septembre 18, 2011

L’Eglise de Rome face à l’idée d’une vie extra-terrestre ?

http://www.ovni007.com/id122.html


Nombreux liens sur Internet.

La question des extra-terrestres comme étant des êtres pouvant exister sur d’autres planètes est une chose, la manifestation ou l’expérience ressentie ou vécue réellement quant à un contact avec des extra-terrestres est une autre chose.

I
Le problème que ne semble pas s’être posé notre théologien, exorciste de surcroît, à savoir Mgr Corrado Balducci, c’est la valeur du message rapporté par ces manifestations qui toujours nient la divinité de Jésus+ Christ.

Il est vrai qu’à l’heure où Rome mettra des années pour finalement admettre come fausses les apparitions de Medjugorje (à l’époque et dès les prétendues apparitions nous fumes deux à les dénoncer selon les critères l’un théologiques, l’autre – l’abbé de Nantes – de la phénoménologie mystique) , ou agira pour que soit trafiqué l’analyse du Saint Suaire de Turin afin de ne point reconnaître cette insigne relique, on ne peut être surpris de rien quant au défaut de sérieux ou l’absence de discernement qui doit présider à toute analyse.
En effet, si l’on reprend les témoignages de ces entités :

-         « La cosmogonie d’Urantia » (traduit par Jacques WEISS, qui prendra pour pseudonyme Phylos quant au livre suivant)





-          « J’ai vécu sur deux planètes » de Phylos,  Leymarie Ed, se garde bien de parler de Jésus+ Christ.


-         « L’Evangile du Verseau » de Dowling,  Leymarie Ed, n’évoque pas la résurrection selon les bases de la Foi, mais déclare que s’est matérialisé le corps spirituel de Jésus, non déclaré au demeurant comme étant Dieu.

Qui ne connaît le mouvement Raëlien . En son premier ouvrage, Raël, se déclarant instruit par des extra-terrestres écrit   page 140 de la version électronique téléchargeable  (http://fr.rael.org/request.php?8)  déclare qu’il n’y a pas de Dieu ni non plus d’âme.

Jean MARTY consacrait une étude brève certes, mais importante, aux Extra-terrestres et soucoupes volantes en 1979, l’édition à compte d’auteur est-elle encore disponible ? Le chercheur intéressé devra sans doute interroger les éditions DFT, la plaquette datant de 1979 :  (http://fr.calameo.com/read/000027399c2269851001c)
 
Ainsi,  notre théologien Romain ne s’est pas préoccupé de savoir si ces entités niaient ou reconnaissaient Dieu et de plus fort qu’elle était leur croyance envers Jésus+ Christ. Certes J+C ne peut être passé sous silence, mais il peut sembler habile à ceux qui s’opposent à la Révélation Chrétienne, soit de nier Sa résurrection en niant la crucifixion qui concernerait un sosie (Coran IV, 157), soit de ne rien déclarer d » précis sur J+C, présenté comme une sorte d’envoyé, de maître, mais certainement pas comme étant Dieu.

II
L’Apôtre ne conteste pas l’existence de plusieurs mondes : « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois aux pères dans les prophètes, Dieu, en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils qu'il a établi héritier de tout, par qui aussi il a créé les mondes. »(Héb. I, 1,2)

La question posée au théologien digne de ce nom, n’est pas de discourir sur le fait de dire si Dieu ne créa la vie que sur notre planète, mais de discerner si ce qui se présente comme des extra-terrestres sont des créatures raisonnables au sens où la Dogmatique l’entend.
Nous évoquions les éditions  DFT, qui proposent des récits d’exorcisme où des démons déclareraient s’être manifestés ainsi sous la forme d’extra-terrestres : si Mgr Corrado Balducci fut exorciste à Rome, sans juger de la valeur des récits proposés tant par Jean MARTY en sa brochure citée que par les rapports d’exorcisme, force est de déclarer qu’il convient – sans prendre présentement position – d’être prudent et d’user de discernement pour définir ce qui serait à retenir de ces exorcismes, sans empressement dans les conclusions, en prenant pour base et la phénoménologie mystique et la théologie dogmatique.

Que la vie existe sur d’autres planètes est très certain au regard de l’Amour de Dieu. Il reste à savoir si face aux expériences d’une rencontre déclarée avec ces extra-terrestres, ces derniers reconnaissent Jésus+ Christ comme étant Dieu, reconnaissent dépendre du Père, ou profitent de leur manifestation pour nier la Résurrection du Sauveur, nier notre salut par le Christ ; mais qui donc trouve intérêt à cette négation ?

Jean-Pierre BONNEROT














septembre 16, 2011

Hildegarde de Bingen, lumière de Dieu



« Visionnaire, poétesse et musicienne, Hildegarde de Bingen est considérée comme la première vraie phytothérapeute. Prédictions étonnantes, médecine d'avant-garde, musique et spiritualité, neuf cents ans après sa mort, son enseignement reste d'actualité. Comment une figure aussi étonnante, aussi riche, a-t-elle mis si longtemps à capter l'attention de nos contemporains ? Ce documentaire fera découvrir à beaucoup cette humble abbesse qui, âgée de 38 ans, perçut deux voix qui lui ordonnèrent de divulguer par écrit ce qu'elle voyait. Souffrante, doutant d'elle-même, elle refusera l'ordre venu du Ciel et sera transpercée de douleurs qui la laisseront paralysée sur son lit. Au fil du temps, on cessera de parler de mystification et les miracles seront si nombreux que l'évêque de Mayence implorera la jeune femme de cesser d'en faire.. »  KTO.


septembre 13, 2011

PROCES CONTRE LES INSECTES


Occupons-nous maintenant des procès intentés pendant le moyen âge contre les insectes et autres animaux nuisibles aux productions du sol, tels que mouches, chenilles, vers, charençons, limaces, rats, taupes et mulots.

Souvent les récoltes sont dévorées par des quantités innombrables d'insectes qui font invasion sur le territoire d'un canton, d'une commune.

Au moyen âge l'histoire mentionne fréquemment des calamités de ce genre. Ces fléaux produisaient d'autant plus de ravages, que la science agronomique, presque dans l'enfance à cette époque, offrait moins de moyens pour combattre ces désastreuses invasions.

Afin de conjurer ces maux sans remèdes humains, les populations désolées s'adressaient aux ministres de la religion. L'Église écoutait leurs plaintes; leur accordant sa sainte intervention, elle fulminait l'anathème contre ces ennemis de l'homme, qu'elle considérait comme envoyés par le démon.

Alors l'affaire était portée devant le tribunal ecclésiastique, et elle y prenait le caractère d'un véritable procès, ayant d'un côté pour demandeurs les paroissiens de la localité, et de l'autre pour défendeurs les insectes qui dévastaient la contrée. L'official, c'est-à-dire le juge ecclésiastique, décidait la contestation. On suivait avec soin dans la poursuite du procès toutes les formes des actions intentées en justice. Pour donner une idée exacte de ce genre de procédure et de l'importance qu'on attachait à en observer les formes, nous extrairons quelques détails d'une consultation qui fut faite sur cette matière par un célèbre jurisconsulte du seizième siècle. L'auteur de cette consultation, ou plutôt de ce traité ex professo, était Barthélemi de Chasseneuz ou Chassanée, successivement avocat à Autun, conseiller au parlement de Paris et premier président du parlement d'Aix.

