février 16, 2012

La « thèse Ocariz » contredite aussi par la « thèse Ratzinger »


Cardinal Ratzinger : « [l’Instruction Donum Veritatis] affirme - peut-être pour la première fois de façon aussi claire - qu’il existe des décisions du magistère qui ne peuvent constituer le dernier mot sur une matière en tant que telle, mais un encouragement substantiel par rapport au problème, et surtout une expression de prudence pastorale, une sorte de disposition provisoire. Leur substance reste valide, mais les détails sur lesquels les circonstances des temps ont exercé une influence peuvent avoir besoin de rectifications ultérieures. A cet égard, on peut penser aussi bien aux déclarations des papes du siècle dernier sur la liberté religieuse qu’aux décisions antimodernistes du début de ce siècle » (L’Osservatore Romano. Édition hebdomadaire en langue française, 10 juillet 1990, p. 9)[1][1].

Monseigneur Ocáriz :  « Le Concile Vatican II n’a défini aucun dogme, au sens où il n’a proposé aucune doctrine au moyen d’un acte définitif. Toutefois, le fait qu’un acte du Magistère de l’Église ne soit pas garanti par le charisme de l’infaillibilité ne signifie pas qu’il puisse être considéré comme « faillible », au sens où il transmettrait une « doctrine provisoire » ou encore des « opinions autorisées ». Toute expression du Magistère authentique doit être accueillie pour ce qu’elle est véritablement : un enseignement donné par des pasteurs qui, dans la succession apostolique, parlent avec un « charisme de vérité » (Dei Verbum, n.8), « pourvus de l’autorité du Christ » (Lumen Gentium, n. 25), « sous la lumière du Saint-Esprit » (ibidem). (Osservatore Romano, 2 décembre 2011, p. 6)

  Le Cardinal Ratzinger affirme clairement qu’il existe un Magistère qui est provisoire et il donne un exemple. Ce Magistère, selon le Cardinal, n’est pas le dernier mot sur une matière, c’est-à-dire, il ne s’agit pas évidemment d’un Magistère infaillible, mais d’un Magistère purement authentique, qui pourrait être faillible sur certains aspects et sujet à des rectifications. Ce Magistère pourrait être l’expression de prudence pastorale, une contribution par rapport au problème. Or la prudence est provisoire. Les décisions prudentielles peuvent et parfois doivent changer selon les circonstances. Il incline vers une position sans pour autant interdire ou condamner une autre position. Il s’agit donc d’un Magistère exercé à un moment donné et pour les circonstances de ce moment, pouvant donc changer si les circonstances changent. Le Cardinal n’affirme pas que tout Magistère non-infaillible est explicitement provisoire, mais qu’il existe aussi un Magistère de ce type. Classiquement on appelle cette sorte de Magistère provisoire le Magistère qui affirme qu’une telle doctrine est tuta vel non tuta. Ce Magistère ne veut pas trancher la question, mais il indique qu’une telle doctrine, dans le contexte contemporain à cet acte du Magistère, peut être enseignée sans danger pour la foi et la morale ou que, au contraire, elle ne peut pas être enseignée sans mettre en danger la foi et la morale. Ainsi, par exemple, une thèse philosophique peut être condamnée comme non tuta, non pas parce que le Magistère la considère fausse d'une manière absolue, mais parce que dans les circonstances données (considérant en particulier l'état dans lequel se trouvent la théologie, la philosophie ou la science en ce moment donné) on n'arrive pas à la concilier aisément avec le Dépôt Révélé et c'est donc imprudent de la tenir. Avec le temps le Magistère peut condamner définitivement cette théorie ou affirmer sa compatibilité avec la Révélation. Dans ce cadre on pourrait citer le cas de la condamnation de Galilée, auquel il avait été demandé de ne pas enseigner de façon péremptoire ce qui à l’époque n’était qu’une thèse non prouvée. En principe donc un Magistère purement authentique et provisoire peut exister, comme l’affirme le Cardinal Ratzinger. Que ce soit le cas du Magistère contre la liberté de conscience au XIXème siècle et du Magistère contre le modernisme au début XXème, cela reste au moins très douteux[2].

  Une analyse de l’affirmation de Mgr Ocáriz n’est pas facile, puisque son texte manque de clarté. Veut-il tout simplement dire que le Magistère de Vatican II n’appartient pas à cette espèce de Magistère faillible provisoire ? Magistère qui existerait donc par ailleurs, mais pas au dernier Concile ? Peut-on interpréter ainsi son affirmation ambiguë : « le fait qu’un acte du Magistère de l’Église ne soit pas garanti par le charisme de l’infaillibilité ne signifie pas qu’il puisse être considéré comme “faillible ”. au sens où il transmettrait une “doctrine provisoire”. ou encore des “opinions autorisées ”» ? De cette façon affirme-t-il qu’un acte du Magistère (purement) authentique ne transmet pas nécessairement une doctrine provisoire, bien qu’il puisse le faire ? Ou dans le sens contraire veut-il dire que aucun acte du Magistère (purement) authentique ne peut être provisoire ? Sa dernière phrase semble indiquer plutôt cela, puisque, pour expliquer l’affirmation que Vatican II n’est pas provisoire, il finit par englober tout Magistère authentique :  « Toute expression du Magistère authentique doit être accueillie pour ce qu’elle est véritablement : un enseignement donné par des pasteurs qui, dans la succession apostolique, parlent avec un  “charisme de vérité ” (Dei Verbum, n.8), “pourvus de l’autorité du Christ ” (Lumen Gentium, n. 25), “ sous la lumière du Saint-Esprit ” (ibidem) ». Mgr Ocáriz semble donc plutôt exclure la possibilité de tout Magistère provisoire, contrariant le Cardinal Ratzinger, la pratique de l’Église et la doctrine commune des théologiens.

