avril 21, 2011

Convient-il, selon une lecture de St Paul, de baptiser les morts ?


Convient-il, selon une lecture de St Paul, de baptiser les morts ?

« Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? », déclare énigmatiquement l’apôtre en I Cor. XV, 29.
S’il est très certain que le baptême pour les morts fut pratiqué dans l’Eglise ancienne, ne résulte-t-il pas d’un malentendu dans la compréhension de la phrase de Paul pouvant suggérer un baptême en faveur des morts, lorsque le baptême pratiqué au nom de Jésus+ Christ, c'est-à-dire dans Sa mort et par voie de conséquence en Sa résurrection, n’est pas en revanche contraire – quand bien même cette référence serait insuffisante – à une juste Doctrine.
Au début de l’Eglise, le baptême est reçu au nom de Jésus +Christ. Pierre l’atteste en déclarant : « Convertissez-vous : que chacun de vous reçoive le baptême au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez le don du Saint Esprit. » (Actes II, 38) et les convertis « reçurent le baptême au nom du Seigneur Jésus » (Actes XIX, 5).
Cette réception du baptême seulement au nom du Seigneur Jésus se fait dans la mort et la résurrection du Sauveur. L’apôtre témoigne : « Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle. » (Romains VI, 4).
Basile de Césarée en son traité Sur le Saint Esprit, après d’autres comme Origène ou Cyprien, insiste et consacre un chapitre « à ceux qui disent : il suffit d’être baptisé dans le Seigneur » en déclarant qu’il convient de baptiser au nom de la TS Trinité : « Si donc, au baptême, séparer l’Esprit du Père et du Fils est dangereux pour qui donne le baptême et inefficace pour qui le reçoit, comment serait-il prudent de notre part d’arracher l’Esprit au Père et au Fils ? » (XII, 28, SC n° 17bis, page 347)
Les Canons 49 et 50 des saints apôtres ne laissent planer aucun doute :
 « 49. Si un évêque, ou un prêtre ou un diacre ne baptise pas, selon la parole du Seigneur "au nom du Père et du Fils et du saint Esprit", mais au nom de trois pères ou de trois Fils ou de trois paraclets, qu'il soit déposé.
 50. Si un évêque, ou un prêtre ou un diacre n'accomplit pas les trois immersions d'un seul baptême, mais d'une immersion au nom de la mort du Seigneur, qu'il soit déposé ; car le seigneur ne nous a pas dit : baptisez au nom de ma mort, mais : "Allez enseigner toutes les nations, et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du saint Esprit". »
Jean Chrysostome en sa 40° Homélie sur la Première Epître aux Corinthiens  explique relativement au verset, objet de notre réflexion :
« Après avoir prononcé ces paroles pleines de redoutables mystères, les règles des dogmes qu'il faut respecter avec crainte, les lois envoyées du ciel, nous finissons par ajouter, au moment du baptême, ces paroles que nous ordonnons de prononcer : Je crois à la résurrection des morts; et c'est dans cette foi- là que nous sommes baptisés. Ce n'est qu'après cette profession ajoutée aux autres, que nous sommes plongés dans la source de ces eaux sacrées. Voilà ce que Paul rappelait aux fidèles, quand il disait : « S'il n'y a pas de résurrection, pourquoi êtes-vous baptisés pour les morts? » ce qui veut dire, pour les corps. Car si vous êtes baptisé, c'est que vous croyez à la résurrection du corps mort, vous croyez qu'il ne reste pas mort. Quant à vous, c'est par des paroles que vous exprimez là, résurrection des morts ; mais, pour le prêtre, il a comme une image à lui, et ce que vous avez cru, ce que vous avez confessé par des paroles, cette image vous en montre la réalité. Vous croyez sans avoir de signe, et le prêtre vous donne un signe ; vous commencez par faire ce qui dépend de vous, et alors Dieu vous donne une certitude. Comment cela ? Par quel moyen? Au moyen de l'eau: Le baptême, l'immersion suivie du mouvement contraire par lequel on remonte, on sort, c'est le symbole et de la descente aux enfers, et du retour. Voilà pourquoi Paul appelle encore le baptême une sépulture : « Car nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour la mort ». (Rom. VI, 4.) »
Ensevelis avec le Christ dans Sa mort, par le baptême nous ressuscitons à une vie nouvelle, parc ce que l’Esprit Saint ayant quitté le monde de la Chute,  nous  retrouvons pas Son retour, notre relation au Père.
Ainsi, si le baptême pourrait n’être pas invalide dès lors qu’il est accompli au nom de Jésus+ Christ qui institue ce sacrement, en l’occurrence en faisant référence à Sa mort et Sa résurrection uniquement,  l’Eglise ne saurait oublier la validité des baptêmes de Désir, et du Martyre (eux acquis sans la prononciation d’une formule liturgique).
Le sens qu’il échet de donner à la déclaration de l’apôtre, ne suggère pas au fidèle de baptiser un mort, mais de comprendre que le baptême délivre le fidèle de la mort née du péché « par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort » (Romains V, 12).
« … que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts? »
Paul précise aux Romains : « Si par l'offense d'un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par Jésus Christ lui seul. Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes. » (Rom. V, 17,18)
Paul affirme  avec justesse, que le salut opéré par Jésus+ Christ intervient pour tous les êtres. Ne convient-il pas de comprendre alors que celui qui est baptisé, a pour mission de témoigner dans le monde, sinon dans tous  les mondes, celui d’agir près des vivants comme près des gisants par la prière et les bonnes actions, afin de hâte la venue du Jour de Dieu (II Pierre, III, 11, 12), au baptême est lié le devoir d’enseigner toutes les nations qui ne sont sans doute pas à limiter à ce que nous percevons, selon que puisque le Christ nous enjoint : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Mat/ XXVIII, 18-20)

Jean-Pierre  BONNEROT

avril 20, 2011

La création des insectes émane-t-elle de Dieu ?

La création des insectes émane-t-elle de Dieu ?

En son intéressante réflexion sur le quatrième jour de la Genèse, André SAVORET écrit :
«Moïse parle bien des anges au cours de ses cinquante chapitres, mais il reste muet sur leur création qui, on le sent, ne fait pas partie de l'œuvre des Six Jours. Autre remarque, en passant, dans l'énumération des espèces animales (cinquième Jour) il ne fait pas mention des insectes. Ces omissions ne sont pas l'effet du hasard ni de l'inadvertance. Si, comme tout porte à le supposer, les insectes sont les créatures terrestres où le sceau satanique s'imprime le plus profondément, on comprend pourquoi l'auteur du Sepher préfère les passer sous silence.  
 Ici, il n'est peut-être pas inutile de souligner que, dans la conception de l'auteur de la Genèse, la Ténèbre est la résultante générale, dans l'ordre cosmologique, de l'acte par lequel Lucifer se détache de Dieu, se pose en démiurge en face de lui et ose une création dont il puisse s'enorgueillir d'être l'auteur. Et ce n'est pas par pure coïncidence que Moïse se sert pour désigner la Ténèbre chaotique, HosheK, et le « Serpent » tentateur, Na-Hash, du même élément radical, Hosh, pour mieux nous pénétrer de leur commune origine. » (1)
I
En une précédente réflexion sur Le prologue de Jean, nous proposions de traduire BeReACHYT, par « la création est un acte de justice rendu selon une condition de réciprocité » (2). Dès lors que l’actuelle Création à laquelle nous participons résulte d’un acte de justice  selon une condition de réciprocité, face à une antériorité, il n’est pas absurde de s’interroger, non pas déclarer ce qu’aurait été l’exact événement ou la cause de ce présent acte Créateur, mais d’émettre et discuter des hypothèses quant à ce qui justifia cet acte Créateur.
Nul n’ignore, chacun comprend, selon les bases de la classique pensée théologique, que la Création et un acte d’Amour de Dieu envers Sa créature, ce point qui s’enseignait au petit catéchisme  ne sera pas présentement retenu, d’autant qu’il se trouve développé à tous les stades de la recherche,  lorsque l’ultime compréhension de cet acte d’Amour, ne saurait s’enseigner et  ne saurait  figurer dans les gloses des théologiens, puisque cette ultime compréhension, relève de la conscience de La Présence.
Tout en étant un acte d’Amour, il s’agit d’une Justice qui répond à une condition de réciprocité, ce qui suppose un fait antérieur, et s’il est une idée de justice, il est suggéré un principe de réparation par rapport à ce qui précède l’acte de Création.
Le scénario et les raisons de la Chute pré-originelle qui est celle de certains anges, distinctement à la Chute originelle dite de nos premiers parents, ne figure dans l’œuvre des six jours.
Quatre thèses se distinguent pour expliquer cette chute pré-originelle.
1 Pour les premiers Pères, la chute provient du commerce des anges avec les filles des hommes, et Justin nous dit 2 Apologie V, 2 : "Dieu confia le soin des hommes et des choses terrestres à des anges. Mais les anges violant cet ordre, eurent commerce avec les femmes et en eurent des enfants qui sont les démons."

