A propos de la parfois mauvaise critique que l’on fait à SS Benoît XVI en lui reprochant de dire que le peuple Juif ne serait pas déicide.
Il est des blogs bien construits dont c’est un réel plaisir de par la mise en page, le choix des illustrations, de les lire régulièrement, c’est le cas du site traditionaliste LA QUESTION : http://lebloglaquestion.wordpress.com/orientations-doctrinales/
Ce site pose en son dernier article que le peuple Juif est déicide et reproche au Pape de Rome de « proclamer » en le volume deux de son livre : Jésus de Nazareth » : l’innocence du peuple juif dans la condamnation de Jésus+ Christ. »
Avant d’aller plus outre dans l’examen d ce reproche et le sens des termes choisis par Benoît XVI, je me permets pour le curieux de livrer les liens de ce site relatifs au judaïsme notamment :
http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/03/11/les-juifs-peuple-deicide/#comment-15157
http://www.la-question.net/archive/2010/03/12/l-antijudaisme-chretien.html
http://www.la-question.net/archive/2009/01/28/l-antijudaisme-theologique-de-l-eglise-catholique.html
http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/02/23/la-bulle-antijuive-de-paul-iv-%e2%80%98%e2%80%98cum-nimis-absurdum%e2%80%99%e2%80%99/
http://www.la-question.net/archive/2010/02/03/israel-la-synagogue-de-satan.html
http://www.la-question.net/archive/2009/12/17/joseph-de-maistre-et-les-juifs.html
http://www.la-question.net/archive/2009/11/28/le-chef-des-juifs-l-antechrist.html
http://www.la-question.net/archive/2009/11/07/le-sionisme-et-l-antechrist.html
Il sera aisé de constater que la positon choisie est particulièrement extrémiste, et permet au plan théologique notamment d’en contester les conclusions.
Les racines d’un certain anti- judaïsme s’inscrivent dans l’histoire de l’Eglise, déjà au II° siècle, Justin déclare : « Oui, votre main est encore étendue pour faire le mal. Vous avez mis à mort le Christ; loin d'en faire pénitence, vous nous poursuivez de votre haine, ainsi que je l'ai déjà dit, nous qui, par le Christ, croyons maintenant au Dieu créateur et père de toutes choses; et toutes les fois que vous le pouvez, vous ne manquez pas de nous mettre à mort. Avez- vous jamais cessé de charger de malédictions et le Christ, et tous ceux qui sortis de lui portent son nom? Quant à nous autres, nous ne savons que prier pour vous et pour tous les hommes : ainsi nous l'a recommandé le Christ, notre divin maître; il nous a fait une loi de prier pour nos ennemis, d'aimer ceux qui nous détestent, de bénir aux qui nous maudissent. » (Dial. Avec Typhon, 133)
Méliton de Sardes en traité Sur la Pâque s’écrie : "O Israël criminel, pourquoi donc as-tu commis cette injustice inouïe de précipiter ton Seigneur dans des souffrances sans nom, ton Maître, celui qui te forma, qui te créa, qui te nomma Israël ? Mais toi tu n’as pas été trouvé « Israël », car tu n’as pas vu Dieu, tu n ‘as pas reconnu le Seigneur, tu n’as pas su ô Israël, que c’’est lui, le Premier-né de Dieu, … » (§§ 81,82)
Méliton a posé le vrai problème : Israël n’a pas vu Dieu, Israël ne pouvait dès lors reconnaître Le Seigneur…
D’autres Pères tels Augustin, Jean Chrysostome, Pierre Chrysologue notamment évoqueront ce que l’on pourrait dénommer la condamnation d’Israël, mais peut-on condamner celui qui n’a pas conscience de l’acte qui lui est reproché ?
Israël se trouve toujours sous la condamnation du péché du Veau d’or : « Ces deux Yod correspondent également aux deux yeux séphirotiques, d'où coulèrent deux larmes 2 qui tombèrent dans le grand océan a. Et pourquoi sont-elles tombées dans l'océan? En raison des tables de la loi que Moïse fit descendre du ciel, et dont Israël n'a pas été jugé digne de profiter. C'est pourquoi elles furent brisées et jetées. C'est ce qui occasionna la destruction du premier et du second temple. Et pourquoi les premières tables furent-elles jetées, alors que Moise pouvait s'en servir pour les rendre aux Israélites? C'est parce que le Vav 3 s'en est envolé 4. C'est ce même symbole qui est indiqué par le Vav du mot « vayyitser » (et il créa). C'est pourquoi Moïse donna à Israël d'autres tables de la loi, qui étaient du côté de l'arbre du Bien et du Mal. C'est pour cette raison que la Loi est formée (les préceptes négatifs et de commandements : « Ceci est permis, cela est défendu » ; c'est parce que la Loi émane de l'arbre du Bien et du Mal » (Zohar, I, 26b)
L’Alliance Ancienne est rompue par la destruction des premières Tables, quelle conscience le Judaïsme peut-il dès lors avoir de Dieu, s’il est sous la dépendance de l’arbre du bien et du mal, alors qu’il lui incombe selon le Zohar (III, 124b) de se ranger sous la dépendance de l’arbre de vie.
La non reconnaissance de l’Incarnation de Dieu par le Judaïsme demeurant sous la dépendance de la Loi rabbinique née du péché du Veau d’or – selon la pensée des kabbalistes : http://www.kabbale.eu/lettre-d-un-kabbaliste-a-un-rabbin/ - relève d’une situation d’inconnaissance, situation qui empêche de qualifier les Juifs comme déicides, de première part parce qu’ils ne savaient pas et ne savent pas que Jésus+ Christ est Dieu, de seconde part, parce que quand bien même ils l’eussent su, pouvaient-ils tuer Dieu ? Non, et la preuve que je qualifierai de naturelle à ne pouvoir tuer Dieu, c’est qu’au matin de Pâques, les femmes myrrophores, venant au tombeau sont les premières à constater la résurrection, pour l’annoncer aux disciples http://www.orthodoxie.com/2010/04/l%C3%A9mission-l%C3%A9glise-orthodoxe-aujourdhui-du-18-avril-2010-les-femmes-myrrophores-elisabeth-behrsigel-.html
et, relativement aux judaïsme, il conviendrait au mieux s’il y avait conscience, de qualifier l’acte d’intention de déicide, mais non de décide.
Cette intention de mettre à mort Jésus+ Christ, est patente en revanche, dans une hostilité amenant « les juges » à commettre vingt-sept irrégularités dans le mauvais et faux procès, comme l’ont exposé Messeigneurs Augustin et Joseph LEMANN en leur étude sur la Valeur de m’Assemblée qui prononça la mort contre Jésus + Christ :
http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Lemann/Valeur/table.html
Le cardial Jean DANIELOU avait résumé parfaitement résumé la question d’Israël face à Jésus+ Christ en écrivant : « Ce n’est pas Israël qui a crucifié Jésus, c’est l’infidélité d’Israël. Et par conséquent ce qui a causé la mort de Jésus, c’est en dernier lieu le péché. » (Dialogue avec Israël, Paris, La Palatine éd. 1983, p.130
L’infidélité d’Israël peut en effet être retenue par sa soumission au péché du Veau d’or et son détournement alors de Dieu.
Le Pape de Rome pour sa part considère que le peuple Juif est innocent dans la condamnation de Jésus + Christ, cela est exact pour le peuple, cela ne l’est pas en revanche pour les membres du Sanhédrin, non parce qu’ils ignorent ou ne reconnaissent pas que Jésus + Christ est Dieu, mais parce que les membres du Sanhédrin eux, commirent vingt-sept irrégularités, et à ce titre ces êtres- là ne sauraient être qualifiés d’innocents.
Jean-Pierre BONNEROT
mars 13, 2011
mars 05, 2011
FRANK DUQUESNE SUR INRERNET
Est-ce sur le site du groupe théologique :
http://fr.groups.yahoo.com/group/groupetheologique/
Est-ce sur le blog qui forme son complément :
http://theologie-et-questions-disputeses.blogspot.com/
Je trouvais et donnais un ou deux textes de Frank Duquesne et, alors que je possède ses livres aujourd’hui épuisés, je ne puis que vous faire partager le lien de ce site que je découvrais par hasard sur Internet, lien qui offre une grande partie de l’œuvre de l’auteur :
http://www.sombreval.com/Bibliotheque-numerique-Sombreval_a710.html
Je vous souhaite une agréable lecture, si l’occasion vous est ainsi donnée de découvrir la pensée de Frank Duquesne.
JPB
mars 04, 2011
L'OEUVRE D'ORIENT A BESOIN DE NOUS
L’ŒUVRE D’ORIENT
Il convient de ne pas oublier chaque nouvelle année combien L’ŒUVRE D’OREINT a besoin de notre aide pour accomplir sa mission.
Le site fut abîmé, il est restauré, et je ne puis que vous inviter à le visiter et vous abonner notamment aux Informations soit par les nouvelles adressées par courriel, soit par le flux RSS.
http://www.oeuvre-orient.fr/index.php
L’ŒUVRE D’ORIENT adresse à ses abonnés (5 €/an) une publication trimestrielle dont les numéros proposent des articles important sur l’histoire des Eglise d’Orient, lorsque les adhérents plus fortunés peuvent par ailleurs faire des dons (honoraires de messe, fondation à l’œuvre, bourses d’études, etc.)
En cette année 2011 où se maintient la persécution contre le Chrétiens notamment, où les Eglise ont besoin et d’un soutien matériel et d’un soutien spirituel par nos prières, je ne puis que rappeler l’importance de cette Œuvre.
JPB
Il convient de ne pas oublier chaque nouvelle année combien L’ŒUVRE D’OREINT a besoin de notre aide pour accomplir sa mission.
Le site fut abîmé, il est restauré, et je ne puis que vous inviter à le visiter et vous abonner notamment aux Informations soit par les nouvelles adressées par courriel, soit par le flux RSS.
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L’ŒUVRE D’ORIENT adresse à ses abonnés (5 €/an) une publication trimestrielle dont les numéros proposent des articles important sur l’histoire des Eglise d’Orient, lorsque les adhérents plus fortunés peuvent par ailleurs faire des dons (honoraires de messe, fondation à l’œuvre, bourses d’études, etc.)
En cette année 2011 où se maintient la persécution contre le Chrétiens notamment, où les Eglise ont besoin et d’un soutien matériel et d’un soutien spirituel par nos prières, je ne puis que rappeler l’importance de cette Œuvre.
JPB
février 21, 2011
Le Protestantisme est-il Chrétien ?
Le Protestantisme est-il Chrétien ?
Le canon XV du synode de DORDRECHT tenu en 1618 et 1619, énonce : « Au reste, l'Ecriture sainte rend d'autant plus illustre et recommandable cette grâce éternelle et gratuite de notre élection, qu'elle témoigne, en outre, que tous les hommes ne sont point élus, mais qu'il y en a de non élus, ou qui ne sont point fait participants de l'élection éternelle de Dieu; à savoir ceux que Dieu, selon son bon plaisir très libre, très juste, irrépréhensible et immuable, a décidé de laisser dans la misère commune, où ils se sont précipités par leur propre faute, et de ne pas leur donner la foi salutaire, ni la grâce de la conversion; mais, les ayant abandonnés dans leurs voies, et sous un juste jugement, de les condamner et de les punir éternellement, non seulement à cause de leur infidélité, mais aussi pour tous leurs autres péchés, et cela pour la manifestation de sa justice.
C'est là le décret de la réprobation, lequel ne fait nullement Dieu auteur du péché (ce qu'on ne peut pas penser sans blasphème), mais le montre juge redoutable, irrépréhensible et juste, et vengeur du péché. »
Une telle assertion s’oppose à l’Amour de Dieu, et par ce fait à la Révélation Chrétienne, La Nouvelle Alliance qui veut que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (I. Tim II, 4)
Je suis le Chemin, La Vérité et la Vie, rappelle Notre Seigneur Jésus+ Christ (Jean ; XIV, 6).
La prédestination posée par la distinction entre élection et réprobation selon les premiers canons du Synode de Dordrecht, s’oppose à la sotériologie telle que manifestée par la christologie.
Le Livre de Concorde qui est un recueil de confessions de foi, publié en 1580, qui sont généralement acceptées par l'Église luthérienne, énonce : "Un chrétien ne doit s'intéresser à l'article de l'éternelle élection divine que dans la mesure où celle-ci est révélée dans la Parole de Dieu... C'est en Christ que nous devons chercher l'éternelle élection du Père qui, dans son conseil divin éternel, a résolu de ne sauver personne en dehors de ceux qui confessent son Fils, le Christ, et qui croient vraiment en lui... Grâce à la glorieuse assurance que nous donne cette salutaire doctrine, nous savons que nous sommes élus en Christ, par pure grâce et sans aucun mérite de notre part, pour la vie éternelle, et que personne ne peut nous ravir de sa main". (Formule de Concorde, Epitome, Article XI, p. 442)
L’idée selon laquelle ne seraient sauvés que ceux qui confessent la Foi telle que comprise par le Protestantisme, ne saurait constituer une « salutaire doctrine » en ce qu’à l’inverse de cette pensée, la Révélation Chrétienne insiste sur le fait que les œuvres priment sur la Foi.
Alors que la Confession d'Augsbourg, Article IV énonce : "Nos Eglises enseignent que les hommes ne peuvent être justifiés devant Dieu par leurs propres forces, mérites ou œuvres, mais qu'ils sont justifiés gratuitement à cause du Christ par la foi, lorsqu'ils croient qu'ils sont reçus en grâce et que leurs péchés leur sont remis à cause du Christ, qui par sa mort a satisfait pour nos péchés. C'est cette foi que Dieu compte comme justice devant lui »
Luther, Calvin, les penseurs du Protestantisme oublient ce que rappelle Pierre en sa deuxième Epître : par la piété et une sainte conduite il revient à l’homme de hâter le Jour de Dieu (II Pierre, III, 10-12)
Cette action sinon ce Devoir de l’ homme, résulte de ce que maintenant sauvé par la résurrection de NSJ+C, il lui revient d’accomplir la tâche qui lui était confiée originellement, garder et cultiver le Jardin d’Eden, en d’autres termes la Création accomplie en dessous des eaux du troisième Jour, garder et cultiver, en l’occurrence préserver et faire prospérer le champ de la Création telle que poursuivie à l’issue du deuxième Jour (Gen.. II, 15).
Aussi, il ne pouvait revenir à Dieu fait homme de sauver le monde entraîné par l’homme dans sa chute : cette mission nous incombe, et à Gethsémani, le Sauveur dans Son dialogue avec Son Père déclare : « Je prie pour eux, mais je ne prie pas pour le monde » (Jean XVII, 9).
Cette action de l’homme dans et pour le monde, ne saurait se résumer seulement à la rédemption de la seule Nature entraîné donc dans et par la Chute Adamique, elle intervient aussi envers tous les êtres humains, ainsi que le rappelle Jésus+ Christ en cette fondamentale Prière Sacerdotale qui résume tout le Mystère du Salut : « Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. » (Jean XVII, 20).
A Gethsémani, devant La Parole de Dieu, la thèse Protestante selon laquelle «les hommes ne peuvent être justifiés devant Dieu par leurs propres forces, mérites ou œuvres, », s’effondre, oubliant par « protestation » contre l’Eglise Indivise le principe de la Communion des Saints telle que souligné par la 2° Epître de Pierre, l’engagement donné par le Christ + Jésus à ceux qui déjà Lui sont acquis d’agir dans le monde pour que tous soient réconciliés en Christ, comme le souligne l’Apôtre : « Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. » (II Cor ; V, 18)
Ministre à son tour de la Réconciliation, il appartient à l’homme non pas de s’en remettre à La Grâce, dans l’espérance d’être parmi les justifiés, mais de participer à La Grâce par les Vertus surérogatoires, celles qu’évoque l’Apôtre : « En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Eglise » (Col. I, 24), cette participation, elle est demandée à tous les hommes de bonne volonté, et agissant non par la Foi prioritairement mais par les Œuvres primant sur elle, c’est par ce biais que conscient ou non de l’être, il revêt le nom de Chrétien.
Jean-Pierre BONNEROT
février 14, 2011
L’EGLISE ET LA FRANC MACONNERIE Explication d’un malentendu.
L’EGLISE ET LA FRANC MACONNERIE
Explication d’un malentendu.
Il convient préalablement de prendre acte de ce que la Franc Maçonnerie ne se trouve plus soumise aux dispositions de l’ancien code qui énonçait en son canon 2335 : « Ceux qui donnent leur nom à une secte maçonnique ou à d’autres associations du même genre qui complotent contre l’Église ou les pouvoirs civils légitimes, contractent par le fait même une excommunication simplement réservée au Siège apostolique. », lorsque le nouveau code en date de 1983, expose en son canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit. »
La question ainsi posée pour savoir si Les francs-maçons succombent de fait à une juste peine pouvant aller jusqu’à l’interdit, dépend du dessein personnel ou non de conspirer contre l’Eglise.
Dès los que ce projet est inexistant, la sanction ou déjà même la mise en garde ne saurait avoir de portée, il échet de ne pas l’oublier.