  Il faut d’ailleurs affirmer qu’un Magistère non-infaillible demeure toujours avec un certain caractère provisoire, autrement on aurait un Magistère toujours définitif, inchangeable, irréformable, enfin infaillible. La distinction entre faillible et infaillible donnée par l’Église elle-même n’aurait plus aucun sens. Ce caractère provisoire peut être exprimé soit directement (ou explicitement) par le Magistère lorsqu’il affirme qu’une doctrine est tuta vel non tuta ou indirectement (ou implicitement) lorsque le Magistère affirme une doctrine (enseignant sa vérité) ou la condamne (enseignant sa fausseté), sans pour autant trancher définitivement la question. Il faut ajouter que ce caractère provisoire peut avoir plusieurs degrés. Et ce Magistère purement authentique même s'il n'est pas directement ou explicitement provisoire n’est pas de iure infaillible et il reste réformable. C’est un enseignement pouvant donc contenir des erreurs, même si cela reste assez rare, et il ne peut point par conséquent exiger un assentiment absolu par le seul fait qu’il s’agit d’un acte magistériel de l’autorité ecclésiastique.

   

Abbé Daniel Pinheiro

   

[1] Dans le texte original italien le mot traduit par « encouragement » est « ancoraggio », ce qui signifie plutôt « ancrage » cfr. Osservatore Romano 27 giugno 1990 p. 6. Nous remarquons cette discordance entre les textes en circulation. Cependant le sens du texte n’est pas altéré. 

[2]Ce magistère n'est pas du Magistère Extraordinaire Infaillible, mais il est très probablement du Magistère Ordinaire Pontifical Infaillible, fondé sur la Révélation elle-même. Cette position a, en outre, des solides raisons doctrinales et théologiques à son appui. Au sujet de la liberté religieuse on revoie à l’étude de Mgr de Castro Mayer.

Source : isputationes.over-blog.com/article-la-these-ocariz-contredite-aussi-par-la-these-ratzinger-98967390.html






février 09, 2012

POUR REVENIR A LA LEVEE DU SECRET DE LA CONFESION


Le procureur du Vatican, Mgr Charles Scicluna, a averti les évêques réunis pour un symposium mercredi à Rome.

Il leur a rappelé que se rendre coupable de "négligence" face à un cas de pédophilie est "un crime" selon le droit canon.

"Nous ne pouvons refuser à une victime que son cas soit examiné avec justice, en nous abritant derrière des complexités techniques de la loi", a-t-il prôné. "Les négligences et les intentions mauvaises dans l'exercice de son devoir constituent un crime en vertu du droit canon", a-t-il poursuivi.

Il a insisté sur le rôle central que doivent jouer les évêques dans la lutte contre la pédophilie. "La responsabilité ecclésiale doit être développée encore davantage. Comment sanctionne-t-on un évêque? C'est quelque chose que le droit canonique réserve au pape personnellement", a reconnu l'évêque maltais lors d'une conférence de presse.

"Une fois que l'on impose des règles, vous devez les respecter", a-t-il signalé à l'intention des évêques. Il a admis que la "culture du silence" se perpétue encore dans l'Eglise.

Certains diocèses, notamment aux Etats-Unis et en Allemagne, sont allés très loin dans les règlementations qui favorisent la coopération avec la justice civile. Mais, dans beaucoup de pays, ces normes ne sont pas en place.

4'000 cas

Un problème à résoudre concerne l'obligation des dénonciations par l'évêque, tout puissant dans son diocèse, à la police et au parquet. Les associations d'anciennes victimes réclament que le Vatican donne des indications précises qui soient tout le temps valides.

Quelque 4'000 cas ont été annoncés à ses services ces dix dernières années, a indiqué le "promoteur de justice" du Vatican. Mgr Scicluna centralise les études des dossiers d'abus sexuels commis par des prêtres mais aussi par des laïcs au sein de l'Eglise.

Sur ces 4'000 cas, un millier ont été communiqués en 2010 et 2011, mais ce sont pour la plupart des cas anciens remontant à des dizaines d'années. Ils proviennent pour la plupart d'Europe, a-t-il dit, dans la mesure où le scandale a été révélé plus tard en Europe qu'aux Etats-Unis. "Plus les cas sont anciens, plus il est urgent de les traiter, par justice pour les victimes", a-t-il dit.

Source: ATS/AFP

Source : http://www.lacote.ch/fr/monde/negliger-un-cas-de-pedophilie-est-un-crime-481-384025



http://www.lepoint.fr/societe/pedophilie-vatican-negliger-un-cas-releve-du-crime-08-02-2012-1428790_23.php




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Comme signalé depuis longtemps, non, le secret de la confession peut n'être pas absolu, conformément à la théologie non seulement morale mais aussi sacramentelle, sans oublier les dispositions du Droit canonique.

 Ainsi, progressivement, le Vatican en vient-il à revoir sa position qui ne peut que conduire  - comme cela sera expliqué dans une étude à paraître - à la levée du secret dès lors que l'Eglise n'attendra pas que la Justice des hommes intervienne.