Cette thèse devait être citée pour mémoire, mais ce n'est pas de Foi Orthodoxe puisqu'elle est issue du Livre d'Hénoch qui déclare : "Or, lorsque les enfants des hommes se furent multipliés, il leur naquit en ces jours des filles belles et jolies ; et les anges, fils des cieux, les virent, et ils les désirèrent, et ils se dirent entre eux : Allons, choisissons-nous des femmes parmi les enfants des hommes et engendrons-nous des enfants." (3)

2 Irénée de Lyon prendra pour assise à sa démonstration Sagesse II, 24 :
"… mais par l'envie du diable, la mort est entrée dans le monde et la subissent ceux qui sont de son parti." Ainsi l’évêque de Lyon déclare :"Ce commandement l'homme ne l'observa pas, mais il désobéit à Dieu, ayant été égaré par l'ange qui, à cause de la jalousie et de l'envie qu'il éprouvait à l'égard de l'homme pour les nombreux dons que Dieu lui avait accordés, tout ensemble provoqua sa propre ruine et fit de l'homme un pécheur en le persuadant de désobéir au commandement de Dieu. L'ange étant devenu par un mensonge chef et guide du pêché, et lui-même fut chassé pour s'être heurté à Dieu et il fit que l'homme fut précipité en dehors du Jardin. Et parce que par sa conduite, il se révolta et s'éloigna de Dieu, il fut appelé en hébreu Satan, c'est à dire révolté, mais en même temps il est appelé encore délateur." (4)

3 Pour Origène la chute de l'ange provient de l'orgueil. Pour sa part, au lieu de Sagesse II, 24, le maître alexandrin déclarera à la suite d'Isaïe XIV, 12-16 : "Comment Lucifer est-il tombé du ciel, lui qui se levait le matin ? Il s'est brisé et abattu sur la terre, lui qui s'en prenait à toutes les nations. Mais toi, tu as dit dans ton esprit : Je monterai au ciel, sur les étoiles du ciel je poserai mon trône, je siégerai sur le mont élevé au-dessus des monts élevés qui sont vers l'Aquilon. Je monterai au-dessus des nuées, je serai semblable au Très Haut. Or maintenant tu as plongé dans la région d'en bas et dans les fondements de la terre."

Après cette citation des versets 12 à 22, Origène ajoute : "Voilà la manière dont cet être était lui aussi un jour "lumière" avant de commettre une faute et de tomber en ce lieu ; et sa gloire s'est changée en poussière (Is. XIV, 11), ce qui est le propre des impies comme l'a dit aussi le prophète ; depuis lors il est appelé aussi "Prince de ce monde" c'est à dire de ce lieu d'habitation terrestre." (5)

4 Denys l'Aréopagite précise à propos de l'ange qui chute et de ceux qui le suivirent : "Ainsi parce qu'ils existent, ils procèdent du bien et sont bons et désirent le bien et le bon, c'est à dire l'être, la vie, l'intelligence, toutes choses réelles." (9)

Et Thomas d'Aquin de répondre à l'article IV de la question : Y a-t-il des démons qui soient naturellement mauvais ? : "Les démons ayant de l'inclination pour le bien général ne peuvent être naturellement mauvais." (10).

L’idée de vouloir s’égaler à Dieu, en créant comme Lui, par orgueil, par amour, constitue certes une révolte contre le type de « vie » que Dieu proposait aux anges, et il en sera de même quant à ce refus du type de vie intemporelle de nos premiers parents en voulant se nourrir par leurs propres moyens d’un arbre qui n’est certes pas défendu mais les fait entrer dans la temporalité(11).

II
Rien n’interdit de penser, à la suite de Denys et de Thomas d’Aquin par exemple, que désirant le bien et la vie, certains anges ne cherchèrent à créer, comme Dieu, cette création ne pouvant intervenir qu’avec la permission de Dieu au titre de la liberté qui est l’expression de l’Amour absolu : en agissant de la sorte, ces anges quittent volontairement la relation d’amour qu’ils avaient avec Leur Créateur, mais cela ne signifie pas qu’ils soient naturellement mauvais. Le serpent ne trompe pas Eve (11) si l’on prête attention au dialogue relatif l’arbre prétendument défendu, Ha Sathan (qui ne signifie pas « révolté » mais « obstacle » - obstacle que Dieu se fait à Lui-même, n’en déplaise à Irénée (12) - se promène librement, il est autorisé à tenter Job (Job I, 6-13).

Si donc la chute pré-originelle porte sur un acte de création de la part des anges qui par ce fait voulurent ou crurent pouvoir être comme Dieu, l’interrogation ou le point posé par André SAVORET mérite réflexion.

Cette réflexion peut être, de surcroît, appuyée quant à sa validité,  par la place et le sens donnés aux insectes dans l’Ancien Testament. L’insecte et en l’espèce par trois fois se trouve évoquée la mouche ‘(toujours venimeuse) –  sert au châtiment -si l’on peut s’exprimer ainsi -, proposé par Dieu (Exode VIII, 21-31, Psaumes LXXVIII, 45 et CV, 31-34).

Or, « Dieu n’a pas fait la mort » (Sagesse I, 13), l’instrument d’un « châtiment » susceptible de donner la mort, peut-il venir de Dieu ? Il ne saurait être issu de Sa volonté en Sa Pensée Créatrice.

Jean-Pierre BONNEROT

-------------- Notes :
(1)   André SAVORET : Le quatrième Jour de la Genèse, repris sur Internet :

(2)   J-P BONNEROT : Le Prologue de Saint Jean dans la tradition chrétienne et l'exégèse scripturaire, Cahiers d'Etudes Cathares 1984, N° 102.
(3)    Le Livre d'Hénoch. 1ère Partie chapitre 6. Traduction sur le texte Ethiopien par François Martin. Milan, Arché, Nlle Edition, 1975 pages 10 et 11
(4)Irénée de Lyon : Démonstration de la prédication apostolique, paragraphe 61. Nouvelle traduction de l'arménien par L.M. Froidevaux. Paris Cerf Ed, 1971, Collection Sources Chrétiennes n° 62, pages 55 et 56.
(5) Origène : Traité des Principes - Peri Archon. I, 5, 5. Traduction de la version latine de Rufin par M. Harl, G. Dorival, A. Le Boulluec. Paris, Etudes Augustiniennes Ed, 1976 page 65.
(6) Denys l'Aréopagite : Des Noms divins. Chapitre IV, paragraphe 23 - in : Œuvres. Traduction du grec par Mgr Darboy. Paris, A. Tralin Ed, 1932 page 212.
(7) Thomas d'Aquin : Somme Théologique - Des Anges, question 63, Article 3, Conclusion, Première traduction intégrale française par l'abbé Drioux. Paris, Librairie Eugène Belin Ed, 1851, tome 1 page 541.
(11) Une très importante sinon nouvelle explication du scénario adamique est offerte par Carlo SUARES en sa Kabale des kabales, Paris, Adyar Ed, 1962, pages 59 et Ss.
(12) J-P BONNEROT : Satan, Lucifer, le Prince de ce monde et les démons dans la tradition Chrétienne et l’exégèse scripturaire, Cahiers d'Etudes Cathares 1882, N° 96

mars 28, 2011

PEUT-ON EXCOMMUNIER UN MORT ?

PEUT-ON EXCOMMUNIER UN MORT ?


« Non-seulement l'on condamna dans le V* Concile général les écrits de Théodore de Mopsueste, ainsi que ceux de Théodoret, mais l'on y condamna encore la personne même de Théodore de Mopsueste, qui avait été le maître de Nestorius, bien qu'environ cent ans se fussent déjà écoulés depuis la mort de cet Evêque. Une vive controverse s'éleva au sujet de cette condamnation, car il fut objecté, dans le Concile, que l'autorité de l'Eglise ne pouvait plus s'exercer au-delà du tombeau, surtout lorsqu'il s'agissait de quelqu'un qui était mort dans la communion catholique. » (1)

La condamnation ainsi posée provoqua une vive controverse qui justifie que l’on puisse s’interroger sur la valeur de cette dernière.

L’excommunication, puisqu’il s’agit de cette peine, doit être analysée quant à son sens, par voie de conséquence sa portée et dès lors ses éventuelles limites.

I

L’Apôtre déclare I Cor. V, 1-6: « On entend dire partout qu'il y a chez vous un cas d'inconduite, et d'inconduite telle qu'on ne la trouve même pas chez les païens : l'un de vous vit avec la femme de son père.]Et vous êtes enflés d'orgueil ! Et vous n'avez pas plutôt pris le deuil afin que l'auteur de cette action soit ôté du milieu de vous ? Pour moi, absent de corps, mais présent d'esprit, j'ai déjà jugé comme si j'étais présent celui qui a commis une telle action : au nom du Seigneur Jésus, et avec son pouvoir, lors d'une assemblée où je serai spirituellement parmi vous, qu'un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de sa chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur »

Si donc l’homme est livré à Satan pour la destruction de sa chair, le verset explique cette sentence par ces mots afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur.