I
Beaucoup hausseront les épaules en déclarant que l’Eglise hâtivement et sans circonspection a condamné sans éléments probants par avance la Franc Maçonnerie.
L’histoire des condamnations Papales est de nature à expliquer la position choisie, dès lors que l’on prête attention à la date même de la première condamnation en n’oubliant pas ce que fut et voulut être la révolution préparée par Anderson.
II
N’en déplaise à certains historiens contemporains, la franc-maçonnerie n’a pas commencé au 18° siècle, mais connut à cette époque une transformation par le canal des Constitutions du pasteur qui s’opposait non seulement à Rome mais à ce qu’avait été jusqu’alors la maçonnerie, une association de chrétiens, très précisément de catholiques, maçons opératifs fidèles au bon travail et fiers de leurs outils, invoquant la Très Sainte Vierge, la Très Sainte Trinité, rendant gloire à Dieu en leurs prières et se rendant à la messe (1).
Au titre des Devoirs des vrais Maçons, il convient de citer ce que précisent les textes antérieurs à Anderson, dans le cadre des manuscrits conservés quant aux acclamations, et à l’esprit des prières :
Le Ms REGIUS déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »
« Prions Dieu, roi tout-puissant et sa mère immaculée Marie que nous gardions ces règlements et ces points, à l'exemple des quatre martyrs renommés, qui furent bons maçons, sculpteurs et imagiers. »
Le Ms COOKE (ca 1400) déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »
Le Ms Grand Lodge (1583) place les maçons sous la puissance de la T. S. Trinité « Que la puissance du Père du ciel, et la sagesse du Fils glorieux, par la grâce et la bonté du Saint Esprit, qui sont trois personnes en un seul Dieu, soient avec nous à notre commencement, et nous donnent la grâce de nous gouverner ici dans notre vie de telle sorte que nous puissions parvenir à Sa béatitude qui n’aura jamais de fin. Amen. »
Le Ms WATSON (1687) rend grâce à Dieu : « Grâces soient rendues à Dieu, notre Père glorieux, créateur du ciel et de la terre, et de toutes les choses qui y sont … »
Le Ms DUMFRIES (1710) place les maçons sous la Sainte Trinité et demande qu’Elle les guide vers le Royaume : « Que le Père tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du Saint-Esprit, qui sont trois Personnes en un seul Dieu que nous implorons, soit avec nous au commencement et nous donne la grâce de nous gouverner en cette existence afin que nous puissions parvenir à son Royaume qui n'aura pas de fin. Amen.
Bons frères et compagnons, notre dessein est de vous faire connaître de quelle manière fut créé cette excellente science de la maçonnerie, quand et comment elle débuta, et aussi comment elle fut soutenue, favorisée et aimée par les plus fameux et braves héros de la terre tels que rois et princes, ainsi que toutes sortes de gens intelligents au plus haut degré ; de même que les obligations de tous les maçons vrais et reconnus, auxquelles on leur a enseigné de se conformer en toute loyauté et de bien prendre garde s'ils souhaitaient être récompensés. »
>>> De ce qui précède, il convient d’en prendre acte.
C’est la révolution Andersonienne qui, par « la main mise » des Protestants, « acceptés » en trop grand nombre par les maçons opératifs et catholiques, qui sera à l’origine de cette absence et de Christianisme et de « féalité » à la Sainte Eglise.
Il échet de noter que jamais alors l’Eglise ne s’est opposée à la Franc- Maçonnerie, le premier texte s’opposant à celle-ci, date de 1738…
Or, c’est en 1723 que le pasteur ANDERSON rédige et publie ses fameuses Constitutions qui en leur première version s’opposent à Rome : L’article 6 § 2 De la conduite à tenir, (pour un FM) est fort explicite, lorsque notre pasteur, s’opposant à l’Eglise, déclare quant à l’interdiction dans les Loges d’évoquer la religion, la Nation, la politique de l’Etat : « Cette obligation de toujours a été strictement enjointe et observée, mais particulièrement depuis la Réforme en Grande Bretagne vu la séparation et la sécession de ces Nations de la communion de Rome. »
Gommé l’est, le Devoir de Religion au sens religieux même sinon sacré, lorsque ledit pasteur énonce cette contre-vérité en la version I des Constitutions (1723) : «« Un maçon est obligé, par son engagement, à obéir à la loi morale, et s’il comprend correctement l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. Mais quoique dans les temps anciens, les Maçons fussent obligés, dans chaque pays d’être de la religion de ce pays ou nation, qu’elle qu’elle fût, aujourd’hui, il a été considéré plus commode de les restreindre seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions, c’est-à-dire d’être des hommes de bien et loyaux ou des hommes d’honneur et de probité quelles que soient les dénominations ou croyances religieuses qui aident à les distinguer, par suite de quoi, la maçonnerie devient le Centre de l’Union… »
Contre-vérité, parce que les Francs-Maçons avant le projet Protestant d’Anderson, étaient Catholiques et Romains, au Moyen Age notamment, il n’y avait pas de Protestantisme, La religion n’était pas celle du pays, c’était la religion Catholique Apostolique et Romaine, ainsi que le rappellent les « Règles et Devoirs de l'Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » selon la version française la plus ancienne des Anciens Devoirs, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l'effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède : « « Un Franc-Maçon est obligé par son état de se conformer à la Morale et, s'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un athée, ni un libertin sans religion. Dans les siècles passés, les Francs-Maçons étaient obligés de professer la reli¬gion catholique, mais depuis quelque temps, on n'examine pas sur cela leurs sentiments particu¬liers, pourvu toutefois qu'ils soient chrétiens, fidèles à leur promesse, et gens d'honneur et de probité. »
Le projet de notre pasteur en sa révolution par ses Constitutions, contre les bases de l’Ancienne Maçonnerie, réside notamment dans la volonté de replacer Dieu, la Très Sainte Trinité, l’invocation de la Mère de Dieu, par le terme Grand Architecte de l’Univers, lorsqu’il semblerait que la construction de ce mot provienne de Calvin qui pour définir Dieu, en son : Institution de la religion Chrétienne (1552) use des termes Grand Architecte et Architecte de l’Univers)
Devoir est de s’interroger pour savoir si dans l’esprit d’Anderson le GADLU est synonyme de Dieu ou de tout autre chose.
Il convient de pareille manière de s’interroger sue le sens que notre Pasteur donne aux mots « athée stupide » ou « stupide athée » étant observé que la formulation choisie en la langue anglaise originelle, permet les deux lectures, l’admission dès lors de l’athéisme n’étant pas impossible si la formulation de la libre pensée n’est pas exprimée de manière stupide …)
Ces faits seront générateurs de l’annonce de l’Etre Suprême, d’où découle l’idée d’une religion naturelle par opposition à une religion révélée : Le Déisme s’oppose au Théisme et l’annonce du Rapport sur les idées religieuses et morales prononcé à la tribune de la Convention par ROBESPIERRE le 7 mai 1794 : « L’idée de l’Etre suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle donc sociale et républicaine. » sera repris au mieux par la Franc- Maçonnerie Andersonienne lorsqu’elle se prétend spiritualiste, tout en usant souventes fois de l’acclamation : « Liberté Egalité Fraternité » …
II
Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que très vite l’Eglise Romaine réagira pour mettre en garde ses fidèles contre cette «nouvelle maçonnerie » Protestante, hostile à Rome au point de retirer toute référence claire et précise à Dieu.
Le 28 avril 1738, Clément XII commence sa Bulle In eminenti par ces termes :
« Élevé par la divine Providence au plus haut degré de l'apostolat, tout indigne que Nous en sommes, selon le devoir de la surveillance pastorale qui Nous est confiée, Nous avons, constamment secouru par la grâce divine, porté notre attention avec tout le zèle de notre sollicitude, sur ce qui, en fermant l'entrée aux erreurs et aux vices, peut servir à conserver avant tout l'intégrité de la religion orthodoxe, et à bannir du monde catholique, dans ces temps si difficiles, les risques de troubles Nous avons appris, par la rumeur publique, qu'il se répand à l'étranger, faisant chaque jour de nouveaux progrès, certaines sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules, appelés communément du nom de Francs-Maçons ou d'autres noms selon la variété des langues, dans lesquels des hommes de toute religion et de toute secte, affectant une apparence d'honnêteté naturelle, se lient entre eux par un pacte aussi étroit qu'impénétrable, d'après des lois et des statuts qu'ils se sont faits, et s'engagent par serment prêté sur la Bible, et sous les peines les plus graves, à couvrir d'un silence inviolable tout ce qu'ils font dans l'obscurité du secret. »
Le problème posé n’est pas celui du secret, mais l’obscurité de ce dernier, à savoir par ce retrait de l’Eglise pour les personnes acceptant d’entrer dans les loges, le risque sinon la conséquence de se couper et finalement s’opposer au Salut proposé par le Vicaire du Christ, ainsi Clément XII poursuit-il en ces termes :
« C'est pourquoi, Nous, réfléchissant sur les grands maux qui résultent ordinairement de ces sortes de sociétés ou conventicules, non seulement pour la tranquillité des États temporels, mais encore pour le salut des âmes, et voyant que par là elles ne peuvent nullement s'accorder avec les lois civiles et canoniques; et comme les oracles divins Nous font un devoir de veiller nuit et jour en fidèle et prudent serviteur de la famille du Seigneur pour que ce genre d'hommes, tels des voleurs, ne percent la maison, et tels des renards, ne travaillent à démolir la vigne, ne pervertissent le cœur des simples et ne le transpercent dans le secret de leurs dards envenimés; pour fermer la voie très large qui de là pourrait s'ouvrir aux iniquités qui se commettraient impunément, et pour d'autres causes justes et raisonnables de Nous connues. »
D’Anderson, l’opposition à Rome est probante, Clément XII avait-il tort d’émettre ainsi des réserves ? Pasteur prudent, cette Bulle nous paraît une réponse aux Constitutions voulant réformer la Franc- Maçonnerie, modifier l’Ancienne Maçonnerie elle, fidèle à l’Eglise et croyant en Dieu.
III
ANDERSON ne remportera pas si facilement sa victoire contre l’Ancienne Maçonnerie.
Face à ce que l’on peut nommer « la Révolution Andersonienne », la Franc-Maçonnerie de Tradition réagira selon deux voies :
La maintenance dans les Rituels proclamant la Foi en Dieu
La création de nouveaux Rites, à savoir les Rites Egyptiens d’une part, le Rite Ecossais Rectifié d’autre part.
Le Manuscrit GRAHAM (1726) expose :
Qu'est-ce qu'une loge parfaite ?
-Le centre d'un cœur sincère.
-Mais combien de Maçons sont-ils appelés ainsi ?
-N'importe quel nombre impair de 3 à 13.
-Pourquoi faire tant d'embarras et pourquoi toujours des nombres impairs ?
-Par référence à la Sainte Trinité, à l'avènement du Christ et à ses douze apôtres.
-Quel fut le premier pas de votre entrée ?
-Un fort désir de connaître les secrets de la Franc- Maçonnerie.
- Pourquoi fut-elle appelée Franc- Maçonnerie ?
-Premièrement parce que c'est un franc (libre) don de Dieu aux fils des hommes, deuxièmement parce qu'elle est franche de l'intrusion des esprits infernaux, troisièmement parce qu'elle est une franche union des frères de ce saint secret qui doit durer à jamais. »
La confession d’un Maçon (extrait d’un journal écossais The Scots Magazine) (1727) déclare ; « Comme je répondrai devant Dieu au grand jour, et devant cette compagnie, je garderai et cacherai, ou ne divulguerai ni ne ferai connaître les secrets du mot du Maçon, sous peine d’avoir la langue arrachée de sous mes mâchoires, et mon cœur arraché de sous mon aisselle gauche, et mon corps enseveli sous la limite des marrées hautes, là où la mer descend et monte deux fois en vingt-quatre heures. »
Les Devoirs de tous les FM, extraits des anciens registres des Loges, à l’usage de celles de France et de celles qui lui sont subordonnées, lesquels doivent être lus à la réception d’un Frère et lorsque le Maître de la Loge le jugera à propos (1732) précisent :
« Un Franc- Maçon est obligé par son Etat de se conformer à la Morale, et s’il entend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée, ni un Libertin sans religion. Dans les siècles passés les Francs- Maçons étaient obligés de confesser la Religion Catholique, mais depuis quelque temps on n’examine pas sur cela leurs sentiments particuliers, pourvu toutefois qu’ils soient Chrétiens, fidèles à leur promesse et gens d’honneur et de probité, de quelque manière qu’ils puissent être distingués d’ailleurs, par ce moyen la Maçonnerie devient le Centre et l’Union d’une vraie amitié entre des personnes qui sans ce doux nœud seraient pour toujours éloignées et séparées les unes des autres. »
Anderson reconnaîtra finalement que les Maçons étaient Chrétiens et use du mot, mais, sans plus.
Ainsi dans la version II des Constitutions (1738), il écrit : « Un Maçon est obligé de par sa Tenure, d’observer la Loi Morale, en tant que véritable Noachide et s’il comprend bien le Métier, il ne sera jamais Athée stupide, ni Libertin irréligieux, ni n’agira à l’encontre de sa conscience. Dans les temps ancien, les Maçons Chrétiens étaient tenus de se conformer aux Coutumes chrétiennes de chaque Pays où ils voyageaient ou travaillaient : Mais la Maçonnerie existant dans toutes les Nations, même de Religions diverses, ils sont maintenant seulement tenus d’adhérer à cette Religion sur laquelle tous les Hommes sont d’accord (laissant à chaque Frère ses propres opinions), c’est-à-dire, d’être Hommes de Bien et Loyaux, Hommes d’Honneur et de Probité, quels que soient les Noms, Religions ou Confessions qui aident à les distinguer : Car tous s’accordent sur les trois grands articles de Noë, assez pour préserver le Ciment de la Loge. Ainsi la Maçonnerie est le Centre de leur Union et l‘heureux Moyen de concilier des Personnes qui autrement n’auraient pu que rester perpétuellement Etrangères. »
A la suite de la version I de 1723, provoquant en 1736 une Bulle émanant du Pape de Rome, vu de surcroît l’opposition de la Maçonnerie de Tradition par cette tentative révolutionnaire et Protestante, en sa nouvelle version des Constitutions, Anderson finira par reconnaître en 1738 que les maçons étaient Chrétiens.
De semblable façon de nouveaux Rites apparaissent pour confirmer la maintenance de cette Foi en Dieu, en Dieu révélé par opposition au choix du terme GADLU autorisant toutes les qualifications.
L’ouverture de la loge Egyptienne au 1° degré, dans le cadre des Rites de Cagliostro se fait de la façon suivant :
Le Vénérable ayant pris sa place, le plus grand silence doit être observé. Il est défendu de se moucher et à plus forte raison de parler.
Lorsque le Vénérable se lèvera, tous se lèveront en même temps ; il aura [le glaive] à la main droite, qu'il ne quittera jamais tant qu'il parlera.
Il dira : « A l'ordre, mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge selon le Rite et les Constitutions du Grand Cophte, notre fondateur. »
II descendra de son trône et à sept pas de la dernière marche, il se trouvera en face du Triangle renfermant le Nom de Dieu et il dira : « Mes Frères, prosternez- vous ainsi que moi, pour supplier la Divinité de me protéger et de m'assister dans les travaux que nous allons entreprendre. »
La prière intérieure étant achevée, le Vénérable frappera de la main droite sur le Plancher, pour annoncer à tous les frères qu'ils peuvent se relever.
Autre exemple à l’occasion de l’élévation au 2° degré, l’ouverture de la loge se fait de la façon suivante :
Lorsque le Vénérable Maître se lèvera, les Maîtres se lèveront également. Il aura le glaive à la main droite et dira : « À l'ordre mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge suivant le Rite et les Constitutions du Grand Cophte. »
Le reste des frères s'inclinera profondément ainsi que les douze Maîtres pour adorer la Divinité.
Le Vénérable Maître en particulier l'implorera pour obtenir Pouvoir, Force et Sagesse ; chacun en son cœur prononcera l'hymne : « Veni Creator Spiritus. »
A l’ouverture de la Loge au 1er degré dans le Rite de Misraïm (1820), le Vénérable dira cette prière :
« Suprême Architecte des Mondes, Source de toutes les perfections et de toutes les vertus, âme de l'univers que Tu remplis de ta gloire et de tes bienfaits, nous adorons Ta majesté suprême, nous nous humilions devant Ta sagesse infinie qui créa tout et qui conserve tout. Daigne, Être des Êtres, recevoir nos prières et l'hommage de notre amour, bénis nos travaux et rends-les conformes à Ta Loi, éclaire-les de Ta lumière divine, qu'ils n'aient d'autres buts que la gloire de Ton Nom, la prospérité de l'ordre et le bien de l'humanité. Unis les hommes que l'intérêt et les préjugés divisent, écarte le bandeau de l'erreur qui obscurcit leurs yeux, et que, ramené à la vérité par la philosophie, le genre humain ne présente qu'un peuple de Frères qui T'offrent de toute part un encens pur et digne de Toi. »
Le Suprême Architecte des mondes n’est pas l’Etre Suprême de l’époque Révolutionnaire : Il est DIEU :
Aussi, le Vénérable avant que les FF ne se séparent dira cette prière :
«Père de l'Univers, Source éternelle et fécondé de lumière, de science, de vertu et de bonheur, pleins de reconnaissance pour Ta bonté infinie, les ouvriers de ce temple Te rendent mille actions de grâces et rapportent à Toi tout dé qu'ils ont fait de bon, d'utile et de glorieux dans cette journée solennelle où ils ont vu s'accroître le nombre de leurs frères : continue de protéger leurs travaux et dirige-les de plus en plus vers la perfection; que l'harmonie et la concorde soient à jamais lé triple ciment qui les unit! Alléluia! Alléluia! Alléluia! »
La Franc-Maçonnerie, en général, n’adhérera pas rapidement à la Révolution du pasteur Anderson, elle succombera vers la fin du XIX° siècle, lorsque des Rites et des Régimes demeureront encore fidèles aux Anciens Devoirs.