 Les conditions de la confession portent sur deux points : la contrition, le ferme propos.

                        - la contrition peut être parfaite, en ce qu'elle engage le pénitent dans son repentir à l’Amour qui nous fait aimer Dieu, l'exemple qui  me toucha infiniment est la transformation  par exemple de Jacques FESCH, guillotiné le 1er octobre 1957 et dont ses Lettres  (7) maintes fois rééditées, sont à l'origine de biens des conversions.

-         la contrition peut être imparfaite, en ce que le repentir s'il n'est pas produit par l'Amour de Dieu, trouve son motif dans l'horreur du péché, ce que je nommerai conscience engageant l'être à ne plus réitérer ce qui fut.

 La Théologie Morale considère que pour que le Sacrement de pénitence soit reçu de façon valide, il importe que la contrition soit, selon l'analyse que nous empruntons au professeur JONE HERIBERT, en son excellent Précis de Théologie Morale Catholique ( :

-         véritable ou intérieure ( douleur ).

-         formelle ou expresse, ainsi que manifestée extérieurement.

-         surnaturelle ( secours de la grâce ).

-         générale ( confession ou conscience de l'ensemble des péchés ).

-         souveraine ( fait de détester le péché comme le plus grand mal ).

-         sacramentelle ( en rapport avec le sacrement de Pénitence ).

                        -         le ferme propos suppose la fermeté en ce que le pénitent doit avoir  la volonté sérieuse de s'améliorer, en distinguant l'être qui n'a pas fait d'effort et dont le propos n'était pas ferme, de l'être qui redoute de succomber et qui peut avoir le ferme propos.

-         le ferme propos suppose l'efficacité en ce que le pénitent doit être résolu à employer les moyens nécessaires pour éviter le péché, pour fuir l'occasion prochaine et pour réparer selon son pouvoir le dommage commis.

                         le ferme propos suppose l'universalité en ce que le pénitent doit déclarer au  moins tous les péchés mortels commis, lorsque pour les péchés véniels le  ferme propos n'a pas besoin d'être général


Dès lors que ces conditions ne sont pas réunies, le sacrement n'est pas reçu, et le secret disparaît.


De même, le professeur HERIBERT JONE précise  :"Il n'y a pas de confession sacramentelle lorsque que quelqu'un sciemment confesse ses péchés à un prêtre que n'a pas de juridiction ou bien à un prêtre muni de juridiction mais uniquement pour se moquer de lui ou pour aller chercher près de lui conseil et consolation. "


Or, nombreux furent les ecclésiastiques qui se contentèrent de seulement - et au mieux - d'aller chercher conseil près de leur évêque.

 Avant d'aller plus outre, où est le secret de la confession dans ce cas ?


JPB

février 02, 2012

NON, LE SECRET DE LA CONFESION N'EST PAS ABSOLU !


I

Le Secret de la confession s'inscrit dans une dynamique sacramentelle, qui pour être appliqué et opposable, suppose que les conditions du sacrement soient réunies. Ces dernières sont fixées ou rappelées par les règles de la Théologie Morale qui exposent selon " les registres" des conditions , le ferme propos de ne pas recommencer, le fait que la confession ne peut être seulement une révélation pour un conseil demandé à un supérieur, etc.



II

Si l'ensemble des conditions édictées par les règles des théologies  qui s'entrecroisent sans s'opposer ou se disqualifier, sont respectées dans le cadre de la théologie sacramentelle, alors le Sacrement de la confession s'opère.



III

La réalité du sacrement de la confession n'aboutit pas obligatoirement au secret, comme le souligne le Droit canonique.



 Sur ces divers points je reviendrai, préparant d'ailleurs une sorte de  Mémoire, pour servir à mieux comprendre ce sujet, où bien des théologiens et canonistes pourront se sentir empêchés  pour rappeler des bases qu'il écher qu'elles ne soient point ignorées.



JPB



Carlo Sommaruga veut en finir avec le secret

Abus sexuels


Le conseiller national Carlo Sommaruga veut lever le secret ecclésiastique dans les affaires qui concernent des mineurs.

Par Eric Felley. Mis à jour le 30.01.2012

Dans le droit canonique, le secret de la confession est absolu. Le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE) n’y changera rien. Par contre, en ce qui concerne le Code pénal, le secret ecclésiastique est assimilé au secret professionnel. Pour lutter contre le problème de la pédophilie dans l’Eglise, le Genevois estime que ce secret ecclésiastique doit être amputé lorsqu’il concerne des abus sexuels commis contre des mineurs. Ce jeudi, la Commission des affaires juridiques (CAJ) du Conseil national débattra pour la première fois d’une initiative parlementaire qu’il a déposée dans ce sens il y a déjà trois ans.

Mea culpa des évêques Depuis pourtant, du chemin a été parcouru. La Conférence des évêques suisses (CES) a fait son mea culpa en mars 2010. Pour sa porte-parole, Laure-Christine Grandjean, «elle a mis sur pied des lignes directrices claires. La victime doit dans tous les cas être informée qu’elle a la possibilité de porter plainte selon le droit public. On demande à l’auteur, si les circonstances l’exigent, de se dénoncer lui-même et les titulaires d’une fonction ecclésiastique portent plainte devant les organes de poursuite pénale de l’Etat lors de soupçons fondés, sauf si la victime s’y oppose.»Le message a été entendu. Lors de sa dernière statistique publiée en 2011, la commission spécifique de la CES, intitulée «Abus sexuels dans le cadre de la pastorale», avait recensé en Suisse 146 cas d’abus commis par 125 personnes couvrant la période de 1950 à nos jours.