L’apôtre énonce une punition relevant du domaine physique, par voie de conséquence à ce qui est transitoire, afin et dans l’espoir que l’esprit, c'est-à-dire notre entendement, notre capacité à nous reprendre, nous conduise à revenir à une juste conduite : ainsi nous serons-nous lavés de nos erreurs au jour du Seigneur.

Cette considération selon laquelle l’excommunication est une situation transitoire, souhaitée donc comme provisoire, amena les théologiens et les canonistes à considérer cette peine comme médicinale.

La Tradition de l’Eglise est toujours restée fidèle à cette considération selon laquelle l’excommunication ne saurait être qu’une peine provisoire, médicinale quant à son but, amener l’être à la repentance et au changement.

Le 1er concile de Lyon tenu en 1245, en sa Constitution § 19, relativement à la sentence d’excommunication énonce : « L’excommunication visant à porter un remède et non la mort, une correction et non une destruction, aussi longtemps que celui contre lequel elle a été porté ne la méprise pas, le juge ecclésiastique qui veillera avec soin à montrer qu’en la portant il cherche à corriger et à guérir. »

Le concile de Trente (1563) en sa session 25, et au chapitre 3 de son Décret de réforme générale, rappelle : « Bien que le glaive de l’excommunication soit le nerf de la discipline ecclésiastique, fort salutaire pour maintenir les peuples dans leurs devoirs, il faut cependant y recourir avec sobriété et grande circonspection. L’expérience, en effet, nous renseignent que, si l’on en frappe à la légère et pour des choses peu importantes, il est plus méprisé que redouté et est davantage à l’origine du mal que du bien. {Et ajoute} : «Comme quiconque a été excommunié, et ne revient pas à résipiscence après les monitions légitimes, non seulement sera exclu des sacrements, ainsi que de la communion et de la fréquentation des fidèles, mais si, le cœur endurci, lié par des censures il vit pendant un an dans les souillures, condamnées par celles –ci, on pourra même procéder contre lui en tant que suspect d’hérésie. »

II

L’excommunication se trouve dans sa forme, accompagnée d’un Devoir, celui par l’Eglise, d’aider « le condamné provisoire » à corriger ses erreurs, ce n’est donc que si l’être après des monitions ne vient pas à résipiscence, qu’il se trouvera exclu des sacrements.

Le reproche d’hérésie tel que suggéré par le concile de Trente s’explique selon les bases de la théologie dogmatique, par le fait que celui qui aurait commis une faute qui s’oppose dès lors à ce que prône l’Eglise, abandonne certaines vérités qui sont partie intégrante de l’ensemble de la Révélation et du Magistère de l’Eglise. De ce fait aux yeux de l’Eglise, il devient Apostat. Dès lors que le sujet est apostat, il est en situation de schisme à l’égard de l’Eglise, Schismatique, il se sépare d’une ou plusieurs vérités de foi du contexte organique constituant le Magistère et tombe alors dans l’hérésie.

L’Eglise ne cherche pas à maintenir une partie de son troupeau dans l’hérésie, bien au contraire, elle cherchera à ramener le baptisé en son sein, d’où cette pensée selon laquelle la peine d’excommunication est une action médicinale parce qu’une telle condamnation a pour but d’engager le fidèle à s’amender et revenir sur ses erreurs.

L’Eglise n’a en rien modifié cet espoir de résipiscence puisque le Code de 1917 expose en son canon 2340 : « § 1 Si quelqu’un par endurcissement, croupit pendant un an dans son excommunication, il est suspect d’hérésie. »

Le Code de droit canonique de 1983 expose en son canon 1312 : «§ 1. Les sanctions pénales ans l'Église sont: 1 les peines médicinales ou censures énumérées aux canons. 1331-1333 »

Attendu que le canon 1331 évoque la situation de l’excommunié, il s’agit bien quant à cette censure d’une mesure médicinale, médicinale parce que transitoire dans l’espoir pour l’Eglise de voir le délinquant s’amender de son erreur. Ainsi le canon 1358 du nouveau Code expose : « 1. La remise d'une censure ne peut être accordée si ce n'est au délinquant qui a mis fin à sa contumace, selon le can. 1347, § 2; mais elle ne peut être refusée à qui y a mis fin. § 2. Celui qui remet la censure peut prendre des mesures selon le canon. 1348, ou même imposer une pénitence. » Et le canon 1347 expose : « § 1. Une censure ne peut être infligée validement à moins qu'auparavant le coupable n'ait été averti au moins une fois d'avoir à mettre fin à sa contumace, et qu'un temps convenable ne lui ait été donné pour venir à résipiscence. § 2. Doit être dit avoir purgé sa contumace le coupable qui se serait vraiment repenti de son délit et qui, de plus, aurait réparé d'une façon appropriée les dommages et le scandale, ou qui, du moins, aurait promis sérieusement de le faire. »

III

Peut-on excommunier un mort ? La réponse apparaît immédiatement, cette censure étant médicinale, elle ne saurait s’appliquer qu’à des baptisés non décédés, d’autant que l’objectif de cette censure est d’amener à résipiscence celui qui est délinquant aux yeux de l’Eglise : ne pouvoir agir de la sorte et pour ce motif, constitue une violation des règles de l’Eglise par elle fixées.

Jean-Pierre BONNEROT

(1) Mgr Vincent TIZZANI, Arch. De Nisibe, Les conciles généraux, tome 1, page 326, Rome,YPOGRAPHIE SALY1UCCÏ, 1857



mars 13, 2011

Sur la critique faite à Benoît XVI de dire le peuple Juif ne serait pas déicide

A propos de la parfois mauvaise critique que l’on fait à SS Benoît XVI en lui reprochant de dire que le peuple Juif ne serait pas déicide.

Il est des blogs bien construits dont c’est un réel plaisir de par la mise en page, le choix des illustrations, de les lire régulièrement, c’est le cas du site traditionaliste LA QUESTION : http://lebloglaquestion.wordpress.com/orientations-doctrinales/

Ce site pose en son dernier article que le peuple Juif est déicide et reproche au Pape de Rome de « proclamer » en le volume deux de son livre : Jésus de Nazareth » : l’innocence du peuple juif dans la condamnation de Jésus+ Christ. »

Avant d’aller plus outre dans l’examen d ce reproche et le sens des termes choisis par Benoît XVI, je me permets pour le curieux de livrer les liens de ce site relatifs au judaïsme notamment :

http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/03/11/les-juifs-peuple-deicide/#comment-15157

http://www.la-question.net/archive/2010/03/12/l-antijudaisme-chretien.html

http://www.la-question.net/archive/2009/01/28/l-antijudaisme-theologique-de-l-eglise-catholique.html

http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/02/23/la-bulle-antijuive-de-paul-iv-%e2%80%98%e2%80%98cum-nimis-absurdum%e2%80%99%e2%80%99/

http://www.la-question.net/archive/2010/02/03/israel-la-synagogue-de-satan.html

http://www.la-question.net/archive/2009/12/17/joseph-de-maistre-et-les-juifs.html

http://www.la-question.net/archive/2009/11/28/le-chef-des-juifs-l-antechrist.html

http://www.la-question.net/archive/2009/11/07/le-sionisme-et-l-antechrist.html


Il sera aisé de constater que la positon choisie est particulièrement extrémiste, et permet au plan théologique notamment d’en contester les conclusions.

Les racines d’un certain anti- judaïsme s’inscrivent dans l’histoire de l’Eglise, déjà au II° siècle, Justin déclare : « Oui, votre main est encore étendue pour faire le mal. Vous avez mis à mort le Christ; loin d'en faire pénitence, vous nous poursuivez de votre haine, ainsi que je l'ai déjà dit, nous qui, par le Christ, croyons maintenant au Dieu créateur et père de toutes choses; et toutes les fois que vous le pouvez, vous ne manquez pas de nous mettre à mort. Avez- vous jamais cessé de charger de malédictions et le Christ, et tous ceux qui sortis de lui portent son nom? Quant à nous autres, nous ne savons que prier pour vous et pour tous les hommes : ainsi nous l'a recommandé le Christ, notre divin maître; il nous a fait une loi de prier pour nos ennemis, d'aimer ceux qui nous détestent, de bénir aux qui nous maudissent. » (Dial. Avec Typhon, 133)

Méliton de Sardes en traité Sur la Pâque s’écrie : "O Israël criminel, pourquoi donc as-tu commis cette injustice inouïe de précipiter ton Seigneur dans des souffrances sans nom, ton Maître, celui qui te forma, qui te créa, qui te nomma Israël ? Mais toi tu n’as pas été trouvé « Israël », car tu n’as pas vu Dieu, tu n ‘as pas reconnu le Seigneur, tu n’as pas su ô Israël, que c’’est lui, le Premier-né de Dieu, … » (§§ 81,82)

Méliton a posé le vrai problème : Israël n’a pas vu Dieu, Israël ne pouvait dès lors reconnaître Le Seigneur…

D’autres Pères tels Augustin, Jean Chrysostome, Pierre Chrysologue notamment évoqueront ce que l’on pourrait dénommer la condamnation d’Israël, mais peut-on condamner celui qui n’a pas conscience de l’acte qui lui est reproché ?