Après avoir parlé dès le début de l'usage où sont les habitants du territoire de Beaune de demander à l'officialité d'Autun l'excommunication de certains insectes plus gros que des mouches, et appelés vulgairement hurebers (huberes)1 , ce qui leur est toujours accordé, Chasseneuz traite la question de savoir si une telle procédure est convenable. Il divise son sujet en cinq parties, dans chacune desquelles il saisit l'occasion d'étaler l'érudition la plus vaste et souvent la plus déplacée; mais cette habitude, comme on le sait, était ordinaire aux écrivains de cette époque.

Chasseneuz, pour consoler les Beaunois du fléau qui les afflige, leur apprend que les hurebers dont ils se plaignent ne sont rien en comparaison de ceux que l'on rencontre dans les Indes. Ces derniers n'ont pas moins de trois pieds de long; leur jambes sont armées de dents, dont on fait des scies dans le pays. Souvent on les voit combattre entre eux avec les cornes qui surmontent leurs têtes. Le meilleur moyen de se délivrer de ce fléau de Dieu, c'est de payer exactement les dîmes et les redevances ecclésiastiques, et de faire promener autour du canton une femme les pieds nus et dans l'état que Chasseneuz désigne en ces termes: Accessu mulieris, menstrualis, omnia animalia fructibus terræ officientia flavescunt et sic ex his apparet unum bonum ex muliere menstrua resultare.

Indiquant le nom latin qui convient le mieux aux terribles hurebers, notre jurisconsulte prouve qu'ils doivent être appelés locustæ; il fortifie son opinion par des citations qu'il emprunte encore à tous les auteurs de l'antiquité sacrée et profane.

L'auteur discute le point de savoir s'il est permis d'assigner les animaux dont il s'agit devant un tribunal, et finit après de longues digressions par décider que les insectes peuvent être cités en justice.

Chasseneuz examine ensuite si les animaux doivent être cités personnellement, ou s'il suffit qu'ils comparaissent par un fondé de pouvoir. « Tout délinquant, dit-il, doit être cité personnellement. En principe, il ne peut pas non plus se faire représenter par un fondé de pouvoir; mais est-ce un délit que le fait imputé aux insectes du pays de Beaune ? Oui, puisque le peuple en reçoit des scandales, étant privé de boire du vin, qui, d'après David, réjouit le cœur de Dieu et celui de l'homme, et dont l'excellence est démontrée par les dispositions du droit canon, portant défense de promouvoir aux ordres sacrés celui qui n'aime pas le vin. »

Cependant Chasseneuz conclut qu'un défenseur nommé d'office par le juge peut également se présenter pour les animaux assignés, provoquer en leur nom des excuses pour leur non-comparution et des moyens pour établir leur innocence, et même des exceptions d'incompétence ou déclinatoires; en un mot, proposer toutes sortes de moyens en la forme et au fond.

Après avoir discuté fort longuement la question de savoir devant quel tribunal les animaux doivent être traduits, il décide que la connaissance du délit appartient au juge ecclésiastique, en d'autres termes, à l'official.

Enfin, dans la dernière partie de son traité, Chasseneuz se livre à de longues recherches sur l'anathème ou excommunication. Il développe de nombreux arguments au moyen desquels il arrive à conclure que les animaux peuvent être excommuniés et maudits. Parmi ces arguments, qui sont au nombre de douze, nous ferons remarquer ceux-ci:

« Il est permis d'abattre et de brûler l'arbre qui ne porte pas de fruit; à plus forte raison peut-on détruire ce qui ne cause que du dommage. Dieu veut que chacun jouisse du produit de son labeur.

« Toutes les créatures sont soumises à Dieu, auteur du droit canon; les animaux sont donc soumis aux dispositions de ce droit.

« Tout ce qui existe a été créé pour l'homme; ce serait méconnaître l'esprit de la création que de tolérer des animaux qui lui soient nuisibles.

« La religion permet de tendre des piéges aux oiseaux ou autres animaux qui détruisent les fruits de la terre. C'est ce que constate Virgile, dans ces vers du premier livre des Géorgiques:

Rivas deducere nulla
Relligio vetuit, segeti prætendere sepem,
Incidias avibus moliri.

« Or le meilleur de tous les piéges est sans contredit le foudre de l'anathème.

« On peut faire pour la conservation des récoltes même ce qui est défendu par les lois: ainsi les enchantements, les sortiléges prohibés par le droit, sont permis toutes les fois qu'ils ont pour objet la conservation des fruits de la terre; on doit, à plus forte raison, permettre d'anathématiser les insectes qui dévorent les fruits, puisque, loin d'être défendu comme le sont les sortiléges, l'anathème est au contraire une arme autorisée et employée par l'Église.»

À l'appui de ces assertions, l'auteur cite des exemples de semblables anathèmes, tels que ceux de Dieu envers le serpent et le figuier; il en rapporte plusieurs comme ayant eu lieu à des époques récentes.

Il parle d'une excommunication prononcée par un prêtre contre un verger où des enfants venaient cueillir des fruits, au lieu de se rendre au service divin. Ce verger demeura stérile jusqu'au moment où l'excommunication fut levée à la demande de la mère du duc de Bourgogne.

Chasseneuz signale aussi l'excommunication fulminée par un évêque contre des moineaux qui auparavant souillaient de leurs ordures l'église de Saint-Vincent et venaient troubler les fidèles 2.

Mais, ajoute notre auteur, nous avons dans ces derniers temps des exemples encore plus décisifs. Il raconte alors qu'il a vu à Autun des sentences d'anathème ou d'excommunication prononcées contre les rats et les limaces par l'official de ce diocèse et par ceux de Lyon et de Mâcon; il entre dans le détail de cette procédure; il donne d'abord le modèle de la requête des paroissiens qui ont éprouvé le dommage occasionné par les animaux dévastateurs. Il fait observer que sur cette plainte on nomme d'office un avocat, qui fait valoir au nom des animaux, ses clients, les moyens qu'il croit convenable à leur défense; l'auteur rapporte la formule ordinaire d'anathème. Cette formule est conçue en ces termes: « Rats, limaces, chenilles et vous tous animaux immondes qui détruisez les récoltes de nos frères, sortez des cantons que vous désolez et réfugiez-vous dans ceux où vous ne pouvez nuire à personne. Au nom du Père, etc. »

Enfin Chasseneuz transcrit textuellement les sentences fulminées par les officiaux d'Autun et de Lyon; on en remarque contre les rats, les souris, les limaces, les vers, etc.

Ces sentences sont presque toutes semblables; la différence qui existe entre elles n'est relative qu'au délai accordé aux animaux pour déguerpir; il y en a qui les condamnent à partir de suite; d'autres leur accordent trois heures, trois jours ou plus; toutes sont suivies des formules ordinaires d'anathème et d'excommunication.

Tel était le mode de procédure observé devant le tribunal ecclésiastique dans les poursuites contre les insectes ou autres animaux nuisibles à la terre.

La consultation de Chasseneuz, dont nous venons de donner une courte analyse, acquit à son auteur, qui n'était alors qu'avocat à Autun, une grande réputation comme jurisconsulte; elle lui valut, vers 1510, d'être désigné par l'officialité d'Autun, comme avocat des rats et de plaider leur cause dans les procès qu'on intenta à ces animaux par suite des dévastations qu'ils avaient commises en dévorant les blés d'une partie du territoire bourguignon.