Dans ces conditions, s’attaquer au secret ecclésiastique est-il encore d’actualité? «Oui, estime Carlo Sommaruga. Contrairement à ce qui s’est passé en Irlande, en Allemagne ou aujourd’hui en Australie, nous n’avons pas encore clairement tiré les leçons de la gravité de la situation sur le plan de la culpabilité morale et juridique, notamment pour des propositions de réparation. En modifiant la loi, on doit faire comprendre aux agresseurs potentiels que l’autorité ne permet plus de cacher ces faits par des artifices juridiques.» (Le Matin)

Source :  LE MATIN


http://www.lematin.ch/suisse/standard/Carlo-Sommaruga-veut-en-finir-avec-le-secret/story/16754571/print.html

janvier 23, 2012

La réhabilitation de Galilée



 On pourra lire avec intérêt L´affaire Galilée,  Ed de Paris, sous la direction du Cardinal POUPARD, si la « fiche technique » est la suivante :

« Les pièces de ce dossier complexe, notamment la lettre de Galilée à Christine de Lorraine et la lettre de Bellarmin à Foscarini. Loin de voir dans l’affaire Galilée un simple conflit entre l’Église et la science, il montre que c’est plus l’exégèse biblique qui se trouve ébranlée que la foi elle-même.
Avec l’époque moderne et les découvertes d’un Copernic, d’un Kepler ou d’un Galilée, surgit un débat inédit entre l’astronomie nouvelle et la lettre du texte biblique. Cette controverse, à laquelle participent des hommes comme Bellarmin ou Foscarini, prend un tour dramatique avec la condamnation de Galilée par le tribunal de l’Inquisition, durant la première moitié du XVIIe siècle. Par la suite, l’affaire Galilée va apparaître comme exemplaire des relations difficiles, voire conflictuelles, entretenues par l’Église et la recherche scientifique. Plus de trois siècles après, qu’en est-il réellement, à un moment où l’Église catholique accepte de regarder autrement cet événement historique majeur ? Dirigé par le cardinal Poupard, cet ouvrage livre les pièces de ce dossier complexe, notamment à travers deux textes-clés de Bellarmin et de Galilée. »

L’exégèse biblique selon ce qui est écrit pourra être fortement contestée car, si d’une part c’est l’homme et non les Ecritures qui posa que l’univers reposait sur un système géocentrique dont la planète Terre serait le centre (à l’historien des idées il ne pourra $être conseillé que de lire la vase encyclopédie que constituent les dix volumes du Système du monde, de Pierre DUHEM), d’autre part fut-il pris en considération ce qu’énonce l’Apôtre : « Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été organisés par la parole de Dieu. Il s'ensuit que le monde visible ne prend pas son origine en des apparences. »  (Héb. XI, 3)

JPB

janvier 20, 2012

LA GNOSE AU NOM MENTEUR ?


Le blog La Question propose comme nouvel article ; « La Gnose au nom menteur ! »


 Déjà, et il conviendra de répondre, ce blog avait exposé un grands nombre d’erreurs concernant la Franc-Maçonnerie, en invoquant son origine « diabolico –judaïque », alors que tous les historiens sérieux savent que la Franc-Maçonnerie était Catholique, que d’une part ce n’est qu’avec la révolution Andersonienne de 1723 ? Que le Catholicisme et par voie de conséquence la Foi dans l’Eglise Indivise furent t presque totalement abandonnés par le jeu de pasteurs Protestants au profit  de l’idée d’un Grand Architecte de l’Univers qui aujourd’hui est qualifié d’Etre suprême par la Grande Log Unie d’Angleterre, lorsque de seconde part après les Protestants, les Juifs furent admis dans cette nouvelle FM à compter seulement de la Révolution Française.

Sur le plan des idées et de l’idéal maçonnique, en une autre circonstance, je reviendrai pour exposer ce qu’était l’    Ancienne Maçonnerie avec les Anciens devoirs, par opposition à la Révolution Anbdersonienne qui interdira tout disc ours religieux au sein des Loges…

Au terme  Gnose, à la décharge de l’auteur de l’article,  souventes fois et spécialement chez les universitaires, le terme fut mal défini, parce que ceux qui s’occupaient de l’histoire des idées n’étaient pas des théologiens.

Il est habituel de classer comme système gnostique ou comme Gnose, les pensées hétérodoxes de « philosophes » si j’ose dire considérés comme païens (il resterait là aussi à s’entendre sur le sens de ce terme…), alors que la quête d’une certaine Connaissance se rattache à l’acquisition de la Sagesse, cette Sagesse qu’évoque l’Apôtre :

 « Pourtant, c'est bien une sagesse que nous enseignons aux chrétiens adultes, sagesse qui n'est pas de ce monde ni des princes de ce monde, voués à la destruction. Nous enseignons la sagesse de Dieu, mystérieuse et demeurée cachée, que Dieu, avant les siècles, avait d'avance destinée à notre gloire. » (I Cor ; II, 6,7).