Israël se trouve toujours sous la condamnation du péché du Veau d’or : « Ces deux Yod correspondent également aux deux yeux séphirotiques, d'où coulèrent deux larmes 2 qui tombèrent dans le grand océan a. Et pourquoi sont-elles tombées dans l'océan? En raison des tables de la loi que Moïse fit descendre du ciel, et dont Israël n'a pas été jugé digne de profiter. C'est pourquoi elles furent brisées et jetées. C'est ce qui occasionna la destruction du premier et du second temple. Et pourquoi les premières tables furent-elles jetées, alors que Moise pouvait s'en servir pour les rendre aux Israélites? C'est parce que le Vav 3 s'en est envolé 4. C'est ce même symbole qui est indiqué par le Vav du mot « vayyitser » (et il créa). C'est pourquoi Moïse donna à Israël d'autres tables de la loi, qui étaient du côté de l'arbre du Bien et du Mal. C'est pour cette raison que la Loi est formée (les préceptes négatifs et de commandements : « Ceci est permis, cela est défendu » ; c'est parce que la Loi émane de l'arbre du Bien et du Mal » (Zohar, I, 26b)

L’Alliance Ancienne est rompue par la destruction des premières Tables, quelle conscience le Judaïsme peut-il dès lors avoir de Dieu, s’il est sous la dépendance de l’arbre du bien et du mal, alors qu’il lui incombe selon le Zohar (III, 124b) de se ranger sous la dépendance de l’arbre de vie.

La non reconnaissance de l’Incarnation de Dieu par le Judaïsme demeurant sous la dépendance de la Loi rabbinique née du péché du Veau d’or – selon la pensée des kabbalistes : http://www.kabbale.eu/lettre-d-un-kabbaliste-a-un-rabbin/   - relève d’une situation d’inconnaissance, situation qui empêche de qualifier les Juifs comme déicides, de première part parce qu’ils ne savaient pas et ne savent pas que Jésus+ Christ est Dieu, de seconde part, parce que quand bien même ils l’eussent su, pouvaient-ils tuer Dieu ? Non, et la preuve que je qualifierai de naturelle à ne pouvoir tuer Dieu, c’est qu’au matin de Pâques, les femmes myrrophores, venant au tombeau sont les premières à constater la résurrection, pour l’annoncer aux disciples http://www.orthodoxie.com/2010/04/l%C3%A9mission-l%C3%A9glise-orthodoxe-aujourdhui-du-18-avril-2010-les-femmes-myrrophores-elisabeth-behrsigel-.html
 et, relativement aux judaïsme, il conviendrait au mieux s’il y avait conscience, de qualifier l’acte d’intention de déicide, mais non de décide.

Cette intention de mettre à mort Jésus+ Christ, est patente en revanche, dans une hostilité amenant « les juges » à commettre vingt-sept irrégularités dans le mauvais et faux procès, comme l’ont exposé Messeigneurs Augustin et Joseph LEMANN en leur étude sur la Valeur de m’Assemblée qui prononça la mort contre Jésus + Christ :

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Lemann/Valeur/table.html

Le cardial Jean DANIELOU avait résumé parfaitement résumé la question d’Israël face à Jésus+ Christ en écrivant : « Ce n’est pas Israël qui a crucifié Jésus, c’est l’infidélité d’Israël. Et par conséquent ce qui a causé la mort de Jésus, c’est en dernier lieu le péché. » (Dialogue avec Israël, Paris, La Palatine éd. 1983, p.130

L’infidélité d’Israël peut en effet être retenue par sa soumission au péché du Veau d’or et son détournement alors de Dieu.

Le Pape de Rome pour sa part considère que le peuple Juif est innocent dans la condamnation de Jésus + Christ, cela est exact pour le peuple, cela ne l’est pas en revanche pour les membres du Sanhédrin, non parce qu’ils ignorent ou ne reconnaissent pas que Jésus + Christ est Dieu, mais parce que les membres du Sanhédrin eux, commirent vingt-sept irrégularités, et à ce titre ces êtres- là ne sauraient être qualifiés d’innocents.

Jean-Pierre BONNEROT

mars 05, 2011

FRANK DUQUESNE SUR INRERNET


Est-ce sur le site du groupe théologique :

http://fr.groups.yahoo.com/group/groupetheologique/

Est-ce sur le blog qui forme son complément :

http://theologie-et-questions-disputeses.blogspot.com/

Je trouvais et donnais un ou deux textes de Frank Duquesne et, alors que je possède ses livres aujourd’hui épuisés, je ne puis que vous faire partager le lien de ce site que je découvrais par hasard sur Internet, lien qui offre une grande partie de l’œuvre de l’auteur :

http://www.sombreval.com/Bibliotheque-numerique-Sombreval_a710.html

Je vous souhaite une agréable lecture, si l’occasion vous est ainsi donnée de découvrir la pensée de Frank Duquesne.

JPB



mars 04, 2011

L'OEUVRE D'ORIENT A BESOIN DE NOUS

L’ŒUVRE D’ORIENT


Il convient de ne pas oublier chaque nouvelle année combien L’ŒUVRE D’OREINT a besoin de notre aide pour accomplir sa mission.

Le site fut abîmé, il est restauré, et je ne puis que vous inviter à le visiter et vous abonner notamment aux Informations soit par les nouvelles adressées par courriel, soit par le flux RSS.

http://www.oeuvre-orient.fr/index.php

L’ŒUVRE D’ORIENT adresse à ses abonnés (5 €/an) une publication trimestrielle dont les numéros proposent des articles important sur l’histoire des Eglise d’Orient, lorsque les adhérents plus fortunés peuvent par ailleurs faire des dons (honoraires de messe, fondation à l’œuvre, bourses d’études, etc.)

En cette année 2011 où se maintient la persécution contre le Chrétiens notamment, où les Eglise ont besoin et d’un soutien matériel et d’un soutien spirituel par nos prières, je ne puis que rappeler l’importance de cette Œuvre.

JPB

février 21, 2011

Le Protestantisme est-il Chrétien ?


Le Protestantisme est-il Chrétien ?



Le canon XV du synode de DORDRECHT tenu en 1618 et 1619, énonce : « Au reste, l'Ecriture sainte rend d'autant plus illustre et recommandable cette grâce éternelle et gratuite de notre élection, qu'elle témoigne, en outre, que tous les hommes ne sont point élus, mais qu'il y en a de non élus, ou qui ne sont point fait participants de l'élection éternelle de Dieu; à savoir ceux que Dieu, selon son bon plaisir très libre, très juste, irrépréhensible et immuable, a décidé de laisser dans la misère commune, où ils se sont précipités par leur propre faute, et de ne pas leur donner la foi salutaire, ni la grâce de la conversion; mais, les ayant abandonnés dans leurs voies, et sous un juste jugement, de les condamner et de les punir éternellement, non seulement à cause de leur infidélité, mais aussi pour tous leurs autres péchés, et cela pour la manifestation de sa justice.


C'est là le décret de la réprobation, lequel ne fait nullement Dieu auteur du péché (ce qu'on ne peut pas penser sans blasphème), mais le montre juge redoutable, irrépréhensible et juste, et vengeur du péché. »

Une telle assertion s’oppose à l’Amour de Dieu, et par ce fait à la Révélation Chrétienne, La Nouvelle Alliance qui veut que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (I. Tim II, 4)

Je suis le Chemin, La Vérité et la Vie, rappelle Notre Seigneur Jésus+ Christ (Jean ; XIV, 6).


La prédestination posée par la distinction entre élection et réprobation selon les premiers canons du Synode de Dordrecht, s’oppose à la sotériologie telle que manifestée par la christologie.

Le Livre de Concorde qui est un recueil de confessions de foi, publié en 1580, qui sont généralement acceptées par l'Église luthérienne, énonce : "Un chrétien ne doit s'intéresser à l'article de l'éternelle élection divine que dans la mesure où celle-ci est révélée dans la Parole de Dieu... C'est en Christ que nous devons chercher l'éternelle élection du Père qui, dans son conseil divin éternel, a résolu de ne sauver personne en dehors de ceux qui confessent son Fils, le Christ, et qui croient vraiment en lui... Grâce à la glorieuse assurance que nous donne cette salutaire doctrine, nous savons que nous sommes élus en Christ, par pure grâce et sans aucun mérite de notre part, pour la vie éternelle, et que personne ne peut nous ravir de sa main". (Formule de Concorde, Epitome, Article XI, p. 442)

L’idée selon laquelle ne seraient sauvés que ceux qui confessent la Foi telle que comprise par le Protestantisme, ne saurait constituer une « salutaire doctrine » en ce qu’à l’inverse de cette pensée, la Révélation Chrétienne insiste sur le fait que les œuvres priment sur la Foi.