Dans la défense qu'il présenta, dit le président de Thou, qui rapporte ce fait, Chasseneuz fit sentir aux juges, par d'excellentes raisons, que les rats n'avaient pas été ajournés dans les formes; il obtint que les curés de chaque paroisse leur feraient signifier un nouvel ajournement, attendu que dans cette affaire il s'agissait du salut ou de la ruine de tous les rats. Il démontra que le délai qu'on leur avait donné était trop court pour pouvoir tous comparaître au jour de l'assignation; d'autant plus qu'il n'y avait point de chemin où les chats ne fussent en embuscade pour les prendre. Il employa ensuite plusieurs passages de l'Écriture sainte pour défendre ses clients, et enfin il obtint qu'on leur accorderait un plus long délai pour comparaître.

Le théologien Félix Malléolus, vulgairement appelé Hemmerlin, qui vivait un siècle avant Chasseneuz et qui avait publié un traité des exorcismes, s'était également occupé, dans la seconde partie de cet ouvrage, de la procédure dirigée contre les animaux. Il parle d'une ordonnance rendue par Guillaume de Saluces, évêque de Lausanne, au sujet d'un procès à intenter contre les sangsues, qui corrompaient les eaux du lac Léman et en faisaient mourir les poissons. Un des articles de cette ordonnance prescrit qu'un prêtre, tel qu'un curé, chargé de prononcer les malédictions, nomme un procureur pour le peuple; que ce procureur cite, par le ministère d'un huissier, en présence de témoins, les animaux à comparaître, sous peine d'excommunication, devant le curé à jour fixe. Après de longs débats cette ordonnance fut exécutée le 24 mars 1451, en vertu d'une sentence que l'official de Lausanne prononça, sur la demande des habitants de ce pays, contre les criminelles sangsues, qui se retirèrent dans un certain endroit qu'on leur avait assigné, et qui n'osèrent plus en sortir.

Le même auteur rend compte aussi d'un procès intenté dans le treizième siècle contre les mouches cantharides de certains cantons de l'électorat de Mayence, et où le juge du lieu, devant lequel les cultivateurs les avaient citées, leur accorda, attendu, dit-il, l'exiguïté de leur corps et en considération de leur jeune âge, un curateur et orateur, qui les défendit très dignement et obtint qu'en les chassant du pays on leur assignât un terrain où elles pussent se retirer et vivre convenablement. «Et aujourd'hui encore, ajoute Félix Malléolus, les habitants de ces contrées passent chaque année un contrat avec les cantharides susdites et abandonnent à ces insectes une certaine quantité de terrain, si bien que ces scarabées s'en contentent et ne cherchent point à franchir les limites convenues.»

L'usage de ces mêmes formes judiciaires nous est encore révélé dans un procès intenté, vers 1587, à une espèce de charançon (le Rynchites auratus) qui désolait les vignobles de Saint-Julien, près Saint-Julien de Maurienne. Sur une plainte adressée par les habitants à l'official de l'évêché de Maurienne, celui-ci nomma un procureur aux habitants et un avocat aux insectes, et rendit une ordonnance prescrivant des processions et des prières, et recommandant surtout le payement exact des dîmes. Après plusieurs plaidoiries, les habitants, par l'organe de leur procureur, firent offrir aux insectes un terrain dans lequel ils devraient se retirer sous les peines de droit. Le défenseur des insectes demanda un délai pour délibérer, et les débats ayant été repris au bout de quelques jours, il déclara, au nom de ses clients, ne pouvoir accepter l'offre qui leur avait été faite, attendu que la localité en question était stérile et ne produisait absolument rien; ce que nia la partie adverse. Des experts furent nommés. Là s'arrêtent malheureusement les pièces connues du procès, et l'on ignore si l'instance fut reprise et quelle décision prononça l'official. Mais ces détails, réunis à ceux que nous avons donnés précédemment, suffisent pour montrer quelles étaient, il y a trois siècles, les formes suivies dans ces singulières procédures.

Nous n'avons pas besoin de nous étendre sur les motifs qui avaient déterminé l'Église à employer l'excommunication contre les animaux. On comprend quel avantage ce moyen pouvait offrir au clergé, d'un côté par l'influence qu'il exerçait sur l'esprit timide et crédule des populations alors ignorantes et superstitieuses; d'un autre côté par le résultat pécuniaire, qui était toujours le but occulte de ses persévérants efforts. Toutefois, après plusieurs siècles, et grâce à la diffusion des lumières, ces pratiques vicieuses cessèrent, et on vit enfin disparaître ces abus de l'excommunication également contraires à la sublime morale de l'Évangile et aux vrais principes de la foi catholique.

Source : Extrait de Curiosités judiciaires et historiques du moyen âge. Procès contre les animaux, par Émile Agnel. J.B. Dumoulin, Paris, 1858.

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(1)   En 1460, ces insectes occasionnèrent de si grands ravages dans les vignes, que pour y remédier il fut décidé avec les gens d'Église à Dijon, qu'on ferait une procession générale le 25 mars; que chacun se confesserait, et que défense serait faite de jurer, sous rigoureuses peines. Cela fut encore réglé en 1540. (Annuaire du département de la Côte d'Or pour l'an 1827, par Amanton, p. 92.)

(2)   Guillaume, abbé de Saint-Théodoric, qui a écrit la vie de saint Bernard, rapporte que ce saint, prêchant un jour dans l'église de Foigny (l'une des premières abbayes qu'il avait fondées en 1121 dans le diocèse de Laon), des mouches en quantité prodigieuse s'étaient introduites dans cette église, et par leurs bourdonnements et leurs courses indécentes, troublaient et importunaient incessamment les fidèles. Ne voyant d'autre remède pour arrêter ce scandale, le saint s'écria: Je les excommunie (eas excommunico); et le lendemain toutes les mouches se trouvèrent frappées de mort. Leurs corps jonchèrent les pavés de la basilique, qui fut pour toujours délivrée de ces irrespectueux insectes. Ce fait devint tellement célèbre et inspira tant de vénération dans tous les pays circonvoisins, que cette malédiction des mouches passa en proverbe parmi les peuples d'alentour. (Theophili Regnaudi opera, t. XIV, p. 482, no 6, De monitoris ecclesiasticis et timore excommunicationis.)

Le concile cadavérique


Le concile cadavérique

En 897, s’est ouvert à Rome le procès le plus macabre de toute l’histoire. Le Pape Etienne VI fait comparaître la dépouille funèbre de son prédécesseur, Formose, pour être jugé.
Devant une assemblée d’évêques, un tribunal bien singulier préside devant un cadavre.





