septembre 22, 2010

E CONCEPT DE LA CANONICITE EN SES DEUX ASPECTS:


DU PROBLEME DE LA CANONICITE EN ORTHODOXIE
D’après le travail du Hiéromoine Conrad
LE CONCEPT DE LA CANONICITE EN SES DEUX ASPECTS

Nombreux sont les Fidèles Orthodoxes qui se questionnent sur le sens réel du mot
“canonique” ou “non canonique” attaché à une Eglise. Pour être tout à fait franc, cette
question est assez difficile à résoudre, au vue de sa complexité. Cependant, il est nécessaire
d’expliquer que trop souvent, sa compréhension part d'un concept erroné (voire simpliste)
qui pousse à confondre la vraie Canonicité de l'Église avec la reconnaissance Officielle du
Siège de Constantinople.
Pour commencer nous devons affirmer que toute Église qui obéit fidèlement aux canons
proclamés par les 7 Conciles Oecuméniques est en elle-même " canonique", c'est-à-dire
qu’elle porte en elle-même la canonicité. Quant aux spécialistes de l'ecclésiologie orthodoxe,
ils définissent les deux aspects de la canonicité par: 1- La Canonicité Dogmatique, c'est-àdire
la conservation fidèle des Vérités de Foi, léguées par Notre Seigneur au genre humain à
travers Son Église, au moyen des Écritures Sacrées, des résolutions des Conciles
Oecuméniques et 2- La canonicité administrative, davantage liée à la Tradition canonique
(et qui, en occident se traduirait par le « Droit Canonique » dont le livre central est la
collection des canons du Pédalion. Celui-ci régit l'ordre à l'intérieur de l'Église dans son
pèlerinage sur la terre.
Bien évidement, le plus important est le premier aspect (la garde de la Foi); cependant il ne
faut pas mépriser le deuxième, puisque la Canonicité Administrative, garde à travers ses
normes pastorales, le reflet des coutumes ecclésiastiques et ecclésiales de la pureté de la Foi
Orthodoxe.
Cependant, si nous sommes honnêtes, nous devons reconnaître qu’il n'existe pas vraiment
d'accord encore bien clair et défini puisque ce sujet de la canonicité est encore intensément
débattu au sein des Églises Patriarcales... Car il est bien connu que le Patriarcat de Moscou
s'adjuge également, en tant qu'Eglise patriarcale le droit de reconnaître à une Église la
canonicité. Le meilleur exemple en est l'"Église Orthodoxe en Amérique" ou "O.C.A"
Orthodox Church in America »), à laquelle le Patriarcat de Moscou a accordé un "Tomos
d'Autocéphalie" (document qui proclame l’indépendance canonique d'une Eglise), ce qui
équivaut à proclamer sa "Canonicité" devant tout le monde Orthodoxe. Cependant,
Constantinople lui refuse (à l'O.C.A) cette reconnaissance, créant ainsi une situation très
irrégulière de confusion, puisque tandis que les Patriarcats comme ceux de Moscou, de
Serbie, ou de Géorgie reconnaissent la canonicité de l'autocéphalie de l' "O.C.A", les
Patriarcats de Constantinople, Jérusalem et d'autres Églises Autocéphales du monde
héllénique nient la dite reconnaissance, en la considérant par conséquent comme une
Juridiction d'autocéphalie non reconnue ou "non-canonique"
En réalité il y a deux manières, schématiquement, d'accorder le statut Canonique à une Église
Orthodoxe:
· soit par un "Tomos d'Autocéphalie" (Bulle d'autocéphalie) :
· soit par un "Tomos d'Autonomie" (Bulle d'Autonomie).
Il existe une troisième voie: l'"absorption" comme dans le cas de l'Église Orthodoxe de
Hollande, qui, après avoir passé sous l'orbe de Moscou, s'est dissoute en lui pour devenir un
simple diocèse.
La discussion au sujet du droit d’une Église Orthodoxe à octroyer un Tomos d'Autocéphalie à
une Église une fille (sujet auquel la question de la Canonicité est indisolublement liée) en est
arrivée malheureusement à se transformer- en 1996-, en une dispute aigre entre canonistes,
portant sur ces questions, et qui s'échauffa à tel point qu'elle faillit créer une rupture entre le
Patriarcat de Moscou et le Patriarcat Oécuménique. Ce triste contentieux sera finalement
dépassé grâce à l'action du Saint Esprit et à la sagesse des deux Patriarches: Alexis II de
Moscou et Bartolomé I de Constantinople.
C'est une vérité établie qu'il existe une très forte rivalité entre le Siège de Constantinople et
le Siège de Moscou. Tandis que le premier est à la tête des Églises Orthodoxes du monde
Hellénique, le deuxième est à la tête des Eglises Orthodoxes du monde Slave. Il en résulte
qu'à plusieurs reprises, les Églises Autonomes qui obtiennent leur Tomos de la part du
Patriarcat de Constantinople, ne sont pas reconnues par le Patriarcat de Moscou, et par
conséquent du reste de toute une partie des Églises Orthodoxes Slaves. C'est le cas de l'
"Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-unis et la Diaspora" ou de l' "Église Catholique
Orthodoxe Carpatho-Ruthène en Amérique". De son côté, le Patriarcat de Constantinople ne
reconnaît pas la Canonicité du Tomos d'Autocéphalie octroyé par Moscou à l' "Église
Orthodoxe en Amérique" (O.C.A), ou la Canonicité du Tomos d'Autonomie octroyé par le
Patriarcat Russe à l'"Église Orthodoxe du Japon". Par solidarité avec Constantinople, les
Églises Orthodoxes comme celles de Jérusalem ou de Chypre, ne les reconnaissent pas non
plus...
Comme exemple valable illustrant les faits cités ci-dessus, nous pouvons ici exposer un cas
qui s'est passé en Amérique latine, il y a seulement quelques années.
A la suite d'une crise engendrée par la suppression de la charge du Métropolite Jean (Joao)
d'Aldeia (de la Province Ecclésiastique de l'Espagne, du Portugal et du Brésil) dépendant du
Saint Synode de l'Église Orthodoxe de Pologne (sous l'orbe du Patriarcat de Moscou),
quelques prêtres et des ecclésiastiques de la région d'Aldeia décidèrent en conscience
d'abandonner l'Archidiocèse de Río de Janeiro (dépendant de la Juridiction polonaise –monde
slave -), pour se placer sous la juridiction du Diocèse d'Amérique du Sud dépendant de l'
"Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis et la Diaspora" (sous l'orbe du Patriarcat de
Constantinople – monde hellénique -). Quand les ecclésiastiques d'Aldeia (suivant ce qui est
stipulé dans le Pédalion), sollicitèrent l'autorisation du Métropolite Sabas de Varsovie afin de
changer de juridiction, celui-ci refusa d'accorder sa bénédiction, alléguant que la Juridiction
Ukrainienne à laquelle ces ecclésiastiques voulaient appartenir n'était pas considérée comme
Canonique par son Synode. Rappelons ici que les Ukrainiens étaient sous la Protection de
Constantinople, et que par conséquent, en sa qualité de Métropolite de Pologne (lié à
l'influence du Patriarcat de Moscou), il ne pouvait pas leur donner son autorisation. Quelques
temps plus tard, les ecclésiastiques d'Aldeia décidèrent de se placer sous l'autorité du
Patriarcat Serbe, sous l'Omophore (la Protection) de Monseigneur Mitrophan.
Une autre manière d'offrir une reconnaissance canonique à une Église Orthodoxe, comme
nous l'avons déjà dit plus haut, se fait grâce à un "Tomos d'Autonomie" mais dans ce cas, sa
Canonicité repose - au sens le plus ontologique - sur celle de son Église-Mère, bien plus que
dans la reconnaissance des autres Juridictions Orthodoxes.
Quelques auteurs proposent, de ne pas utiliser indûment les termes d'"Églises Canoniques" ou
"Non canoniques", afin de les remplacer par ceux d' "Églises Officielles" et d' "Églises Nonofficielles".
Cependant cher lecteur, je dois dire que les termes "Officiel" et "Non Officiels"
me semblent trop imprégnés de l'esprit du siècle, c'est-à-dire qu'ils sont en fait très politiques
et appartenant au monde laïc. Aussi, si on doit au monde laïc ce terme d'"Officiel", il
n'apporte aucune précision, puisque des "Églises Orthodoxes Officielles" peuvent très bien
exister sans pour cela être reconnues comme telles par le Siège de Constantinople. C'est entre
autre exemple le cas de la République du Monténégro, où l'État reconnaît comme Église
Officielle du pays l' "Église Orthodoxe du Monténégro" qui est loin d'être considérée
"Officielle" par le Siège de Constantinople ou par un autre Patriarcat.
Personnellement, je préfère parler d' "Églises Orthodoxes en Communion avec
Constantinople" et "d' Églises Orthodoxes sans Communion avec Constantinople", parce qu'il
me semble que, malgré l'imprécision de ces expressions, on arrive à dessiner un peu mieux la
situation, d’une Église qui est génétiquement orthodoxe quand elle est canonique. Pour cette
raison, nous pouvons affirmer qu'il n'existe pas et qu'il ne peut exister une Église Orthodoxe
Non-canonique, puisque cela impliquerait une grave contradiction dans les termes.
L'Orthodoxie, comme nous le savons tous repose d'une manière indissoluble sur les deux
aspects de la Canonicité:
1- Dogmatique : qui repose sur les Écritures Sacrées, les résolutions des VII Conciles
Oecuméniques et la tradition des Saints Pères, et
2- Administrative : laquelle s'appuie sur la Tradition Canonique, exprimée dans le Pédalion.
Ces deux aspects constituent en pratique la Canonicité de l'Église et elles sont étroitement
lieés entre elles, de façon à ce que l'on ne puisse pas concevoir un aspect isolément de l'autre.
LES SIX SITUATIONS CANONIQUES
Il est important de souligner que le statut de la Canonicité d'une Église n'est pas bloqué,
monolithique, ou statique, mais bien au contraire, c'est un phénomène dynamique. En effet
l'Église, comme créature de Dieu, est une Institution "Vivante". Elle est assistée par l'Esprit
Saint qui lui donne sa dimension Transcendante et la dote de la Stabilité du Dieu Immuable
(Christ hier, aujourd'hui et toujours). Elle est aussi gouvernée par des hommes, lesquels
peuvent être saints ou pécheurs, vaillants ou timorés, prudents ou téméraires. Mais au delà de
leurs qualités personnelles, ils appartiennent à une Institution qui les dépasse dans son
Mystère abyssal. Pour cette raison, nous ne devons pas nous scandaliser par les va-et-vient
qu'une Juridiction peut expérimenter au long de son Histoire, parce que cette instabilité n'est
pas fruit du Chaos, mais le fruit, parfois rendue amer, de la liberté immense que Dieu accorde
à l'homme, plus que jamais concerné par Sa Mission rédemptrice. Le sujet de la Canonicité,
cher lecteur n'est pas un sujet qui se situe loin de l'Homme. La réalité Surnaturelle de l'Église
restera présente et Immuable jusqu'au jour de la Parousie, quoique le quotidien de la réalité
ecclésiastique variera aussi jusqu'au dit jour. Une fois ce point éclairci, (et qui n'est pas des
moindres), nous pouvons nous mettre regarder avec un esprit plus éclairé, toutes ces variantes
qu'une Église peut expérimenter durant la durée de sa vie institutionnelle.
Commençons donc en disant, qu'une Juridiction Orthodoxe peut se trouver dans l'une de ces
six situations canoniques que nous allons détailler. Il est important de tenir compte du fait
que ces situations peuvent varier avec le temps, comme nous le verrons par la suite.
A- EGLISES NON CANONIQUES - Dans le sens le plus absolu du terme-