Alors que la Confession d'Augsbourg, Article IV énonce : "Nos Eglises enseignent que les hommes ne peuvent être justifiés devant Dieu par leurs propres forces, mérites ou œuvres, mais qu'ils sont justifiés gratuitement à cause du Christ par la foi, lorsqu'ils croient qu'ils sont reçus en grâce et que leurs péchés leur sont remis à cause du Christ, qui par sa mort a satisfait pour nos péchés. C'est cette foi que Dieu compte comme justice devant lui »

Luther, Calvin, les penseurs du Protestantisme oublient ce que rappelle Pierre en sa deuxième Epître : par la piété et une sainte conduite il revient à l’homme de hâter le Jour de Dieu (II Pierre, III, 10-12)

Cette action sinon ce Devoir de l’ homme, résulte de ce que maintenant sauvé par la résurrection de NSJ+C, il lui revient d’accomplir la tâche qui lui était confiée originellement, garder et cultiver le Jardin d’Eden, en d’autres termes la Création accomplie en dessous des eaux du troisième Jour, garder et cultiver, en l’occurrence préserver et faire prospérer le champ de la Création telle que poursuivie à l’issue du deuxième Jour (Gen.. II, 15).

Aussi, il ne pouvait revenir à Dieu fait homme de sauver le monde entraîné par l’homme dans sa chute : cette mission nous incombe, et à Gethsémani, le Sauveur dans Son dialogue avec Son Père déclare : « Je prie pour eux, mais je ne prie pas pour le monde » (Jean XVII, 9).

Cette action de l’homme dans et pour le monde, ne saurait se résumer seulement à la rédemption de la seule Nature entraîné donc dans et par la Chute Adamique, elle intervient aussi envers tous les êtres humains, ainsi que le rappelle Jésus+ Christ en cette fondamentale Prière Sacerdotale qui résume tout le Mystère du Salut : « Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. » (Jean XVII, 20).

A Gethsémani, devant La Parole de Dieu, la thèse Protestante selon laquelle «les hommes ne peuvent être justifiés devant Dieu par leurs propres forces, mérites ou œuvres, », s’effondre, oubliant par « protestation » contre l’Eglise Indivise le principe de la Communion des Saints telle que souligné par la 2° Epître de Pierre, l’engagement donné par le Christ + Jésus à ceux qui déjà Lui sont acquis d’agir dans le monde pour que tous soient réconciliés en Christ, comme le souligne l’Apôtre : « Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. » (II Cor ; V, 18)

Ministre à son tour de la Réconciliation, il appartient à l’homme non pas de s’en remettre à La Grâce, dans l’espérance d’être parmi les justifiés, mais de participer à La Grâce par les Vertus surérogatoires, celles qu’évoque l’Apôtre : « En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Eglise » (Col. I, 24), cette participation, elle est demandée à tous les hommes de bonne volonté, et agissant non par la Foi prioritairement mais par les Œuvres primant sur elle, c’est par ce biais que conscient ou non de l’être, il revêt le nom de Chrétien.

Jean-Pierre BONNEROT



février 14, 2011

L’EGLISE ET LA FRANC MACONNERIE Explication d’un malentendu.

L’EGLISE ET LA FRANC MACONNERIE


Explication d’un malentendu.


Il convient préalablement de prendre acte de ce que la Franc Maçonnerie ne se trouve plus soumise aux dispositions de l’ancien code qui énonçait en son canon 2335 : « Ceux qui donnent leur nom à une secte maçonnique ou à d’autres associations du même genre qui complotent contre l’Église ou les pouvoirs civils légitimes, contractent par le fait même une excommunication simplement réservée au Siège apostolique. », lorsque le nouveau code en date de 1983, expose en son canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit. »

La question ainsi posée pour savoir si Les francs-maçons succombent de fait à une juste peine pouvant aller jusqu’à l’interdit, dépend du dessein personnel ou non de conspirer contre l’Eglise.

Dès los que ce projet est inexistant, la sanction ou déjà même la mise en garde ne saurait avoir de portée, il échet de ne pas l’oublier.

I

Beaucoup hausseront les épaules en déclarant que l’Eglise hâtivement et sans circonspection a condamné sans éléments probants par avance la Franc Maçonnerie.
L’histoire des condamnations Papales est de nature à expliquer la position choisie, dès lors que l’on prête attention à la date même de la première condamnation en n’oubliant pas ce que fut et voulut être la révolution préparée par Anderson.

II

N’en déplaise à certains historiens contemporains, la franc-maçonnerie n’a pas commencé au 18° siècle, mais connut à cette époque une transformation par le canal des Constitutions du pasteur qui s’opposait non seulement à Rome mais à ce qu’avait été jusqu’alors la maçonnerie, une association de chrétiens, très précisément de catholiques, maçons opératifs fidèles au bon travail et fiers de leurs outils, invoquant la Très Sainte Vierge, la Très Sainte Trinité, rendant gloire à Dieu en leurs prières et se rendant à la messe (1).

Au titre des Devoirs des vrais Maçons, il convient de citer ce que précisent les textes antérieurs à Anderson, dans le cadre des manuscrits conservés quant aux acclamations, et à l’esprit des prières :

Le Ms REGIUS déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »

« Prions Dieu, roi tout-puissant et sa mère immaculée Marie que nous gardions ces règlements et ces points, à l'exemple des quatre martyrs renommés, qui furent bons maçons, sculpteurs et imagiers. »

Le Ms COOKE (ca 1400) déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »

Le Ms Grand Lodge (1583) place les maçons sous la puissance de la T. S. Trinité « Que la puissance du Père du ciel, et la sagesse du Fils glorieux, par la grâce et la bonté du Saint Esprit, qui sont trois personnes en un seul Dieu, soient avec nous à notre commencement, et nous donnent la grâce de nous gouverner ici dans notre vie de telle sorte que nous puissions parvenir à Sa béatitude qui n’aura jamais de fin. Amen. »

Le Ms WATSON (1687) rend grâce à Dieu : « Grâces soient rendues à Dieu, notre Père glorieux, créateur du ciel et de la terre, et de toutes les choses qui y sont … »

Le Ms DUMFRIES (1710) place les maçons sous la Sainte Trinité et demande qu’Elle les guide vers le Royaume : « Que le Père tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du Saint-Esprit, qui sont trois Personnes en un seul Dieu que nous implorons, soit avec nous au commencement et nous donne la grâce de nous gouverner en cette existence afin que nous puissions parvenir à son Royaume qui n'aura pas de fin. Amen.

Bons frères et compagnons, notre dessein est de vous faire connaître de quelle manière fut créé cette excellente science de la maçonnerie, quand et comment elle débuta, et aussi comment elle fut soutenue, favorisée et aimée par les plus fameux et braves héros de la terre tels que rois et princes, ainsi que toutes sortes de gens intelligents au plus haut degré ; de même que les obligations de tous les maçons vrais et reconnus, auxquelles on leur a enseigné de se conformer en toute loyauté et de bien prendre garde s'ils souhaitaient être récompensés. »

>>> De ce qui précède, il convient d’en prendre acte.

C’est la révolution Andersonienne qui, par « la main mise » des Protestants, « acceptés » en trop grand nombre par les maçons opératifs et catholiques, qui sera à l’origine de cette absence et de Christianisme et de « féalité » à la Sainte Eglise.

Il échet de noter que jamais alors l’Eglise ne s’est opposée à la Franc- Maçonnerie, le premier texte s’opposant à celle-ci, date de 1738…

Or, c’est en 1723 que le pasteur ANDERSON rédige et publie ses fameuses Constitutions qui en leur première version s’opposent à Rome : L’article 6 § 2 De la conduite à tenir, (pour un FM) est fort explicite, lorsque notre pasteur, s’opposant à l’Eglise, déclare quant à l’interdiction dans les Loges d’évoquer la religion, la Nation, la politique de l’Etat : « Cette obligation de toujours a été strictement enjointe et observée, mais particulièrement depuis la Réforme en Grande Bretagne vu la séparation et la sécession de ces Nations de la communion de Rome. »

Gommé l’est, le Devoir de Religion au sens religieux même sinon sacré, lorsque ledit pasteur énonce cette contre-vérité en la version I des Constitutions (1723) : «« Un maçon est obligé, par son engagement, à obéir à la loi morale, et s’il comprend correctement l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux. Mais quoique dans les temps anciens, les Maçons fussent obligés, dans chaque pays d’être de la religion de ce pays ou nation, qu’elle qu’elle fût, aujourd’hui, il a été considéré plus commode de les restreindre seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions, c’est-à-dire d’être des hommes de bien et loyaux ou des hommes d’honneur et de probité quelles que soient les dénominations ou croyances religieuses qui aident à les distinguer, par suite de quoi, la maçonnerie devient le Centre de l’Union… »