La Gnose devient un état, être Gnostique, au sens où l’entendirent Evagre le Pontique, Syméon le Nouveau Théologien et l’ensemble des Pères, c’est - autant que faire se peut- se rapprocher de La Présence, prendre Conscience de La Présence, et finalement le Gnostique pourra dire avec Paul :

« Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est Christ qui vit en moi. » (Gal. II, 20)


JPB

janvier 12, 2012

A propos de la parfois mauvaise critique que l’on fait à SS Benoît XVI en lui reprochant de dire que le peuple Juif ne serait pas déicide.


Il est des blogs bien construits dont c’est un réel plaisir de par la mise en page, le choix des illustrations, de les lire régulièrement, c’est le cas du site traditionaliste LA QUESTION : http://lebloglaquestion.wordpress.com/orientations-doctrinales/

Ce site pose en son dernier article que le peuple Juif est déicide et reproche au Pape de Rome de « proclamer » en le volume deux de son  livre : Jésus de Nazareth » : l’innocence du peuple juif dans la condamnation de Jésus+ Christ. »

Avant d’aller plus outre dans l’examen d ce reproche et le sens des termes choisis par Benoît XVI, je me permets pour le curieux de livrer les liens de ce site relatifs au judaïsme notamment :









Il sera aisé de constater que la positon choisie est particulièrement extrémiste, et permet au plan théologique notamment d’en contester les conclusions.

Les racines d’un certain anti- judaïsme s’inscrivent dans l’histoire de l’Eglise, déjà au II° siècle, Justin déclare : « Oui, votre main est encore étendue pour faire le mal. Vous avez mis à mort le Christ; loin d'en faire pénitence, vous nous poursuivez de votre haine, ainsi que je l'ai déjà dit, nous qui, par le Christ, croyons maintenant au Dieu créateur et père de toutes choses; et toutes les fois que vous le pouvez, vous ne manquez pas de nous mettre à mort.  Avez- vous jamais cessé de charger de malédictions et le Christ, et tous ceux qui sortis de lui portent son nom? Quant à nous autres, nous ne savons que prier pour vous et pour tous les hommes : ainsi nous l'a recommandé le Christ, notre divin maître; il nous a fait une loi de prier pour nos ennemis, d'aimer ceux qui nous détestent, de bénir aux qui nous maudissent. »  (Dial. Avec Typhon, 133)

Méliton de Sardes en traité Sur la Pâque s’écrie : O Israël criminel, pourquoi donc as-tu commis cette injustice inouïe de précipiter ton Seigneur dans des souffrances sans nom, ton Maître, celui qui te forma, qui te créa, qui te nomma Israël ? Mais toi tu n’as pas été trouvé « Israël », car tu n’as pas vu Dieu, tu n ‘as pas reconnu le Seigneur, tu n’as pas su ô Israël, que c’’est lui, le Premier-né de Dieu, … » (§§ 81,82)

Méliton a posé le vrai problème : Israël n’a pas vu Dieu,  Israël  ne pouvait dès lors reconnaître Le Seigneur…

D’autres Pères tels Augustin,  Jean Chrysostome, Pierre Chrysologue  notamment évoqueront ce que l’on pourrait dénommer la condamnation d’Israël, mais peut-on condamner celui qui n’a pas conscience de l’acte qui lui est reproché ?

Israël se trouve toujours sous la condamnation du péché du Veau d’or : « Ces deux Yod correspondent également aux deux yeux séphirotiques, d'où coulèrent deux larmes 2 qui tombèrent dans le grand océan a. Et pourquoi sont-elles tombées dans l'océan? En raison des tables de la loi que Moïse fit descendre du ciel, et dont Israël n'a pas été jugé digne de profiter. C'est pourquoi elles furent brisées et jetées. C'est ce qui occasionna la destruction du premier et du second temple. Et pourquoi les premières tables furent-elles jetées, alors que Moise pouvait s'en servir pour les rendre aux Israélites? C'est parce que le Vav 3 s'en est envolé 4. C'est ce même symbole qui est indiqué par le Vav du mot « vayyitser » (et il créa). C'est pourquoi Moïse donna à Israël d'autres tables de la loi, qui étaient du côté de l'arbre du Bien et du Mal. C'est pour cette raison que la Loi est formée (les préceptes négatifs et de commandements : « Ceci est permis, cela est défendu » ; c'est parce que la Loi émane de l'arbre du Bien et du Mal » (Zohar, I, 26b)


L’Alliance Ancienne est rompue par la destruction des premières Tables, quelle conscience le Judaïsme peut-il dès lors avoir de Dieu, s’il est sous la dépendance de l’arbre du bien et du mal, alors qu’il lui incombe selon le Zohar (III, 124b) de se ranger sous la dépendance de l’arbre de vie.


La non reconnaissance de l’Incarnation de Dieu par le Judaïsme demeurant sous la dépendance de la Loi rabbinique née du péché du Veau d’or – selon la pensée des kabbalistes :  http://www.kabbale.eu/lettre-d-un-kabbaliste-a-un-rabbin/ - relève d’une situation d’inconnaissance, situation qui empêche de qualifier les Juifs comme déicides, de première part parce qu’ils ne savaient pas et ne savent pas que Jésus+ Christ est Dieu, de seconde part, parce que quand bien même ils l’eussent su, pouvaient-ils tuer Dieu ? Non, et la preuve que je qualifierai de naturelle à ne pouvoir tuer Dieu, c’est qu’au matin de Pâques, les femmes myrrophores, venant au tombeau sont les premières à constater la résurrection, pour l’annoncer aux disciples http://www.orthodoxie.com/2010/04/l%C3%A9mission-l%C3%A9glise-orthodoxe-aujourdhui-du-18-avril-2010-les-femmes-myrrophores-elisabeth-behrsigel-.html et, relativement aux judaïsme, il conviendrait au mieux s’il y avait conscience, de qualifier l’acte d’intention de déicide, mais non de décide.