Il est facile pour n’importe quel fidèle orthodoxe de naviguer sur Internet, et de découvrir, à
sa grande surprise, une véritable constellation de petites Eglises « vagantes » (groupuscules)
qui adoptent le terme “Orthodoxe” dans leur dénomination et qui manquent d'un corps
doctrinal clair, d'une tradition liturgique byzantine et d'une ecclésiologie orthodoxe. En
général, ces "Églises" mentionnées manquent également d'une Succession Apostolique
d'origine byzantine. Un exemple parlant de ce type d'Églises est l' "Église" dénommée "Eglise
Orthodoxe Inclusive", qui a une Succession Apostolique d'origine Romaine (Duarte Costa).
Elle utilise un Rite dénommé "des Amériques" et possède un ordre monastique de type
catholique romain, totalement étranger à l'ecclésiologie orthodoxe. Il me semble important ici
de bien préciser qu'il est fait ici une analyse ecclésiologique sur la situation canonique d'une
Juridiction déterminée. Elle ne devra en rien se confondre avec un jugement humain sur
l'honorabilité ou la sainteté des membres de ces groupes, qu'ils soient ecclésiastiques ou laïcs.
Il y a eu un autre cas difficile (au moins dans son apparence extérieure) au début du XXe
siècle en Ukraine, où un groupe de prêtres ordonnèrent, avec la reconnaissance de l'État
Ukrainien, un candidat à l'épiscopat ( !) pour se constituer en Église Orthodoxe Autocéphale
en Ukraine. Dans ce cas, évidement, aucun pontife orthodoxe n' a avalisé l'action des
independentistes ukrainiens, puisque eux-mêmes ont fondé, à partir de leur sacerdoce un
épiscopat sans aucune racines et succession apostoliques, avec une violation flagrante des
dogmes et de l'ecclésiologie de l'Église. Cette Juridiction a eu une existence éphémère,
puisqu'elle a été dissoute rapidement par les autorités soviétiques après qu’ils aient annexé
l'Ukraine à URSS.
Note du traducteur: Comme on le verra plus tard dans cet exposé, la partie survivante de cette "Eglise"
ukrainienne s'exilera aux Etats-Unis et se structurera de manière étonnante. Quelques temps plus tard (dans
les années 40), elle recevra enfin une succession apostolique par l' Eglise Orthodoxe Syrienne (canonique et
non syriaque) aux Etats-Unis, et d'autre part de la succession apostolique donnée par l'Eglise Russe Hors
Frontière à l'Eglise Ukrainienne en Europe, (via l’Eglise Orthodoxe polonaise) . L’Ukraine obtenant son
indépendance nationale, cette Juridiction sera intégrée à l'Eglise Orthodoxe Ukrainienne du Patriarche
Mstyslav.
Dans ces cas, on peut observer que la violation de la Canonicité Administrative est tellement
flagrante qu'elle touche au concept même du Sacrement, en compromettant sérieusement
l'orthodoxie doctrinale de l'Église. Ces exemples sont utiles pour démontrer comment une
violation de l'aspect Canonique Administrative peut engendrer des attitudes théologiques
hétérodoxes qui lui servent de soutien sur le plan doctrinal.
B- EGLISES A LA CANONICITE DOUTEUSE
Des Juridictions de Foi authentiquement Orthodoxe se trouvent parfois dans cette situation. A
causes de diverses circonstances, elles se retrouvent dans l'impossibilité de disposer d'un
Synode d'Évêques qui les gouverne. Dans ces cas, le seul Évêque présent, en utilisant le
Canon de Nécessité, ordonne à l'épiscopat quelques prêtres, en contredisant le premier des
Canons Apostoliques. Celui-ci établit qu'un Évêque devra être consacré par deux ou trois
autres Evêques. Cette situation anormale met la dite Église dans une situation Canonique
irrégulière, bien qu'elle ne puisse pas être considérée pour ce motif comme invalide.
Cette situation amère a été expérimentée par la "Église Vétero Calendariste de Roumanie"
dans ses commencements. Elle n'avait aucun évêque jusqu'à ce qu'en 1955, un évêque retiré (à
la retraite) du Patriarcat de Roumanie se joigne à eux. Le nom de cet évêque était Galaction.
Sentant sa fin arriver, il dû consacrer seul trois nouveaux évêques. L'un d'eux Glicherie, fût
canonisé par par sa Juridiction, en devenant Saint Glicherie de Roumanie. Cependant cette
Église pu en 1979, (avec le secours du Synode Vétero- Calendariste Grec de
l'Archevêque Kallistos), réparer cette situation, en reconsacrant toute la hiérarchie de
cette Eglise roumaine.
C- EGLISES A LA CANONICITE INCONSTESTABLE, MAIS NON RECONNUES.
Il s'agit de Juridictions authentiquement Orthodoxes qui ont reçu leur Succession Apostolique
d'une hiérarchie orthodoxe de validité indubitable, et qui dans beaucoup de cas ont reçu l'aval
de leurs Églises-Mères.
Ces Églises sont en général, des émancipations ou des scissions des Patriarcats ou de grandes
Juridictions, comme cela est le cas de l' "Église Orthodoxe de Macédoine". Dans le premier
cas, les Évêques Macédoniens appartenant au Synode Serbe ont unilatéralement décidé de
proclamer leur autocéphalie. Dans le deuxième cas, on a l' "Église Orthodoxe Russe en
Exil"(dite "Eglise orthodoxe russe Hors-Frontières) où un groupe d'Évêques se détachent du
Patriarcat de Moscou pour créer une Juridiction parallèle (cas de nécessité).
Note du traducteur: L'Eglise Orthodoxe Hors Frontière ( ou « Eglise Orthodoxe en Exil) s'est constituée lors
de l’Exil des russes fuyant en Europe. La raison de cette création sont les liens funestes que le Patriarcat de
Moscou entretenaient avec le Régime communiste. Les bolcheviques firent main basse sur le Patriarcat de
Moscou et n'hésitèrent pas, par la suite à persécuter furieusement la Foi orthodoxe sur le sol russe. Le
synode de l’Eglise Russe Hors Frontière se « réconciliera » en 2007 avec le patriarcat de Moscou entrant de
ce fait « en pleine communion » avec lui.
Un élément essentiel qui fait la Canonicité d'une Eglise et sa dimension ecclésiale d'origine,
ou, pour le dire d'une manière plus précise: Une Eglise Orthodoxe tient toujours son origine
d'une autre Eglise Majeure. Sans cet élément, il n'existe aucune possibilité de Canonicité
quelconque. A la différence de la conception occidentale, une Hiérarchie sans peuple ne peut
fonder une Juridiction, puisque celle-ci ne serait pas rattachée à une réalité ecclésiale plus
grande. Dans la conception Occidentale, l'aspect premier est la validité de la Succession
Apostolique. Cependant dans l'Ecclésiologie Byzantine, si c'est un élément décisif, ce n'est
pas l'unique.
Un exemple donné ici dans ce sens est celui de l' "Église Orthodoxe Autocéphale du
Monténégro", qui en 1993, par une décision active de la population monténégrine elle-même,
a résolu retrouver son état antique autocéphalie qu'elle détenait deux siècles auparavant.
L’Eglise monténégrine était reconnue à cette époque par l'Église Orthodoxe Russe, le
Patriarcat Oecuménique, et même par l’ Église Orthodoxe Serbe elle-même jusqu'en 1920 où
elle s'est trouvée fragilisée - pour des motifs politiques – puis dissoute à l'intérieur du
Patriarcat Serbe. A l’inverse des cas cités plus là-haut(plus en haut), la hiérarchie Épiscopale
Monténégrine, n'est pas un produit d'une scission, ni d'une émancipation du Patriarcat Serbe,
mais plutôt un fruit de l’expression du Peuple de Dieu au Monténégro, - comme dans le cas
des vétero-calendaristas grecs. Notons que la lignée apostolique actuelle Monténégrine est d'
origine bulgare.
Une autre Juridiction (qui correspond bien à cet aspect peu explicité de la Canonicité) est la
« Métropole Orthodoxe Autonome d'Europe Occidentale et des Amériques", qui a reçu
son Tomos d’Autocéphalie de « l’Église Orthodoxe Vétéro-calendariste de Grèce", ainsi
que de "l’Église Orthodoxe d’Ukraine" - Patriarcat de Kiev-. Cette Métropole Orthodoxe
vétéro-calendariste bénéficie également d’une déclaration de reconnaissance de l'Église
Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis, (Juridiction du Patriarcat de Constantinople), par
laquelle, elle est reconnue comme " Église-Soeur, égale en droits et en dignité" ; ce qui fait
d’elle un clair exemple d’ecclésialité dont nous avons parlé.
Un autre aspects de la Canonicité indiscutable de ces Juridictions, est la reconnaissance tacite
qu'elles reçoivent des Églises Patriarcales, lesquelles ont l'habitude d’estimer valides les
sacrements administrés par elles, y compris en validant officiellement les ordres sacerdotaux
ou épiscopaux conférés au sein de ces Églises Orthodoxes.
D- LES EGLISES DONT LA CANONICITE EST INCONTESTABLE MAIS
PARTIELLEMENT RECONNUES
C'est le cas de l'Église Orthodoxe en Amérique ou O.C.A . Cette Juridiction qui jusqu'à la Révolution Bolchevique de 1917 était une partie organique de l'Église Orthodoxe Russe, en qualité de Diocèse d’Amérique du Nord.
En avril 1924, elle proclame son autonomie, quoique nourrissant une "communion
spirituelle" avec le Patriarcat de Moscou.
En 1935, cette Juridiction décide de se mettre sous la Protection Canonique de l'Église
Orthodoxe Russe Hors Frontière –conservant toujours son autonomie.
La situation changera en 1946, où les Évêques de l'O.C.A, décidèrent de reconnaître le
nouveau Patriarche de Moscou, comme sa Tête spirituelle, bien que continuant à exercer son
autonomie administrative.
Vers le 1970, le Patriarcat de Moscou accorde le statut d'autocéphalie à cette Métropole.
Celle-ci adopta le Nom « d’Eglise Orthodoxe en Amérique » : "Orthodox Church in America"
(« O.C.A.). En conséquence de cet acte souverain du Patriarcat Russe, il y eu un épistolaire
tendu entre Moscou et Constantinople. Dans ces courriers, le Patriarcat Oecuménique
contestait à l’autorité de Moscou le fait qu’il accorde le dit statut (d’autocéphalie) à son Eglise
Fille.
Ce conflit n'a toujours pas été résolu quoique que les relations entre l'O.C.A. et le Patriarcat
Oecuménique soient relativement harmonieuses. La conséquence pratique de cette situation
est qu’il y a des Églises Orthodoxes Autocéphales qui reconnaissent pleinement l'Église
Orthodoxe en Amérique (comme l'Église Orthodoxe Russe, l'Église Orthodoxe de Roumanie,
ou celle de Géorgie) et les autres (comme le Patriarcat de Constantinople) qui ne
reconnaissent pas son statut d'autocéphalie. Cela crée un Lieu de marginalité canonique
puisque la dite Juridiction serait actuellement empêchée de participer (de part sa situation
canonique) à un éventuel Concile "Pan Orthodoxe"…
Les autres cas dont nous pouvons parler dans cette catégorie, sont celles qui incluent une
grande partie des Eglises Orthodoxes autonomes, puisque dans ces cas apparaît une forte
rivalité entre le Siège de Constantinople et le siège de Moscou. Le Phanar, par exemple, ne
reconnaît par le Tomos d’Autonomie que le Patriarcat de Moscou a concédé à l’ “Eglise
Orthodoxe du Japon”, puisque le siège de Constantinople s’arroge le droit exclusif de
l’accorder aux Églises qui se trouvent en dehors du Territoire Canonique d'une autre Église
Locale. De son côté, le Patriarcat de Moscou ne reconnaît pas (entre autres) la canonicité, de
l’ "Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis et de la Diaspora", ainsi que de l’ "Église