Contre-vérité, parce que les Francs-Maçons avant le projet Protestant d’Anderson, étaient Catholiques et Romains, au Moyen Age notamment, il n’y avait pas de Protestantisme, La religion n’était pas celle du pays, c’était la religion Catholique Apostolique et Romaine, ainsi que le rappellent les « Règles et Devoirs de l'Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » selon la version française la plus ancienne des Anciens Devoirs, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l'effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède : « « Un Franc-Maçon est obligé par son état de se conformer à la Morale et, s'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un athée, ni un libertin sans religion. Dans les siècles passés, les Francs-Maçons étaient obligés de professer la reli¬gion catholique, mais depuis quelque temps, on n'examine pas sur cela leurs sentiments particu¬liers, pourvu toutefois qu'ils soient chrétiens, fidèles à leur promesse, et gens d'honneur et de probité. »

Le projet de notre pasteur en sa révolution par ses Constitutions, contre les bases de l’Ancienne Maçonnerie, réside notamment dans la volonté de replacer Dieu, la Très Sainte Trinité, l’invocation de la Mère de Dieu, par le terme Grand Architecte de l’Univers, lorsqu’il semblerait que la construction de ce mot provienne de Calvin qui pour définir Dieu, en son : Institution de la religion Chrétienne (1552) use des termes Grand Architecte et Architecte de l’Univers)

Devoir est de s’interroger pour savoir si dans l’esprit d’Anderson le GADLU est synonyme de Dieu ou de tout autre chose.

Il convient de pareille manière de s’interroger sue le sens que notre Pasteur donne aux mots « athée stupide » ou « stupide athée » étant observé que la formulation choisie en la langue anglaise originelle, permet les deux lectures, l’admission dès lors de l’athéisme n’étant pas impossible si la formulation de la libre pensée n’est pas exprimée de manière stupide …)

Ces faits seront générateurs de l’annonce de l’Etre Suprême, d’où découle l’idée d’une religion naturelle par opposition à une religion révélée : Le Déisme s’oppose au Théisme et l’annonce du Rapport sur les idées religieuses et morales prononcé à la tribune de la Convention par ROBESPIERRE le 7 mai 1794 : « L’idée de l’Etre suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle donc sociale et républicaine. » sera repris au mieux par la Franc- Maçonnerie Andersonienne lorsqu’elle se prétend spiritualiste, tout en usant souventes fois de l’acclamation : « Liberté Egalité Fraternité » …

II

Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que très vite l’Eglise Romaine réagira pour mettre en garde ses fidèles contre cette «nouvelle maçonnerie » Protestante, hostile à Rome au point de retirer toute référence claire et précise à Dieu.

Le 28 avril 1738, Clément XII commence sa Bulle In eminenti par ces termes :

« Élevé par la divine Providence au plus haut degré de l'apostolat, tout indigne que Nous en sommes, selon le devoir de la surveillance pastorale qui Nous est confiée, Nous avons, constamment secouru par la grâce divine, porté notre attention avec tout le zèle de notre sollicitude, sur ce qui, en fermant l'entrée aux erreurs et aux vices, peut servir à conserver avant tout l'intégrité de la religion orthodoxe, et à bannir du monde catholique, dans ces temps si difficiles, les risques de troubles Nous avons appris, par la rumeur publique, qu'il se répand à l'étranger, faisant chaque jour de nouveaux progrès, certaines sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules, appelés communément du nom de Francs-Maçons ou d'autres noms selon la variété des langues, dans lesquels des hommes de toute religion et de toute secte, affectant une apparence d'honnêteté naturelle, se lient entre eux par un pacte aussi étroit qu'impénétrable, d'après des lois et des statuts qu'ils se sont faits, et s'engagent par serment prêté sur la Bible, et sous les peines les plus graves, à couvrir d'un silence inviolable tout ce qu'ils font dans l'obscurité du secret. »

Le problème posé n’est pas celui du secret, mais l’obscurité de ce dernier, à savoir par ce retrait de l’Eglise pour les personnes acceptant d’entrer dans les loges, le risque sinon la conséquence de se couper et finalement s’opposer au Salut proposé par le Vicaire du Christ, ainsi Clément XII poursuit-il en ces termes :

« C'est pourquoi, Nous, réfléchissant sur les grands maux qui résultent ordinairement de ces sortes de sociétés ou conventicules, non seulement pour la tranquillité des États temporels, mais encore pour le salut des âmes, et voyant que par là elles ne peuvent nullement s'accorder avec les lois civiles et canoniques; et comme les oracles divins Nous font un devoir de veiller nuit et jour en fidèle et prudent serviteur de la famille du Seigneur pour que ce genre d'hommes, tels des voleurs, ne percent la maison, et tels des renards, ne travaillent à démolir la vigne, ne pervertissent le cœur des simples et ne le transpercent dans le secret de leurs dards envenimés; pour fermer la voie très large qui de là pourrait s'ouvrir aux iniquités qui se commettraient impunément, et pour d'autres causes justes et raisonnables de Nous connues. »

D’Anderson, l’opposition à Rome est probante, Clément XII avait-il tort d’émettre ainsi des réserves ? Pasteur prudent, cette Bulle nous paraît une réponse aux Constitutions voulant réformer la Franc- Maçonnerie, modifier l’Ancienne Maçonnerie elle, fidèle à l’Eglise et croyant en Dieu.

III

ANDERSON ne remportera pas si facilement sa victoire contre l’Ancienne Maçonnerie.

Face à ce que l’on peut nommer « la Révolution Andersonienne », la Franc-Maçonnerie de Tradition réagira selon deux voies :

La maintenance dans les Rituels proclamant la Foi en Dieu

La création de nouveaux Rites, à savoir les Rites Egyptiens d’une part, le Rite Ecossais Rectifié d’autre part.

Le Manuscrit GRAHAM (1726) expose :

Qu'est-ce qu'une loge parfaite ?

-Le centre d'un cœur sincère.

-Mais combien de Maçons sont-ils appelés ainsi ?

-N'importe quel nombre impair de 3 à 13.

-Pourquoi faire tant d'embarras et pourquoi toujours des nombres impairs ?

-Par référence à la Sainte Trinité, à l'avènement du Christ et à ses douze apôtres.

-Quel fut le premier pas de votre entrée ?

-Un fort désir de connaître les secrets de la Franc- Maçonnerie.

- Pourquoi fut-elle appelée Franc- Maçonnerie ?

-Premièrement parce que c'est un franc (libre) don de Dieu aux fils des hommes, deuxièmement parce qu'elle est franche de l'intrusion des esprits infernaux, troisièmement parce qu'elle est une franche union des frères de ce saint secret qui doit durer à jamais. »

La confession d’un Maçon (extrait d’un journal écossais The Scots Magazine) (1727) déclare ; « Comme je répondrai devant Dieu au grand jour, et devant cette compagnie, je garderai et cacherai, ou ne divulguerai ni ne ferai connaître les secrets du mot du Maçon, sous peine d’avoir la langue arrachée de sous mes mâchoires, et mon cœur arraché de sous mon aisselle gauche, et mon corps enseveli sous la limite des marrées hautes, là où la mer descend et monte deux fois en vingt-quatre heures. »

Les Devoirs de tous les FM, extraits des anciens registres des Loges, à l’usage de celles de France et de celles qui lui sont subordonnées, lesquels doivent être lus à la réception d’un Frère et lorsque le Maître de la Loge le jugera à propos (1732) précisent :

« Un Franc- Maçon est obligé par son Etat de se conformer à la Morale, et s’il entend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée, ni un Libertin sans religion. Dans les siècles passés les Francs- Maçons étaient obligés de confesser la Religion Catholique, mais depuis quelque temps on n’examine pas sur cela leurs sentiments particuliers, pourvu toutefois qu’ils soient Chrétiens, fidèles à leur promesse et gens d’honneur et de probité, de quelque manière qu’ils puissent être distingués d’ailleurs, par ce moyen la Maçonnerie devient le Centre et l’Union d’une vraie amitié entre des personnes qui sans ce doux nœud seraient pour toujours éloignées et séparées les unes des autres. »

Anderson reconnaîtra finalement que les Maçons étaient Chrétiens et use du mot, mais, sans plus.