L’origine de ce procès
Ce sont les prises de position politiques du pape Formose qui sont à l’origine du procès. Alors qu’il aurait du conférer la couronne impériale de l’empire démembré de Charlemagne à la puissante famille italienne des ducs de Spolète, le pape l’attribue à un Carolingien, roi de Germanie.
Ce revirement est purement politique puisqu’il recherchait simplement le protectorat de ce roi.
A la mort de Formose, c’est Etienne VI qui est élu pape. Il se trouve qu’il est un fervent partisan des ducs de Spolète. Il considère donc son successeur comme un traître.
Une parodie macabre
Poussé par une haine incroyable, Etienne VI donne l’ordre de rechercher le sarcophage du pape Formose. Le cadavre, extrait de son tombeau est dépouillé de son linceul.
On habille le cadavre des habits pontificaux avant de le conduire dans un bâtiment où doit se dérouler le procès.
Le corps est fixé sur le trône pontifical.
Un clerc se tient à côté du cadavre pour répondre aux questions à sa place !
Tout au long du procès, le passé de la momie est examiné en détails. Des membres de l’Eglise viennent témoigner pour dépeindre le défunt comme un sombre intrigant.
Le contenu exact de ces dépositions n’est pas connu car tous les actes du procès ont été brûlés par la suite.
La sentence contre un cadavre
Au terme de cette mascarade, l’assemblée proclame l’indignité de Formose et juge illégitime son accession à la papauté.
Cette sentence annule tous les actes et décisions prises par Formose de son vivant.
Mais cette sentence ne suffit pas à apaiser la haine d’Etienne VI. Il ordonne que les restes desséchés soient dépouillés de leurs habits et insignes pontificaux.
Cependant, les agents ne peuvent arracher de la chair à demi décomposée le cilice, étoffe grossière portée par pénitence qui reste sur la dépouille.
Etienne pousse la folie jusqu’à mutiler le cadavre en amputant les trois doigts qui servaient au pontife à bénir les fidèles.
Le cadavre est ensuite jeté dans une fosse commune.
Puis, le pape se ravise et fait exhumer le corps une seconde fois afin qu’il soit jeté dans le Tibre.
La réhabilitation de Formose
Quelques mois après la profanation du cadavre, Etienne VI est étranglé par le peuple de Rome en colère.
Peu après, ses successeurs organisent des funérailles solennelles car entre temps le corps avait été récupéré par des pêcheurs.
Le corps est rapporté dans la Basilique Saint Pierre d’où il ne bougera plus.
Un an après ce procès, le concile décide qu’il sera désormais interdit d’intenter des procès contre les morts et de brutaliser les évêques au cours des assemblées.

Source : http://www.dinosoria.com/concile_cadaverique.htm  et nombreuses pages sur Internet.
Ce sujet déjà abordé (Peut-on excommunier un mort ?), fera l’objet d’une réflexion prochaine.

septembre 07, 2011

SPIRITISME ET CHRISTIANISME


(Réponse à M. Gaston LUCE)

     Dans le Numéro de Psyché d'Avril, nous avons consacré quelques pages à l'analyse du livre de M. E. Christophe « Mensonge et Danger du Spiritisme », sous les initiales A. S.
M. Gaston Luce, dans le numéro de juillet des « Annales du Spiritisme Christique », nous répond par une lettre ouverte à laquelle nous devons une réponse, tout en regrettant que notre ami s'en prenne à nous plutôt qu'à l'ouvrage même de M. Christophe. De la réfutation de l'auteur distingué de « De Platon à Dante par la Voie Royale », mettons d'abord sous les yeux de nos lecteurs les passages les plus saillants.
     « La thèse que soutient l'auteur de Mensonge et Danger du Spiritisme comporte, selon vous, deux parties principales, à savoir : 1°) que la Bible réfute le spiritisme ; 2°) que le spiritisme est la contradiction du christianisme. C'est donc la réédition pure et simple d'un argument essentiellement sacerdotal... Il faut voir avec quel entrain M. l'abbé Mermet applaudit au geste de M. Christophe « Il est impossible de lire votre magnifique ouvrage sans être convaincu de cette autre vérité (la première est que le spiritisme nie habilement le dogme chrétien) que s'adonner au spiritisme c'est tout à la fois abandonner la vraie foi, la santé, la fortune et... la raison. »
     « Je pense, mon cher Savoret, que vous trouvez que l'abbé exagère... Je veux donc, mon cher ami, tenter de vous rassurer... Le titre même de la revue où j'écris y devrait suffire : Annales du spiritisme christique. À l'affirmation osée de M. l'abbé Mermet que le spiritisme est la négation habile, déguisée, mais très certaine de la Rédemption, de la divinité du Christ et de toutes les autres vérités chrétiennes, j'opposerai l'affirmation tranquille, vérifiée ici même régulièrement, que le spiritisme est au contraire la reconnaissance ferme et sans restriction aucune de l'action divine et rédemptrice du Christ... Il est entendu que nous parlons ici pour nous, spirites christiques, laissant à d'autres, s'ils le jugent à propos, le soin de définir leur doctrine.
     « Notre point de vue personnel est ferme, inattaquable : nous faisons confiance à l'Esprit. C'est lui le seul dispensateur de lumière ; c'est lui notre guide en toutes choses. Nous révérons des maîtres comme Allan Kardec et Léon Denis... mais nous considérons avant tout que le spiritisme est une doctrine en voie d'élaboration et non fixée. Retenons toutefois ce qui, dès le début, a été nettement défini par le fondateur, à savoir que le spiritisme n'est autre chose qu'une dispensation nouvelle du christianisme originel. L'argument des adventistes qui nous, opposent périodiquement certains passages du Lévitique et des textes d'Isaïe est éculé.
     « Allan Kardec, Léon Denis et maints auteurs autorisés ont mis constamment leurs lecteurs en garde contre le danger de certaines pratiques. Mais les hommes sont les hommes, qu'ils se disent spirites ou non : quand la présomption les tient, elle ne les lâche pas de sitôt. Danger, soit ! Mais danger qu'on peut éviter et qu'il n'y a pas lieu de s'exagérer.
     « Vous éprouvez des craintes à cause des ombres inquiétantes qui gravitent autour d'un spiritisme mal compris. Elles existent en effet, mais ce n'est pas le spiritisme mal compris qui les a engendrées. Ce qui leur a donné barre sur nous c'est la folie, le vice, la fureur des hommes et leur indignité. Et ce serait vraiment nous faire un triste procès que de nous prétendre coupables de ce lamentable désordre. Les spirites sont généralement de bonne foi. Esprits en quête de vérité, on ne saurait leur faire grief de chercher la voie en dehors des dogmes confessionnels ; il n'y a pas là de quoi les vouer aux gémonies.
    « L'auteur du livre en question leur reconnaît, dites-vous, un seul mérite : d'avoir démontré expérimentalement que les phénomènes sont, non pas illusoires, mais réels. Savez-vous que c'est tout simplement la constatation d'une des plus grandes conquêtes de la pensée moderne, et peut-être la plus grande ? Qui vous dit que ce n'est pas de cette « terre inconnue » que va venir la délivrance ? Dévoyés aujourd'hui, les hommes seront peut-être demain libérés par des alliances qu'ils auront contractées dans ce nouveau domaine... C'est tout le problème de la Rédemption que tient en réserve ce monde spirituel qui nous entoure de sa protection.
     « Le problème de l'Esprit s'impose à notre attention. Il doit être par nous résolu ou nous devons en tenter la solution, non au moyen de formules confessionnelles rigides et caduques, mais par les voies du cœur et de la raison.
     « À ceux qui disent « le spiritisme sera scientifique ou ne sera pas », nous opposons la formule


     Le spiritisme sera tout simplement le fait de l'Esprit »... Dernièrement le Père Pinard de la Boullaye a exécuté le tour de force de parler de la « religion de l'Esprit » sans faire allusion à ces charismes qui ont fixé l'atmosphère de la primitive Église. Eh bien ! Je vous le demande, en quoi ces charismes qui vainquirent le paganisme ancien seraient-ils devenus malsains au milieu de notre paganisme moderne...
     « Loin de moi de croire que ces quelques lignes suffiront à éclairer le débat, mais je devais à la sympathie que je vous porte de vous donner mon sentiment propre, qui est, j’ose le croire, celui des Annales ».
 