Orthodoxe Ukrainienne du Canada" ou encore, celle de l’ "Église Orthodoxe d’ Estonie"
(reconnues elles par Constantinople). Puisqu'il (le patriarcat de Moscou) les considère comme
des fruits de dissidences par rapport à Lui. Rappelons ici que l’Eglise Orthodoxe Russe
revendique l'Ukraine et l'Estonie comme appartenant à son territoire canonique naturel.
Quoique ces Eglises ne se trouvent pas sur le territoire russe à proprement parlé, le patriarcat
de Moscou vit la reconnaissance de Constantinople à ces Eglises (situées dans les ex pays de
l’URSS) comme une intrusion du Phanar dans ses affaire ecclésiastiques internes. Par
solidarité les Églises Orthodoxes Slaves, comme l'Église Orthodoxe de Pologne, ou de
Tchécoslovaquie ne reconnaissent pas ces Églises comme étant canoniques.
En réalité, il s’agit d’un cas extrêmement rare. Il a eu lieu une seule fois dans l'Histoire de
l'Église Orthodoxe, durant les années tumultueuses de la Russie Bolchevique lors des
premières décennies du XXe siècle.
Nous allons résumer ici son histoire :
Le 14 mai 1922, un groupe de prêtres mécontents, fédérés par Alejandro Wedensky, publiait
un manifeste dans le journal bolchevique Izvestia, dans lequel il accusait la direction
ecclésiastique d’être contre-révolutionnaire. Il demandait au gouvernement la faculté de
pouvoir convoquer un concile local. Le 29 mai se réunissait une petite assemblée constituante
(…) composée des groupes suivants : l’"Église vivante", dirigée par le prêtre Krasnitsky; la
"Vieille Église apostolique", dirigée par Wedensky; l’"Église de la renaissance", dirigée par
l'évêque Antonino, ainsi que l’ "Église libre des ouvriers". Comme on pourra l’observer, ces
« Eglises » étaient récentes, peu sérieuses, et improvisées. Malgré cela, lors du « concile »
célébré en 1925 ces groupes (constitués en Eglise) pouvaient se féliciter de progrès
insoupçonnés : 9.939 églises, 11.057 prêtres et 176 évêques. (…) Dans le même temps, étaient
introduits dans la vie de l'Église quelques mesures radicalement nouvelles, comme le mariage
des évêques et les secondes noces des prêtres veufs.
Malgré toutes ces originalités, cette entité a été reconnue en 1924 par le Patriarche Grégoire
de Constantinople (le successeur de Meletios Metaxakis de sinistre mémoire, qui sympathisait
nettement avec ce genre d’idées). Bien que cette Eglise ait reçue une reconnaissance
éphémère, c’est la première fois que, dans le sens strict du terme, une Église non- canonique a
été reconnue comme légitime et canonique par le Patriarcat Oecuménique. Des années plus
tard, les mêmes autorités soviétiques qui avaient encouragée la naissance et l’essor de cette
Eglise liquidaient le problème, en forçant celle-ci à être absorbée par l'Église Orthodoxe
Russe. Lors du transfert de juridiction dans le Patriarcat de Moscou, ses hiérarques predirent
leurs dignités ecclésiastiques.
F- EGLISES DE CANONICITE INCONTESTABLES ET RECONNUES.
À l'intérieur de cette catégorie, on compte les Églises qui sont en Communion avec le
Patriarcat Oecuménique et de fait, toutes les Églises Orthodoxes qui sont dans la Communion
avec le dit Siège, comme les Patriarcats suivants : 1 - Jérusalem, 2- Antioche, 3-Alexandrie,
4- Moscou, 5- Serbie, 6- Roumanie, 7- Géorgie, et 8- Bulgarie.
On trouve également à l'intérieur de cette catégories beaucoup d'Églises Orthodoxes
Autocéphales et Autonomes qui sans être Patriarcales, sont reconnus par le Siège de
Constantinople; la majorité de celles-ci ont été reconnues comme indépendantes par principe,
lors de la première moitié du XXe siècle ; comme l'Église Orthodoxe de Pologne et l'Église
Orthodoxe de Tchécoslovaquie. Celles-ci ont reçu leur Tomos d'autocéphalie au dit siècle.
Comme exemple d’Eglises Autonomes, nous pouvons mentionner entre autres: "l’Église
Orthodoxe de Crète", « L’Eglise Orthodoxe de Grèce » (néo-calendariste), « Eglise
Orthodoxe de Pologne », « Eglise Orthodoxe du Sinaï »…
QUELQUES ILLUSTRATIONS HISTORIQUESAUTOUR DU THEME DE LA
CANONICITE DANS LE MONDE ORTHODOXE
INTRODUCTION
Cet article n'a pas pour objet d’inciter à une révolte peu chrétienne contre le plus grand Siège
de l’Orthodoxie, mais plutôt de montrer que l’action menée depuis le Phanar relève parfois
d’avantage (sous des apparences religieuses) à de la politique que de l’action ecclésiale et
spirituelle à proprement parlé…
Celui qui aime l'Église, apprend en réalité à comprendre et à évaluer sa réalité humaine qui ne
saurait entacher le moins du monde sa nature surnaturelle intrinsèque.
L'Histoire de l'Église est aussi remplie de ces histoires d’incompréhensions entre ses enfants,
et même de désaccords entre des saints dont nous pouvons voir les icônes sur nos iconostases,
ou sur les murs de nos temples.
Ainsi cher lecteur, ces lignes n'ont pas d'autre objet que de montrer le visage humain de
l'Orthodoxie, qui brille parfois de manière radieuse dans le visage serein des saints, mais qui
peut également être terni par les actions commises et le rôle joué par quelques hiérarques.
Il n’est pas dans notre intention dans cet article, de diaboliser tel ou tel Patriarche, Métropolite
Archevêque, parce qu'il faut reconnaître, comme dans notre propre vie, qu’ils ont plusieurs
fois essayé d’agir du mieux qu’ils pouvaient même s’il peut être établi qu'ils n’ont pas
toujours été de bonne foi. Ceci étant dit, il n'est pas de notre devoir de les juger, mais bien
plutôt de prier pour eux.
Ce qui est admirable dans l'Église, c’est sa fidélité au Christ, loin des mesquineries humaines
de ceux qui la composent ; c’est Sa fidélité qui ne peut être ternie malgré nos défections
personnelles.
LE CAS DU PATRIARCAT BULGARE ET DE SON PARALLELISME AVEC
L’ACTUEL PATRIARCAT DE KIEV.
En 927, le Patriarche de Constantinople, reconnaît l’Archevêque de Preslav, comme
Patriarche des Bulgares. Cela est dû non à l'importance de la Bulgarie dans le Monde de
l'Orthodoxie, ou du fait que ce Siège soit d'origine Apostolique, mais parce que cette Église
était celle d'une puissance balkanique en pleine ascension.
Quand environ 50 ans plus tard, l'Empire Byzantin attaqua et vainquit l'Empire Bulgare (en
972), le Patriarcat de Constantinople fit volte face et retira unilatéralement cet honneur à
l'Église de Bulgarie, l’obligeant à se mettre de nouveau sous sa dépendance.
Presque deux siècles plus tard (1235), devant l'influence croissante des catholiques latins sur
la région, le Patriarcat Oecuménique proclamait de nouveau le rétablissement du Patriarcat de
Bulgarie, qui se maintiendrait pendant presque deux siècles, jusqu'à ce qu'en 1393 l'Église
Orthodoxe Bulgare perde sa liberté, cette fois-ci, contrainte par les Turcs, a retourner sous
Constantinople. Cependant, quand après presque 500 ans (1870), le même Empire Ottoman
autorisa le rétablissement d'un Exarchat Orthodoxe Bulgare, le Patriarcat Oecuménique,
contre toute logique évangélique, réagi violemment, en faisant prononcer l'excommunication
contre l'Église Orthodoxe de Bulgarie, et en la déclarant schismatique.
L'Église Orthodoxe de Bulgarie, avec plus de 1.000 ans d'histoire et de tradition chrétienne se
retrouva, du jour au lendemain, lors de l’année 1872, affublée du titre d’ "Église Orthodoxe
non-canonique". Ce n’est qu’en 1945, que le Patriarcat Oecuménique reconnût la validité de
son autocéphalie, et par conséquent, celle de sa Canonicité qu’Elle n’avait jamais perdue,
pendant ces 73 années….
L’Église Orthodoxe d’Ukraine se trouve aujourd’hui exactement dans la même situation.
Cette Eglise qui a plus de 1.000 ans d'histoire et de tradition chrétienne a légitimement décidé
de s'émanciper de Moscou.
Peut-être que les moyens utilisés pour cette émancipation ont pu sembler peu adéquats, et
pour cette raison, on peut comprendre la réaction du Patriarcat de Moscou. Malgré tout, nous
devons reconnaître son droit inaliénable à la liberté. L'Église d’Ukraine est une Juridiction
qui par son antiquité et sa dignité mérite d'être reconnue comme l'une des Grandes Églises de
l'Orthodoxie slave.
Actuellement, certains, dans le monde orthodoxe, doutent de la Canonicité (au sens strict du
terme) du Patriarcat de Kiev, tout comme vers la fin du XIXe siècle, certains doutaient, de la
Canonicité de la vénérable Église Bulgare.
Le Patriarcat de Kiev compte actuellement près de 16.000.000 de fidèles, ce qui fait de lui une
des Juridictions Orthodoxes les importante au Monde. Cela fait vraiment de la peine de
constater que tant de fidèles orthodoxes ukrainiens souffrent d’un sentiment d'infériorité à
l'égard du reste de tous les orthodoxes. Si l’on considérait les innombrables témoignages de
sang durant le cruel Régime Soviétique, l’Eglise ukrainienne devrait être couronnée d'honneur
insigne parmi les Grands de l'Orthodoxie.
Peut-être, tout comme l'Église Orthodoxe de Bulgarie, L’Eglise ukrainienne devra passer
quelques décennies avant d’être reconnu dans toute sa dignité. Il semble assez évident que le
Patriarcat se trouve pour le moment dans une sorte d'impasse (qui tien tant à personnalité
d’Alexis II que de Philarète I); quoique les autorités du Phanar, seraient les plus enclines à les
reconnaître, contrairement au Patriarcat de Moscou.
Il serait bon de rappeler que lors de la remise du "Tomos d'Autonomie" à l'Église Orthodoxe
de l'Estonie (qui compte environ 6000 fidèles) par le Patriarcat de Constantinople, le
Patriarcat de Moscou a rayé de ses diptyques liturgiques pendant quelques semaines le nom
du Patriarche OEcuménique.
Il est facile d'imaginer ce qui arriverait si l'Autocéphalie du Patriarcat de Kiev était reconnue
par le Patriarcat Oecuménique, avec 16.000.000 de fidèles, dans un territoire que l'Église
Orthodoxe Russe considère comme partie intégrante de son "Territoire Canonique" le plus
ancestral.
LE CAS ETRANGE DE L’EGLISE ORTHODOXE UKRAINIENNE
DES ETATS-UNIS D’AMERIQUE
Cette Eglise est la preuve vivante la plus éclatante de la mobilité du statut canonique dans le
monde de l’Orthodoxie contemporaine (évoquée p.5)
Commençons d’abord par évoquer ses origines « suis generis »
Quand l'Empire Russe tomba aux mains des bolcheviques, l'Ukraine devint libre en 1919 et se
trouva dans une situation favorable pour proclamer son indépendance. L’émancipation
politique de l’Etat ukrainien devait également provoquer l’émancipation ecclésiastique tant
désirée par rapport au patriarcat de Moscou.
Ainsi, en 1921 avec l'aval des nouvelles autorités ukrainiennes, il fût procédé à la convocation
d’un Concile. Cependant, aucun pontife orthodoxe ne répondit à l’appel du Peuple ukrainien.
C’est pour cette raison que l'Archiprêtre Vasyl Lypkivsky, à travers de l'imposition des mains
de la part des prêtres et des laïques présents, a constitué l'Église Orthodoxe Autocéphale
d’Ukraine. Le chef mentionné de ce mouvement indépendantiste, un ecclésiastique se