Ainsi dans la version II des Constitutions (1738), il écrit : « Un Maçon est obligé de par sa Tenure, d’observer la Loi Morale, en tant que véritable Noachide et s’il comprend bien le Métier, il ne sera jamais Athée stupide, ni Libertin irréligieux, ni n’agira à l’encontre de sa conscience. Dans les temps ancien, les Maçons Chrétiens étaient tenus de se conformer aux Coutumes chrétiennes de chaque Pays où ils voyageaient ou travaillaient : Mais la Maçonnerie existant dans toutes les Nations, même de Religions diverses, ils sont maintenant seulement tenus d’adhérer à cette Religion sur laquelle tous les Hommes sont d’accord (laissant à chaque Frère ses propres opinions), c’est-à-dire, d’être Hommes de Bien et Loyaux, Hommes d’Honneur et de Probité, quels que soient les Noms, Religions ou Confessions qui aident à les distinguer : Car tous s’accordent sur les trois grands articles de Noë, assez pour préserver le Ciment de la Loge. Ainsi la Maçonnerie est le Centre de leur Union et l‘heureux Moyen de concilier des Personnes qui autrement n’auraient pu que rester perpétuellement Etrangères. »

A la suite de la version I de 1723, provoquant en 1736 une Bulle émanant du Pape de Rome, vu de surcroît l’opposition de la Maçonnerie de Tradition par cette tentative révolutionnaire et Protestante, en sa nouvelle version des Constitutions, Anderson finira par reconnaître en 1738 que les maçons étaient Chrétiens.

De semblable façon de nouveaux Rites apparaissent pour confirmer la maintenance de cette Foi en Dieu, en Dieu révélé par opposition au choix du terme GADLU autorisant toutes les qualifications.

L’ouverture de la loge Egyptienne au 1° degré, dans le cadre des Rites de Cagliostro se fait de la façon suivant :

Le Vénérable ayant pris sa place, le plus grand silence doit être observé. Il est défendu de se moucher et à plus forte raison de parler.

Lorsque le Vénérable se lèvera, tous se lèveront en même temps ; il aura [le glaive] à la main droite, qu'il ne quittera jamais tant qu'il parlera.

Il dira : « A l'ordre, mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge selon le Rite et les Constitutions du Grand Cophte, notre fondateur. »

II descendra de son trône et à sept pas de la dernière marche, il se trouvera en face du Triangle renfermant le Nom de Dieu et il dira : « Mes Frères, prosternez- vous ainsi que moi, pour supplier la Divinité de me protéger et de m'assister dans les travaux que nous allons entreprendre. »

La prière intérieure étant achevée, le Vénérable frappera de la main droite sur le Plancher, pour annoncer à tous les frères qu'ils peuvent se relever.

Autre exemple à l’occasion de l’élévation au 2° degré, l’ouverture de la loge se fait de la façon suivante :

Lorsque le Vénérable Maître se lèvera, les Maîtres se lèveront également. Il aura le glaive à la main droite et dira : « À l'ordre mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge suivant le Rite et les Constitutions du Grand Cophte. »

Le reste des frères s'inclinera profondément ainsi que les douze Maîtres pour adorer la Divinité.

Le Vénérable Maître en particulier l'implorera pour obtenir Pouvoir, Force et Sagesse ; chacun en son cœur prononcera l'hymne : « Veni Creator Spiritus. »

A l’ouverture de la Loge au 1er degré dans le Rite de Misraïm (1820), le Vénérable dira cette prière :

« Suprême Architecte des Mondes, Source de toutes les perfections et de toutes les vertus, âme de l'univers que Tu remplis de ta gloire et de tes bienfaits, nous adorons Ta majesté suprême, nous nous humilions devant Ta sagesse infinie qui créa tout et qui conserve tout. Daigne, Être des Êtres, recevoir nos prières et l'hommage de notre amour, bénis nos travaux et rends-les conformes à Ta Loi, éclaire-les de Ta lumière divine, qu'ils n'aient d'autres buts que la gloire de Ton Nom, la prospérité de l'ordre et le bien de l'humanité. Unis les hommes que l'intérêt et les préjugés divisent, écarte le bandeau de l'erreur qui obscurcit leurs yeux, et que, ramené à la vérité par la philosophie, le genre humain ne présente qu'un peuple de Frères qui T'offrent de toute part un encens pur et digne de Toi. »

Le Suprême Architecte des mondes n’est pas l’Etre Suprême de l’époque Révolutionnaire : Il est DIEU :

Aussi, le Vénérable avant que les FF ne se séparent dira cette prière :

«Père de l'Univers, Source éternelle et fécondé de lumière, de science, de vertu et de bonheur, pleins de reconnaissance pour Ta bonté infinie, les ouvriers de ce temple Te rendent mille actions de grâces et rapportent à Toi tout dé qu'ils ont fait de bon, d'utile et de glorieux dans cette journée solennelle où ils ont vu s'accroître le nombre de leurs frères : continue de protéger leurs travaux et dirige-les de plus en plus vers la perfection; que l'harmonie et la concorde soient à jamais lé triple ciment qui les unit! Alléluia! Alléluia! Alléluia! »

La Franc-Maçonnerie, en général, n’adhérera pas rapidement à la Révolution du pasteur Anderson, elle succombera vers la fin du XIX° siècle, lorsque des Rites et des Régimes demeureront encore fidèles aux Anciens Devoirs.

Ainsi, en les Devoirs Généraux des Anciens Francs- Maçons Libres et Acceptés (1840), est-il bien précisé : « Le vrai maç. adore Dieu, l’auteur et le conservateur de toutes choses, et remplit fidèlement les devoirs que sa religion lui impose, sans être intolérant envers ceux qui en professent une autre. .. »

Le Rite Ecossais Rectifié déclare pour sa part être Chrétien, mais ses degrés symboliques se rattachent à l’Ancienne Alliance et si des degrés intermédiaires relèvent de la Nouvelle Alliance, les imprécisions, la nostalgie de J-B Willermoz pour ses débuts maçonniques dans le système de Martinez de Pasqually, conduiront le Régime dans le cadre de son Ordre Intérieur à privilégier ce qui relève de l’Ancienne Alliance.


De semblable façon, à la suite de la seconde partie du 20° siècle, les Rites Egyptiens se ceindront selon trois voies : les Ordres fidèles à la Tradition du Rite comme Constant CHEVILLON et les mainteneurs de sa filiation privilégiant la prière et la spiritualité Chrétienne, les Ordres qui pensèrent pouvoir comprendre les Rites originels comme prétexte et invitation à des pratiques « magico-alchimiques », les ordre qui se rattachèrent à la pensée a-dogmatique et libérale prônée par le pasteur Anderson.

IV

Force est de constater que la Franc-Maçonnerie comme lieu d’hostilité à Rome relève d’un malentendu qu’il serait temps de lever.

La Franc-Maçonnerie n’a pas cherché à renverser les autels, seul un pasteur infidèle à la Tradition des Anciens Devoirs, s’est opposé, parce que Protestant, à Rome. S’il finira par être suivi par beaucoup de Loges et d’Ordres, ces derniers infidèles eux aussi aux Anciens Devoirs, ne sauraient représenter la Maçonnerie de Tradition.

Toutefois, si conformément à son engagement, le Franc-Maçon considère tous les êtres comme ses frères, alors il participera consciemment ou non, par la Fraternité, à cette Communion des Saints, qui fait que répondant au précepte de la II Epître de Pierre III, 12, par ses bonnes actions et ses prières, il hâtera l’avènement du Jour de Dieu, alors, comme le souligne Origène en son explication du Notre Père, « si sa (celle de Dieu) volonté est faite sur la terre comme elle l’est au ciel, tous nous serons ciel »


Cette récapitulation de toutes choses en Dieu, fera que le temple terrestre symboliquement évoqué dans les Rituels, se doublera en Temple spirituel, cet Orient qui est la quête de la vraie Maçonnerie.


Jean-Pierre BONNEROT

Sources : www.ordre-de-lyon.com, Cahier de l’Herne : La FM documents fondateurs. Jean FERRE : Histoire de la FM par les textes. Henri-Félix MARCY : Essai sur l’origine de la FM et l’histoire du GOF tome1. Archives privées.

février 08, 2011

La sentence d’excommunication de TOLSTOÏ ne serait-elle pas invalide ?

La sentence d’excommunication de TOLSTOÏ ne serait-elle pas invalide ?


http://www.religion-orthodoxe.com/article-il-est-impossible-de-lever-l-excommunication-de-leon-tolstoi-mais-nous-pouvons-prier-pour-lui-61398264.html

Le Patriarcat de Moscou a refusé de lever l’excommunication prononcée à l’encontre de TOSTOÏ.

Ce choix est une chose. Une autre chose est de savoir si préalablement ladite excommunication était valide et lcite.


Avant d’examiner les canons byzantins qui seuls peuvent permettre de justicier ou invalider la sentence rendue, il échet de rappeler les termes du 3° canon du 1er concile de NICEE, tenu en 325 qui expose : « Il faut cependant s'assurer que l'évêque n'a pas porté cette sentence d'excommunication par étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine. Afin qu'un tel examen puisse avoir lieu, il a paru bon d'ordonner que dans chaque province on tint deux fois par an un synode, afin que tous les évêques de la province étant réunis, on fasse toutes les enquêtes nécessaires »

TOLSTOÏ répond-il à l’une au moins des conditions permettant son excommunication ?