Cette intention de mettre à mort Jésus+ Christ, est patente en revanche, dans une hostilité amenant « les juges » à commettre vingt-sept irrégularités dans le mauvais et faux procès, comme l’ont exposé Messeigneurs Augustin et Joseph LEMANN en leur étude sur la Valeur de m’Assemblée qui prononça la mort contre Jésus + Christ :



Le cardial Jean DANIELOU avait résumé parfaitement résumé la question d’Israël face à Jésus+ Christ en écrivant : « Ce n’est pas Israël qui a crucifié Jésus, c’est l’infidélité d’Israël. Et par conséquent ce qui a causé la mort de Jésus, c’est en dernier lieu le péché. » (Dialogue avec Israël,   Paris, La Palatine éd. 1983, p.130

L’infidélité d’Israël peut en effet être retenue par sa soumission au péché du Veau d’or et son détournement alors de Dieu.

Le Pape de Rome pour sa part considère que le peuple Juif est innocent dans la condamnation de Jésus + Christ, cela est exact pour le peuple, cela ne l’est pas en revanche pour les membres du Sanhédrin, non parce qu’ils ignorent ou ne reconnaissent pas que Jésus + Christ est Dieu, mais parce que les membres du Sanhédrin eux, commirent vingt-sept irrégularités, et à ce titre ces êtres- là ne sauraient être qualifiés d’innocents.


Jean-Pierre BONNEROT




janvier 07, 2012

DROIT CANONIQUE ET EQUITE: LA SITUATION A GAZA

DROIT CANONIQUE ET EQUITE: LA SITUATION A GAZA: Afin que nul n’ignore : Une conférence du Père Manuel MUSALLAM http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/21/73/59/Manuel-MUSALLAM_ConfAcrence.m...

janvier 05, 2012

Les Rois Mages représentent devant l’Incarnation, notre pauvreté

Matthieu rend compte de la présence de Mages venus d’Orient adorer le Sauveur, ces hommes dépositaires des sciences de leur temps n’ignorent point qu’il s’agit de Jésus, Vrai Homme et Vrai Dieu.

 Péladan n’a pas manqué de rappeler: « L'adoration des Mages signifie l'abdication des ésotérismes devant l'incarnation de la Vérité » (1). Les Mages déposent l’or, l’encens la myrrhe aux pieds du Christ Jésus, et Irénée de Lyon en donne pour sens : « la myrrhe signifiait que c'était lui qui, pour notre race humaine mortelle, mourrait et serait enseveli; l'or, qu'il était le Roi dont le règne n'aurait pas de fin Luc 1,33; l'encens, enfin, qu'il était le Dieu qui venait de se faire connaître en Judée Ps 76,2, et de se manifester à ceux qui ne le cherchaient point Is 65,1; Rom 10,20 (Irénée, Contre les Hérésies Liv.3 ch.9,2. »(2).

Les Mages se détournent de leur ancienne croyance, par ce qu’ils reconnaissent en Jésus l’enfant divin, ils Lui offrent, conformément aux pratiques rituelles de l’ancienne Egypte, l’or qui est la représentation de la chair imputrescible du corps d’éternité des dieux, symbole de la vie éternelle ; la myrrhe, substance servant tout à la fois de base pour l’embaumement, symbole de la victoire sur la mort, qui servait aussi à oindre les statues divines ; l’encens permettant, d’apaiser les dieux mais aussi d’entrer en communication avec le divin, symbole de la transcendance. Rejetant alors toutes leurs anciennes croyances, les Mages s’en retournent par un autre chemin et le sens de cet autre chemin n’est-il pas celui de Notre Seigneur disant : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn XIV, 6). Maxime de Turin, en son Homélie sur l’Epiphanie expose que les Mages « ne vivant plus dans la même religion, ils abordèrent un autre chemin de retour et une autre manière de vivre. Car, avant de voir le Christ, l’étoile avait conduit les mages comme des homes religieux venant pour un hommage ; mais une fois qu’ils eurent vu le Seigneur et cru en Lui, la foi les ramena à leur patrie comme des adeptes du Christ. » (3).

Grégoire le Grand en sa 10° Homélie prononcée le 6 janvier 591, souligne l’importance de cet autre chemin : « 7. Les mages nous donnent encore une leçon très importante en revenant dans leur pays par un autre chemin. En effet, ce qu’ils font sur l’avertissement qu’ils ont reçu nous indique ce que nous devons faire. Notre pays, c’est le paradis, et une fois que nous connaissons Jésus, il nous est interdit d’y retourner par le chemin que nous avons suivi en venant. Car nous nous sommes éloignés de notre pays par l’orgueil, la désobéissance, la poursuite des biens visibles et l’avidité à goûter les nourritures défendues. Mais pour y revenir, il faut les larmes, l’obéissance, le mépris des biens visibles et la maîtrise des appétits de la chair. C’est donc bien par un autre chemin que nous retournons dans notre pays, puisque nous étant éloignés des joies du paradis par les plaisirs, nous y sommes ramenés par les lamentations. » (4)

Grégoire le Grand introduit ce rapport symbolique entre cette autre route prise par les Mages qui se sont dépouillés en offrant tous leurs trésors au Vrai Dieu et Vrai Homme et notre devoir de retrouver le chemin du ciel. : Les Mages abdiquent leurs anciennes croyances en reconnaissant l’Incarnation de Dieu, par la Nouvelle Alliance, il nous revient, à l’instar de ces témoins, de revenir à Dieu.