transformera, grâce à l'élection de ses paires, en Métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, en
arrivant à présider une Église qui disposait d'environ de 1.100 paroisses, 1.500 prêtres et
diacres, environ 30 évêques, et rien moins que 6.000.000 de fidèles environ.
Il est facile de deviner que le reste des Églises Orthodoxes n'ont jamais reconnu la validité de
cette nouvelle Juridiction, laquelle, dans son concept de transmission de l’Ordre, s’apparente à
la manière de faire des Communautés Protestantes. Pour finir, en 1930, tout comme l'Église
Orthodoxe Vivante, elle a été dissoute par les autorités bolcheviques, et intégrée de force dans
l’Eglise du Patriarcat de Moscou.
Entre temps, un « évêque » de cette « Église », le « Métropolite » Jean Teodorovich, fût
envoyé au Canada. Dès 1923, un diocèse hétérogène d'ukrainiens s’était formé, composé
d’ukrainiens provenant du Patriarcat de Moscou qui s’était fusionné, par ferveur patriotique
avec d'autres Uniates de la même origine nationale, créant de cette façon un corps ecclésial
assez particulier, mais d’une coloration nationale indiscutable.
Aussi comme il arrivait d’Europe, personne, en Amérique ne reconnaissait la validité de
l'Épiscopat de Vladika Teodorovich, et par la même la canonicité de son Église, bien que dans
les actes il ait obtenu des succès pastoraux assez remarquables, en faisant grandir son Église
dans tous les Etats-Unis et le Canada.
Nous sommes donc devant le cas d'une Église Orthodoxe absolument non-canonique au strict
sens du terme. Cependant en 1949, 25 ans après son arrivée en Amérique du Nord, ce bon
« Métropolite », obtenait finalement que les Évêques Orthodoxes de canonicité reconnue le
consacrent à l'Épiscopat. L'Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis initiait son premier
pas vers la Canonicité.
Note du traducteur: cette Eglise reçoit donc enfin une succession apostolique par l' Eglise Orthodoxe
Syrienne (canonique et non syriaque) aux Etats-Unis, et d'autre part de la succession apostolique donnée par
l'Eglise Russe Hors Frontière à l'Eglise Ukrainienne en Europe, via l’Eglise Orthodoxe polonaise .
L’Ukraine obtenant son indépendance nationale, cette Juridiction sera intégrée à l'Eglise Orthodoxe
Ukrainienne du Patriarche Mstyslav.
Vladika Teodorovich, entre dans la Paix du Seigneur en 1971, étant reconnu comme un
pontife de validité et canonicité indiscutée, à tel point que dans les années 1950 quelques
paroisses ukrianiennes qui s’étaient placées sous la juridiction du Patriarcat Oecuménique, lui
demandèrent sa protection canonique, faisant de la Juridiction ukrainienne l'une des plus
importantes d’Amérique du Nord.
A Vladika Teodorovich succéda le Métropolite Mstyslav, qui devint en 1990 le premier
Patriarche de Kiev (et quitta donc les Amériques). Ce Chef d’une partie importante du monde
orthodoxe, devait publier, peu de temps avant d’assumer sa charge patriarcale à Kiev, un
document officiel de reconnaissance à la Métropole Orthodoxe Autonome d'Europe
Occidentale et des Amériques, qui qualifiait la dite Métropolie « d’Église Soeur, égale en
dignité, à l'Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis et du Canada ».
À la mort du Patriarche Mstyslav I de Kiev, l'Église Orthodoxe Ukrainienne aux Etats-Unis
(la diaspora), ne voulu point s’impliquer dans les affaires ukrainiennes en Europe qu’elle
jugeait trop délicates et demanda à entamer des négociations avec Constantinople.
Finalement les négociations avec le Phanar se conclurent en 1995, et le Métropolite
Constantine, autrefois Métropolite d'une Juridiction non- canonique, au sens strict du terme,
aux yeux des autorités du Patriarcat OEcuménique, fut du jour au lendemain, mis à la tête de
l'une des Juridictions Orthodoxes "canoniques" les plus importantes des États-Unis, sans
aucune re-consécration ou ré-ordination.
Il est donc facile de remarquer, que cette Juridiction au départ "Non-canonique" au sens
strict du terme en 1924, devint une Église Orthodoxe " canonique mais Non reconnue" en
1949, pour devenir finalement 49 ans plus tard, une Église Orthodoxe "Canonique et
Reconnue", - au moins pour le Patriarcat de Constantinople –dès 1995.
LE CALVAIRE CANONIQUE DE L’EGLISE ORTHODOXE DE FRANCE
Cette juridiction est l’une de celles qui eurent le plus à souffrir des changements canoniques.
Voyons son histoire.
Son fondateur, Irenée Winnaert, était un prêtre catholique romain (ordonné à Lille en 1904).
Quelques 15 années plus tard (1919), il abandonne son ministère dans l’Eglise romaine et
prend contact avec un Evêque Catholique Libéral appelé Wedgwood, qui le consacre comme
évêque en 1922 pour le territoire français.
Le bon Irénée, se rendit compte que le corps doctrinal de l’Eglise libérale allait à contre-sens
des enseignements traditionnels de l’Eglise et il se mit à étudier et à prier intensément pour
trouver la vraie Foi qu’il trouva dans l’Eglise Orthodoxe. Lui et un groupe de fidèles prirent
contact avec le Patriarcat de Constantinople.
Irenée s’attacha à conserver l'orthodoxie doctrinale, tout en reconstruisant le rite orthodoxe
des Gaules, qui était célébré dans son caractère de Rite Pre-schismatique à l'intérieur de sa
Communauté.
Le Patriarcat de Constantinople, qui s’était montré affable, quelques années auparavant avec
l'Église Orthodoxe Vivante (Eglise communiste en Russie), repoussait maintenant cette
poignée d'orthodoxes de rite occidental qui voulaient recevoir sa protection canonique. Il en
exigeait qu’Irenée Winnaert soit repris comme simple laïc, avec l’abandon du Rite
Occidental.
Après ce contact frustrant, Winnaert ne se découragea pas et il chercha la protection
canonique de Moscou, dont le patriarcat (soumis au pouvoir communiste) était à ce moment là
aux mains du Métropolite Serge. Celui-ci le reçu comme prêtre, sans reconnaître son
« Épiscopat » Catholique Libéral, et sans aucune espérance de retrouver le rang épiscopal
perdu ; condition qu’accepta Winnaert.
Ce dernier mourut en 1937 en tant qu’archimandrite du patriarcat russe de Rite Occidental. Il
avait donc réussi à obtenir un statut canonique pour cette Communauté qui s’agrandirait
jusqu'en 1952. Durant les années 1953-1956 cette Communauté se plaça sous la protection
canonique du Patriarcat Oecuménique, à travers de l'Exarchat Russe de Paris, avant de se
placer sous la protection canonique de l'Église Russe Hors Frontière durant les années 1957-
1966.
Note du Traducteur : Quand les bolcheviques prirent le pouvoir en Russie, une partie de la population et
du Clergé s’exilèrent en Europe et aux Etats-Unis.
Le patriarcat de Moscou prêta allégeance au pouvoir communiste, ce que refusèrent catégoriquement
tout une partie du Peuple Orthodoxe russe qui avait fuit la Russie. La raison en était que ce régime était
sans Dieu et persécutait la Foi orthodoxe. Certains, en Europe prêtèrent allégeance au patriarcat de
Moscou. D’autres, pour ne pas être en communion avec un patriarcat bolchevique, demandèrent la
protection du patriarcat de Constantinople (Exarchat Russe), toujours présent en France (Cathédrale de
la rue Daru et Institut saint Serge de Paris).
D’autres évêques russes, pour préserver la Foi, l’identité et la spiritualité russe se constituèrent en Saint
Synode de l’Eglise Russe Hors-Frontières. On voit donc que l’Eglise Orthodoxe Russe se scinda en trois
entités canonique.
L’E.R.H.F. se « réconcilia » de manière pour le moins surprenante avec le patriarcat de Moscou durant
l’année 2007. Une partie de l’Eglise russe Hors Frontière n’accepta pas la « Réconcilation ».
Et voilà que cette Communauté qui avait reçue une protection canonique de la part de
plusieurs patriarcats, recevait, en 1957 la protection canonique d'une Église de "Canonicité
indubitable mais Non reconnue". C’est au sein de la dite Juridiction que l’Eglise Orthodoxe
de France devint Église Autonome à travers la consécration épiscopal (en 1964) de Vladika
Kovalevsky. Cette cérémonie fût présidée par l'Évêque Jean Maximovich (plus connu sous le
Nom de saint Jean Maximovich, de Shanghai et de San Francisco) et par l'Évêque roumain de
Paris, Teofilo Ionescu, lesquels l'autorisaient à conserver le Rite Occidental.
Vladika Kovalevsky, mourut en 1970, sans qu'un successeur ait été consacré (…)
Finalement, en 1972, un prêtre français (ordonné par Vladika San Juan Maximovich), Gilles
Hardy, fût consacré à Bucarest avec la bénédiction du Patriarche Justin de Roumanie.
Le 30 avril, la délégation française concélébra la Divine Liturgie avec le Patriarche Justin, en
Signe de pleine communion entre les deux Eglises.
Le décret d'intronisation de Monseigneur Hardy comme évêque de l'Église Orthodoxe de
France date du 11 juin 1972. Il est naturellement signé par le patriarche de Roumanie, puisque
la nouvelle Église restait sous sa Juridiction.
De cette façon l'Église Orthodoxe de France, pouvait avoir sa propre hiérarchie et un statut
canonique. Cependant avec le Patriarche Teoctist, les choses changèrent et, après presque 25
ans d'existence canonique dans le Patriarcat de Roumanie, la communion fût finalement
rompue.
L'Église Orthodoxe de France est restée, depuis la moitié des années 90, dans une situation
canonique difficile. En effet, quand un évêque est seul, la consécration de nouveaux évêques
devient impossible entraînant de fait l’impossibilité d’établir un Synode qui gouverne l'Église.
Malgré cette situation, l'Église Orthodoxe de France est une Juridiction de "Canonicité
indubitable mais non-reconnue".
Actuellement, en raison des problèmes liés avec l'Évêque Germain, et devant la possibilité
réelle de pouvoir se trouver privés d'une Hiérarchie (une situation déjà expérimentée après la
mort de Vladika Kovalesky), beaucoup de prêtres et fidèles orthodoxes français travaillent à
l'établissement d'une protection canonique en lien avec le Patriarcat Serbe ; alors que d’autres
regardent avec certaine sympathie le Patriarcat de Kiev. Il faut cependant souligner, que tant
le Patriarcat de Serbie, que celui de Kiev, reconnaissent pleinement la validité et la Grâce
Sacramentelle des ecclésiastiques de l’Eglise orthodoxe de France. Pour cette raison, le projet
de re-consécration de son clergé, et des chrismation de ses fidèles a été de fait écarté.
L'Église Orthodoxe de France, au-delà de ce que ses détracteurs affirment, a l'énorme mérite
d'être resté fidèle à la Foi Orthodoxe, et d'avoir survécue aux situations et aux épreuves
difficiles. Son sort dépendra alors de l'appui du reste de l'Orthodoxie (…).
La Canonicité doctrinale de cette Église ne peut être niée par personne, en dépit des
défections personnelles de l'Évêque Germain. En effet, cette Juridiction a été depuis ses
origines reconnue pour le Patriarcat de Moscou, par le Patriarcat Oecuménique (à travers de
l'Exarchat Russe d'Europe Occidental), par l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontière, et par le
