comporte pas l'imposition des mains. »

Toutefois, l’Eglise Byzantine en sa collégialité, envisagera-t-elle de se prononcer face à l’attitude « césaro-papiste » de l’actuel évêque de Constantinople, ne pas le faire sera entériner une modification fondamentale de la tradition byzantine, mais c’est l’Histoire qui apportera sa réponse.


Jean-Pierre BONNEROT

novembre 13, 2018

L'INCORRUPTIBILITÉ MYSTIQUE DES CORPS DES SAINTS [ MYSTÈRE RÉVÉLÉ ]

Chrsitianisme et Islam

Comme presque toujours, le représentant de l'Eglise est frileux et n'ose pas aborder ou méconnaît les justes arguments comme la vraie raison de l'Incarnation de NSJ+C face à la rupture des Alliances antérieurement proposées à le home, comme la réflexion sur qui aurait un intérêt à nier la résurrection de NSJ+C et pourquoi, etc. Bref, à écouter avec des réserves.

https://youtu.be/byKna0um49E

octobre 29, 2018

A propos d'un livre sur les Chrétiens d'Orient


Avec certains milieux de l'Orthodoxie française, il conviendra d'être prudent, depuis longtemps l'Institut St Serge ne dispose plus des cadres, de la qualité des professeurs qui firent sa renommée; A propos du titre choisi pour cet ouvrage, "malédiction" : de qui ? Pour qui ? Terme non scientifique et inapplicable au plan théologique dans la question soulevée. On comprend que face à ces professeurs de St Serge, un autre séminaire ait été créé pour la formation des ecclésiastiques, par le Patriarcat de Moscou.

Orthodoxie Parution : "La malédiction des chrétiens d'Orient" de Jean-François Colosimo