Le do ut des : « je donne afin que tu donnes » des anciennes croyances est remplacé par le don total, absolu qui est l’acte d’Amour entraînant

La pauvreté conçue comme un engagement – le refus du monde matériel pour le paradis – ce qui n’était pas dans les croyances de l’Egypte ancienne où seul le prêtre initié, le pharaon, étaient les seuls garants de l’ordre universel. Avec l’offrande des Mages à l’enfant Jésus, tout homme devient acteur œuvrant pour le rétablissement du monde d’avant la Chute.
 
Les trois tentatives de tentation de Jésus au Désert exorcisent nos chutes successives par le refus du Fils de l’Homme à succomber en une actualisation alors éternelle, à ces dernières : ce sera la première défaite de Satan.

 - A la manducation de l’Arbre comme expression de la vie humaine voulant être indépendante de la vie Divine, le Christ répond : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” ( Mt. IV,4)

 - A l’idée de l’homme pensant pouvoir soumettre la Grâce selon ses désirs, accéder au ciel par la futilité d’une tour, expression d’une voie d’orgueil, le Christ répond : « Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.” ( Mt. IV, 7)

 - Au constat que la Chute de l’homme entraîna le monde sinon une grande partie de la Création à être provisoirement sous la dépendance de Satan, expression de l’illusion Faustienne, le Christ répond : “Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.” (Mt. IV, 10)

 Si la pauvreté matérielle ne permet pas la présence de l’orgueil, la désobéissance, la poursuite des biens visibles et l’avidité à goûter les nourritures défendues, comment répondre à cette interrogation formulée dans la mystique juive : « Or, comme les péchés sont plus graves chez les riches à cause de leur orgueil qui fait défaut aux pauvres, où est [9a] la justice de Dieu qui fait mourir de faim les pauvres et laisse vivre les riches, afin qu’ils continuent à pécher ? » (5)

A la question posée par le Zohar, le Judaïsme répond par la Tsédaka qui est le Devoir de Charité, le Christianisme par la Communion des Saints vivifiée par la Charité.

 Comment acquérir le ciel qu’évoque Grégoire le Grand ? A cette question posée par l’homme courant après le Christ pour obtenir une réponse, “Jésus, l'ayant regardé, l'aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s'en alla tout triste; car il avait de grands biens.” (Mc, X, 21,22)

 Il conviendrait de parvenir à cette pauvreté, qui n’est pas obligatoirement matérielle, mais peut relever de l’ordre spirituel : “ Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!” ( Mt. V,3)
 
Clément d’Alexandrie introduira dans l’Eglise ancienne, la problématique de la richesse et de la pauvreté par son homélie Quel riche peut être sauvé (6), la fortune n'est pas un obstacle au salut si l'on voit dans son possesseur un simple usufruitier (7). De plus, si l'on en fait un sage emploi, elle est un bien pour le pauvre et même pour le riche. Cette Homélie est importante, Eusèbe l’évoque en ces termes : « Quant à Clément, il indique également ce temps et il ajoute un récit très nécessaire à ceux qui aiment entendre des choses belles et profitables, dans son ouvrage intitulé : Quel riche est sauvé Prenez cette histoire et lisez-la donc telle qu'il l'a écrite » (8)

 Quelle est cette pauvreté que manifestent les Mages repartant sans aucun bien terrestre, cette pauvreté liée à une richesse devenue partage, don envers le prochain, mais non abandon de ce qui fut reçu (Mt. XXV , 14-31), richesse et pauvreté s’entrecroisent telle la Lumière et la Ténèbre, le jeune homme riche n’avait pas répondu à l’appel de Son Maître, ce que firent les Apôtres tels Pierre et André qui, parce qu’il étaient bien moins riches matériellement, Le suivirent.

 Jean-Pierre BONNEROT

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 1 J. PELADAN : L'occultisme contemporain, nlle .Ed, in : Œuvres choisies, Les Formes du Secret Ed, 1979, page 69

 2 Irénée, Contre les Hérésies Liv.3 ch.9, 2., nombreuses éd.

 3 Maxime de Turin : Homélie sur l’Epiphanie (Homélie 21) PL., 57, pp, 256-270, in : Le Mystère de Noël, Coll. Lettres Chrétiennes, Grasset Ed, 1963, page 229.