Ainsi, en les Devoirs Généraux des Anciens Francs- Maçons Libres et Acceptés (1840), est-il bien précisé : « Le vrai maç. adore Dieu, l’auteur et le conservateur de toutes choses, et remplit fidèlement les devoirs que sa religion lui impose, sans être intolérant envers ceux qui en professent une autre. .. »
Le Rite Ecossais Rectifié déclare pour sa part être Chrétien, mais ses degrés symboliques se rattachent à l’Ancienne Alliance et si des degrés intermédiaires relèvent de la Nouvelle Alliance, les imprécisions, la nostalgie de J-B Willermoz pour ses débuts maçonniques dans le système de Martinez de Pasqually, conduiront le Régime dans le cadre de son Ordre Intérieur à privilégier ce qui relève de l’Ancienne Alliance.
De semblable façon, à la suite de la seconde partie du 20° siècle, les Rites Egyptiens se ceindront selon trois voies : les Ordres fidèles à la Tradition du Rite comme Constant CHEVILLON et les mainteneurs de sa filiation privilégiant la prière et la spiritualité Chrétienne, les Ordres qui pensèrent pouvoir comprendre les Rites originels comme prétexte et invitation à des pratiques « magico-alchimiques », les ordre qui se rattachèrent à la pensée a-dogmatique et libérale prônée par le pasteur Anderson.
IV
Force est de constater que la Franc-Maçonnerie comme lieu d’hostilité à Rome relève d’un malentendu qu’il serait temps de lever.
La Franc-Maçonnerie n’a pas cherché à renverser les autels, seul un pasteur infidèle à la Tradition des Anciens Devoirs, s’est opposé, parce que Protestant, à Rome. S’il finira par être suivi par beaucoup de Loges et d’Ordres, ces derniers infidèles eux aussi aux Anciens Devoirs, ne sauraient représenter la Maçonnerie de Tradition.
Toutefois, si conformément à son engagement, le Franc-Maçon considère tous les êtres comme ses frères, alors il participera consciemment ou non, par la Fraternité, à cette Communion des Saints, qui fait que répondant au précepte de la II Epître de Pierre III, 12, par ses bonnes actions et ses prières, il hâtera l’avènement du Jour de Dieu, alors, comme le souligne Origène en son explication du Notre Père, « si sa (celle de Dieu) volonté est faite sur la terre comme elle l’est au ciel, tous nous serons ciel »
Cette récapitulation de toutes choses en Dieu, fera que le temple terrestre symboliquement évoqué dans les Rituels, se doublera en Temple spirituel, cet Orient qui est la quête de la vraie Maçonnerie.
Jean-Pierre BONNEROT
Sources : www.ordre-de-lyon.com, Cahier de l’Herne : La FM documents fondateurs. Jean FERRE : Histoire de la FM par les textes. Henri-Félix MARCY : Essai sur l’origine de la FM et l’histoire du GOF tome1. Archives privées.
Explication d’un malentendu.
Il convient préalablement de prendre acte de ce que la Franc Maçonnerie ne se trouve plus soumise aux dispositions de l’ancien code qui énonçait en son canon 2335 : « Ceux qui donnent leur nom à une secte maçonnique ou à d’autres associations du même genre qui complotent contre l’Église ou les pouvoirs civils légitimes, contractent par le fait même une excommunication simplement réservée au Siège apostolique. », lorsque le nouveau code en date de 1983, expose en son canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit. »
La question ainsi posée pour savoir si Les francs-maçons succombent de fait à une juste peine pouvant aller jusqu’à l’interdit, dépend du dessein personnel ou non de conspirer contre l’Eglise.
Dès los que ce projet est inexistant, la sanction ou déjà même la mise en garde ne saurait avoir de portée, il échet de ne pas l’oublier.
I
Beaucoup hausseront les épaules en déclarant que l’Eglise hâtivement et sans circonspection a condamné sans éléments probants par avance la Franc Maçonnerie.
L’histoire des condamnations Papales est de nature à expliquer la position choisie, dès lors que l’on prête attention à la date même de la première condamnation en n’oubliant pas ce que fut et voulut être la révolution préparée par Anderson.
II
N’en déplaise à certains historiens contemporains, la franc-maçonnerie n’a pas commencé au 18° siècle, mais connut à cette époque une transformation par le canal des Constitutions du pasteur qui s’opposait non seulement à Rome mais à ce qu’avait été jusqu’alors la maçonnerie, une association de chrétiens, très précisément de catholiques, maçons opératifs fidèles au bon travail et fiers de leurs outils, invoquant la Très Sainte Vierge, la Très Sainte Trinité, rendant gloire à Dieu en leurs prières et se rendant à la messe (1).
Au titre des Devoirs des vrais Maçons, il convient de citer ce que précisent les textes antérieurs à Anderson, dans le cadre des manuscrits conservés quant aux acclamations, et à l’esprit des prières :
Le Ms REGIUS déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »
« Prions Dieu, roi tout-puissant et sa mère immaculée Marie que nous gardions ces règlements et ces points, à l'exemple des quatre martyrs renommés, qui furent bons maçons, sculpteurs et imagiers. »
Le Ms COOKE (ca 1400) déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »
Le Ms Grand Lodge (1583) place les maçons sous la puissance de la T. S. Trinité « Que la puissance du Père du ciel, et la sagesse du Fils glorieux, par la grâce et la bonté du Saint Esprit, qui sont trois personnes en un seul Dieu, soient avec nous à notre commencement, et nous donnent la grâce de nous gouverner ici dans notre vie de telle sorte que nous puissions parvenir à Sa béatitude qui n’aura jamais de fin. Amen. »
Le Ms WATSON (1687) rend grâce à Dieu : « Grâces soient rendues à Dieu, notre Père glorieux, créateur du ciel et de la terre, et de toutes les choses qui y sont … »
Le Ms DUMFRIES (1710) place les maçons sous la Sainte Trinité et demande qu’Elle les guide vers le Royaume : « Que le Père tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du Saint-Esprit, qui sont trois Personnes en un seul Dieu que nous implorons, soit avec nous au commencement et nous donne la grâce de nous gouverner en cette existence afin que nous puissions parvenir à son Royaume qui n'aura pas de fin. Amen.
Bons frères et compagnons, notre dessein est de vous faire connaître de quelle manière fut créé cette excellente science de la maçonnerie, quand et comment elle débuta, et aussi comment elle fut soutenue, favorisée et aimée par les plus fameux et braves héros de la terre tels que rois et princes, ainsi que toutes sortes de gens intelligents au plus haut degré ; de même que les obligations de tous les maçons vrais et reconnus, auxquelles on leur a enseigné de se conformer en toute loyauté et de bien prendre garde s'ils souhaitaient être récompensés. »
>>> De ce qui précède, il convient d’en prendre acte.
C’est la révolution Andersonienne qui, par « la main mise » des Protestants, « acceptés » en trop grand nombre par les maçons opératifs et catholiques, qui sera à l’origine de cette absence et de Christianisme et de « féalité » à la Sainte Eglise.
Il échet de noter que jamais alors l’Eglise ne s’est opposée à la Franc- Maçonnerie, le premier texte s’opposant à celle-ci, date de 1738…
Or, c’est en 1723 que le pasteur ANDERSON rédige et publie ses fameuses Constitutions qui en leur première version s’opposent à Rome : L’article 6 § 2 De la conduite à tenir, (pour un FM) est fort explicite, lorsque notre pasteur, s’opposant à l’Eglise, déclare quant à l’interdiction dans les Loges d’évoquer la religion, la Nation, la politique de l’Etat : « Cette obligation de toujours a été strictement enjointe et observée, mais particulièrement depuis la Réforme en Grande Bretagne vu la séparation et la sécession de ces Nations de la communion de Rome. »
Gommé l’est, le Devoir de Religion au sens religieux même sinon sacré, lorsque ledit pasteur énonce cette contre-vérité en la version I des Constitutions (1723) : «« Un maçon est obligé, par son engagement, à obéir à la loi morale, et s’il comprend correctement l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. Mais quoique dans les temps anciens, les Maçons fussent obligés, dans chaque pays d’être de la religion de ce pays ou nation, qu’elle qu’elle fût, aujourd’hui, il a été considéré plus commode de les restreindre seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions, c’est-à-dire d’être des hommes de bien et loyaux ou des hommes d’honneur et de probité quelles que soient les dénominations ou croyances religieuses qui aident à les distinguer, par suite de quoi, la maçonnerie devient le Centre de l’Union… »
Contre-vérité, parce que les Francs-Maçons avant le projet Protestant d’Anderson, étaient Catholiques et Romains, au Moyen Age notamment, il n’y avait pas de Protestantisme, La religion n’était pas celle du pays, c’était la religion Catholique Apostolique et Romaine, ainsi que le rappellent les « Règles et Devoirs de l'Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » selon la version française la plus ancienne des Anciens Devoirs, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l'effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède : « « Un Franc-Maçon est obligé par son état de se conformer à la Morale et, s'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un athée, ni un libertin sans religion. Dans les siècles passés, les Francs-Maçons étaient obligés de professer la reli¬gion catholique, mais depuis quelque temps, on n'examine pas sur cela leurs sentiments particu¬liers, pourvu toutefois qu'ils soient chrétiens, fidèles à leur promesse, et gens d'honneur et de probité. »
Le projet de notre pasteur en sa révolution par ses Constitutions, contre les bases de l’Ancienne Maçonnerie, réside notamment dans la volonté de replacer Dieu, la Très Sainte Trinité, l’invocation de la Mère de Dieu, par le terme Grand Architecte de l’Univers, lorsqu’il semblerait que la construction de ce mot provienne de Calvin qui pour définir Dieu, en son : Institution de la religion Chrétienne (1552) use des termes Grand Architecte et Architecte de l’Univers)
Devoir est de s’interroger pour savoir si dans l’esprit d’Anderson le GADLU est synonyme de Dieu ou de tout autre chose.
Il convient de pareille manière de s’interroger sue le sens que notre Pasteur donne aux mots « athée stupide » ou « stupide athée » étant observé que la formulation choisie en la langue anglaise originelle, permet les deux lectures, l’admission dès lors de l’athéisme n’étant pas impossible si la formulation de la libre pensée n’est pas exprimée de manière stupide …)
Ces faits seront générateurs de l’annonce de l’Etre Suprême, d’où découle l’idée d’une religion naturelle par opposition à une religion révélée : Le Déisme s’oppose au Théisme et l’annonce du Rapport sur les idées religieuses et morales prononcé à la tribune de la Convention par ROBESPIERRE le 7 mai 1794 : « L’idée de l’Etre suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle donc sociale et républicaine. » sera repris au mieux par la Franc- Maçonnerie Andersonienne lorsqu’elle se prétend spiritualiste, tout en usant souventes fois de l’acclamation : « Liberté Egalité Fraternité » …
II
Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que très vite l’Eglise Romaine réagira pour mettre en garde ses fidèles contre cette «nouvelle maçonnerie » Protestante, hostile à Rome au point de retirer toute référence claire et précise à Dieu.
Le 28 avril 1738, Clément XII commence sa Bulle In eminenti par ces termes :
« Élevé par la divine Providence au plus haut degré de l'apostolat, tout indigne que Nous en sommes, selon le devoir de la surveillance pastorale qui Nous est confiée, Nous avons, constamment secouru par la grâce divine, porté notre attention avec tout le zèle de notre sollicitude, sur ce qui, en fermant l'entrée aux erreurs et aux vices, peut servir à conserver avant tout l'intégrité de la religion orthodoxe, et à bannir du monde catholique, dans ces temps si difficiles, les risques de troubles Nous avons appris, par la rumeur publique, qu'il se répand à l'étranger, faisant chaque jour de nouveaux progrès, certaines sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules, appelés communément du nom de Francs-Maçons ou d'autres noms selon la variété des langues, dans lesquels des hommes de toute religion et de toute secte, affectant une apparence d'honnêteté naturelle, se lient entre eux par un pacte aussi étroit qu'impénétrable, d'après des lois et des statuts qu'ils se sont faits, et s'engagent par serment prêté sur la Bible, et sous les peines les plus graves, à couvrir d'un silence inviolable tout ce qu'ils font dans l'obscurité du secret. »
Le problème posé n’est pas celui du secret, mais l’obscurité de ce dernier, à savoir par ce retrait de l’Eglise pour les personnes acceptant d’entrer dans les loges, le risque sinon la conséquence de se couper et finalement s’opposer au Salut proposé par le Vicaire du Christ, ainsi Clément XII poursuit-il en ces termes :
« C'est pourquoi, Nous, réfléchissant sur les grands maux qui résultent ordinairement de ces sortes de sociétés ou conventicules, non seulement pour la tranquillité des États temporels, mais encore pour le salut des âmes, et voyant que par là elles ne peuvent nullement s'accorder avec les lois civiles et canoniques; et comme les oracles divins Nous font un devoir de veiller nuit et jour en fidèle et prudent serviteur de la famille du Seigneur pour que ce genre d'hommes, tels des voleurs, ne percent la maison, et tels des renards, ne travaillent à démolir la vigne, ne pervertissent le cœur des simples et ne le transpercent dans le secret de leurs dards envenimés; pour fermer la voie très large qui de là pourrait s'ouvrir aux iniquités qui se commettraient impunément, et pour d'autres causes justes et raisonnables de Nous connues. »
D’Anderson, l’opposition à Rome est probante, Clément XII avait-il tort d’émettre ainsi des réserves ? Pasteur prudent, cette Bulle nous paraît une réponse aux Constitutions voulant réformer la Franc- Maçonnerie, modifier l’Ancienne Maçonnerie elle, fidèle à l’Eglise et croyant en Dieu.
III
ANDERSON ne remportera pas si facilement sa victoire contre l’Ancienne Maçonnerie.
Face à ce que l’on peut nommer « la Révolution Andersonienne », la Franc-Maçonnerie de Tradition réagira selon deux voies :
La maintenance dans les Rituels proclamant la Foi en Dieu
La création de nouveaux Rites, à savoir les Rites Egyptiens d’une part, le Rite Ecossais Rectifié d’autre part.
Le Manuscrit GRAHAM (1726) expose :
Qu'est-ce qu'une loge parfaite ?
-Le centre d'un cœur sincère.
-Mais combien de Maçons sont-ils appelés ainsi ?
-N'importe quel nombre impair de 3 à 13.
-Pourquoi faire tant d'embarras et pourquoi toujours des nombres impairs ?
-Par référence à la Sainte Trinité, à l'avènement du Christ et à ses douze apôtres.
-Quel fut le premier pas de votre entrée ?
-Un fort désir de connaître les secrets de la Franc- Maçonnerie.
- Pourquoi fut-elle appelée Franc- Maçonnerie ?
-Premièrement parce que c'est un franc (libre) don de Dieu aux fils des hommes, deuxièmement parce qu'elle est franche de l'intrusion des esprits infernaux, troisièmement parce qu'elle est une franche union des frères de ce saint secret qui doit durer à jamais. »
La confession d’un Maçon (extrait d’un journal écossais The Scots Magazine) (1727) déclare ; « Comme je répondrai devant Dieu au grand jour, et devant cette compagnie, je garderai et cacherai, ou ne divulguerai ni ne ferai connaître les secrets du mot du Maçon, sous peine d’avoir la langue arrachée de sous mes mâchoires, et mon cœur arraché de sous mon aisselle gauche, et mon corps enseveli sous la limite des marrées hautes, là où la mer descend et monte deux fois en vingt-quatre heures. »
Les Devoirs de tous les FM, extraits des anciens registres des Loges, à l’usage de celles de France et de celles qui lui sont subordonnées, lesquels doivent être lus à la réception d’un Frère et lorsque le Maître de la Loge le jugera à propos (1732) précisent :
« Un Franc- Maçon est obligé par son Etat de se conformer à la Morale, et s’il entend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée, ni un Libertin sans religion. Dans les siècles passés les Francs- Maçons étaient obligés de confesser la Religion Catholique, mais depuis quelque temps on n’examine pas sur cela leurs sentiments particuliers, pourvu toutefois qu’ils soient Chrétiens, fidèles à leur promesse et gens d’honneur et de probité, de quelque manière qu’ils puissent être distingués d’ailleurs, par ce moyen la Maçonnerie devient le Centre et l’Union d’une vraie amitié entre des personnes qui sans ce doux nœud seraient pour toujours éloignées et séparées les unes des autres. »
Anderson reconnaîtra finalement que les Maçons étaient Chrétiens et use du mot, mais, sans plus.