 


     Nous remercions d'abord M. Gaston Luce de sa sympathie, dont nous n'avons jamais douté, en le priant bien sincèrement de croire à notre amicale admiration pour l'auteur de tant d'études savantes et de tant de vers savoureux. Mais ici, nos sentiments personnels doivent se taire. Nous ne sommes pas d'accord avec les idées émises par lui. Nous avons à le dire puisqu'il nous met en cause. Tâche ingrate dans laquelle nous nous efforcerons d'éviter le ton de la polémique.
En premier lieu, réfutation de fait. Nous n'avons jamais voué les spirites « aux gémonies » ; nous n'avons non plus déclaré qu'ils étaient « coupables ». Nous n'avons pas caché notre sympathie pour Léon Denis et n'avons pas limité tout le spiritisme à l'horizon kardéciste.
 


     Passons à d'autres points plus importants.
     M. Luce se retranche derrière le titre même des Annales du spiritisme CHRISTIQUE, pour déclarer que le spiritisme ne nie ni la Rédemption, ni la divinité du Christ. Tout d'abord, nous lui ferons remarquer que ce point de vue est celui d'un petit groupe de spirites, plus ou moins considéré comme « schismatique » par les autres. Ensuite, dans le même numéro des Annales nous lisons cette affirmation de M. Luce, nous pouvons lire (page 4) sous le titre : Correspondance spirituelle : « Peut-on croire que Jésus soit Dieu ? Dieu est la perfection : il se suffit donc à lui-même, n'a besoin que de lui-même. Comment alors admettre que Jésus soit Dieu, lui aussi. Jésus n'a jamais annoncé qu'il était Dieu. Ne priait-il pas son Père. Pourquoi, s'il était Dieu sur la terre, y priait-il Dieu au Ciel, c'est-à-dire lui-même ? Il n'y a dans les Évangiles aucune preuve affirmative que Jésus soit Dieu.. »


     Il faut donc penser que, si M. Gaston Luce croit la divinité du Christ et à la Rédemption, il est à peu près seul de son avis, même dans les « christiques » Annales du Spiritisme.
     On conçoit donc que, lorsque nous jugeons du spiritisme (en général nous nous voyons obligé de conclure, d'accord en cela avec M. Christophe, que spiritisme et christianisme sont deux choses différentes.


     Il serait d'ailleurs trop long de réfuter le jugement porté sur le Christ dans les Annales. Disons seulement qu'en pure doctrine catholique - et en laissant de côté les arguments des théologiens - Jésus étant homme et Dieu à la fois peut très bien, en tant qu'homme, prier son Père sans contradiction ni sottise. N'avait-il pas d'ailleurs à donner l'exemple de la prière ? Quant aux Évangiles, celui de Jean est assez explicite. Parlant du Verbe, différent du Père en fonction, non en essence, il ajoute « le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous ». De plus, Celui qui dit de Lui « Je suis la VIE, je suis la VÉRITÉ, avant qu'Abraham fut, j'ÉTAIS », ne saurait être une créature. La créature A la Vie, mais elle n'EST pas la Vie

     Qu'il y ait un mystère dans ce double aspect du Christ ; que ce mystère ait été défini dans un dogme (défini mais non expliqué), c'est certain, Mais si les spirites se défient des dogmes, s'ils voient dans le mystère un « obscurantisme » (Annales, p. 6), ils font preuve d'une vue terriblement courte. Le « mystère » ? Mais il est partout Le spiritisme ne l'éclaircit pas davantage dans le domaine spirituel que la science ne l'éclaircit dans le domaine matériel
     L'électricité est un « mystère », la matière en est un autre et nulle recherche scientifique, nulle révélation spirite n'en ont donné la clef. Or le dogme est la formule du mystère. Il est l'énoncé du problème. Prendre le dogme pour ce qu'il n'est pas, c'est-à-dire pour une « explication », c'est prendre le problème à rebours.


     Si le spiritisme d'autre part est « en voie d'élaboration », c'est qu'il rejette implicitement la révélation, c'est qu'il se veut scientifique (selon la parole d'Allan Kardec, que rejette M. Luce mais qui est « parole d'Évangile » pour des millions d'autres), c'est qu'il dépend de l'expérimentation. En somme un pragmatisme Si donc la science change continuellement sans jamais approcher de la vérité essentielle, le spiritisme semble condamné, dans sa progression expérimentale, à n'énoncer des lois que pour les remplacer ensuite par d'autres, à tâtonner sans fin - chacun restant libre de voir plus clair que le voisin. Quant aux révélations des « esprits » elles sont assez contradictoires pour qu'on n'en puisse jamais tirer la moindre synthèse, ni scientifique, ni philosophique, ni religieuse. Veut-on parler de « réincarnation » ? La plupart des « esprits » la proclament. Mais d'autres, moins nombreux, la nient formellement. Lesquels croire ? Et le nombre est-il une présomption en faveur de la vérité ?

     Les pères du spiritisme nous parlent des dangers des pratiques spirites. Très bien ! Mais, sans lesdites pratiques, il n'y aurait pas de spiritisme... Si chacun reste juge de sa propre « qualification » pour le spiritisme expérimental, chacun, évidemment, se trouvera suffisamment « qualifié ». Nous tournons toujours dans le même cercle, et nous ne pouvons ici que renvoyer M. Luce à ce que nous écrivions en rendant compte, dans Psyché de juin, du livre de M. Philippe Encausse.

     Voyons un autre point. M. Luce prend acte de ce que, pour M. Christophe comme pour nous, les phénomènes spirites sont réels, pour voir dans ces phénomènes « peut-être la plus grande conquête de la pensée moderne ». Nous ne saisissons pas bien son point de vue. En quoi un fait expérimental constitue-t-il une conquête de la pensée ?

     En fait d'expériences, d'ailleurs, l'antiquité en savait cent fois plus long que le moderne spiritisme. Mais elle n'était pas dupe du phénomène. Quand Homère, croyons-nous, nous montre son héros évoquant l'ombre d'Achille, il a bien soin de nous apprendre que la personnalité d'Achille est et reste parmi les Immortels. Quand, plus près de nous, Éliphas Lévi évoque l'ombre d'Apollonius de Tyane, il n'est pas non plus dupe de son visiteur « Concluraije que j'ai réellement évoqué (et touché le grand APOLLONIUS DE TYANE ? Je ne suis ni assez halluciné pour le croire, ni assez peu sérieux pour l'affirmer. »

     Aussi, quand notre ami Gaston Luce nous expose que « dévoyés aujourd'hui, les hommes seront peut-être demain libérés par des alliances qu'ils auront contractées dans ce nouveau domaine », nous croyons devoir lui crier casse-cou !

     Ce domaine n'est pas celui de l'Esprit, mais celui des « esprits ». Qui sont-ils ? Sont-ce même des « désincarnés » ? Sont-ils forcément ceux qu'ils nous disent être ? Satan ne peut-il jouer les anges de Lumière ? De cette « alliance », de ce « pacte » écririons-nous volontiers, que peut-il sortir ?