Patriarcat de Roumanie.
Début 2004, deux Communautés paroissiales de cette Juridiction en Amérique (dont une à
Buenos Aires) ont abandonné l'Église Orthodoxe de France pour être finalement reçu sous la
protection canonique de Vladika Jeremías, de l'Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis
et de la Diaspora. Ces deux communautés orthodoxes de Rite Occidental ont reçu une
permission spéciale de conserver l’antique Liturgie Gallicane.
LA CANONICITE DE LA METROPOLIE ORTHODOXE AUTONOME
D’EUROPE OCCIDENTALE ET DES AMERIQUES
Cette jeune juridiction orthodoxe est encore peu connue. Elle se trouve rattachée par sa
foi et son histoire à l'ensemble de l'Église Catholique Orthodoxe, puisqu'elle adhère à
la Foi de l'Église Indivise des temps Apostoliques, en suivant strictement toutes les
directrices (canons) contenues dans les sept Conciles Oecuméniques.
Voici l’histoire de cette juridiction : En 1960, l'Évêque le Séraphin de Chicago (de l'Église
Orthodoxe Russe hors Frontière) et l’Evêque Teofilo Ionescu (un évêque roumain de Paris),
avec la bénédiction de l’E.R.H.F. (et celles implicites de plusieurs patriarcats défavorable aux
errances théologiques de l’Eglise d’état néo-calendariste de Grèce) consacrent
l'Archimandrite Akakios Pappas comme premier Evêque de l'Église Vétéro- calendariste de
Grèce. Peu de temps après l'Archevêque Akakios consacra, avec d'autres Pontifes de l'Église
Russe Hors-Frontière, l'Archevêque Auxentios ainsi que d'autres évêques vieux calendaristes
lesquels avaient de nombreuses paroisses et monastères en Grèce et bénéficiaient du soutien
fidèle d’un grand nombre de moines du Mont Athos.
Cette Église Vénérable a procédé, en 1978, à la consécration du premier évêque d'origine occidental (latin) en la personne du Métropolite GABRIEL de Lisbonne. Des années plus tard il deviendra le premier primat de cette Juridiction. Son consécrateur a été le l’Archevêque Auxentios lui-même. En 1984, sa Béatitude l'Archevêque Auxentios, accorde les Tomos d'Autonomie à la Métropole d'Europe Occidentale et des Amériques, en lui donnant
l'opportunité depuis ce moment de régir sa propre destinée.
Comme nous pouvons le constater, la Métropole Orthodoxe Autonome d'Europe Occidentale
d’Amérique naît avec une Canonicité dogmatique claire, un Canonicité Administrative
soignée, et une origine ecclésiale de dimension indiscutable puisque le mouvement vieux
calendariste excède largement le million de fidèles en Grèce, sans compter les vétero
calendaristes de Roumanie qui comptent 500.000 fidèles orthodoxes ainsi que plusieurs
milliers en Bulgarie.
Après avoir structuré la nouvelle Métropole qui s’étendait du Portugal jusqu’à l'Italie, Dom Gabriel nomma comme Responsable des Affaires Etrangères de l'Église, un évêque
en qui il avait une entière confiance et qu’il avait d’ailleurs consacrée le 9 septembre 1984. Cet évêque n’est autre que le Métropolite Euloge de Milan. Vers la fin des années 80,
la Métropolie Orthodoxe Autonome d’Europe Occidentale et des Ameriques en la personnes de son Responsables des affaires étrangères (Vladika Euloghios de Milan) initia un
dialogue avec le Saint synode de l'Église Orthodoxe Autocéphale de Pologne, laquelle reçut sous sa protection la dite Métropolie.
Comme nous le verrons plus loin, l'Église Orthodoxe de Pologne, n'a jamais douté de la
Canonicité de cette Juridiction, puisqu'elle a accepté Dom Gabriel et les autres évêques
portugais, sans aucune re-consécration, tout comme les prêtres et les diacres ordonnés par
eux.
La Juridiction de Dom Gabriel fût intégrée à l'Église Orthodoxe Polonaise comme une
"Province Ecclésiastique" en tant que telle. Cependant, pour une question politique, on choisit
de ne pas prendre les évêques orthodoxes italiens ; cela, aucunement pour des raisons de
défection ou de faiblesse canonique, mais pour des raisons politiques : On considérait l'Italie
comme territoire canonique du Pape, et les autorités orthodoxes Polonaises ne voulaient
prendre aucune espèce risque de frottements avec les autorités romaines.
Si notre Métropolie avait été d’origine ethnique, il n'y aurait pas eu le moindre problème pour
son intégration à l’Eglise de Pologne, mais comme on pensait que la Métropole s’attachait à
convertir des occidentaux, l'Église Orthodoxe de Pologne préférait s'abstenir d’intégrer les
communautés et le clergé résidant en Italie, et qui étaient majoritairement composées par des
fidèles orthodoxes d'origine catholique romaine.
Dom Gabriel I du Portugal, mourut au début des années 90, en tant que Métropolite d’une
Eglise Canonique reconnue. On pourra constater que cela fût la première grande
reconnaissance de toute une partie de l’Eglise dite « Canonique », de la reconnaissance de la
Canonicité intrinsèque de notre Métropolie.
Après l'intégration de Dom Gabriel à l'Église Orthodoxe de Pologne, le Métropolite
EULOGHIOS de Milan, qui avait été Directeur des Affaires Etrangères de la Métropole
Autonome, et initiateur du dialogue avec les Polonais fût élu comme deuxième Primat.
Le Nouveau Primat se retrouva dans une situation difficile, puisque la Métropolie, avec
« l’abandon » de son premier Métropolite était en quelque sorte « orpheline ».
C’est pour cette raison que Vladika Euloghios s’est proposé de renforcer la position de la
Métropole à l’intérieur du monde orthodoxe. Il a obtenu en 1989, que le Métropolite
Mstyslav, Primat de l’Eglise Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis, accorde une
reconnaissance officielle à la Métropole Orthodoxe Autonome d’Europe occidentale et des
Amériques qu’elle qualifie d’Eglise Soeur, égale en dignité à l’Eglise Orthodoxe Ukrainienne
des Etats-Unis et du Canada ». Le Métropolite Mstyslav deviendrait, quelques mois plus tard,
le Premier Patriarche de Kiev.
L'Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis, se plaça en 1995, sous la protection du Patriarcat Oecuménique et, comme dans le cas du Portugal sans aucune re-consécration ni de ses évêques, ni de ses prêtres ou de ses diacres, ce qui est une reconnaissance tacite mais concrète, à son antique légitimité Canonique. Durant le règne du Patriarche Volodymir I, qui était sur le Trône de Kiev, la Métropole Orthodoxe Autonome d'Europe Occidentale et des Amériques, a reçu un Tomos d'Autonomie des mains du Patriarche, en Mars 1994, qui a confirmé et scellé la reconnaissance donnée par le Patriarche défunt Mstyslav (+1993).
Des années plus tard, le troisième Patriarche de Kiev, Philaret I, tenta de limiter les rérogatives et les libertés liées Tomos d'Autonomie de la Métropole. Cela fût considéré comme une injustice inacceptable par le Métropolite Evloghios I de Milan.
Au même moment, le Patriarche Philarète I d’Ukraine fût excommunié par le Patriarche Alexis de Moscou. Cette excommunication fût approuvée par tous les patriarcats. Pour
cette raison, le Métropolite Euloghios décida de rompre sans délais tout lien canonique avec Kiev, parce qu’il ne voulait pas exposer notre Métropolie au danger de l’excommunication qui la couperait irrémédiablement de tout le monde orthodoxe.
Suite à cet événement ecclésiastique, deux Évêques (consacrés par les mains même du Métropolite Evloghios) qui résidaient au Canada et qui appartenaient à la Métropole : les
Vladikas Lazar et Varlaam, décidèrent exercer leur ministère sous la protection canonique du
Patriarcat Ukrainien, avant de décider, quelques années plus tard, de recourir à la protection
canonique de l'Église Orthodoxe en Amérique (O.C.A). Ces deux pontifes furent accueillis
avec leur Clergé, en conservant intacts leurs rangs épiscopaux (sans re-consécration et
réordination)
Pour résumer, nous pouvons conclure –sans manquer à la vérité- que notre Métropolie, au vue
de sa courte histoire, a donné pas moins de 5 évêque à aux Eglises orthodoxes canoniques,
sans compter les nombreux prêtres, diacres et clercs mineurs.
CONCLUSION
Le lecteur pourra apprécier à travers ces lignes, que les actes des humains (dans leur
pèlerinage à travers l’histoire), soumettent l'Église du Christ et sa réalité spirituelle immuable
à certains changements, qui peuvent donner à l'Église, de manière extérieurs (ecclésiastique),
cette instabilité propre à notre nature humaine. Ces changements peuvent être positifs ou
négatifs. Cependant, comme chrétiens, nous ne devons jamais perdre l'espérance du chemin
que l’Eglise Orthodoxe trace à Ses Enfants, et qui n'est autre que le Chemin même du Ciel.
Je confesse que malgré l’acquisition, au fil des ans, d’un expérience ecclésiale, je ne cesse de
m’émerveiller devant la sagesse à la fois simple et profonde de ces icônes anciennes qui
représentent l'Église comme une barque, maintes fois confrontée aux eaux agités. La vie de
l'Église est vraiment cette barque au milieu des eaux déchaînées de ce monde.
Cependant, malgré la fragilité du vaisseau, malgré l’incapacité des membres de l'équipage, Sa
destinée est certaine car elle dispose du meilleur Capitaine qui soit : notre Seigneur Jésus-
Christ, le Seigneur de l’Histoire, qui nous garde par Son visage serein.
LIENS DE LA METROPOLIE ORTHODOXE D’EUROPE ET DES AMERIQUES
AVEC LES EGLISES DITES « CANONIQUES ».
En Allemagne, l’Exarque de l’Eglise Orthodoxe Serbe, maintenant Evêque de Sabac, a
intégré le diacre Basil Manfred Danfeld, résident à Berlin, ordonné le 28 Novembre 1989 par
le Métropolite Evloghios de Milan . A la demande expresse de l’Evêque Lavrentije de l'Église
serbe, notre Primat Evloghios Métropolitain a signé la lettre officielle de sortie canonique
(l’exeat) de Basile Danfeld le 5 mars 1991.
En France, en 1989, deux clercs ordonnés par le Métropolite Gabriel de Lisbone de
bienheureuse mémoire, ont été accepté par le Patriarcat de Moscou sans ré-ordination, comme
dans le cas de Basile Danfeld. Leurs Noms étaient l’Archiprêtre Gérard de la Garde et le
diacre Joseph Fouilleul. L’Evêque qui les intégra était l’Exarque Vladimir, maintenant
Métropolite de Kiev de l’Eglise Orthodoxe Autonome Ukrainienne (Patriarcat de Moscou).
Deux prêtres ordonnés par le Métropolite Gabriel de Lisbone, furent incardinés sans réordination aucune, dans l’Exarchat de l’Eglise Orthodoxe roumaine, par l’Exarque,
l’Archevêque Adrien. A la retraite de ce dernier, les deux prêtres furent présentés au
Métropolite de l’Eglise Orthodoxe grecque de France, Jérémie qui accepta les deux prêtres
comme membres de son clergé. Ils ne furent jamais réordonnés. Leurs noms sont le Père
Nicolas Lacaille et le Père Théodore Niess.
***
La Métropolie Orthodoxe d’Europe et des Amériques a toujours gardé un lien filial canonique
avec le Saint Synode vétéro calendariste de Grèce, présidé par l’Archevêque Auxentios II
(successeur de Maximos, successeur lui-même d’Auxentios Ier de bienheureuse Mémoire).
Elle possède des diocèses, des paroisses et des monastères en Europe (Italie, Espagne,
Allemagne, France et Aux Etats-Unis…).