Ainsi dans la version II des Constitutions (1738), il écrit : « Un Maçon est obligé de par sa Tenure, d’observer la Loi Morale, en tant que véritable Noachide et s’il comprend bien le Métier, il ne sera jamais Athée stupide, ni Libertin irréligieux, ni n’agira à l’encontre de sa conscience. Dans les temps ancien, les Maçons Chrétiens étaient tenus de se conformer aux Coutumes chrétiennes de chaque Pays où ils voyageaient ou travaillaient : Mais la Maçonnerie existant dans toutes les Nations, même de Religions diverses, ils sont maintenant seulement tenus d’adhérer à cette Religion sur laquelle tous les Hommes sont d’accord (laissant à chaque Frère ses propres opinions), c’est-à-dire, d’être Hommes de Bien et Loyaux, Hommes d’Honneur et de Probité, quels que soient les Noms, Religions ou Confessions qui aident à les distinguer : Car tous s’accordent sur les trois grands articles de Noë, assez pour préserver le Ciment de la Loge. Ainsi la Maçonnerie est le Centre de leur Union et l‘heureux Moyen de concilier des Personnes qui autrement n’auraient pu que rester perpétuellement Etrangères. »
A la suite de la version I de 1723, provoquant en 1736 une Bulle émanant du Pape de Rome, vu de surcroît l’opposition de la Maçonnerie de Tradition par cette tentative révolutionnaire et Protestante, en sa nouvelle version des Constitutions, Anderson finira par reconnaître en 1738 que les maçons étaient Chrétiens.
De semblable façon de nouveaux Rites apparaissent pour confirmer la maintenance de cette Foi en Dieu, en Dieu révélé par opposition au choix du terme GADLU autorisant toutes les qualifications.
L’ouverture de la loge Egyptienne au 1° degré, dans le cadre des Rites de Cagliostro se fait de la façon suivant :
Le Vénérable ayant pris sa place, le plus grand silence doit être observé. Il est défendu de se moucher et à plus forte raison de parler.
Lorsque le Vénérable se lèvera, tous se lèveront en même temps ; il aura [le glaive] à la main droite, qu'il ne quittera jamais tant qu'il parlera.
Il dira : « A l'ordre, mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge selon le Rite et les Constitutions du Grand Cophte, notre fondateur. »
II descendra de son trône et à sept pas de la dernière marche, il se trouvera en face du Triangle renfermant le Nom de Dieu et il dira : « Mes Frères, prosternez- vous ainsi que moi, pour supplier la Divinité de me protéger et de m'assister dans les travaux que nous allons entreprendre. »
La prière intérieure étant achevée, le Vénérable frappera de la main droite sur le Plancher, pour annoncer à tous les frères qu'ils peuvent se relever.
Autre exemple à l’occasion de l’élévation au 2° degré, l’ouverture de la loge se fait de la façon suivante :
Lorsque le Vénérable Maître se lèvera, les Maîtres se lèveront également. Il aura le glaive à la main droite et dira : « À l'ordre mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge suivant le Rite et les Constitutions du Grand Cophte. »
Le reste des frères s'inclinera profondément ainsi que les douze Maîtres pour adorer la Divinité.
Le Vénérable Maître en particulier l'implorera pour obtenir Pouvoir, Force et Sagesse ; chacun en son cœur prononcera l'hymne : « Veni Creator Spiritus. »
A l’ouverture de la Loge au 1er degré dans le Rite de Misraïm (1820), le Vénérable dira cette prière :
« Suprême Architecte des Mondes, Source de toutes les perfections et de toutes les vertus, âme de l'univers que Tu remplis de ta gloire et de tes bienfaits, nous adorons Ta majesté suprême, nous nous humilions devant Ta sagesse infinie qui créa tout et qui conserve tout. Daigne, Être des Êtres, recevoir nos prières et l'hommage de notre amour, bénis nos travaux et rends-les conformes à Ta Loi, éclaire-les de Ta lumière divine, qu'ils n'aient d'autres buts que la gloire de Ton Nom, la prospérité de l'ordre et le bien de l'humanité. Unis les hommes que l'intérêt et les préjugés divisent, écarte le bandeau de l'erreur qui obscurcit leurs yeux, et que, ramené à la vérité par la philosophie, le genre humain ne présente qu'un peuple de Frères qui T'offrent de toute part un encens pur et digne de Toi. »
Le Suprême Architecte des mondes n’est pas l’Etre Suprême de l’époque Révolutionnaire : Il est DIEU :
Aussi, le Vénérable avant que les FF ne se séparent dira cette prière :
«Père de l'Univers, Source éternelle et fécondé de lumière, de science, de vertu et de bonheur, pleins de reconnaissance pour Ta bonté infinie, les ouvriers de ce temple Te rendent mille actions de grâces et rapportent à Toi tout dé qu'ils ont fait de bon, d'utile et de glorieux dans cette journée solennelle où ils ont vu s'accroître le nombre de leurs frères : continue de protéger leurs travaux et dirige-les de plus en plus vers la perfection; que l'harmonie et la concorde soient à jamais lé triple ciment qui les unit! Alléluia! Alléluia! Alléluia! »
La Franc-Maçonnerie, en général, n’adhérera pas rapidement à la Révolution du pasteur Anderson, elle succombera vers la fin du XIX° siècle, lorsque des Rites et des Régimes demeureront encore fidèles aux Anciens Devoirs.
Ainsi, en les Devoirs Généraux des Anciens Francs- Maçons Libres et Acceptés (1840), est-il bien précisé : « Le vrai maç. adore Dieu, l’auteur et le conservateur de toutes choses, et remplit fidèlement les devoirs que sa religion lui impose, sans être intolérant envers ceux qui en professent une autre. .. »
Le Rite Ecossais Rectifié déclare pour sa part être Chrétien, mais ses degrés symboliques se rattachent à l’Ancienne Alliance et si des degrés intermédiaires relèvent de la Nouvelle Alliance, les imprécisions, la nostalgie de J-B Willermoz pour ses débuts maçonniques dans le système de Martinez de Pasqually, conduiront le Régime dans le cadre de son Ordre Intérieur à privilégier ce qui relève de l’Ancienne Alliance.
De semblable façon, à la suite de la seconde partie du 20° siècle, les Rites Egyptiens se ceindront selon trois voies : les Ordres fidèles à la Tradition du Rite comme Constant CHEVILLON et les mainteneurs de sa filiation privilégiant la prière et la spiritualité Chrétienne, les Ordres qui pensèrent pouvoir comprendre les Rites originels comme prétexte et invitation à des pratiques « magico-alchimiques », les ordre qui se rattachèrent à la pensée a-dogmatique et libérale prônée par le pasteur Anderson.
IV
Force est de constater que la Franc-Maçonnerie comme lieu d’hostilité à Rome relève d’un malentendu qu’il serait temps de lever.
La Franc-Maçonnerie n’a pas cherché à renverser les autels, seul un pasteur infidèle à la Tradition des Anciens Devoirs, s’est opposé, parce que Protestant, à Rome. S’il finira par être suivi par beaucoup de Loges et d’Ordres, ces derniers infidèles eux aussi aux Anciens Devoirs, ne sauraient représenter la Maçonnerie de Tradition.
Toutefois, si conformément à son engagement, le Franc-Maçon considère tous les êtres comme ses frères, alors il participera consciemment ou non, par la Fraternité, à cette Communion des Saints, qui fait que répondant au précepte de la II Epître de Pierre III, 12, par ses bonnes actions et ses prières, il hâtera l’avènement du Jour de Dieu, alors, comme le souligne Origène en son explication du Notre Père, « si sa (celle de Dieu) volonté est faite sur la terre comme elle l’est au ciel, tous nous serons ciel »
Cette récapitulation de toutes choses en Dieu, fera que le temple terrestre symboliquement évoqué dans les Rituels, se doublera en Temple spirituel, cet Orient qui est la quête de la vraie Maçonnerie.
Jean-Pierre BONNEROT
Sources : www.ordre-de-lyon.com, Cahier de l’Herne : La FM documents fondateurs. Jean FERRE : Histoire de la FM par les textes. Henri-Félix MARCY : Essai sur l’origine de la FM et l’histoire du GOF tome1. Archives privées.
février 08, 2011
La sentence d’excommunication de TOLSTOÏ ne serait-elle pas invalide ?
La sentence d’excommunication de TOLSTOÏ ne serait-elle pas invalide ?
http://www.religion-orthodoxe.com/article-il-est-impossible-de-lever-l-excommunication-de-leon-tolstoi-mais-nous-pouvons-prier-pour-lui-61398264.html
Le Patriarcat de Moscou a refusé de lever l’excommunication prononcée à l’encontre de TOSTOÏ.
Ce choix est une chose. Une autre chose est de savoir si préalablement ladite excommunication était valide et lcite.
Avant d’examiner les canons byzantins qui seuls peuvent permettre de justicier ou invalider la sentence rendue, il échet de rappeler les termes du 3° canon du 1er concile de NICEE, tenu en 325 qui expose : « Il faut cependant s'assurer que l'évêque n'a pas porté cette sentence d'excommunication par étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine. Afin qu'un tel examen puisse avoir lieu, il a paru bon d'ordonner que dans chaque province on tint deux fois par an un synode, afin que tous les évêques de la province étant réunis, on fasse toutes les enquêtes nécessaires »
TOLSTOÏ répond-il à l’une au moins des conditions permettant son excommunication ?
I
L’excommunication est encourue dans les situations suivantes
1° Le 94° canon. du 6° concile IN TRULLO, tenu en 691, expose : « Ceux qui font des serments païens, le canon leur impose des peines et nous aussi, nous leur imposons l'excommunication.
2° Le 1° canon du 7° concile NICEE II, tenu en 787, expose : « nous confirmons dans son entier et sans changement le contenu de leurs ordonnances, tel qu'il fut exposé par les saintes trompettes de l'esprit, les tout glorieux apôtres, les six saints conciles oecuméniques, les conciles particuliers rassemblés en vue d'édicter de telles ordonnances et nos saints pères; car tous sans exception, illuminés par le même esprit, ont décidé ce qui est à notre avantage. Ceux qu'ils ont condamnés à l'anathème, nous les anathématisons; ceux qu'ils ont condamnés à la déposition, nous les déposons; ceux qu'ils ont condamnés à l'excommunication, nous les excommunions »
3° Du même concile, le 4° canon relatif à l'évêque qui doit s'abstenir de tout commerce, le concernant, expose : « Si donc quelqu'un, [évêque ?] exigeant de l'or ou quelque autre espèce ou bien pour satisfaire sa passion, se trouve avoir prononcé la suspense ou l'excommunication contre un clerc dépendant de lui, ou jeté l'interdit contre une Église, de manière à ce qu'aucun service divin ne s'y fasse, déversant ainsi sa folie contre des choses privées de sens, un tel est lui-même privé de sens et subira la loi du talion et sa peine retombera sur sa tête »
4° Le 73°canon attaché aux canons des SAINTS APOTRES (3° siècle), relativement à celui qui s'approprie un linge ou un vase sacré, expose : « Un vase sacré en argent ou une nappe consacrée, que personne ne se les approprie à son usage, car c'est illicite. Si quelqu'un est convaincu de l'avoir fait, qu'il soit soumis à la peine canonique de l'excommunication »
5° Du même, le 76° canon relatif aux évêques qui donnent leur évêché à un parent, expose :« Qu'il ne faut pas que l'évêque faisant don de sa charge d'évêque à son frère, son Fils ou à quelque parent, ordonne ceux qu'il veut ; car il n'est pas juste de constituer des héritiers de l'épiscopat, en faisant cadeau des choses de dieu par affection humaine ; on ne doit pas mettre l'Église du Christ parmi les choses à léguer par héritage. Si quelqu'un fait cela, l'ordination sera nulle et non-avenue, et lui-même sera puni d'excommunication »
6° Le 29° canon du concile de CARTHAGE, tenu 419, prévoit que l’excommunié doit pouvoir être entendu puisqu’il énonce : « De même, il fut décidé par tout le synode, que l'évêque ou n'importe quel clerc qui fut excommunié pour sa négligence, s'il ose communier dans le temps de son excommunication avant d'être entendu en procès, sera considéré comme ayant prononcé lui-même contre soi la sentence de condamnation. »
7° Le dossier d’Apiarius, examiné lors de ce concile, soulève qu’en cas d’excommunication i lest possible d’en appeler à l’évêque de Rome. [il sera fait observation que depuis la séparation de 1053 c’est le Patriarche de Constantinople qui reçoit les appels dans le cadre des Eglises orthodoxes, et déjà le concile de CALCEDOINE prévoyait ce recours près de Constantinople]
8° Le 10° canon du synode PRIME-SECOND, tenu en 861, relativement à ceux qui emploient les choses sacrées pour leur usage personnel, expose : « ceux qui emploient à un usage profane pour eux ou pour d'autres les vases ou les parements destinés au service extérieur du sanctuaire, tombent sous l'excommunication »
9° St Basile, évêque de Césarée (+ 378) déclare en sa première lettre sur les canons, face à ceux qui contractent trop de mariages : « Nous avons coutume d’imposer aux trigames cinq ans d’excommunication, sans avoir reçu pour cela une règle écrite, mais suivant la pratique de nos prédécesseurs »
10° St Grégoire évêque de Nysse (+ 395) relativement à ce qu’il déclare sur le péché volontaire ou involontaire, concernant les meurtriers, expose : « ainsi dans la totale excommunication le meurtrier passera neuf ans exclu de l'église. »
Voici les dix situations prévues par les canons byzantins.
TOLSTOÏ se trouve-t-il dépendre de l’un des motifs prévoyant une excommunication ?
II
Outre l’absence de faute conduisant à l’excommunication, à supposer que l’une d’elles au moins exista, préalablement à toute sentence, le Synode présentement critiqué a-t-il, selon les dispositions du 3° canon du concile de NICEE I fait preuve en condamnant TOLSTOÏ : « d’étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine » ?
Le terme « haine » est fort, certes, l’étroitesse d’esprit lui, ne saurait être invalidée, dans la mesure où en tous les cas les reproches faits à TOSTOÏ sur la façon d’exprimer sa Foi, ne relèvent pas des canons.
De surcroît, et à supposer que TOLSTOÏ succombe aux critères canoniques autorisant son excommunication (ce qui n’apparaît pas), force est demander à l’Histoire :
1° Si conformément au 29° canon du concile de CARTHAGE ; TOLSTOÏ bénéficia-t-il d’un procès et fut-il en mesure d’être à même d’être entendu ?
2° Si conformément à la Tradition rappelée notamment lors de ce même concile, la peine étant prononcée, TOSTOÎ fut-il prévenu de ce qu’il pouvait en appeler au Patriarche de Constantinople ?
Pour rappel, nul n’ignore le cas récent qui opposa en 2006, le Patriarcat de Moscou et le Patriarcat de Constantinople lieu d’appel pour toute les Eglises orthodoxes, dans l’affaire touchant le passage de Mgr Basile alors évêque dans la juridiction du Patriarcat de Moscou au Patriarcat de Constantinople, se fondant sur les canons 9, 17 et 28 du 4° concile celui de CALCEDOINE.
A supposer donc que la peine administrée soit justifiée, force est de constater que si les moyens rappelés attachés au principe du « contradictoire » et de l’appel ne durent pas permis, la sentence devient abusive et s’invalide.
III
Les reproches faits à TOLSTOÏ ne relèvent pas des conditions autorisant une excommunication.
Il est de fait que si TOSTOÏ s’est opposé aux princes temporels de son Eglise, il n’était pas le seul dans cette situation, mail il fut dans les faits, le seul à être condamné, lorsque la peine dont il fut frappé s’avère injustifiée
.En s’opposant aux Princes de son Eglise, TOSTOÏ se prive d’une communion temporelle, or le fait de se couper volontairement du temporel, ne saurait exclure l’être de la communion spirituelle avec l’Eglise, qui dans l’orthodoxie, est bâtie non pas sur Pierre, sur un représentant ou un successeur des apôtres, mais sur la foi de Pierre proclamée par l’apôtre selon que Le lui révèle Le Père (Matt. XVI, 17), ainsi qu’aime à le rappeler la théologie byzantine à la suite d’ORIGENE, il s’agit d’une réponse de Jésus+Christ à la confession de Pierre, « si nous disons aussi : Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant, alors nous devenons aussi Pierre » (Hom. Sur Matt. XII, 10)
Refuser la communion temporelle pour le fidèle d’une Eglise, n’engage pas, par cet acte, la dite Eglise à retirer ou refuser audit fidèle l’accès aux sacrements et notamment à la Sainte Communion.
Refuser à un fidèle l’accès aux Sacrements, revient pour une Eglise à manquer à son Devoir de Charité qui doit présider à toutes ses actions, lorsque de surcroît il ne lui appartient pas de dire et juger à qui revient la Grâce Sacramentelle, elle ne peut se substituer à Dieu et moins encore s’opposer à l’Amour de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés (I Tim. II, 4).