     Nous le supplions d'ouvrir les yeux à ce fait qu'il n'ignore pas
     Bien avant notre ère, depuis des millénaires, les hommes ont fait « alliance » avec des êtres de ce plan dont la sollicitude divine nous sépare par d'utiles garde-fous. Qu'en est-il résulté ? Et si la « libération » devait sortir de là, n'en serait-elle pas déjà sortie ? Et pourtant, dans ce passé lointain, il y avait une science secrète réelle. Et pourtant, les spirites n'ont pas découvert le dixième de ce qu'avaient découvert les Sages de Celtide ou d'Égypte. Les « Charismes » ? Voyez comme l'Apôtre Paul s'en méfie ! Voyez en quoi ils ont dégénéré trop souvent !...
     On nous répondra, comme M. Luce, que le spiritisme n'est pas coupable ; que les coupables ce sont la folie, le vice et l'indignité des hommes !
     Serions-nous aujourd'hui moins indignes qu'hier ? L'immense extension du spiritisme parmi les masses, initiation sans degrés, sans épreuves, sans directeurs qualifiés dans tant de cas, peut-elle être envisagée comme un bienfait ? Nous ne le pensons pas. Il nous serait facile, en fouillant dans, nos propres souvenirs, dans nos propres expériences, de montrer quels ravages peut faire la doctrine spirite dans des âmes faibles, des cerveaux frustes, des cœurs cupides ou orgueilleux. Or, parmi les millions de spirites, quel pourcentage minime d'êtres au cœur à peu près pur, à l'âme droite et forte, au cerveau à peu près solide ?


     La lumière ? Elle vient de l'Esprit - mais pas par l'intermédiaire de la table, de l'ardoise ou du oui-ja ! Jésus nous enseigne à nous adresser directement au Père, à faire les œuvres de l'Amour, à nous sacrifier en prenant exemple sur lui - en puisant notre réconfort en lui Quant au monde des « esprits », il ne nous enseigne pas à nous mettre en rapport avec lui. Celui qui suit sa voie, sans effort, sans medium, peut, lorsque la chose est utile, entrer en contact avec tous les mondes - dont celui des esprits » du spiritisme n'est qu'une fraction modeste - et même avec le monde de l'Esprit que jamais le spiritisme n'atteindra. Certes, ces hauteurs sont rarement atteintes ; l'effort nécessaire pour les gravir n'est aussi que rarement fait. Le succès du spiritisme est qu'on peut y entrer, pour ainsi dire, de plain-pied. Son succès - et son danger.
     Car M. Luce aura beau prévenir et crier gare Il aura beau mettre en garde les « apprentis spirites », il prêchera dans le désert ! Les condamnerons-nous ? Non ! M. Luce remarque, avec raison, que la plupart des spirites sont sincères. Nous critiquerons donc le spiritisme, mais voulons respecter la sincérité des spirites - qui n'est pas en cause.
La « lettre ouverte » de notre ami ne nous a pas convaincus. Nous venons d'exposer sommairement pourquoi. Notre réponse le convaincra-t-elle ? Nous ne le croyons pas. Si nous avons réussi à exposer notre point de vue sans avoir blessé une amitié ou froissé un sentiment, nous nous en tiendrons pour satisfait.
 


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(Seconde Réponse à M. Gaston LUCE)



     M. Gaston Luce ayant exposé de nouveau son point de vue dans les Annales du Spiritisme Christique d'Octobre, au sujet des idées que nous exprimions sous le même titre dans cette revue, nous ne croyons pas pouvoir éviter de nouveaux développements - auxquels, du reste, il nous convie très amicalement.
     Cette seconde réponse sera très probablement la dernière. L'essentiel aura été dit, de part et d'autre. Pour préciser au mieux les points sur lesquels nous sommes en désaccord, nous nous contenterons de commenter sommairement les passages saillants de l'article de notre distingué contradicteur. Notre controverse y gagnera en précision ce qu'elle perdra du point de vue littéraire - qui est bien le dernier de nos soucis.
     « Qu'est le Christ ? Ah ! Certes, le problème nous dépasse tous singulièrement, écrit M. Luce ; toutefois ce nous est un devoir d'en sonder les sublimes, profondeurs. »
     Au risque de passer pour un esprit timoré, nous déclarerons ici candidement que nous ne croyons pas que l'humanité actuelle soit capable de définir le Christ. Plus haut qu'elle, nous voyons les quelques-uns qui sont ou furent Ses amis se refuser à Le définir en mode intellectuel, à nous en donner une idée qui, vraie pour eux, deviendrait fausse en passant par notre cerveau compliqué, et se contenter en règle générale d'œuvrer comme Lui - nous montrant implicitement par leur exemple quel chemin, quel unique chemin pouvait mener à la vraie compréhension du plus insondable des mystères.


     « La théologie, nous concède M. Luce, est un monument grandiose qui ne manque pas de solidité ni de noblesse, mais ce n'est pas un monument éternel ».
     Ici nous sommes à peu près d'accord La théologie est œuvre humaine et, comme telle, sujette à l'erreur. Elle n'est d'ailleurs pas article de foi. Si elle était éternelle, elle vaudrait demain comme hier, comme valent et vaudront les Évangiles, les Paroles du Christ.
     Du seul fait que les théologiens ne sont pas toujours d'accord, voici notre Conscience à tous deux en repos...
« Nous ne rejetons pas la tradition ; notre ouvrage, que M. Savoret a bien voulu mentionner élogieusement, en fait foi. Mais nous pensons que la révélation se parfait avec les cycles d'évolution. »
     Ici, nous nous permettrons d'apporter un correctif aux paroles de M. Luce avant de nous déclarer d'accord La « Révélation » ne saurait se parfaire sous peine de n'être pas d'origine divine. Ce n'est pas elle, mais bien les hommes qui la reçoivent qui doivent « se parfaire » pour la comprendre. Telle elle a été donnée, telle elle restera éternellement puisqu'elle se confond avec la Vérité. Cette vérité, le cœur du simple chrétien la pressent, mais elle resplendit dans le cœur des saints et dans leur esprit illuminé par le foyer cardiaque. Elle reste lettre morte ou prétexte à controverses pour ceux qui font un dieu de leur cerveau. La Révélation est donc immuable ou n'est pas. Elle n'est pas destinée à satisfaire les jeux de la pensée puisque les philosophes, les cerveaux exercés et cultivés, passent à côté d'elle sans la voir. Elle s'adresse en nous au seul point de contact de notre fini avec l'infini, le cœur.      C'est donc le cœur qui doit se parfaire pour accéder à l'invariable vérité.