septembre 17, 2010

LA CREATION : BIBLE ET SCIENCE


LA CREATION : BIBLE ET SCIENCE

Une «émission, proposée par RCF NICE

Jean Kovalevsky, astronome, membre de l'Académie des sciences, donne quelques pistes de réflexion et de recherches sur le récit biblique de la Création de l'univers. Cette émission (17 minutes) a été radiodiffusée sur RCF Côte d'Azur jeudi 16 septembre 2010 à 12h40 (96.6 FM à Nice et 96.8 FM à Cannes). 



septembre 01, 2010

Les chrétiens et Israël


Les chrétiens et Israël

par I. Shammout

Un problème de conscience se pose aujourd'hui à certains Chrétiens à propos de l'actuel Etat d'Israël. Les uns, sensibilisés par "l'holocauste hitlérien", se sont empressés de le reconnaître ; d'autres - le petit nombre - refusent de reconnaître la légitimité d'Israël pour deux raisons :
1) Parce qu'ils sont sensibilisés par l'injustice que subit le peuple palestinien, chassé de sa terre par la violence.
2) Pour des motifs se rapportant à la foi en Jésus et au témoignage qui Lui est dû.
Le sujet de cette étude étant délicat, et pouvant susciter des sensibilités, il faut, avant de l'aborder, dire que ce n'est pas dans un esprit "antisémite" que le problème est traité, mais dans un esprit de justice sociale et religieuse. Nous sommes pour la liberté religieuse pour tous et partout, même en Israël où nous souhaitons que soient rapatriés les millions de Palestiniens exilés - Musulmans et Chrétiens - que les autorités israéliennes refusent de réintégrer, parce qu'ils ne sont pas juifs. N'est-ce pas là un racisme ?!
Pour clarifier le problème, il faut se poser la question suivante : " Pour un chrétien, qu'est-ce que reconnaître l'Etat d'Israël ? "
Est-ce reconnaître le fait accompli de sa présence, ou admettre la légitimité de cette présence en Palestine aujourd'hui ?
Pour ce qui est du fait accompli, qui est un phénomène historique, on ne peut que constater l'existence, en Palestine, depuis 1948 seulement, d'une entité politique que les Nations Unies, une institution laïque, acceptèrent de reconnaître comme l'Etat d'Israël.
Mais qu'en est-il de la légitimité de cette présence israélienne sur le sol palestinien ?
Par exemple : Un homme détient un objet usurpé ; nous reconnaissons que l'objet est en sa possession ; mais pouvons-nous, sans commettre une grave injustice, approuver le fait en lui reconnaissant la légitimité de cette possession ?
Ainsi, le problème de conscience qui se pose est le suivant : " Pouvons-nous reconnaître la légitimité de L'Etat d'Israël en Palestine ? "
Quand on parle de la légitimité d'un Etat, on se réfère à un droit historique sur un territoire donné. Dans le seul cas d'Israël, on évoque un droit biblique. Nous parlerons donc de la légitimité historique et biblique d'Israël.