Si , en tout état de cause, et selon les dispositions des Canons Byzantins qui ne peuvent qu’être source à la décision choisie par l’Eglise Russe contre TOLSTOÏ, l’excommunié le fut sans raison valide et licite, de première part l’Eglise de Russie n’appliquait pas le sage rappel des Pères de Nicée qui en le canon 1 «énonce notamment : « Il faut cependant s'assurer que l'évêque n'a pas porté cette sentence d'excommunication par étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine. », de seconde part, alors qu’il lui fut demandé de lever ladite excommunication, aujourd’hui non seulement cette Eglise ne répare pas son erreur, mais maintient sa défaillance dans son Devoir de Charité.
Jean-Pierre BONNEROT
http://www.religion-orthodoxe.com/article-il-est-impossible-de-lever-l-excommunication-de-leon-tolstoi-mais-nous-pouvons-prier-pour-lui-61398264.html
Le Patriarcat de Moscou a refusé de lever l’excommunication prononcée à l’encontre de TOSTOÏ.
Ce choix est une chose. Une autre chose est de savoir si préalablement ladite excommunication était valide et lcite.
Avant d’examiner les canons byzantins qui seuls peuvent permettre de justicier ou invalider la sentence rendue, il échet de rappeler les termes du 3° canon du 1er concile de NICEE, tenu en 325 qui expose : « Il faut cependant s'assurer que l'évêque n'a pas porté cette sentence d'excommunication par étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine. Afin qu'un tel examen puisse avoir lieu, il a paru bon d'ordonner que dans chaque province on tint deux fois par an un synode, afin que tous les évêques de la province étant réunis, on fasse toutes les enquêtes nécessaires »
TOLSTOÏ répond-il à l’une au moins des conditions permettant son excommunication ?
I
L’excommunication est encourue dans les situations suivantes
1° Le 94° canon. du 6° concile IN TRULLO, tenu en 691, expose : « Ceux qui font des serments païens, le canon leur impose des peines et nous aussi, nous leur imposons l'excommunication.
2° Le 1° canon du 7° concile NICEE II, tenu en 787, expose : « nous confirmons dans son entier et sans changement le contenu de leurs ordonnances, tel qu'il fut exposé par les saintes trompettes de l'esprit, les tout glorieux apôtres, les six saints conciles oecuméniques, les conciles particuliers rassemblés en vue d'édicter de telles ordonnances et nos saints pères; car tous sans exception, illuminés par le même esprit, ont décidé ce qui est à notre avantage. Ceux qu'ils ont condamnés à l'anathème, nous les anathématisons; ceux qu'ils ont condamnés à la déposition, nous les déposons; ceux qu'ils ont condamnés à l'excommunication, nous les excommunions »
3° Du même concile, le 4° canon relatif à l'évêque qui doit s'abstenir de tout commerce, le concernant, expose : « Si donc quelqu'un, [évêque ?] exigeant de l'or ou quelque autre espèce ou bien pour satisfaire sa passion, se trouve avoir prononcé la suspense ou l'excommunication contre un clerc dépendant de lui, ou jeté l'interdit contre une Église, de manière à ce qu'aucun service divin ne s'y fasse, déversant ainsi sa folie contre des choses privées de sens, un tel est lui-même privé de sens et subira la loi du talion et sa peine retombera sur sa tête »
4° Le 73°canon attaché aux canons des SAINTS APOTRES (3° siècle), relativement à celui qui s'approprie un linge ou un vase sacré, expose : « Un vase sacré en argent ou une nappe consacrée, que personne ne se les approprie à son usage, car c'est illicite. Si quelqu'un est convaincu de l'avoir fait, qu'il soit soumis à la peine canonique de l'excommunication »
5° Du même, le 76° canon relatif aux évêques qui donnent leur évêché à un parent, expose :« Qu'il ne faut pas que l'évêque faisant don de sa charge d'évêque à son frère, son Fils ou à quelque parent, ordonne ceux qu'il veut ; car il n'est pas juste de constituer des héritiers de l'épiscopat, en faisant cadeau des choses de dieu par affection humaine ; on ne doit pas mettre l'Église du Christ parmi les choses à léguer par héritage. Si quelqu'un fait cela, l'ordination sera nulle et non-avenue, et lui-même sera puni d'excommunication »
6° Le 29° canon du concile de CARTHAGE, tenu 419, prévoit que l’excommunié doit pouvoir être entendu puisqu’il énonce : « De même, il fut décidé par tout le synode, que l'évêque ou n'importe quel clerc qui fut excommunié pour sa négligence, s'il ose communier dans le temps de son excommunication avant d'être entendu en procès, sera considéré comme ayant prononcé lui-même contre soi la sentence de condamnation. »
7° Le dossier d’Apiarius, examiné lors de ce concile, soulève qu’en cas d’excommunication i lest possible d’en appeler à l’évêque de Rome. [il sera fait observation que depuis la séparation de 1053 c’est le Patriarche de Constantinople qui reçoit les appels dans le cadre des Eglises orthodoxes, et déjà le concile de CALCEDOINE prévoyait ce recours près de Constantinople]
8° Le 10° canon du synode PRIME-SECOND, tenu en 861, relativement à ceux qui emploient les choses sacrées pour leur usage personnel, expose : « ceux qui emploient à un usage profane pour eux ou pour d'autres les vases ou les parements destinés au service extérieur du sanctuaire, tombent sous l'excommunication »
9° St Basile, évêque de Césarée (+ 378) déclare en sa première lettre sur les canons, face à ceux qui contractent trop de mariages : « Nous avons coutume d’imposer aux trigames cinq ans d’excommunication, sans avoir reçu pour cela une règle écrite, mais suivant la pratique de nos prédécesseurs »
10° St Grégoire évêque de Nysse (+ 395) relativement à ce qu’il déclare sur le péché volontaire ou involontaire, concernant les meurtriers, expose : « ainsi dans la totale excommunication le meurtrier passera neuf ans exclu de l'église. »
Voici les dix situations prévues par les canons byzantins.
TOLSTOÏ se trouve-t-il dépendre de l’un des motifs prévoyant une excommunication ?
II
Outre l’absence de faute conduisant à l’excommunication, à supposer que l’une d’elles au moins exista, préalablement à toute sentence, le Synode présentement critiqué a-t-il, selon les dispositions du 3° canon du concile de NICEE I fait preuve en condamnant TOLSTOÏ : « d’étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine » ?
Le terme « haine » est fort, certes, l’étroitesse d’esprit lui, ne saurait être invalidée, dans la mesure où en tous les cas les reproches faits à TOSTOÏ sur la façon d’exprimer sa Foi, ne relèvent pas des canons.
De surcroît, et à supposer que TOLSTOÏ succombe aux critères canoniques autorisant son excommunication (ce qui n’apparaît pas), force est demander à l’Histoire :
1° Si conformément au 29° canon du concile de CARTHAGE ; TOLSTOÏ bénéficia-t-il d’un procès et fut-il en mesure d’être à même d’être entendu ?
2° Si conformément à la Tradition rappelée notamment lors de ce même concile, la peine étant prononcée, TOSTOÎ fut-il prévenu de ce qu’il pouvait en appeler au Patriarche de Constantinople ?
Pour rappel, nul n’ignore le cas récent qui opposa en 2006, le Patriarcat de Moscou et le Patriarcat de Constantinople lieu d’appel pour toute les Eglises orthodoxes, dans l’affaire touchant le passage de Mgr Basile alors évêque dans la juridiction du Patriarcat de Moscou au Patriarcat de Constantinople, se fondant sur les canons 9, 17 et 28 du 4° concile celui de CALCEDOINE.
A supposer donc que la peine administrée soit justifiée, force est de constater que si les moyens rappelés attachés au principe du « contradictoire » et de l’appel ne durent pas permis, la sentence devient abusive et s’invalide.
III
Les reproches faits à TOLSTOÏ ne relèvent pas des conditions autorisant une excommunication.
Il est de fait que si TOSTOÏ s’est opposé aux princes temporels de son Eglise, il n’était pas le seul dans cette situation, mail il fut dans les faits, le seul à être condamné, lorsque la peine dont il fut frappé s’avère injustifiée
.En s’opposant aux Princes de son Eglise, TOSTOÏ se prive d’une communion temporelle, or le fait de se couper volontairement du temporel, ne saurait exclure l’être de la communion spirituelle avec l’Eglise, qui dans l’orthodoxie, est bâtie non pas sur Pierre, sur un représentant ou un successeur des apôtres, mais sur la foi de Pierre proclamée par l’apôtre selon que Le lui révèle Le Père (Matt. XVI, 17), ainsi qu’aime à le rappeler la théologie byzantine à la suite d’ORIGENE, il s’agit d’une réponse de Jésus+Christ à la confession de Pierre, « si nous disons aussi : Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant, alors nous devenons aussi Pierre » (Hom. Sur Matt. XII, 10)
Refuser la communion temporelle pour le fidèle d’une Eglise, n’engage pas, par cet acte, la dite Eglise à retirer ou refuser audit fidèle l’accès aux sacrements et notamment à la Sainte Communion.
Refuser à un fidèle l’accès aux Sacrements, revient pour une Eglise à manquer à son Devoir de Charité qui doit présider à toutes ses actions, lorsque de surcroît il ne lui appartient pas de dire et juger à qui revient la Grâce Sacramentelle, elle ne peut se substituer à Dieu et moins encore s’opposer à l’Amour de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés (I Tim. II, 4).
Si , en tout état de cause, et selon les dispositions des Canons Byzantins qui ne peuvent qu’être source à la décision choisie par l’Eglise Russe contre TOLSTOÏ, l’excommunié le fut sans raison valide et licite, de première part l’Eglise de Russie n’appliquait pas le sage rappel des Pères de Nicée qui en le canon 1 «énonce notamment : « Il faut cependant s'assurer que l'évêque n'a pas porté cette sentence d'excommunication par étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine. », de seconde part, alors qu’il lui fut demandé de lever ladite excommunication, aujourd’hui non seulement cette Eglise ne répare pas son erreur, mais maintient sa défaillance dans son Devoir de Charité.
Jean-Pierre BONNEROT
janvier 16, 2011
Islam, charia et droit français
Islam, charia et droit français
Conférence d'Alain wagner de Vérité, Valeurs et Démocratie (VVD) d'une quarantaine de minutes sur le thème peut-on s'opposer à l'islam, à la charia légalement, juridiquement en s'appuyant sur le droit?
http://www.lepost.fr/article/2011/01/14/2370493_islam-charia-et-droit-francais.html
Conférence d'Alain wagner de Vérité, Valeurs et Démocratie (VVD) d'une quarantaine de minutes sur le thème peut-on s'opposer à l'islam, à la charia légalement, juridiquement en s'appuyant sur le droit?
http://www.lepost.fr/article/2011/01/14/2370493_islam-charia-et-droit-francais.html
N'est-ce pas toute l'Europe qui endosse le statut de dhimmi ?
Pas de calendrier chrétien cette année pour les étudiants Européens
La Publication par l'Union Européenne à Bruxelles d'un calendrier à destination
des étudiants européens, et omettant toutes les fêtes chrétiennes, prouve une
fois de plus, comment dire, la honte ou parfois le dégoût d'être chrétien
aujourd'hui. L'Europe oublie volontairement ou non, qu'un homme est mort sur la
Croix, par amour pour nous. Elle n'a aucun respect pour lui.
Ainsi, on n'a pas oublié d'apposer sur le calendrier les dates des fêtes
païennes étrangères, ou d'autres communautés religieuses, mais celles de la
chrétienté non. Ainsi, Pâques n'y est pas, Noël non plus, la Pentecôte aussi,
l'Ascension, l'Assomption..
Mais il n'a pas été omis le Ramadan, Halloween, la fête sikhe de la Lumière...
Fêtes musulmanes, juives, hindoues, païennes sont au rendez-vous de cette année
2011.
L'intervention du Ministre chargée des Affaires Européennes, Laurent Wauquiez, a
fait que l'affaire a pris une tournure politique, ce qui est bien regrettable,
avec des interventions de l'extrême droite chrétienne et du syndicat étudiant
(Unef) notamment, dont ce dernier défend le principe de laïcité. Alors que ce
même syndicat est bien content de profiter des jours fériés chrétiens qui lui
sont proposés, non pour aller à la messe, mais pour faire la fête.
Un constat encore une fois de plus regrettable, et qui prouve de nouveau la
persécution que subit l'Eglise Chrétienne, notamment catholique aujourd'hui en
Europe (et pas seulement au Moyen Orient). Il y a peu, je disais dans un de mes
articles que les églises orthodoxes et catholiques étaient les plus persécutées
dans le monde. Nous en avons ici la confirmation. A Noël, France Culture n'a
programmé aucune diffusion de la messe Orthodoxe de Noël à la radio..Messe qui
était suivie par les chrétiens orthodoxes, qui ne pouvaient quitter leur lit, ou
trop éloignés des lieux de culte. Les autres retransmissions pour les
catholiques et protestants seront elles aussi supprimées... L'athéisme va
tranquillement, mais sûrement.
Pour en revenir au calendrier, il ne sera pas remis en cause cette année, les
fêtes chrétiennes seront donc absentes. En revanche, Bruxelles promet pour 2012
une rectification possible du calendrier. Le Prince de ce Monde doit se lécher
les babines...
urce : http://www.mystiquereligieuse.com/
La Charia est-elle appelée à remplacer la Morale Chrétienne ?
La Charia est-elle appelée à remplacer la Morale Chrétienne ?
http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/ext/http://www.gloria.tv/?media=101545
http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/ext/http://www.gloria.tv/?media=101545
janvier 14, 2011
Les combats du Prince de ce monde
Les combats du Prince de ce monde,
L’Apocalypse de Jean invite à bien des lectures, dont celles attachées à l’histoire que l’abbé LACURIA exposera en sa Clef historique de l’Apocalypse, reprenant et rectifiant les préalables travaux du Bienheureux Barthélemy HOLZHAUSER.
Certes nombreuses sont les époques où les combats contre les Chrétiens contre le Christianisme firent rage, mais en est-il une où fut affirmée avec autant de clarté la haine envers les disciples de Notre Seigneur Jésus+Christ, parce qu’il a toujours déplu au Prince de ce monde d’être vaincu, comme il le fut déjà à deux reprises lors des tentatives de tentation de NSJ+C au Désert, lors de la Résurrection du Christ, vrai Dieu et vrai homme, combat dans lequel celui qui s’oppose à notre Salut, ne veut se reconnaître vaincu.
Il est vrai qu’il faut que vienne le temps, sinon les temps, où la Bête et le faux prophète seront lâchés pour tenter de séduire s’il était possible, même les élus.
Ces temps de l’histoire, si l’on considère l’Apocalypse de Jean comme pouvant notamment exposer l’avenir de l’Eglise, sont difficiles à préciser.
Toutefois, une vidéo comme celle proposée, n’est-elle pas de nature à nous interpeller ?
http://www.youtube.com/watch?v=Q8aNu1uw_s0&feature=player_embedded
L’Apocalypse de Jean invite à bien des lectures, dont celles attachées à l’histoire que l’abbé LACURIA exposera en sa Clef historique de l’Apocalypse, reprenant et rectifiant les préalables travaux du Bienheureux Barthélemy HOLZHAUSER.
Certes nombreuses sont les époques où les combats contre les Chrétiens contre le Christianisme firent rage, mais en est-il une où fut affirmée avec autant de clarté la haine envers les disciples de Notre Seigneur Jésus+Christ, parce qu’il a toujours déplu au Prince de ce monde d’être vaincu, comme il le fut déjà à deux reprises lors des tentatives de tentation de NSJ+C au Désert, lors de la Résurrection du Christ, vrai Dieu et vrai homme, combat dans lequel celui qui s’oppose à notre Salut, ne veut se reconnaître vaincu.
Il est vrai qu’il faut que vienne le temps, sinon les temps, où la Bête et le faux prophète seront lâchés pour tenter de séduire s’il était possible, même les élus.
Ces temps de l’histoire, si l’on considère l’Apocalypse de Jean comme pouvant notamment exposer l’avenir de l’Eglise, sont difficiles à préciser.