I

L’excommunication est encourue dans les situations suivantes

1° Le 94° canon. du 6° concile IN TRULLO, tenu en 691, expose : « Ceux qui font des serments païens, le canon leur impose des peines et nous aussi, nous leur imposons l'excommunication.

2° Le 1° canon du 7° concile NICEE II, tenu en 787, expose : « nous confirmons dans son entier et sans changement le contenu de leurs ordonnances, tel qu'il fut exposé par les saintes trompettes de l'esprit, les tout glorieux apôtres, les six saints conciles oecuméniques, les conciles particuliers rassemblés en vue d'édicter de telles ordonnances et nos saints pères; car tous sans exception, illuminés par le même esprit, ont décidé ce qui est à notre avantage. Ceux qu'ils ont condamnés à l'anathème, nous les anathématisons; ceux qu'ils ont condamnés à la déposition, nous les déposons; ceux qu'ils ont condamnés à l'excommunication, nous les excommunions »

3° Du même concile, le 4° canon relatif à l'évêque qui doit s'abstenir de tout commerce, le concernant, expose : « Si donc quelqu'un, [évêque ?] exigeant de l'or ou quelque autre espèce ou bien pour satisfaire sa passion, se trouve avoir prononcé la suspense ou l'excommunication contre un clerc dépendant de lui, ou jeté l'interdit contre une Église, de manière à ce qu'aucun service divin ne s'y fasse, déversant ainsi sa folie contre des choses privées de sens, un tel est lui-même privé de sens et subira la loi du talion et sa peine retombera sur sa tête »

4° Le 73°canon attaché aux canons des SAINTS APOTRES (3° siècle), relativement à celui qui s'approprie un linge ou un vase sacré, expose : « Un vase sacré en argent ou une nappe consacrée, que personne ne se les approprie à son usage, car c'est illicite. Si quelqu'un est convaincu de l'avoir fait, qu'il soit soumis à la peine canonique de l'excommunication »

5° Du même, le 76° canon relatif aux évêques qui donnent leur évêché à un parent, expose :« Qu'il ne faut pas que l'évêque faisant don de sa charge d'évêque à son frère, son Fils ou à quelque parent, ordonne ceux qu'il veut ; car il n'est pas juste de constituer des héritiers de l'épiscopat, en faisant cadeau des choses de dieu par affection humaine ; on ne doit pas mettre l'Église du Christ parmi les choses à léguer par héritage. Si quelqu'un fait cela, l'ordination sera nulle et non-avenue, et lui-même sera puni d'excommunication »

6° Le 29° canon du concile de CARTHAGE, tenu 419, prévoit que l’excommunié doit pouvoir être entendu puisqu’il énonce : « De même, il fut décidé par tout le synode, que l'évêque ou n'importe quel clerc qui fut excommunié pour sa négligence, s'il ose communier dans le temps de son excommunication avant d'être entendu en procès, sera considéré comme ayant prononcé lui-même contre soi la sentence de condamnation. »

7° Le dossier d’Apiarius, examiné lors de ce concile, soulève qu’en cas d’excommunication i lest possible d’en appeler à l’évêque de Rome. [il sera fait observation que depuis la séparation de 1053 c’est le Patriarche de Constantinople qui reçoit les appels dans le cadre des Eglises orthodoxes, et déjà le concile de CALCEDOINE prévoyait ce recours près de Constantinople]

8° Le 10° canon du synode PRIME-SECOND, tenu en 861, relativement à ceux qui emploient les choses sacrées pour leur usage personnel, expose : « ceux qui emploient à un usage profane pour eux ou pour d'autres les vases ou les parements destinés au service extérieur du sanctuaire, tombent sous l'excommunication »

9° St Basile, évêque de Césarée (+ 378) déclare en sa première lettre sur les canons, face à ceux qui contractent trop de mariages : « Nous avons coutume d’imposer aux trigames cinq ans d’excommunication, sans avoir reçu pour cela une règle écrite, mais suivant la pratique de nos prédécesseurs »

10° St Grégoire évêque de Nysse (+ 395) relativement à ce qu’il déclare sur le péché volontaire ou involontaire, concernant les meurtriers, expose : « ainsi dans la totale excommunication le meurtrier passera neuf ans exclu de l'église. »

Voici les dix situations prévues par les canons byzantins.
TOLSTOÏ se trouve-t-il dépendre de l’un des motifs prévoyant une excommunication ?

II

Outre l’absence de faute conduisant à l’excommunication, à supposer que l’une d’elles au moins exista, préalablement à toute sentence, le Synode présentement critiqué a-t-il, selon les dispositions du 3° canon du concile de NICEE I fait preuve en condamnant TOLSTOÏ : « d’étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine » ?

Le terme « haine » est fort, certes, l’étroitesse d’esprit lui, ne saurait être invalidée, dans la mesure où en tous les cas les reproches faits à TOSTOÏ sur la façon d’exprimer sa Foi, ne relèvent pas des canons.

De surcroît, et à supposer que TOLSTOÏ succombe aux critères canoniques autorisant son excommunication (ce qui n’apparaît pas), force est demander à l’Histoire :

1° Si conformément au 29° canon du concile de CARTHAGE ; TOLSTOÏ bénéficia-t-il d’un procès et fut-il en mesure d’être à même d’être entendu ?

2° Si conformément à la Tradition rappelée notamment lors de ce même concile, la peine étant prononcée, TOSTOÎ fut-il prévenu de ce qu’il pouvait en appeler au Patriarche de Constantinople ?

Pour rappel, nul n’ignore le cas récent qui opposa en 2006, le Patriarcat de Moscou et le Patriarcat de Constantinople lieu d’appel pour toute les Eglises orthodoxes, dans l’affaire touchant le passage de Mgr Basile alors évêque dans la juridiction du Patriarcat de Moscou au Patriarcat de Constantinople, se fondant sur les canons 9, 17 et 28 du 4° concile celui de CALCEDOINE.

A supposer donc que la peine administrée soit justifiée, force est de constater que si les moyens rappelés attachés au principe du « contradictoire » et de l’appel ne durent pas permis, la sentence devient abusive et s’invalide.

III

Les reproches faits à TOLSTOÏ ne relèvent pas des conditions autorisant une excommunication.
Il est de fait que si TOSTOÏ s’est opposé aux princes temporels de son Eglise, il n’était pas le seul dans cette situation, mail il fut dans les faits, le seul à être condamné, lorsque la peine dont il fut frappé s’avère injustifiée

.En s’opposant aux Princes de son Eglise, TOSTOÏ se prive d’une communion temporelle, or le fait de se couper volontairement du temporel, ne saurait exclure l’être de la communion spirituelle avec l’Eglise, qui dans l’orthodoxie, est bâtie non pas sur Pierre, sur un représentant ou un successeur des apôtres, mais sur la foi de Pierre proclamée par l’apôtre selon que Le lui révèle Le Père (Matt. XVI, 17), ainsi qu’aime à le rappeler la théologie byzantine à la suite d’ORIGENE, il s’agit d’une réponse de Jésus+Christ à la confession de Pierre, « si nous disons aussi : Tu es le Christ le Fils du Dieu vivant, alors nous devenons aussi Pierre » (Hom. Sur Matt. XII, 10)

Refuser la communion temporelle pour le fidèle d’une Eglise, n’engage pas, par cet acte, la dite Eglise à retirer ou refuser audit fidèle l’accès aux sacrements et notamment à la Sainte Communion.

Refuser à un fidèle l’accès aux Sacrements, revient pour une Eglise à manquer à son Devoir de Charité qui doit présider à toutes ses actions, lorsque de surcroît il ne lui appartient pas de dire et juger à qui revient la Grâce Sacramentelle, elle ne peut se substituer à Dieu et moins encore s’opposer à l’Amour de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés (I Tim. II, 4).

Si , en tout état de cause, et selon les dispositions des Canons Byzantins qui ne peuvent qu’être source à la décision choisie par l’Eglise Russe contre TOLSTOÏ, l’excommunié le fut sans raison valide et licite, de première part l’Eglise de Russie n’appliquait pas le sage rappel des Pères de Nicée qui en le canon 1 «énonce notamment : « Il faut cependant s'assurer que l'évêque n'a pas porté cette sentence d'excommunication par étroitesse d'esprit, par esprit de contradiction ou par quelque sentiment de haine. », de seconde part, alors qu’il lui fut demandé de lever ladite excommunication, aujourd’hui non seulement cette Eglise ne répare pas son erreur, mais maintient sa défaillance dans son Devoir de Charité.

Jean-Pierre BONNEROT

janvier 16, 2011

Islam, charia et droit français

Islam, charia et droit français


Conférence d'Alain wagner de Vérité, Valeurs et Démocratie (VVD) d'une quarantaine de minutes sur le thème peut-on s'opposer à l'islam, à la charia légalement, juridiquement en s'appuyant sur le droit?


http://www.lepost.fr/article/2011/01/14/2370493_islam-charia-et-droit-francais.html