     C'est ce qu'ont compris les grands saints, dont parle plus loin M. Luce « Sait-on seulement lire les Évangiles ? Sait-on les recevoir en esprit ? S'est-on abreuvé à la source véritable ? Seuls les grands saints nous ont montré la voie... »
Oui, ils nous ont montré la voie. Comment ? En nous donnant l'exemple d'un travail acharné sur eux-mêmes, sur ce cœur où combattent sans merci l'ange et la bête. Voilà l'athanor où doit éclore le Grand Œuvre, où doit irradier, consumant toute impureté, l'Amour, suprême feu philosophique.
     « L'apanage sacré de l'homme est la liberté. Ainsi pensaient les vieux druides, pères de la philosophie. Nous aimons la vérité et, pour la suivre nous n'userons que d'un moyen unique suivre le Maître et ses loyaux serviteurs ».
Très juste ! C'est ce que firent les rares vrais chrétiens se sacrifier, se taire, se mettre au service de l'humanité, non en paroles mais en actions, porter sa besace sans se plaindre et prendre en plus celle du voisin qui trébuche sur la route, sans avoir le sentiment d'avoir accompli un tour de force. Cela, c'est suivre la voie qui mène au Christ détenteur de la pure Vérité. C'est le chemin direct et sûr mais quelque peu broussailleux et désert. Comme un homme, qui fonce farouchement vers son but à travers les ronces qui le déchirent, n'ayant ni l'humeur ni le temps de beaucoup philosopher, ainsi celui qui suit la Voie ne fait guère de réflexions sur la qualité ou la nature du Logos ou sur le fonctionnement de la Trinité. Il sait le but, il veut l'atteindre, il sait que là se tient la lumineuse Révélation, là seulement, aussi hâte-t-il le pas, peu pressé d'anticiper sur son aspect. Seulement pour déployer un tel effort il faut la Foi - une Foi bien en dehors des relatives certitudes rationnelles. Mais, à ce degré, spiritisme, théologie, ésotérisme ne doivent pas peser bien lourd dans les préoccupations ? C'est du moins l'idée que nous nous en faisons « du dehors », en serviteur inutile et infidèle.
     « Notre spiritisme sera donc essentiellement christique et il comportera, en plus d'une ascèse, un pragmatisme... Il n'y a pas à séparer l'un de l'autre... Si l'on admet que ce pragmatisme s'opère par l'effusion de « l'agent divin » que l'on nomme Esprit, on comprendra que le spiritisme, dans son mode supérieur, n'est pas si éloigné du christianisme que certains le prétendent. Inspiration, transformation, prophétisme, possession, sur les modes opposés, entrent directement dans le champ de ses recherches. Et, mon Dieu, ces recherches sont tout l'essentiel du problème humain. »


     Il y a ici, pensons-nous, plus d'un point discutable. Entre le spiritisme tel qu'il se pratique et le christianisme, il est difficile de trouver un « pont ». Le spiritisme est, dans sa racine, la volonté de pénétrer dans l'invisible par une porte normalement fermée. La clef (le plus souvent une fausse clef) qui sert à ouvrir ladite porte se nomme le medium. Qui est-il ? On l'ignore, car les hommes ne connaissent pas les autres hommes et ne se connaissent pas bien eux-mêmes pour la plupart. Tout être est, naturellement, médium, car ce mot signifie seulement « intermédiaire ». Cela indique que chaque être est l'intermédiaire conscient ou inconscient, volontaire ou involontaire, entre l'humanité et... Dieu ou le diable. En d'autres termes, entre le plan spirituel et le plan... disons astral, inférieur ou supérieur

     Or le plan véritablement spirituel est, si nous ne nous abusons, bien rarement entrevu par des mortels, lesquels, dans ce cas, sont des saints évidemment mais non des spirites. Il ne faudrait pas s'abuser sur les mots : les « esprits » du spiritisme sont une chose. L'Esprit en est une autre. Rien ne permet de les confondre. Le mot spiritualisme même est employé - ceci est une importation anglaise - pour désigner le spiritisme. Il y a là, à notre sens, une confusion regrettable.

     Revenons au « médium ». Celui-ci ayant ouvert la porte (d'un domaine forcément inconnu puisque c'est pour le connaître qu'on s'adresse à lui), quelles entités se pressent de l'autre côté ? Il y en a certainement de bien des sortes. Il en est qui blasphèment. Il en est qui tiennent des discours édifiants - comme beaucoup d'hommes sur cette terre, - d'autres ricanent ou cherchent à nuire. Puisque vous parlez de pragmatisme, dites-moi, à quoi cela sert-il ? Pas même à rendre la foi à ceux qui doutent, car la croyance aux « esprits » et la foi en Dieu ne sont pas forcément de même ordre ! C'est d'ailleurs le genre de foi qui illustra saint Thomas, à qui le Christ répondit seulement « heureux ceux qui croient sans avoir vu ! ». La « foi » spirite est la constatation pure et simple d'un fait. Elle n'est pas plus « foi » que ne l'est la conviction du savant devant l'évidence d'un phénomène physique. Elle peut entraîner éventuellement la foi en Dieu, mais cette conséquence n'est pas obligatoire. D'ailleurs, le chrétien, celui qui veut suivre le Maître et ses loyaux serviteurs, celui, donc, qui a entendu l'appel du Christ, ne devrait pas avoir besoin de ces adjuvants. Si, plus rarement peut-être que vous ne le supposez, quelques désincarnés encore assez proches de la terre viennent vous apporter confiance et espoir en Dieu, n'est-ce pas simplement parce que vous avez obturé oh ! Sans le vouloir - toute autre source de foi que la source spirite ? De cette accommodation à votre mentalité je ne puis retenir qu'une chose : dans toute situation Dieu cherche à éclairer Sa créature, même quand cette situation est quelque peu en marge de la norme. Je n'y puis voir une justification de principe du spiritisme. De ce qu'un prisonnier se convertit intra muros, je ne puis conclure que la prison est un précieux élément de conversion, ni qu'elle soit à recommander à tous.. L'exemple est un peu gros, mais il ne me semble pas dénué de tout bon sens...

     Qu'un chrétien se fasse spirite m'a toujours semblé une erreur. S'il est chrétien, il ne peut ignorer que Jésus a enseigné que ceux qui croiront en Lui vivront éternellement. Alors ? Qu'apporte de vraiment neuf, de vraiment indispensable le spiritisme - même supérieur ? Y a-t-il lieu d'attribuer à l'Esprit divin ces vaticinations ? Qu'apprennent-elles d'essentiel que le Christ n'ait dit ?

     L'inspiration, le prophétisme, peuvent être l'œuvre de l'Esprit divin - mais aussi de l'Autre... On doit les reconnaître à leurs fruits, dit Jésus - et seulement à leurs fruits. En tout cas l'inspiré ou le prophète « divin » ne font rien pour l'être. Le « médium » divin ne veut pas l'être ; son cœur et son esprit sont volontairement abandonnés à Dieu. Jeanne d'Arc, que vous me citez en exemple, fut un de ces « divins médiums », c'est entendu ! Mais ce fut à son corps défendant et non pour chercher à sonder « l'essentiel du problème humain ». Elle n'a jamais voulu ou tenté d'ouvrir des portes défendues. Elle s'est bornée à aimer son prochain comme elle-même et Dieu par-dessus toutes choses, en toute simplicité de cœur, jusqu'à la mort, comme Jésus, son modèle, auquel elle s'abandonna jusqu'au dernier souffle. Jeanne d'Arc ne fut jamais spirite, elle fut chrétienne. Parce qu'elle fut chrétienne, ses possibilités dépassèrent - et de loin - les promesses du spiritisme. Jamais ses « voix » ne la trompèrent, avoue-t-elle. Elles venaient donc - et toutes - du plan de la Vérité - et de lui seul ; quel spirite pourrait répéter un tel aveu ? C'est donc d'un autre plan que viennent en général les révélations spirites, d'un plan où le vrai se mélange au faux, dans des proportions diverses, d'un plan non pas vraiment « spirituel » mais seulement « des esprits ». Cette distinction est nécessaire.