Toutefois, une vidéo comme celle proposée, n’est-elle pas de nature à nous interpeller ?
http://www.youtube.com/watch?v=Q8aNu1uw_s0&feature=player_embedded
janvier 13, 2011
Discours de Benoît XVI au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège
Discours de Benoît XVI au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège
Le 10 janvier 2011 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Comme à l'accoutumé après l'Epiphanie, à l'occasion de l'échange des vœux de bonne année, le pape Benoît XVI a reçu ce matin le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Le Saint-Siège est Observateur permanent à l'ONU, Membre de 7 de ses agences, Membre ou Observateur près 15 autres organismes internationaux ou régionaux. Après l'intervention du Doyen du corps diplomatique, l'Ambassadeur du Honduras, au nom des 181 délégations (178 états, plus UE, Ordre de Malte et OLP), Benoît XVI s'est adressé à ses hôtes.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureux de vous accueillir pour cette rencontre qui, chaque année, vous réunit autour du Successeur de Pierre, illustres Représentants de si nombreux pays. Elle revêt une haute signification, car elle est une image en même temps qu’une illustration du rôle de l’Eglise et du Saint-Siège dans la communauté internationale. J’adresse à chacun de vous des salutations et des vœux cordiaux, en particulier à ceux qui sont ici pour la première fois. Je vous suis reconnaissant pour l’engagement et l’attention avec lesquels, dans l’exercice de vos délicates fonctions, vous suivez mes activités, celles de la Curie romaine et, ainsi, d’une certaine façon, la vie de l’Eglise catholique partout dans le monde. Votre Doyen, l’Ambassadeur Alejandro Valladares Lanza, s’est fait l’interprète de vos sentiments, et je le remercie pour les souhaits qu’il m’a exprimés au nom de tous. Sachant combien votre communauté est unie, je suis sûr qu’est présente aujourd’hui dans votre pensée l’Ambassadrice du Royaume des Pays-Bas, la Baronne van Lynden-Leijten, retournée il y a quelques semaines à la maison du Père. Je m’associe dans la prière à votre émotion.
Alors que commence une année nouvelle, en nos cœurs et dans le monde entier résonne encore l’écho de la joyeuse annonce qui a éclaté voici vingt siècles dans la nuit de Bethléem, nuit qui symbolise la condition de l’humanité, dans son besoin de lumière, d’amour et de paix. Aux hommes d’alors comme à ceux d’aujourd’hui, les armées célestes ont apporté la bonne nouvelle de l’avènement du Sauveur : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Is. 9, 1). Le Mystère du Fils de Dieu qui devient fils d’homme dépasse assurément toute attente humaine. Dans sa gratuité absolue, cet événement de salut est la réponse authentique et complète au désir profond du cœur. La vérité, le bien, le bonheur, la vie en plénitude que chaque homme recherche consciemment ou inconsciemment lui sont donnés par Dieu. En aspirant à ces bienfaits, toute personne est à la recherche de son Créateur, parce que « seul Dieu répond à la soif qui est dans le cœur de tout homme » (Exhortation Apostolique post-synodale Verbum Domini, n. 23). L’humanité, dans toute son histoire, à travers ses croyances et ses rites, montre une incessante recherche de Dieu et « ces formes d’expression sont tellement universelles que l’on peut appeler l’homme un être religieux » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 28). La dimension religieuse est une caractéristique indéniable et incoercible de l’être et de l’agir de l’homme, la mesure de la réalisation de son destin et de la construction de la communauté à laquelle il appartient. Par conséquent, quand l’individu lui-même ou ceux qui l’entourent négligent ou nient cet aspect fondamental, se créent des déséquilibres et des conflits à tous les niveaux, aussi bien au plan personnel qu’au plan interpersonnel.
C’est dans cette vérité première et fondamentale que se trouve la raison pour laquelle j’ai indiqué la liberté religieuse comme la voie fondamentale pour la construction de la paix, dans le Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix de cette année. La paix, de fait, se construit et se conserve seulement quand l’homme peut librement chercher et servir Dieu dans son cœur, dans sa vie et dans ses relations avec les autres.
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, votre présence en cette circonstance solennelle est une invitation à accomplir un tour d’horizon sur tous les pays que vous représentez et sur le monde entier. Dans ce panorama, n’y a-t-il pas de nombreuses situations, dans lesquelles, malheureusement, le droit à la liberté religieuse est lésé ou nié ? Ce droit de l’homme, qui est en réalité le premier des droits, parce que, historiquement, il a été affirmé en premier, et que, d’autre part, il a comme objet la dimension constitutive de l’homme, c’est à dire sa relation avec son Créateur, n’est-il pas trop souvent mis en discussion ou violé ? Il me semble que la société, ses responsables et l’opinion publique se rendent compte aujourd’hui davantage, même si ce n’est pas toujours de façon exacte, de cette grave blessure portée contre la dignité et la liberté de l’homo religiosus, sur laquelle j’ai tenu, à de nombreuses reprises, à attirer l’attention de tous.
Je l’ai fait durant mes voyages apostoliques de l’année dernière, à Malte et au Portugal, à Chypre, au Royaume Uni et en Espagne. Au-delà des caractéristiques diverses de ces pays, je conserve de tous un souvenir plein de gratitude pour l’accueil qu’ils m’ont réservé. L’Assemblée spéciale du Synode des Evêques pour le Moyen-Orient, qui s’est déroulée au Vatican au cours du mois d’octobre, a été un moment de prière et de réflexion, durant lequel la pensée s’est dirigée avec insistance vers les communautés chrétiennes de cette région du monde, si éprouvées à cause de leur adhésion au Christ et à l’Eglise.
Oui, regardant vers l’Orient, les attentats qui ont semé mort, douleur et désarroi parmi les chrétiens d’Iraq, au point de les inciter à quitter la terre où leurs pères ont vécu pendant des siècles, nous ont profondément accablés. Je renouvelle aux Autorités de ce pays et aux chefs religieux musulmans mon appel anxieux à œuvrer afin que leurs concitoyens chrétiens puissent vivre en sécurité et continuer à apporter leur contribution à la société dont ils sont membres à plein titre. En Egypte aussi, à Alexandrie, le terrorisme a frappé brutalement des fidèles en prière dans une église. Cette succession d’attaques est un signe de plus de l’urgente nécessité pour les Gouvernements de la Région d’adopter, malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses. Faut-il encore une fois le dire ? Au Moyen-Orient, « les chrétiens sont des citoyens originels et authentiques, loyaux à leurs patries et s’acquittant de tous leurs devoirs nationaux. Il est naturel qu’ils puissent jouir de tous les droits de la citoyenneté, de la liberté de conscience et de culte, de la liberté dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement et dans l’usage des moyens de communication. » (Message au peuple de Dieu de l’Assemblée Spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques, n. 10). A cet égard, j’apprécie l’attention pour les droits des plus faibles et la clairvoyance politique dont certains pays d’Europe ont fait preuve ces derniers jours, en demandant une réponse concertée de l’Union Européenne afin que les chrétiens soient défendus au Moyen-Orient. Je voudrais rappeler enfin que le droit à la liberté religieuse n’est pas pleinement appliqué là où est garantie seulement la liberté de culte, qui plus est, avec des limitations. En outre, j’encourage à accompagner la pleine sauvegarde de la liberté religieuse et des autres droits humains par des programmes qui, depuis l’école primaire et dans le cadre de l’enseignement religieux, éduquent au respect de tous les frères en humanité. Pour ce qui concerne les Etats de la Péninsule Arabique, où vivent de nombreux travailleurs immigrés chrétiens, je souhaite que l’Eglise catholique puisse disposer des structures pastorales appropriées.
Parmi les normes qui lèsent le droit des personnes à la liberté religieuse, une mention particulière doit être faite de la loi contre le blasphème au Pakistan: j’encourage à nouveau les Autorités de ce pays à faire les efforts nécessaires pour l’abroger, d’autant plus qu’il est évident qu’elle sert de prétexte pour provoquer injustices et violences contre les minorités religieuses. Le tragique assassinat du Gouverneur du Pendjab montre combien il est urgent de procéder dans ce sens : la vénération à l’égard de Dieu promeut la fraternité et l’amour, et non pas la haine et la division. D’autres situations préoccupantes, avec parfois des actes de violence, peuvent être mentionnées dans le Sud et Sud-est du continent asiatique, dans des pays qui ont pourtant une tradition de rapports sociaux pacifiques. Le poids particulier d’une religion déterminée dans une nation ne devrait jamais impliquer que les citoyens appartenant à une autre confession soient discriminés dans la vie sociale ou, pire encore, que soit tolérée la violence à leur encontre. A cet égard, il est important que le dialogue interreligieux favorise un engagement commun à reconnaître et promouvoir la liberté religieuse de toute personne et de toute communauté. Enfin, comme je l’ai déjà rappelé, la violence contre les chrétiens n’épargne pas l’Afrique. Les attaques contre des lieux de culte au Nigeria, alors même que l’on célébrait la Nativité du Christ, en sont un autre triste témoignage.
Dans divers pays, d’autre part, la Constitution reconnaît une certaine liberté religieuse, mais, de fait, la vie des communautés religieuses est rendue difficile et parfois même précaire (cf. Concile Vatican II, Déclaration Dignitatis Humanae, n. 15) parce que l’ordonnancement juridique ou social s’inspire de systèmes philosophiques et politiques qui postulent un strict contrôle, pour ne pas dire un monopole, de l’Etat sur la société. Il faut que cessent de telles ambiguïtés, de manière à ce que les croyants ne se trouvent pas tiraillés entre la fidélité à Dieu et la loyauté à leur patrie. Je demande en particulier que soit garantie partout aux communautés catholiques la pleine autonomie d’organisation et la liberté d’accomplir leur mission, conformément aux normes et standards internationaux en ce domaine.
En ce moment, ma pensée se tourne à nouveau vers la communauté catholique de la Chine continentale et ses Pasteurs, qui vivent un moment de difficulté et d’épreuve. Par ailleurs, je voudrais adresser une parole d’encouragement aux Autorités de Cuba, pays qui a célébré en 2010 soixante-quinze ans de relations diplomatiques ininterrompues avec le Saint-Siège, afin que le dialogue qui s’est heureusement instauré avec l’Eglise se renforce encore et s’élargisse.
Déplaçant notre regard de l’Orient à l’Occident, nous nous trouvons face à d’autres types de menaces contre le plein exercice de la liberté religieuse. Je pense, en premier lieu, à des pays dans lesquels on accorde une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais où la religion subit une croissante marginalisation. On tend à considérer la religion, toute religion, comme un facteur sans importance, étranger à la société moderne ou même déstabilisant et l’on cherche par divers moyens à en empêcher toute influence dans la vie sociale. On en arrive ainsi à exiger que les chrétiens agissent dans l’exercice de leur profession sans référence à leurs convictions religieuses et morales, et même en contradiction avec celles-ci, comme, par exemple, là où sont en vigueur des lois qui limitent le droit à l’objection de conscience des professionnels de la santé ou de certains praticiens du droit.
Dans ce contexte, on ne peut que se réjouir de l’adoption par le Conseil de l’Europe, au mois d’octobre dernier, d’une Résolution qui protège le droit du personnel médical à l’objection de conscience face à certains actes qui lèsent gravement le droit à la vie, comme l’avortement.
Une autre manifestation de la marginalisation de la religion, et, en particulier, du christianisme, consiste dans le bannissement de la vie publique des fêtes et des symboles religieux, au nom du respect à l’égard de ceux qui appartiennent à d’autres religions ou de ceux qui ne croient pas. En agissant ainsi, non seulement on limite le droit des croyants à l’expression publique de leur foi, mais on se coupe aussi des racines culturelles qui alimentent l’identité profonde et la cohésion sociale de nombreuses nations. L’année dernière, certains pays européens se sont associés au recours du Gouvernement italien dans la cause bien connue concernant l’exposition du crucifix dans les lieux publics. Je désire exprimer ma gratitude aux Autorités de ces nations, ainsi qu’à tous ceux qui se sont engagés dans ce sens, Episcopats, Organisations et associations civiles ou religieuses, en particulier le Patriarcat de Moscou et les autres représentants de la hiérarchie orthodoxe, ainsi qu’à toutes les personnes - croyants mais aussi non-croyants - qui ont tenu à manifester leur attachement à ce symbole porteur de valeurs universelles.
Reconnaître la liberté religieuse signifie, en outre, garantir que les communautés religieuses puissent opérer librement dans la société, par des initiatives dans les secteurs social, caritatif ou éducatif. Partout dans le monde, d’ailleurs, on peut constater la fécondité des œuvres de l’Eglise catholique en ces domaines. Il est préoccupant que ce service que les communautés religieuses rendent à toute la société, en particulier pour l’éducation des jeunes générations, soit compromis ou entravé par des projets de loi qui risquent de créer une sorte de monopole étatique en matière scolaire, comme on le constate par exemple dans certains pays d’Amérique Latine. Alors que plusieurs d’entre eux célèbrent le deuxième centenaire de leur indépendance, occasion propice pour se souvenir de la contribution de l’Eglise catholique à la formation de l’identité nationale, j’exhorte tous les Gouvernements à promouvoir des systèmes éducatifs qui respectent le droit primordial des familles à décider de l’éducation des enfants et qui s’inspirent du principe de subsidiarité, fondamental pour organiser une société juste.
Poursuivant ma réflexion, je ne puis passer sous silence une autre atteinte à la liberté religieuse des familles dans certains pays européens, là où est imposée la participation à des cours d’éducation sexuelle ou civique véhiculant des conceptions de la personne et de la vie prétendument neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison.
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
En cette circonstance solennelle, permettez-moi d’expliciter quelques principes dont le Saint-Siège, avec toute l’Eglise catholique, s’inspire dans son activité auprès des Organisations Internationales intergouvernementales, afin de promouvoir le plein respect de la liberté religieuse pour tous. En premier lieu, c’est la conviction que l’on ne peut créer une sorte d’échelle dans la gravité de l’intolérance envers les religions. Malheureusement, une telle attitude est fréquente, et ce sont précisément les actes discriminatoires contre les chrétiens qui sont considérés comme moins graves, moins dignes d’attention de la part des gouvernements et de l’opinion publique. En même temps, on doit aussi refuser le contraste périlleux que certains veulent instaurer entre le droit à la liberté religieuse et les autres droits de l’homme, oubliant ou niant ainsi le rôle central du respect de la liberté religieuse dans la défense et la protection de la haute dignité de l’homme. Moins justifiables encore sont les tentatives d’opposer au droit à la liberté religieuse de prétendus nouveaux droits, activement promus par certains secteurs de la société et insérés dans des législations nationales ou dans des directives internationales, mais qui ne sont, en réalité, que l’expression de désirs égoïstes et ne trouvent pas leur fondement dans l’authentique nature humaine. Enfin, il faut affirmer qu’une proclamation abstraite de la liberté religieuse n’est pas suffisante : cette norme fondamentale de la vie sociale doit trouver application et respect à tous les niveaux et dans tous les domaines; autrement, malgré de justes affirmations de principe, on risque de commettre de profondes injustices à l’égard des citoyens qui souhaitent professer et pratiquer librement leur foi.
La promotion d’une pleine liberté religieuse des communautés catholiques est aussi le but que recherche le Saint-Siège quand il conclut des Concordats ou autres Accords. Je me réjouis que des Etats de diverses régions du monde et de diverses traditions religieuses, culturelles et juridiques choisissent le moyen de Conventions internationales pour organiser les rapports entre la communauté politique et l’Eglise catholique, établissant par le dialogue le cadre d’une collaboration dans le respect des compétences réciproques. L’année dernière, a été conclu et est entré en vigueur un Accord pour l’assistance religieuse des fidèles catholiques des forces armées en Bosnie-Herzégovine, et des négociations sont actuellement en cours dans divers pays. Nous en espérons une issue positive, assurant des solutions respectueuses de la nature et de la liberté de l’Eglise pour le bien de toute la société.
L’activité des Représentants Pontificaux auprès des Etats et des Organisations internationales est également au service de la liberté religieuse. Je voudrais relever avec satisfaction que les Autorités vietnamiennes ont accepté que je désigne un Représentant, qui exprimera par ses visites à la chère communauté catholique de ce pays la sollicitude du Successeur de Pierre. Je voudrais également rappeler que, durant l’année dernière, le réseau diplomatique du Saint-Siège s’est encore renforcé en Afrique, une présence stable étant désormais assurée dans trois pays où le Nonce n’est pas résident. S’il plaît à Dieu, je me rendrai encore dans ce continent, au Bénin, en novembre prochain, pour remettre l’Exhortation Apostolique qui recueillera les fruits des travaux de la deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Evêques.
Devant cet illustre auditoire, je voudrais enfin redire avec force que la religion ne constitue pas pour la société un problème, qu’elle n’est pas un facteur de trouble ou de conflit. Je voudrais répéter que l’Eglise ne recherche pas de privilèges, ni ne veut intervenir dans des domaines étrangers à sa mission, mais simplement exercer celle-ci avec liberté. J’invite chacun à reconnaître la grande leçon de l’histoire : « Comment nier la contribution des grandes religions du monde au développement de la civilisation ? La recherche sincère de Dieu a conduit à un plus grand respect de la dignité de l’homme. Les communautés chrétiennes, avec leur patrimoine de valeurs et de principes, ont fortement contribué à la prise de conscience de la part des personnes et des peuples, de leur identité et de leur dignité, de même qu’à la conquête d’institutions démocratiques et à l’affirmation des droits de l’homme ainsi que des devoirs correspondants. Aujourd’hui encore, dans une société toujours plus mondialisée, les chrétiens sont appelés, non seulement à un engagement civil, économique et politique responsable, mais aussi au témoignage de leur charité et de leur foi, à offrir une contribution précieuse à l’engagement rude et exaltant pour la justice, le développement humain intégral et le juste ordonnancement des réalités humaines » (Message pour la célébration de la Journée pour la Paix, 1er janvier 2011, n. 7).