4 Grégoire le Grand : Homélie 10 Prononcée devant le peuple dans la basilique de saint Pierre, apôtre, le jour de l’Epiphanie ; texte emprunté au site : www.jesusmarie.com

 5 Zohar, III, 8b, 9a, trad. Jean de Pauly, Maisonneuve et Larose Ed, tome V, page 24

 6 Clément d’Alexandrie : Quel riche peut être sauvé ? PG. 9, pp 603-651, trad. in : Riches et pauvres dans l’Eglise ancienne, Coll. Lettres Chrétiennes, Grasset Ed, 1962, pages 24-55

 7 En complément, il sera intéressant, de lire la contribution d’Emile SZLECHTER sur Le prêt dans l’Ancien Testament et dans les codes mésopotamiens d’avant Hammourabi, in Revue d’histoire et e philosophie religieuse, N°1, 1955, pages 16-25

 (8) Eusèbe de Césarée : Histoire ecclésiastique, III, 23

décembre 29, 2011

A propos du couronnement de l’actuel Pape de Rome


Il ne s’agit pas de s’associer à la nostalgie de fidèles défendant la tradition connue en leur enfance, mais de nous demander si le couronnement de l’actuel Pape de Rome, SS Benoît XVI, ne devrait pas  être appliqué, non parce que l’évêque e Rome serait au-dessus des rois, mais parce que pour la première fois et depuis fort longtemps, Benoît XVI remplit la mission confiée à Pierre de fortifier ses frères dans la Foi : « Simon, Satan vous a réclamés pour vous secouer dans un crible comme on fait pour le blé. ] Mais moi, j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne disparaisse pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. " (Luc XXII, 31,32)

 JPB


 

décembre 24, 2011

Dans la lumière de Noel,

l'Œuvre d'Orient vous présente ses meilleurs vœux pour 2012

Voir les voeux de l'Œuvre d'Orient

 Puissions-nous avoir des pensées, toute pensée, toute tension de notre être vers l’autre, est Prière, en cette nuit, en faveur des Chrétiens d’Orient nos frères, qui sont si persécutés sinon les nouveaux Martyres de l’Eglise.





Une émission Américaine sur le Mont Athos




Lieux saints et pèlerinages d'Orient



Entretien sur la réédition d'un grand classique de l'Histoire de l'Église d'Orient, sur la "géographie sacrée" des premiers siècles chrétiens. Commençant par le Proche-Orient, cet ouvrage présente quelque cinq cents lieux saints comme un guide, en suivant les itinéraires anciens. Invité Pierre Maraval, historien de l'Église, Professeur émérite à l'Université Paris IV-Sorbonne


décembre 03, 2011

LA CONTRITION PEUT-ELLE S’ACCOMPLIR PAR PROCURATION, HORS D’UN ACTE HEROIQUE ET SANS ETRE DEMANDEE PAR CELUI QUI DOIT ETRE PARDONNE ?


Si le Judaïsme envisage que l’on puisse expier une faute par le seul fait qu’une autre   personne se chargera – sans même prévenir l’auteur de la  faute ou lui demander son acquiescement – de demander pardon, et cela sans action de surcroît en réparation, le Christianisme pour sa part et plus exigent :

 

Des personnalités juives s'excusent auprès du Patriarche de Jérusalem...

  
Vendredi dernier, un groupe de personnalités publiques et d'intellectuels juifs a rendu visite visite au chef de l'Église orthodoxe grecque à Jérusalem avec un objectif simple en tête, demander pardon. Le groupe a pris la décision suite à un rapport dans Haaretz (en hébreu : הארץ, Le Pays), il y a environ deux semaines décrivant la pratique de certains jeunes clercs ultra-orthodoxes juifs de cracher lorsqu'ils passent près du clergé dans la rue.



Un membre de la délégation, le rabbin Arik Ascherman, qui est secrétaire général de Rabbins pour les Droits de l'Homme, a noté que le jour de Yom Kippour, les Juifs, traditionnellement expient les transgressions entre eux et Dieu, mais les torts commis entre personnes ne peuvent pas être expiés, même par Dieu, jusqu'à ce que le contrevenant demande pardon. Ascherman a ajouté que dans les contacts avec le clergé chrétien et musulman, les rabbins de son groupe condamnent ces actes de crachats.



La délégation a rencontré dans la vieille ville de Jérusalem le Patriarche de l'Eglise orthodoxe grecque, Théophile III, qui a parlé de ce phénomène de crachat, avec lequel lui et ses collègues du clergé ont été confrontés, mais il a dit que dans le christianisme, c'était considéré comme une bonne action de montrer de la retenue dans de telles circonstances. Dans cet esprit, a-t-il ajouté, il a également recommandé à ses collègues de faire preuve de retenue. Il a déclaré que le crachat était un reflet de l'ignorance de la part de gens qui ne comprennent pas vraiment la signification de la religion et de la foi.



Parmi les membres de la délégation juive de Jérusalem, il y avait l'adjoint au maire Yosef («Pepe») Alala de la faction Meretz et les membres de conseil municipal du Meretz Laura Wharton et Meir Margalit. "Puisque que nous aimons cette ville, nous avons senti que tout ce qui se passe ici nous concerne", a déclaré Margalit. "Nous sommes venus pour nous excuser, malgré le fait que nous n'avions aucun rôle dans les crachats, car nous croyons en la responsabilité mutuelle."

Margalit remarqua que presque tous les membres de la délégation qui a rendu visite au Patriarche grec orthodoxe sont nés à l'étranger. "Nous croyons avec ferveur que ce que les Juifs ultra-orthodoxes font aux chrétiens ici, les chrétiens le font aux Juifs de la Diaspora. Nous savons ce qu'ils ressentent et nous avons promis que dans l'Etat juif de telles choses ne se reproduiront pas."



La semaine prochaine, une délégation similaire doit rendre visite à des représentants de l'Eglise orthodoxe arménienne, dont le clergé a aussi connu le phénomène des crachats.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après l'article d'Oz Rosenberg

Journal Haaretz 23 novembre 2011

cité par Mystagogy