     « Jésus n'est pas Dieu Lui-même, mais le premier être arrivé à l'éternité » nous dit M. Luce, d'accord avec l'auteur de l'article « Jésus est-il Dieu ? »
     Ici nous nous déclarons bien indigne. Quel est l'homme qui peut sans trembler résoudre cette question formidable ? Il y a bien longtemps que des conciles se sont injuriés à cause d'elle...
     Et pourtant, nous oserons dire notre conviction intime - puisqu'a été énoncée la conviction opposée : Jésus est Dieu ; non pas le Père, mais le Fils ; non pas comme le premier être « arrivé à l'éternité » mais comme Dieu éternel. Expliquons-nous - maladroitement, hélas
     Le Père est le Créateur ; c'est en Lui que s'élabore l'idée primordiale de la Création. L'homme aussi a l'idée de ce qu'il veut faire avant de le réaliser, encore qu'il soit un dieu bien chétif...
     Quand le Père réalisa la Création, Il délégua Son Verbe, Sa Parole vivante (les Grecs, avec leur Logos, ne l'ont pas inventé ; les Égyptiens non plus, qui connaissaient aussi « le Bon dont la Parole est Vérité »). En même temps (qu'on nous passe ce mot impropre) circula partout la pensée paternelle, l'Esprit Saint - partout où la Parole fut proférée. Il est la Voie, ce Verbe-Lumière, car il est chargé de guider les Créations vers leur Créateur. Il est la Vérité, car il ne saurait les mener à leur perte. Il est la Vie, au sens strict du mot, car c'est Lui qui l'a insufflée à tout ce qui vit. Pousser plus loin nos recherches nous semble bien vain. Nous ne croyons pas qu'on puisse faire tenir la Trinité très sainte dans une théorie humaine - fut-elle gnostique.


     « La Trinité dit : trois personnes en une seule nature. Mais pourquoi a-t-on omis de faire figurer dans cette hypostase la personne céleste que la théosophie chrétienne (notamment Boehme et Saint Martin) nomme la Sophia, dont la relation avec Maria est la même que celle du Christ avec Jésus ? Et qu'est l'Esprit Saint vis-à-vis d'elle ? »

     Nous pourrions répondre que les dix premiers versets du premier chapitre de la Genèse offrent là-dessus une solution satisfaisante (encore qu'intellectuelle, donc approximative).
     Ajoutons seulement que nous ne voyons pas de raisons valables de faire entrer la Sophia dans l'hypostase. Reprenant notre comparaison précédente, nous dirons que, quand on parle de l'idée d'un homme, on ne parle pas de son cerveau physique. Quant à dire que Sophia = Maria ou que Christ = Jésus, c'est aller rapidement en besogne. L'idée du Père se manifeste par le Fils, c'est la Création vivante. Mais pour la création matérielle - à quelque degré que ce soit, car il y en a beaucoup avant d'arriver au degré animalisé où nous sommes - il faut une matière ou plutôt une matrice. Elle est humble, puisqu'elle est la « servante » du Seigneur et qu'elle se ploie à toutes les formes. Elle est la Mère fécondée par le Père et d'où sortent toutes les créations. Quand le Fils doit prendre forme, c'est elle qui devient la matrice qui l'engendrera. C'est l'Esprit Saint qui transmet la volonté du Père et l'humble créature, ignorant sa grandeur cachée, répond à l'Ange « Je suis la servante du Seigneur ».
Elle est l'éternel « instrument » du Père, la Mère du Fils, mais aussi celle de tous les êtres. Quant à la relation du Christ avec Jésus, le mot hébreu Jésus et le mot grec Christ désignent tous deux le même être.
     
     M. Luce se refuse à admettre que l'Être ineffable ait supporté dans son Fils le traitement ignominieux que lui ont réservé les hommes.
     Il croit que c'est là le ramener à notre mesure humaine.
     Ce qui est humain, c'est de ne point pouvoir exprimer d'une manière adéquate des idées et des mystères de Dieu. Dire que le Père « souffre » est évidemment une manière humaine de traduire l'idée de mécontentement (autre mot trop étroitement humain, comme tout mot) du Créateur qui voit Sa créature suivre la voie de l'Adversaire. Il décide que le Fils prendra un corps humain, afin d'être en un certain sens le même être que les fils d'Adam. Certes, le Fils ne s'incarne pas tout entier. Mais l'homme non plus, d'ailleurs, et le mot incarnation, bon à défaut d'autre plus exact, est assez impropre. La partie qui s'est incarnée n'est, cependant pas un être matériel comme nous. Il n'y a qu'à lire l'Évangile pour voir combien le Christ se tient constamment au-dessus. Il est en relation constante avec Son Père (n'enseignait-il pas les docteurs à douze ans ? N'échappe-t-il pas à toutes les lois physiques ? Non une fois, mais toujours !). N'est-il pas inaccessible aux tentations ?


     Il est le modèle de l'Homme tel qu'il devrait être s'il n'était pas tombé, tel qu'il redeviendra s'il se régénère par le sacrifice volontaire comme Jésus dut le faire, sans l'avoir mérité, pour montrer le chemin. L'Évangile nous dit très clairement qu'à l'heure du sacrifice qu'Il savait nécessaire, auquel Il consentait, Il n'était plus qu'un homme en proie d'abord à la souffrance morale et spirituelle (abandon présumé du Père, abandon certain des disciples).
     Il fallait qu'il ressentit la souffrance de l'homme ordinaire. S'Il était resté le Fils, il eût pu échapper au supplice. « Le Pasteur donne sa vie pour ses brebis ». Les siennes étant perdues sans son sacrifice, il devait donner sa Vie. Mais elle n'a pas plus disparu que celle de l'homme qui meurt sur un gibet ou sur un lit. Lui qui est la Vie, mourrait-il quand, à dire vrai, nous ne mourons pas réellement ? Et le Père l'ignorait-il ? Il n'est donc pas nécessaire de dramatiser sa soi-disant cruauté.
Nous laisserons de côté d'autres questions impossibles à traiter pour le moment. Un dernier point. M. Luce nous impute une confusion entre l'Homme-esprit et une ombre falote. L'Homme-esprit existe bel et bien, mais ni l'ombre, ni les mânes, ni les apparitions fantômales, ni les esprits des spirites, ni l'homme ordinaire n'ont rien à faire avec lui.


     Répétons que l'astral de la terre grouille d'êtres de toutes sortes et qu'il n'est pas très profitable à l'homme de s'en occuper de trop près. L'Adversaire les utilise souvent pour égarer les imprudents. Si certaines personnes ont des dispositions naturelles à voir les êtres de l'astral, on peut lire, entre autres, dans « La Voyante » de Prévorst combien c'est plaisant et quelle croix supplémentaire c'est pour l'heureux bénéficiaire d'une faculté plus enviée qu'enviable. Il vaut certes mieux, à notre humble avis, prier avec simplicité et méditer sur les Paroles que Jésus nous a laissées. Quant aux visions d'êtres spirituels réels, émanés du plan divin, elles sont, nous en sommes sûrs, excessivement rares et ne sont provoquées que pour de graves missions, dont celle de Jeanne d'Arc est le type achevé. Les « révélations » des médiums ne nous semblent pas avoir l'importance que leur attribuent trop souvent les spirites. Que peuvent-ils discerner ? Que savent-ils sur l'origine et les buts des êtres qui leur parlent ? Refrain (sempiternel) tout l'essentiel est dans l'Évangile. C'est lui qu'il faut consulter - et pratiquer. - Alors, le « cœur » s'éclairera et chacun sera un médium.

     Pour nous, un spiritisme « christique » ne saurait s'expliquer clairement que comme un christianisme pur et simple. C'est peut-être, au fond, la pensée de notre bien sympathique ami M. Luce.
Dans cette consolante espérance nous mettrons le point final à une controverse qui a eu au moins le mérite de nous permettre, à tous deux, de mieux préciser notre pensée.


A. SAVORET.