Emblématique, à cet égard, est la figure de la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta : le centenaire de sa naissance a été célébré à Tirana, à Skopje et à Pristina comme en Inde ; un vibrant hommage lui a été rendu non seulement par l’Eglise, mais aussi par des Autorités civiles et des chefs religieux, sans compter les personnes de toutes confessions. Des exemples comme le sien montrent au monde combien l’engagement qui naît de la foi est bénéfique à toute la société.
Qu’aucune société humaine ne se prive volontairement de l’apport fondamental que constituent les personnes et les communautés religieuses ! Comme le rappelait le Concile Vatican II, en assurant pleinement et à tous la juste liberté religieuse, la société pourra ainsi « jouir des biens de la justice et de la paix découlant de la fidélité des hommes envers Dieu et sa sainte volonté » (Déclaration Dignitatis Humanae, n. 6).
Voici pourquoi, alors que nous formons des vœux afin que cette nouvelle année soit riche de concorde et de réel progrès, j’exhorte tous, responsables politiques, chefs religieux et personnes de toutes catégories, à entreprendre avec détermination la voie vers une paix authentique et durable, qui passe par le respect du droit à la liberté religieuse dans toute son étendue.
Sur cet engagement qui nécessite, pour sa mise en œuvre, que toute la famille humaine s’y investisse, j’invoque la Bénédiction de Dieu Tout-Puissant, qui a opéré notre réconciliation avec lui et entre nous, par son Fils Jésus-Christ, notre paix (Eph. 2, 14).
Bonne année à tous!
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Sources : www.vatican.va - E.S.M.
© Copyright 2011 - Libreria Editrice Vaticana
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 10.01.2011 - T/Benoît XVI
LA FRANCE A-T-ELLE DEJA ADOPTE LE STATUT DE DHIMMI ?
LA FRANCE A-T-ELLE DEJA ADOPTE LE STATUT DE DHIMMI ?
Les orthodoxes de France ont protesté officiellement contre la suppression soudaine de la retransmission radiophonique de la liturgie de la Nativité, le 7 janvier dernier, selon le calendrier julien.
Le président de l'Assemblée des Evêques Orthodoxes de France, le métropolite Emmanuel, a adressé une lettre de protestation à Monsieur Olivier Poivre d'Arvor, Directeur de France Culture, lui demandant le rétablissement de ces retransmissions radiophoniques qui font partie de la programmation annuelle de France Culture depuis des décennies et qui, chaque année, à l'occasion des fêtes de la Nativité et de Pâques, profitent depuis le milieu des années 1930 en France à des fidèles chrétiens orthodoxes qui en raison de leur âge, de maladie, d'hospitalisation ou autrement, n'ont pas accès à un lieu de culte orthodoxe. Le Service Orthodoxe de Presse avait fait part de cette suppression dans une dépêche du 5 janvier dernier, intitulée "Les orthodoxes de France seront privés de la retransmission radiophonique de la liturgie de Noël".
janvier 12, 2011
ISLAM ET SERVITUDE
ISLAM ET SERVITUDE
Déjà une certaine lecture de l’Ancien Testament pourrait faire croire à l’existence d’un « peuple élu », lorsque plus tardivement l’islam reprendra – dépendant ou ressortissant du sémitisme – cette même idée, l’adaptant en ce que qu’il considérera les autres religions ou ceux qui ne partagent pas sa pensée, chaque être alors comme un dhimmi.
Il convient de n’être pas dupe et comprendre la logique des pays qui cautionnent les ou ne condamnent pas la persécution des Chrétiens.
Si l’on reprend cette définition : «le terme dhimmi s'applique essentiellement aux « gens du livre » (Ahl al-kitâb), qui, dans le champ de la gouvernance islamique, moyennant l'acquittement d'un impôt de capitation (jizya)4, d'un impôt foncier (kharâj)4, d'une certaine incapacité juridique et du respect de certaines règles édictées dans un "pacte" conclu avec les autorités, se voient accorder une liberté de culte restreinte, une dispense de certaines obligations que les musulmans sont tenus de faire (comme l'aumône obligatoire zakât ou servir dans l'armée) ainsi que la garantie de sécurité pour leur personne et pour leurs biens. En échange, certaines contraintes sont imposées, comme l'interdiction de construire de nouveaux lieux de culte ou l'interdiction du prosélytisme. L'ensemble de ces règles théoriques sera mis en œuvre de façon plus ou moins stricte selon les périodes et les lieux. », il s’avère alors difficile de ne pas comprendre la position des musulmans et des Etats musulmans à l’égard des Chrétiens, êtres devant se soumettre à l’islam présentée comme la vraie voie…
La terminologie « gens du livre », « religion du livre » utilisée par ceux qui ne peuvent se référer qu’à une écriture purement humaine est hélas reprise par des théologiens Chrétiens méconnaissant le dépôt qu’ils prétendent expliquer, - alors que le Christianisme ne vient pas d’un Livre mais de Dieu Incarné et non pas créé -, il convient de cesser d’associer le Christianisme aux « gens du livre » ou « religions du livre ».
Si donc pour les musulmans, les Chrétiens ne peuvent être que des êtres soumis, quelle importance peut donc avoir leur mort, aux yeux de celui qu’ils nomment Allah ?
La dhimmitude trouve sa justification dans la sourate 9 : Le repentir (At-Tawbah), verset 299 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce que Dieu et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humiliés. »
Puisque le Chrétien ne reconnaît pas Mahomet comme un prophète, puisqu’ilo n’adhère pas à la prédication de cet homme mais reconnaît Jésus+Christ comme étant Dieu, il devient normal de cautionner la mort de ces infidèles à cet homme dénommé Mahomet.
Ne nous étonnons pas que le Caire exprime son indignation conte le Pape de Rome, mais Rome a-t-il le devoir d’entretenir des relations diplomatiques avec des Etats qui en fait, ne reconnaissent que la prédication de Mahomet ?
Déjà une certaine lecture de l’Ancien Testament pourrait faire croire à l’existence d’un « peuple élu », lorsque plus tardivement l’islam reprendra – dépendant ou ressortissant du sémitisme – cette même idée, l’adaptant en ce que qu’il considérera les autres religions ou ceux qui ne partagent pas sa pensée, chaque être alors comme un dhimmi.
Il convient de n’être pas dupe et comprendre la logique des pays qui cautionnent les ou ne condamnent pas la persécution des Chrétiens.
Si l’on reprend cette définition : «le terme dhimmi s'applique essentiellement aux « gens du livre » (Ahl al-kitâb), qui, dans le champ de la gouvernance islamique, moyennant l'acquittement d'un impôt de capitation (jizya)4, d'un impôt foncier (kharâj)4, d'une certaine incapacité juridique et du respect de certaines règles édictées dans un "pacte" conclu avec les autorités, se voient accorder une liberté de culte restreinte, une dispense de certaines obligations que les musulmans sont tenus de faire (comme l'aumône obligatoire zakât ou servir dans l'armée) ainsi que la garantie de sécurité pour leur personne et pour leurs biens. En échange, certaines contraintes sont imposées, comme l'interdiction de construire de nouveaux lieux de culte ou l'interdiction du prosélytisme. L'ensemble de ces règles théoriques sera mis en œuvre de façon plus ou moins stricte selon les périodes et les lieux. », il s’avère alors difficile de ne pas comprendre la position des musulmans et des Etats musulmans à l’égard des Chrétiens, êtres devant se soumettre à l’islam présentée comme la vraie voie…
La terminologie « gens du livre », « religion du livre » utilisée par ceux qui ne peuvent se référer qu’à une écriture purement humaine est hélas reprise par des théologiens Chrétiens méconnaissant le dépôt qu’ils prétendent expliquer, - alors que le Christianisme ne vient pas d’un Livre mais de Dieu Incarné et non pas créé -, il convient de cesser d’associer le Christianisme aux « gens du livre » ou « religions du livre ».
Si donc pour les musulmans, les Chrétiens ne peuvent être que des êtres soumis, quelle importance peut donc avoir leur mort, aux yeux de celui qu’ils nomment Allah ?
La dhimmitude trouve sa justification dans la sourate 9 : Le repentir (At-Tawbah), verset 299 : « Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce que Dieu et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation par leurs propres mains, après s'être humiliés. »
Puisque le Chrétien ne reconnaît pas Mahomet comme un prophète, puisqu’ilo n’adhère pas à la prédication de cet homme mais reconnaît Jésus+Christ comme étant Dieu, il devient normal de cautionner la mort de ces infidèles à cet homme dénommé Mahomet.
Ne nous étonnons pas que le Caire exprime son indignation conte le Pape de Rome, mais Rome a-t-il le devoir d’entretenir des relations diplomatiques avec des Etats qui en fait, ne reconnaissent que la prédication de Mahomet ?
L’Egypte cautionne-t-elle les attentats contre les Chrétiens ?
L’Egypte cautionne-t-elle les attentats contre les Chrétiens ?
Coptes: l'Egypte rappelle son ambassadeur au Vatican pour consultations
(AFP) – Il y a 10 heures
LE CAIRE — L'Egypte a annoncé mardi qu'elle rappelait pour consultations son ambassadeur auprès du Vatican, après des déclarations du pape Benoît XVI sur les Coptes égyptiens visés par un attentat à Alexandrie, considérées comme une "ingérence inacceptable".
Cette décision a été prise en raison de propos du souverain pontife qui constituent une "ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de l'Egypte", a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères dans un communiqué.
"L'Egypte ne permettra à aucune partie non égyptienne d'interférer dans ses affaires intérieures sous quelque prétexte que ce soit", a-t-il poursuivi, en ajoutant que "la question copte est spécifiquement une question intérieure égyptienne".
Le Caire a également récusé "toute démarche" étrangère qui s'appuierait sur l'attentat d'Alexandrie pour "promouvoir ce qu'on appelle la protection des chrétiens du Proche-Orient".
Le pape Benoît XVI a condamné à plusieurs reprises au cours des derniers jours cet attentat commis dans la nuit du Nouvel an devant une église copte orthodoxe d'Alexandrie (nord), faisant 21 morts.
Lundi, il a souligné, lors d'une cérémonie de voeux devant le corps diplomatique au Vatican, l'"urgente nécessité" pour les gouvernements du Moyen-Orient d?adopter, "malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses".
Il a salué à cet égard "la clairvoyance politique dont certains pays d?Europe ont fait preuve ces derniers jours, en demandant une réponse concertée de l?Union européenne afin que les chrétiens soient défendus au Moyen-Orient".
Dimanche, il avait également exprimé sa "proximité" avec les Egyptiens coptes, communauté qui représente 6 à 10% des quelque 80 millions d'Egyptiens, en grande majorité musulmans sunnites.
Et le 1er janvier, il avait demandé aux dirigeants du monde de défendre les chrétiens contre les abus et l'intolérance.
Face aux "tensions menaçantes du moment, face spécialement aux discriminations, aux abus et aux intolérances religieuses, qui frappent aujourd'hui en particulier les chrétiens, encore une fois j'adresse une invitation pressante à ne pas céder au découragement et à la résignation", avait-il dit lors de la messe du Premier de l'an à la basilique Saint-Pierre.
A plusieurs reprises depuis l'attentat, l'Egypte a affirmé que la protection de la communauté copte relevait de sa seule souveraineté, et avait mobilisé des dizaines de milliers de policiers pour assurer la sécurité des églises du pays à l'occasion du Noël orthodoxe, le 7 janvier.
L'attentat d'Alexandrie n'a pas encore été revendiqué et l'enquête est toujours en cours.
Selon les autorités, l'attentat aurait été commis par un inconnu porteur d'une charge explosive, qu'il aurait actionnée devant l'église des Saints au moment où les fidèles commençaient à sortir.
Le président Hosni Moubarak a assuré que des "mains étrangères" étaient derrière cet attentat commis deux mois après des menaces contre les chrétiens d'Egypte lancées par une branche irakienne d'al-Qaïda.
Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés. Plus »
janvier 08, 2011
L’INCINERATION DOIT-ELLE ËTRE ACCEPTEE PAR L’EGLISE ?
L’INCINERATION DOIT-ELLE ËTRE ACCEPTEE PAR L’EGLISE ?
Le journal LA CROIX revenait ces derniers jours, dans son édition électronique, sur les textes exposant que l’incinération était admise par l’Eglise, depuis qu’un Décret du Saint Office en date du 8 mai 1963, avait supprimé l’interdiction de funérailles religieuses pour ceux qui demandaient à être incinérés.
Exposé des motifs de l’interdiction et de la permission.
L’Eglise de Rome interdisait alors l’incinération, au motif que cela était de nature à signifier chez le demandeur comme une atteinte à la foi en la résurrection et la vie éternelle !
Ce raisonnement selon lequel une opposition (supposée) à la Foi de l’Eglise, fragiliserait alors le Dogme, est pour le moins incompréhensible.
Plus explicite se trouve être l’explication donnée par le canon 1176 du nouveau Code de droit canonique qui énonce : « l’Église recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n’interdit point l’incinération, à moins que celle-ci n’ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne. »
Le motif de l'interdiction à l’incinération devient une sanction dans le cadre de cet article, arrêter enfin une complicité à une opposition à la doctrine chrétienne.
Il sera pris acte que si l’Eglise ne sanctionne l’incinération, que dans le cas d’une opposition à la doctrine. Ce point est d’une particulière importance, en ce que l’on peut déduire aisément que le principe de l’incinération, l’Eglise l’admet donc de fait, pour quiconque ne s’oppose pas consciemment au Dogme, en fait ne se trouve pas en rébellion avec elle.
L’incinération n’est pas tolérée, elle est admise, le catéchisme de l’Eglise catholique disant donc :
« l’Église permet l’incinération, si celle-ci ne manifeste pas une mise en cause de la foi dans la résurrection des corps » (n° 2301).
Quant à ce que peut sous- entendre cette permission et cette interdiction selon la position du défunt :
Il est heureux que la cérémonie religieuse liée aux obsèques ne soit pas un sacrement, dès lors les conséquences liturgiques de ces funérailles ne délivrent pas, comme dans un sacrement, des grâces particulières et spéciales, qui limiteraient la Grâce selon le bon vouloir de l’Officialité.
Toutefois, deux questions méritent d’être posées :
I
- l’absence de Foi en la résurrection des corps et la vie éternelle chez le décédé, donne-t-il le droit à l’Eglise de refuser des prières, fusses-elles non liées à un Sacrement ?
II
- L’Eglise dans son Magistère peut-elle accepter l’incinération ?
I
Sur la sanction opérée par l’Eglise, alors qu’il ne s’agit pas de discuter en cette partie de notre réflexion sur le bien fondé ou non de la crémation – quel motif lui accorder ? L’Eglise est-elle juge des reins et des cœurs ? Certes non, seul Dieu sonde les reins et les cœurs «et toutes les Eglises sauront que je suis celui qui scrute les reins et les cœurs” (Apoc. II, 23). L’Eglise ne saurait se substituer ni au Père, ni au Fils, ni à l’Esprit.
Comment peut-elle d’une part juger de la pensée d’un décédé, dès lors que sa réflexion n’est ni dans ce monde ni dans l’autre, figée.
Figer de surcroît la pensée d’un être dans le monde, n’est-ce pas nier précisément sa vie et notamment son « activité pensante » dans l’autre monde ? Nier aussi implicitement le devenir eschatologique de l’être, puisque l’issue de sa vie terrestre est assimilée alors à la fin de la Vie ?
La négation de la résurrection des corps et de la vie éternelle en notre incarnation ne résulte pas, - à l’inverse pas plus en ce qui concerne la croyance en ce dogme – d’un acte de pleine connaissance. De la sorte, l’inconnaissance ou la connaissance incomplète ne saurait permettre un jugement.
Une telle condamnation, prive le décédé des prières de l’Eglise. Cette privation s’oppose à l’enseignement du Sauveur, qui nous demande de prier pour nos ennemis donc aussi pour ceux qui ne partageraient pas la même Foi : “Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, » (Mat. V, 44)
Si l’Eglise refuse ses prières, si l’Eglise condamne, elle manque à son devoir de Charité et à l’application du plus grand Commandement.
II
A Adam, à la suite de sa chute, Dieu énonce : « A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol car c'est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras.” (Gen. III, 19)
Est-il permis à l’ »homme de, délibérément, modifier les Lois de Dieu, lorsqu’il échet bien entendu de dissocier de ce choix ou de cette permission que l’être s’accorde, les cas particuliers que sont des morts accidentelles par le feu ?
Le corps d’Adam est modelé «avec de la poussière prise du sol” (Gen. II, 7)
Nous sommes invités à nous souvenir “avant que ne viennent les jours mauvais”(Eccl. XII, 1)
« que la poussière retourne à la terre comme elle en est venue, et le souffle à Dieu qui l'a donné.” (Eccl. XII, 7)
Il n’appartient pas à l’homme de modifier les Lois de la Création. S’il en était besoin, Jésus+Christ vrai chef de l’Eglise évoque Son ensevelissement :(Mat. XXVI, 12 ; Marc XIV, 8 ; Jean. XII, 7).
La mise au tombeau est la pratique que l’on retrouve dans les Evangiles : “ Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà.” (Jean XI, 17). Il ne s’agit pas d’incinérer un corps mais de le rendre à la terre d’où il est issu.