I. - La légitimité historique

Il ne se trouve aucun argument historique suffisamment valable pour justifier, au XXe siècle, un Etat israélien en Palestine, celle-ci appartenant à ses citoyens palestiniens au même titre que tout autre pays est la propriété des siens. Des millions de Palestiniens réclament leur droit historique légitime sur la Palestine. Ces droits sont pré-bibliques et la Bible mentionne la Palestine et les Palestiniens. Les guerres des Palestiniens contre les envahisseurs juifs sont notoires (1 Samuel 28).
Avant la venue du Christ, les Juifs essayèrent souvent de former un Etat en Palestine. Celui-ci prit la forme d'un royaume vers l'an 1000 av.J.C.. Mais ce royaume se divisa en deux, moins d'un siècle après : un royaume du Nord en Samarie, et un autre au Sud en Judée, qui disparurent l'un et l'autre. Le premier fut détruit en 722 av.J.C., soit 200 ans après sa formation par l'invasion assyrienne, et le second en 586 av.J.C., soit 400 ans environ après sa formation, détruit par les Babyloniens qui exilèrent les Juifs à Babylone.
Ce n'est qu'au Ier siècle av.J.C., que le royaume juif se reconstitua sous l'Empire Romain, avec le roi Hérode le Grand en l'an 37 av.J.C.. Mais ce royaume fut de nouveau détruit par les troupes romaines de Titus en l'an 70 ap.J.C.. Les Juifs fuirent alors la Palestine vers les quatre coins du monde. Mais les Palestiniens demeurèrent en Palestine.
Deux milles ans plus tard, en 1948, un Etat d'Israël réapparaît en Palestine, réclamant des droits sur le pays au détriment des Palestiniens qui y avaient toujours vécu. Les Juifs qui affluèrent en Terre Sainte des quatre coins du monde, en chassèrent les Palestiniens par la violence. Ceux-ci durent quitter leurs foyers dans des conditions tragiques pour vivre en exil dans les pays arabes sous des tentes et dans des bidonvilles. Les grandes puissances aidèrent les Juifs à s'installer en Palestine, et reconnurent l'Etat hébreu un quart d'heure après sa proclamation le 14 mai 1948, comme si la Palestine et les Palestiniens n'existaient pas.
Or les preuves historiques de leur existence abondent. (Bibliques : Nombres 13:21-23, preuves sociales, culturelles, folkloriques, archéologiques : monnaie palestinienne ancienne et contemporaine etc...)
Il faut constater que ceux qui soutiennent Israël se sentent, en général, coupables vis-à-vis des Juifs ; ils optèrent donc pour les loger en Palestine. Mais est-ce faire justice que donner aux uns ce qui est arraché aux autres ? Peut-on disposer du bien d'autrui. Un Américain, un Anglais ou un Français par exemple ont-ils le droit de disposer d'une terre palestinienne qui ne leur appartient pas.
Une question : Pourquoi ceux qui veulent satisfaire leur conscience en plaçant les Juifs dans une patrie, ne leur ont-ils pas donné une partie de leur propre terre d'Europe ou d'Amérique puisqu'ils peuvent en disposer ?
A quoi l'on répond en général en évoquant une légitimité biblique : les Israéliens auraient un droit biblique sur la Palestine. Nous voici ainsi transférés du plan historique, au plan biblique, et le plus souvent par des personnes qui ignorent tout de la Bible.
C'est donc en tant que Chrétiens que les Juifs nous demandent de leur reconnaître un droit biblique sur la Palestine. Aujourd'hui, le peuple du Christ Jésus est sollicité pour rendre un témoignage favorable à ceux qui renient Jésus. Et ce au nom de la Bible. Telle est l'Epreuve de fidélité prédite par le Christ pour la fin des Temps. Le Vatican lui-même y échoua.
Car le judaïsme n'est ni une race ni une terre géographique mais une religion qui a trouvé son achèvement parfait dans le Christ Jésus. Pour un Chrétien, il est aussi absurde de reconnaître un Etat juif pour les Juifs qu'un Etat chrétien pour les Chrétiens.

II. - La légitimité biblique

Beaucoupde Chrétiens soutiennent L'Etat d'Israël croyant de bonne foi aider le "peuple élu" sur sa "terre promise". Il nous est donc paru important de rappeler ce que signifient, à la lumière de l'Evangile, les notions de Terre Promise et de Peuple Elu.

A)   La Terre Promise

La Palestine n'est pas une terre promise par la Bible aux Israéliens d'aujourd'hui, pour les deux raisons suivantes : 1) la Terre Promise est le symbole d'une réalité spirituelle, et 2) elle fut promise sous condition.

1)     - La Terre Promise est spirituelle.

Dieu promit à Abraham et à ses descendants une Terre. La notion de cette Terre Promise, telle que voulue par Dieu, fut expliquée au long des siècles par la Bible, pour apparaître enfin comme une réalité spirituelle, non géographique. C'est pourquoi Saint Paul dit : « Par la foi, Abraham vint séjourner dans la terre promise comme en pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. C'est qu'il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l'Architecte et le Constructeur. » (Héb 11:9).
La spiritualité de la Terre a déjà ses racines dans l'Ancien Testament. Ainsi la tribu de Lévi ne possédait pas de terre, Dieu étant Lui-même son partage. La Bible dit en effet : « Moïse ne donna pas d'héritage à la tribu de Lévi ; c'est Yahvé le Dieu d'Israël qui est son héritage » (Jos 13:14 et 33).
Par ailleurs le Psaume 36(37) dit que ce sont les doux et les justes qui posséderont la terre, et il n'est pas dit que tous les Israéliens en Palestine sont doux et justes ; ces vertus peuvent se trouver partout. Enfin, Jésus expliqua ce fait en disant que le "Royaume de Dieu" n'est pas une entité visible, mais qu'il se trouve dans le coeur de l'homme. Aux Pharisiens qui lui demandèrent quand devait apparaître le Royaume de Dieu qui, pour eux, signifiait l'empire sioniste universel, Jésus répondit : « La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer, et l'on ne saurait dire : le voici ! le voilà ! Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est en vous » (Luc 17:20).
Il se trouve aujourd'hui, au sein même du Judaïsme, des rabbins qui soulignent la dimension spirituelle de la Terre Promise. Ainsi ce commentaire du grand rabbin Jonathan Eybeschutz : « Il est écrit : 'Et vous demeurerez dans le pays que J'ai donné à vos ancêtres (Ezék 36:28). L'Eternel avait promis à Abraham de lui donner la terre de Canaan, mais quand Sarah est morte, il ne possédait même pas un terrain pour l'enterrer. Comment donc la promesse a-t-elle été accomplie ? C'est qu'il y a deux terres qui portent le nom d'Israël : Il y a la terre d'Israël d'En Haut, et il y a la terre d'Israël d'en bas. La terre Sainte est la Terre Céleste où il y a le Palais divin, d'où se déversent les sources de la Sagesse. C'est cette terre spirituelle qui a été promise et donnée à nos ancêtres, et non la terre matérielle. » (Le Royaume de Dieu et le royaume de César par le rabbin Emmanuel Lévyne. Editions "Le Réveil", Beyrouth).
Quant aux descendants d'Abraham, les héritiers de la Terre Promise, cela est aussi une notion spirituelle. Un Chrétien ne doit pas les chercher dans une généalogie historique et ethnique qui passerait l'héritage de père en fils, mais selon la foi au messianisme de Jésus. Saint Paul dit en effet : « Si vous êtes au Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers selon la promesse. » (Galates 3:29)
Ainsi pour un Chrétien, tout Juif qui refuse de reconnaître Jésus comme le Messie et en attend un autre, ne doit pas être considéré comme descendant d'Abraham, ni héritier de la Terre promise, qu'elle soit spirituelle ou matérielle.