Relativement aux reste du Baptiste, les disciples “ vinrent prendre son cadavre et le mirent dans un tombeau.” (Marc. VI, 29)
Alors que le corps vient de la terre et revient à la terre, ne convient-il pas de méditer ce passage de l’Evangile : “ Or, comme arrivait le temps où il allait être enlevé du monde, Jésus prit résolument la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui. Ceux-ci s'étant mis en route entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on ne l'accueillit pas, parce qu'il faisait route vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : " Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu tombe du ciel et les consume ? "Mais lui, se retournant, les réprimanda. Et ils firent route vers un autre village.” (Luc IX, 51-57)
En ce passage, se trouve évoquée le fait que Jésus+Christ allait être enlevé du monde, les disciples propose au Sauveur que ceux qui Lui seraient ainsi hostiles en refusant de L’accueillir, soient consumés par le feu. De cette pensée, les disciples furent par le Sauveur, réprimandés !
L’Eglise semble oublier cette réprimande faite à Jacques et Jean, réprimande qui ne porte pas obligatoirement ou seulement sur le fait d’une idée de répression, de vengeance si j’ose dire, mais aussi sur le moyen tel que précisé : le feu !
Dans l’apocalypse de Jean, le feu lui est assimilé à un étang ou se trouvent précipités la Bête et le faux prophète (Apoc. XIX, 20), le diable et leur séducteur (Apoc. XX, 10)
Ensevelissement, mise au tombeau, tels sont les Lois de l’Evangile pour les gisants, le feu est réservé au diable, à la Bête et au faux prophète ; ne serait-il pas judicieux que l’Eglise de Rome réfléchisse sur le bien fondé de sa position au regard de l’incinération ?
Le journal LA CROIX revenait ces derniers jours, dans son édition électronique, sur les textes exposant que l’incinération était admise par l’Eglise, depuis qu’un Décret du Saint Office en date du 8 mai 1963, avait supprimé l’interdiction de funérailles religieuses pour ceux qui demandaient à être incinérés.
Exposé des motifs de l’interdiction et de la permission.
L’Eglise de Rome interdisait alors l’incinération, au motif que cela était de nature à signifier chez le demandeur comme une atteinte à la foi en la résurrection et la vie éternelle !
Ce raisonnement selon lequel une opposition (supposée) à la Foi de l’Eglise, fragiliserait alors le Dogme, est pour le moins incompréhensible.
Plus explicite se trouve être l’explication donnée par le canon 1176 du nouveau Code de droit canonique qui énonce : « l’Église recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n’interdit point l’incinération, à moins que celle-ci n’ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne. »
Le motif de l'interdiction à l’incinération devient une sanction dans le cadre de cet article, arrêter enfin une complicité à une opposition à la doctrine chrétienne.
Il sera pris acte que si l’Eglise ne sanctionne l’incinération, que dans le cas d’une opposition à la doctrine. Ce point est d’une particulière importance, en ce que l’on peut déduire aisément que le principe de l’incinération, l’Eglise l’admet donc de fait, pour quiconque ne s’oppose pas consciemment au Dogme, en fait ne se trouve pas en rébellion avec elle.
L’incinération n’est pas tolérée, elle est admise, le catéchisme de l’Eglise catholique disant donc :
« l’Église permet l’incinération, si celle-ci ne manifeste pas une mise en cause de la foi dans la résurrection des corps » (n° 2301).
Quant à ce que peut sous- entendre cette permission et cette interdiction selon la position du défunt :
Il est heureux que la cérémonie religieuse liée aux obsèques ne soit pas un sacrement, dès lors les conséquences liturgiques de ces funérailles ne délivrent pas, comme dans un sacrement, des grâces particulières et spéciales, qui limiteraient la Grâce selon le bon vouloir de l’Officialité.
Toutefois, deux questions méritent d’être posées :
I
- l’absence de Foi en la résurrection des corps et la vie éternelle chez le décédé, donne-t-il le droit à l’Eglise de refuser des prières, fusses-elles non liées à un Sacrement ?
II
- L’Eglise dans son Magistère peut-elle accepter l’incinération ?
I
Sur la sanction opérée par l’Eglise, alors qu’il ne s’agit pas de discuter en cette partie de notre réflexion sur le bien fondé ou non de la crémation – quel motif lui accorder ? L’Eglise est-elle juge des reins et des cœurs ? Certes non, seul Dieu sonde les reins et les cœurs «et toutes les Eglises sauront que je suis celui qui scrute les reins et les cœurs” (Apoc. II, 23). L’Eglise ne saurait se substituer ni au Père, ni au Fils, ni à l’Esprit.
Comment peut-elle d’une part juger de la pensée d’un décédé, dès lors que sa réflexion n’est ni dans ce monde ni dans l’autre, figée.
Figer de surcroît la pensée d’un être dans le monde, n’est-ce pas nier précisément sa vie et notamment son « activité pensante » dans l’autre monde ? Nier aussi implicitement le devenir eschatologique de l’être, puisque l’issue de sa vie terrestre est assimilée alors à la fin de la Vie ?
La négation de la résurrection des corps et de la vie éternelle en notre incarnation ne résulte pas, - à l’inverse pas plus en ce qui concerne la croyance en ce dogme – d’un acte de pleine connaissance. De la sorte, l’inconnaissance ou la connaissance incomplète ne saurait permettre un jugement.
Une telle condamnation, prive le décédé des prières de l’Eglise. Cette privation s’oppose à l’enseignement du Sauveur, qui nous demande de prier pour nos ennemis donc aussi pour ceux qui ne partageraient pas la même Foi : “Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, » (Mat. V, 44)
Si l’Eglise refuse ses prières, si l’Eglise condamne, elle manque à son devoir de Charité et à l’application du plus grand Commandement.
II
A Adam, à la suite de sa chute, Dieu énonce : « A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol car c'est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras.” (Gen. III, 19)
Est-il permis à l’ »homme de, délibérément, modifier les Lois de Dieu, lorsqu’il échet bien entendu de dissocier de ce choix ou de cette permission que l’être s’accorde, les cas particuliers que sont des morts accidentelles par le feu ?
Le corps d’Adam est modelé «avec de la poussière prise du sol” (Gen. II, 7)
Nous sommes invités à nous souvenir “avant que ne viennent les jours mauvais”(Eccl. XII, 1)
« que la poussière retourne à la terre comme elle en est venue, et le souffle à Dieu qui l'a donné.” (Eccl. XII, 7)
Il n’appartient pas à l’homme de modifier les Lois de la Création. S’il en était besoin, Jésus+Christ vrai chef de l’Eglise évoque Son ensevelissement :(Mat. XXVI, 12 ; Marc XIV, 8 ; Jean. XII, 7).
La mise au tombeau est la pratique que l’on retrouve dans les Evangiles : “ Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà.” (Jean XI, 17). Il ne s’agit pas d’incinérer un corps mais de le rendre à la terre d’où il est issu.
Relativement aux reste du Baptiste, les disciples “ vinrent prendre son cadavre et le mirent dans un tombeau.” (Marc. VI, 29)
Alors que le corps vient de la terre et revient à la terre, ne convient-il pas de méditer ce passage de l’Evangile : “ Or, comme arrivait le temps où il allait être enlevé du monde, Jésus prit résolument la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui. Ceux-ci s'étant mis en route entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on ne l'accueillit pas, parce qu'il faisait route vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : " Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu tombe du ciel et les consume ? "Mais lui, se retournant, les réprimanda. Et ils firent route vers un autre village.” (Luc IX, 51-57)
En ce passage, se trouve évoquée le fait que Jésus+Christ allait être enlevé du monde, les disciples propose au Sauveur que ceux qui Lui seraient ainsi hostiles en refusant de L’accueillir, soient consumés par le feu. De cette pensée, les disciples furent par le Sauveur, réprimandés !
L’Eglise semble oublier cette réprimande faite à Jacques et Jean, réprimande qui ne porte pas obligatoirement ou seulement sur le fait d’une idée de répression, de vengeance si j’ose dire, mais aussi sur le moyen tel que précisé : le feu !
Dans l’apocalypse de Jean, le feu lui est assimilé à un étang ou se trouvent précipités la Bête et le faux prophète (Apoc. XIX, 20), le diable et leur séducteur (Apoc. XX, 10)
Ensevelissement, mise au tombeau, tels sont les Lois de l’Evangile pour les gisants, le feu est réservé au diable, à la Bête et au faux prophète ; ne serait-il pas judicieux que l’Eglise de Rome réfléchisse sur le bien fondé de sa position au regard de l’incinération ?
janvier 05, 2011
Les Rois Mages représentent devant l’Incarnation, notre pauvreté
Les Rois Mages représentent devant l’Incarnation, notre pauvreté
Matthieu rend compte de la présence de Mages venus d’Orient adorer le Sauveur, ces hommes dépositaires des sciences de leur temps n’ignorent point qu’il s’agit de Jésus, Vrai Homme et Vrai Dieu.
Péladan n’a pas manqué de rappeler: « L'adoration des Mages signifie l'abdication des ésotérismes devant l'incarnation de la Vérité » (1). Les Mages déposent l’or, l’encens la myrrhe aux pieds du Christ Jésus, et Irénée de Lyon en donne pour sens : « la myrrhe signifiait que c'était lui qui, pour notre race humaine mortelle, mourrait et serait enseveli; l'or, qu'il était le Roi dont le règne n'aurait pas de fin Luc 1,33; l'encens, enfin, qu'il était le Dieu qui venait de se faire connaître en Judée Ps 76,2, et de se manifester à ceux quine le cherchaient point Is 65,1; Rom 10,20 (Irénée, Contre les Hérésies Liv.3 ch.9,2. »(2).
Les Mages se détournent de leur ancienne croyance, par ce qu’ils reconnaissent en Jésus l’enfant divin, ils Lui offrent, conformément aux pratiques rituelles de l’ancienne Egypte, l’or qui est la représentation de la chair imputrescible du corps d’éternité des dieux, symbole de la vie éternelle ; la myrrhe, substance servant tout à la fois de base pour l’embaumement, symbole de la victoire sur la mort, qui servait aussi à oindre les statues divines ; l’encens permettant, d’apaiser les dieux mais aussi d’entrer en communication avec le divin, symbole de la transcendance. Rejetant alors toutes leurs anciennes croyances, les Mages s’en retournent par un autre chemin et le sens de cet autre chemin n’est-il pas celui de Notre Seigneur disant : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn XIV, 6). Maxime de Turin, en son Homélie sur l’Epiphanie expose que les Mages « ne vivant plus dans la même religion, ils abordèrent un autre chemin de retour et une autre manière de vivre. Car, avant de voir le Christ, l’étoile avait conduit les mages comme des homes religieux venant pour un hommage ; mais une fois qu’ils eurent vu le Seigneur et cru en Lui, la foi les ramena à leur patrie comme des adeptes du Christ. » (3).
Grégoire le Grand en sa 10° Homélie prononcée le 6 janvier 591, souligne l’importance de cet autre chemin : « 7. Les mages nous donnent encore une leçon très importante en revenant dans leur pays par un autre chemin. En effet, ce qu’ils font sur l’avertissement qu’ils ont reçu nous indique ce que nous devons faire. Notre pays, c’est le paradis, et une fois que nous connaissons Jésus, il nous est interdit d’y retourner par le chemin que nous avons suivi en venant. Car nous nous sommes éloignés de notre pays par l’orgueil, la désobéissance, la poursuite des biens visibles et l’avidité à goûter les nourritures défendues. Mais pour y revenir, il faut les larmes, l’obéissance, le mépris des biens visibles et la maîtrise des appétits de la chair. C’est donc bien par un autre chemin que nous retournons dans notre pays, puisque nous étant éloignés des joies du paradis par les plaisirs, nous y sommes ramenés par les lamentations. » (4)
Grégoire le Grand introduit ce rapport symbolique entre cette autre route prise par les Mages qui se sont dépouillés en offrant tous leurs trésors au Vrai Dieu et Vrai Homme et notre devoir de retrouver le chemin du ciel. : Les Mages abdiquent leurs anciennes croyances en reconnaissant l’Incarnation de Dieu, par la Nouvelle Alliance, il nous revient, à l’instar de ces témoins, de revenir à Dieu.
Le do ut des : « je donne afin que tu donnes » des anciennes croyances est remplacé par le don total, absolu qui est l’acte d’Amour entraînant
La pauvreté conçue comme un engagement – le refus du monde matériel pour le paradis – ce qui n’était pas dans les croyances de l’Egypte ancienne où seul le prêtre initié, le pharaon, étaient les seuls garants de l’ordre universel. Avec l’offrande des Mages à l’enfant Jésus, tout homme devient acteur œuvrant pour le rétablissement du monde d’avant la Chute.
Les trois tentatives de tentation de Jésus au Désert exorcisent nos chutes successives par le refus du Fils de l’Homme à succomber en une actualisation alors éternelle, à ces dernières : ce sera la première défaite de Satan.
- A la manducation de l’Arbre comme expression de la vie humaine voulant être indépendante de la vie Divine, le Christ répond : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” ( Mt. IV,4)
- A l’idée de l’homme pensant pouvoir soumettre la Grâce selon ses désirs, accéder au ciel par la futilité d’une tour, expression d’une voie d’orgueil, le Christ répond : « Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.” ( Mt. IV, 7)
- Au constat que la Chute de l’homme entraîna le monde sinon une grande partie de la Création à être provisoirement sous la dépendance de Satan, expression de l’illusion Faustienne, le Christ répond : “Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.” (Mt. IV, 10)
Si la pauvreté matérielle ne permet pas la présence de l’orgueil, la désobéissance, la poursuite des biens visibles et l’avidité à goûter les nourritures défendues, comment répondre à cette interrogation formulée dans la mystique juive : « Or, comme les péchés sont plus graves chez les riches à cause de leur orgueil qui fait défaut aux pauvres, où est [9a] la justice de Dieu qui fait mourir de faim les pauvres et laisse vivre les riches, afin qu’ils continuent à pécher ? » (5)
A la question posée par le Zohar, le Judaïsme répond par la Tsédaka qui est le Devoir de Charité, le Christianisme par la Communion des Saints vivifiée par la Charité.
Comment acquérir le ciel qu’évoque Grégoire le Grand ? A cette question posée par l’homme courant après le Christ pour obtenir une réponse, “Jésus, l'ayant regardé, l'aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s'en alla tout triste; car il avait de grands biens.” (Mc, X, 21,22)
Il conviendrait de parvenir à cette pauvreté, qui n’est pas obligatoirement matérielle, mais peut relever de l’ordre spirituel : “ Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!” ( Mt. V,3)
Clément d’Alexandrie introduira dans l’Eglise ancienne, la problématique de la richesse et de la pauvreté par son homélie Quel riche peut être sauvé (6), la fortune n'est pas un obstacle au salut si l'on voit dans son possesseur un simple usufruitier (7). De plus, si l'on en fait un sage emploi, elle est un bien pour le pauvre et même pour le riche. Cette Homélie est importante, Eusèbe l’évoque en ces termes : « Quant à Clément, il indique également ce temps et il ajoute un récit très nécessaire à ceux qui aiment entendre des choses belles et profitables, dans son ouvrage intitulé : Quel riche est sauvé Prenez cette histoire et lisez-la donc telle qu'il l'a écrite » (8)
Quelle est cette pauvreté que manifestent les Mages repartant sans aucun bien terrestre, cette pauvreté liée à une richesse devenue partage, don envers le prochain, mais non abandon de ce qui fut reçu (Mt. XXV , 14-31), richesse et pauvreté s’entrecroisent telle la Lumière et la Ténèbre, le jeune homme riche n’avait pas répondu à l’appel de Son Maître, ce que firent les Apôtres tels Pierre et André qui, parce qu’il étaient bien moins riches matériellement, Le suivirent.
Jean-Pierre BONNEROT
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1 J. PELADAN : L'occultisme contemporain, nlle .Ed, in : Œuvres choisies, Les Formes du Secret Ed, 1979, page 69
2 Irénée, Contre les Hérésies Liv.3 ch.9, 2., nombreuses éd.
3 Maxime de Turin : Homélie sur l’Epiphanie (Homélie 21) PL., 57, pp, 256-270, in : Le Mystère de Noël, Coll. Lettres Chrétiennes, Grasset Ed, 1963, page 229.
4 Grégoire le Grand : Homélie 10 Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, le jour de l’Epiphanie ; texte emprunté au site : www.jesusmarie.com
5 Zohar, III, 8b, 9a, trad. Jean de Pauly, Maisonneuve et Larose Ed, tome V, page 24
6 Clément d’Alexandrie : Quel riche peut être sauvé ? PG. 9, pp 603-651, trad. in : Riches et pauvres dans l’Eglise ancienne, Coll. Lettres Chrétiennes, Grasset Ed, 1962, pages 24-55
7 En complément, il sera intéressant, de lire la contribution d’Emile SZLECHTER sur Le prêt dans l’Ancien Testament et dans les codes mésopotamiens d’avant Hammourabi, in Revue d’histoire et e philosophie religieuse, N°1, 1955, pages 16-25
(8) Eusèbe de Césarée : Histoire ecclésiastique, III, 23
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