2)     - La promesse est conditionnelle

Dieu déshérita les Juifs avant même la venue de Jésus-Christ. La terre fut promise à condition de fidélité à l'Alliance ; cette condition n'as pas été respectée ; l'Alliance fut ainsi rompue par les Juifs ; Dieu annonça alors une Nouvelle Alliance, celle établie par Jésus, que les Juifs refusent toujours.

a) La condition :

A supposer que la Terre Promise soit un lieu géographique, il ne faut pas oublier alors que la promesse fut faite sous condition. En effet, Moïse avait dit aux Juifs : « Si tu n'as soin d'observer toutes les paroles de cette Loi... Dieu donnera une gravité insigne à tes plaies et à celle de ta postérité ... »
La conjonction "si" démontre que la promesse est conditionnelle. Moïse poursuit en disant : « Parce que tu n'auras pas obéi à la voix de Yahvé ton Dieu, alors autant le Seigneur s'était plu à vous combler de ses bienfaits... autant il se plaira à consommer votre perte, à vous anéantir, et vous serez arrachés de ce sol dont vous allez prendre possession ». (Deut 28:58-63)
Il est donc clair qu'en cas de trahison, non seulement il n'est plus question de terre, mais de châtiments pénibles et d'expulsion de cette terre, pour les Juifs et leurs descendants. Telles sont les termes de l'Alliance.

b) L'Alliance rompue :

Les Juifs ne respectèrent pas les conditions de l'Alliance. La Bible dit franchement qu'ils ont trahi Dieu en adorant les idoles des pays voisins, et en leur offrant même leurs enfants en sacrifices, imitant ainsi les coutumes païennes. (Voir 1 Rois 16:30-34 / Jérémie 7:30-32). De même le Psaume 106(105) dresse le bilan des infidélités du peuple juif. « Ils se sont révoltés contre le Très Haut... Ils fabriquèrent aussi un veau (d'or) en Horeb... Ils s'attachèrent à Baal... Ils imitèrent les païens et se firent les serviteurs de leurs idoles... Ils sacrifièrent leurs fils et leurs filles, qu'ils immolaient aux idoles de Canaan ».
C'est pourquoi Dieu, parlant par les prophètes, a fulminé sa colère contre Israël : « Ecoutez donc ceci, chefs de la maison d'Israël, vous qui exécrez la justice et qui tordez tout ce qui est droit, vous qui construisez Sion avec le sang et Jérusalem avec le crime en disant : Yahvé n'est-il pas au milieu de nous ?... Par votre faute Sion deviendra une terre de labour, et Jérusalem une ruine... » (Michée 3:9-12).
Dieu dit encore dans le livre d'Isaïe : « J'ai élevé des enfants, je les ai vus grandir, et eux se sont insurgés contre moi. Un boeuf connaît son possesseur, un âne la crèche de son maître : Israël ne connaît rien... Oh! nation pécheresse, peuple chargé d'iniquités, race de malfaiteurs, enfants dégénérés ! Ils ont abandonné le Seigneur » (Isaïe 1:2-4).

c) Rupture et Nouvelle Alliance :

Après avoir dénoncé l'infidélité d'Israël, Dieu déclara à travers Jérémie la rupture de l'Alliance par les Juifs. Il annonça la venue d'une Nouvelle Alliance, qui ne sera pas comme la première, puisque la part du croyant n'est pas une terre, mais Dieu Lui-même : « Voici, des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d'Israël une Alliance Nouvelle, qui ne sera pas comme l'Alliance que j'ai conclue avec leurs pères... Alliance qu'ils ont rompue, eux... Mais voici quelle Alliance je conclurai... Je ferai pénétrer ma loi en eux, c'est dans leurs coeurs que je l'inscrirai ; Alors je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. » (Jér 31:31-33).
Il est évident que cette Nouvelle Alliance diffère de la première, puisqu'elle "ne sera pas comme elle". Une des différences réside dans le fait qu'elle ne promet aucune terre géographique, mais qu'en revanche c'est Dieu qui se donne à tous ceux qui croient en Jésus, Fondateur de la Nouvelle Alliance.
Les Juifs refusent encore l'Alliance du Christ parce qu'elle ne leur promet aucune terre géographique, ni ne leur accorde le "privilège" d'établir l'empire sioniste mondial qu'ils souhaitent.

B)   Le peuple élu
C)    
L'élection divine n'a jamais eu pour objet un peuple hébreu tout fait comme certains le pensent encore, le choix de Dieu s'étant arrêté sur un homme, Abraham le Syrien, et non sur une nation juive qui n'existait pas avant Abraham. Il est donc faux de croire que le judaïsme est une race ; c'est pourquoi la Bible rappelle aux Juifs que leur ancêtre Abraham est araméen, c'est-à-dire un Syrien. Moïse insiste sur ce point quand il dit aux Juifs : « Tu prononceras ces paroles devant Yahvé ton Dieu : Mon père (Abraham) était un Araméen ... » (Deut 26:5)
Le but du choix d'Abraham était de former un milieu social pour accueillir le Messie. Le but n'était donc pas le peuple, mais le Christ qui est « venu chez les siens, mais les siens ne l'ont pas reçu » (Jean 1:11).
Mais à tous ceux qui ont reçu Jésus comme Messie, indépendamment de leur race, Il leur « a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1:12), et de former ainsi le peuple universel de Dieu. D'après l'Evangile, le peuple de Dieu est celui de Jésus.
Autrefois Jésus dit aux Juifs : « Si vous ne croyez pas que Je suis (le Christ), vous mourrez dans vos péchés » et encore : « Si Dieu était votre Père vous M'aimeriez ...«. Il leur déclara enfin : « Vous avez pour père le diable, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir » (Jean 8:24-44).
Aujourd'hui que leur disent les Chrétiens ? "Vous êtes nos frères aînés", leur avait dit le Pape Jean-Paul II à la synagogue de Rome. Comment un disciple de Jésus et son négateur peuvent-ils être des frères ? « Si quelqu'un vient à vous sans apporter cette doctrine, ne le recevez pas chez vous et abstenez-vous de le saluer. Celui qui le salue participe à ses oeuvres mauvaises » (2 Jean 10 et 11).
Pour Jésus, dont nous sommes les témoins, le vrai Juif c'est le disciple de Jésus. Dans l'Apocalypse, Jésus ne dénonce-t-il pas les Juifs comme « usurpateurs du titre de Juifs, une synagogue de Satan plutôt » ?? (Apoc 2:9 et 3:9).
C'est pourquoi Saint Paul dit : « Si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d'Abraham » (Galates 3:29). Il invite donc les Juifs à croire en Jésus pour être "greffés" sur le peuple de Dieu (Rom 11:23).
Il n'est donc pas question de repousser les Juifs en tant que personnes, mais Israël en tant qu'Etat. Les Juifs, au contraire, sont invités à suivre Jésus pour faire partie du peuple de Dieu. L'Amour et la Vérité nous incitent à ne pas les enfoncer dans leur erreur, en les laissant croire qu'ils sont encore le Peuple Elu, de retour sur sa Terre Promise.
Car nous devons comprendre que les Juifs, qui continuent de nier que Jésus est le Christ, portent la caractéristique spécifique de l'Antichrist annoncé par Jean : « Qui est le Menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l'Antichrist » (l Jean 2:22).
. . .
La prophétie de Jean sur l'Antichrist ne peut pas être appliquée sur ceux qui reconnaissent que Jésus est le Christ, mais sur ceux qui refusent son messianisme. Cette caractéristique ne s'applique qu'aux Juifs qui, explicitement, renient Jésus et attendent un autre messie. C'est l'Antichrist.
Il ne faut pas s'étonner du fait que les Juifs qui ne croient pas en Jésus, ne soient pas le peuple élu. Jésus avait dit à propos d'un officier romain qui manifestait sa foi en Lui : «En vérité, je vous le dis, chez personne en Israël je n'ai trouvé une telle foi. Eh bien ! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, tandis que les sujets du royaume (d'Israël) seront jetés dehors dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents» (Matthieu 8:11).
L'opposition entre le Royaume de Dieu et celui d'Israël est le centre du litige entre Jésus et les Juifs ; cette opposition est manifeste dans les paroles du Christ, lorsqu'il dénonça les sujets du royaume d'Israël, et les vouant aux ténèbres extérieures (Matthieu 8:11).
Ainsi, avec la venue de Jésus, le concept de peuple élu s'est transformé d'une notion tribale et chauvine, en une notion universelle. C'est pourquoi Jésus condamne les "sujets du royaume" d'Israël qui ont voulu comprendre le Judaïsme d'une manière nationaliste : « Vous avez pour père le diable et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir » (Jean 8,44). Ceux qui ont pour père le diable, ne peuvent pas être les "frères aînés" de ceux qui ont Jésus pour Père.
C'est aussi pourquoi Jésus a toujours refusé d'être le roi d'un Empire sioniste : « Mon Royaume n'est pas de ce monde », avait-il dit ( Jean 18:36 ).
Les prophètes avaient déjà étendu l'élection aux peuples de toutes races. Isaïe, huit siècles av.J.C., n'avait-il pas proclamé cet oracle de Dieu : « Et Moi, Je vais rassembler les nations de toutes langues... et de certains d'entre eux je me ferai des prêtres et des lévites, dit Yahvé » ( Isaïe 66:18-21 ). Ainsi, le choix de ministres du culte parmi les nations non juives, tel que le pratiquent les Chrétiens, est une preuve de l'authenticité du sacerdoce universel de Jésus. Que conclure donc ?

août 31, 2010

L'OEUVRE D'ORIENT


Bonjour,

J'oubliais dans mon précédent message, cet autre lien qui permet d'accéder notamment à plusieurs Lettre d'information qui sont adressées aux abonnés au bulletin :

http://www.oeuvre-orient.fr/

Le site  Internet qui fut détruit n'est pas totalement restauré encore, je le constatais à l'instant.

En union dans la prière,

JPB

La situation des Chrétiens en Israël et notamment à Jérusalem


Bonjour,

Alors qu’il échet de ne pas oublier les attaques contre les Chrétiens opérées par des musulmans au nom de l’Islam, cela ne doit pas pour autant nous amener à ignorer le sort réservé aux Chrétiens en terre d’Israël et notamment à Jérusalem.

Aussi, je vous propose de regarder ce documentaire rediffusé par KTO samedi dernier, il convient pour le téléchargement de patienter quelques instants après avoir cliqué sur le lien.

Je profite de la circonstance pour vous rappeler qu’il est possible d’aider les Chrétiens d’Orient par l’intermédiaire de L’ŒUVRE D’ORIENT dont le site fut provisoirement inaccessible  suite à une mauvaise action d’opposants, déjà en s’abonnant à son bulletin trimestriel,  mais aussi en faisant un don, occasion de rappeler le site :


Je vous ne remercie.

Le texte de présentation donné plus bas émane de KTO.

En union dans la prière,
JPB



DOCUMENTAIRE  vidéo offert par KTO

Adieu Jérusalem ?
 
Diffusé le 14/05/2009 / Durée 52 mn


Confrontés à la montée de l'islamisme et à une crise économique majeure liée au bouclage de Gaza et au mur de sécurité construit par Israël, les chrétiens de Palestine (Cisjordanie et Gaza) choisissent de plus en plus l'exil. A Bethléem, ils ne représentent plus que 10% de la population contre 45% en 1939. A Gaza, ils sont une poignée : 3 500 dans un territoire sous contrôle du Hamas où vivent 1,5 millions de Palestiniens. A ce rythme, les chrétiens de Palestine auront bientôt disparus.